A PROPOS DE LA PREMIÈRE ABOLITION DE 1794…et de l’article de GDC

A PROPOS DE LA PREMIÈRE ABOLITION DE 1794…et de l’article de GDC
mars 01
13:55 2019

En attendant la publication papier de cet article dans notre prochaine édition, vous trouverez ici la réaction de l’historien Oruno D. Lara au texte de Gérard Dorwling-Carter publié dans notre édition du 14 février 2019 (Antilla 1959)

Par ORUNO D. LARA

Centre de recherches Caraïbes-Amériques

CERCAM

Mardi 19 février 2019


Je voudrais féliciter celui qui signe GDC qui, dans le numéro 1858 d’ANTILLA (14 février 2019), offre une page pleine consacrée à l’Histoire… C’est si rare un tel geste de la Presse !

Aussi je voudrais recommander aux compatriotes de Martinique et de Guadeloupe – ainsi qu’à ceux de Guyane – de saisir à bras le corps leur Histoire et de la mettre partout en exergue, pour qu’on puisse la voir, la toucher, l’enlacer, l’encadrer, la célébrer… se la réapproprier…

 

BRAVO GDC de montrer un tel exemple !

Nous autres historiens de profession, nous serons toujours derrière une telle initiative pour vous congratuler, pour vous aider, pour vous faciliter la tache : car cette Histoire si dramatique est d’une complexité incommensurable.

Aussi, quelques précisions s’imposent à ce « REGARD DE GDC »

Le 4 Février 1794, le décret de la Convention ne fait que formuler et généraliser une abolition de l’esclavage déjà proclamée deux fois, dans la colonie française de Saint-Domingue, l’année précédente, en 1793.

Depuis août 1791, court un double processus :

  • de destruction du système esclavagiste et
  • de destruction du système colonial.

Le décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794) de la Convention ne s’applique pas à la Martinique, colonie alors aux mains des Anglais. Les colons de l’île Bourbon (La Réunion) n’en veulent pas et ne l’appliquent pas, profitant de l’énorme distance qui les sépare de la France. Seules les deux colonies Guadeloupe et Guyane auraient donc pu bénéficier de cette mesure. Ce n’est pas le cas. Mesure transitoire, éphémère, car LES ADMINISTRATEURS, PRESSÉS DE REMETTRE LES CITOYENS NOIRS AU TRAVAIL, PROCÉDÈRENT À DES RÉQUISITIONS ARBITRAIRES ET PRIRENT DES ARRÊTÉS POUR FRAPPER LES « VAGABONDS » DE LA PEINE DE PRISON.

BONAPARTE qui a besoin de s’enrichir – lui et sa nombreuse famille dont son épouse Joséphine, propriétaire ruinée de domaines à Saint-Domingue et en Martinique -, décide de revenir au système esclavagiste et de le rétablir en 1802.

Voir mon dernier ouvrage :

ORUNO D. LARA,  HISTOIRE D’OUTRE-TOMBE SOUS LE VENT DE LA CRITIQUE (L’Harmattan, 2018).

BONAPARTE en se mariant à Joséphine, avait cru faire une bonne affaire en épousant une riche veuve. Il a compris plus tard son erreur. Les deux époux adeptes du veau d’or, avaient donc de concert, bien des raisons de vouloir rétablir un système esclavagiste qui rapportait si gros à la France de l’Ancien Régime. Finissons donc de stigmatiser Joséphine qui aurait influencé son mari : les deux individus se ressemblent sur ce point des finances – ils aiment tous les deux l’argent et l’or – et qui se ressemble s’assemble !

(Joséphine ira jusqu’à recevoir des sommes de FOUCHÉ pour surveiller son mari !)

Bref, une abolition de l’esclavage tout à fait dans le style de ces « bienfaits » si connus de la colonisation française : des mots qui flamboient, et derrière la formule, le vide … sidéral… masquant difficilement la plus féroce répression coloniale… (RICHEPANCE en Guadeloupe en mai 1802).

Rien donc à commémorer de ce côté en 1794 !

La seule véritable extinction de l’esclavage s’opère en 1848. Pour toutes les colonies françaises. Mais la colonisation subsiste et se poursuit sans discontinuité.

ORUNO D. LARA

CERCAM (CENTRE DE RECHERCHES CARAÏBES-AMÉRIQUES)

19 février 2019



NOTE DE HENRI PIED

À la suite de cette tribune, j’ai apporté à Oruno (D.lara), une précision et lui ai posé une question

LA PRÉCISION D’ABORD

Félicitant en introduction de son texte « GDC » je lui ai rappelé qui est exactement « GDC ».

GDC = Gérard Dorwling-Carter, qui collabore avec « nous » (Le Naïf, Antilla) depuis le 1er journal.

« Le Naïf» (en 1973) et à ce titre a participé à la couverture que LE NAÏF avait faite (avec Roland Laouchez et HP) pour les événements de Fevrier 1974 (Grève des ouvriers agricoles et « CHALVET »)

LA QUESTION ENSUITE :

«  Joséphine ira jusqu’à recevoir des sommes de FOUCHÉ pour surveiller son mari ! » écris-tu dans ton texte. Ma question est la suivante : « Quand ? Comment ? Qui a dit/écrit cela ? »


Le prochain livre de Oruno D. Lara

J’ai sous presse un gros ouvrage qui te plaira sûrement, car j’analyse une période clé de notre histoire, comme tu sais, les années 1939-1946. Dans un cadre de guerre plus général dans l’espace des Caraïbes, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. On se concentre trop sur les îles Guadeloupe, Martinique, alors que le théâtre de guerre s’étend entre Amérique du Nord et Amérique du Sud.


 

 

Share

Related Articles

0 Comments

No Comments Yet!

There are no comments at the moment, do you want to add one?

Write a comment

Only registered users can comment.

Abonnez-vous à notre newsletter

IMPORTANT

A partir du mois du mois de décembre, votre hebdomadaire ANTILLA paraîtra chaque lundi

Archives

risus non libero sem, ipsum suscipit risus. Nullam tempus
%d blogueurs aiment cette page :