COVID-19 : DES VOIX S’ÉLÈVENT PARTOUT DANS LE MONDE POUR EXIGER DES PLANS DE RELANCE DURABLES

COVID-19 : DES VOIX S’ÉLÈVENT PARTOUT DANS LE MONDE POUR EXIGER DES PLANS DE RELANCE DURABLES

COVID-19 : DES VOIX S’ÉLÈVENT PARTOUT DANS LE MONDE POUR EXIGER DES PLANS DE RELANCE DURABLES

Syndicats, ONG, élus, économistes, entrepreneurs, climatologues, citoyens : de nombreuses voix s’élèvent partout dans le monde pour appeler à un « jour d’après » plus juste, inclusif et durable. Pour eux, la crise actuelle doit justement être l’occasion de réinventer une société plus résiliente face aux futurs chocs. Ils espèrent une prise de conscience massive afin de faire pression sur les dirigeants pour des plans de relance économique bâtis autour de l’urgence climatique.

« Cette crise est un énième signal d’alarme qui nous dit que c’est le moment de changer nos modes de vie » estime Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba. Son organisation fait partie des 16 signataires de la pétition « Plus jamais ça » lancée le 7 avril avec des syndicats (CGT, Confédération paysanne, FSU, Solidaires) et d’autres associations environnementales, étudiantes et sociales. Le texte a recueilli pour l’heure plus de 130 000 signatures.

À long terme, ils appellent à mettre en place « un plan de développement de tous les services publics », « une fiscalité plus juste et redistributive » et « un plan de réorientation et de relocalisation solidaire de l’agriculture, de l’industrie et des services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et de répondre à la crise écologique », écrivent les signataires.

ONU, G20 et entrepreneurs s’engagent

Outre la société civile, les politiques sont également nombreux à souhaiter que l’environnement soit placé au cœur des plans de relance à venir. Les « sommes énormes » que les États vont dépenser pour remettre sur pied leur économie après la crise doivent permettre de « créer de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises favorisant une transition propre et écologique », appelle Antonio Gutierres, le secrétaire général de l’ONU. Les ministres des finances du G20 et 17 ministres européens de l’environnement s’engagent aussi pour une relance économique « soutenable » tandis que l’association de maires C40 a créé une task force en ce sens.

Le 14 avril, à l’initiative de l’eurodéputé français Pascal Canfin, 180 personnalités ont aussi appelé à la constitution d’une alliance européenne pour une relance verte (1), « inscrivant la lutte contre le changement climatique au cœur du moteur économique ». Les signataires, qui comptent de nombreux chefs d’entreprise, assurent que « la transformation vers une économie neutre en carbone, des systèmes agricoles plus durables et la protection de la biodiversité ont le potentiel pour créer rapidement des emplois, de la prospérité et améliorer la qualité de vie des citoyens ».

En France, la commission des Affaires économiques du Sénat a appelé le gouvernement à inscrire la transition énergétique « au cœur du plan de relance » alors que les cours du pétrole se sont effondrés. Des députés veillent aussi à que les aides publiques ne soient pas versées sans garantie. Et une plateforme de consultation, « Le Jour d’Après », a été lancée par une soixantaine de parlementaires. Le site a enregistré plus de 5 500 contributions. Parmi elles, il y a l’instauration d’un revenu de base, la généralisation du télétravail partiel ou le soutien à une agriculture locale. Par ailleurs, 400 000 entrepreneurs appellent également à une relance économique verte et inclusive.

« On trouvera l’argent »

Pour peser dans les débats, la Convention citoyenne pour le climat (CCC), composée de 150 citoyens chargés d’élaborer des mesures pour lutter contre le changement climatique, en a déjà transmis 50 au gouvernement. Ils plaident pour que « les financements mobilisés dans le cadre de la sortie de crise soient socialement acceptables, fléchés vers des solutions vertes » et que « les investissements se concentrent dans des secteurs d’avenir respectueux du climat ».

Enfin, le Haut conseil pour le climat (HCC) s’est lui aussi auto-saisi du sujet. « Ce n’est pas le moment de soutenir l’aviation coûte que coûte mais d’ouvrir le débat sur le fait de réduire les déplacements en avion et de préférer les aides aux travailleurs des secteurs très émetteurs (formation, reconversion) à une aide sectorielle », prévient sa présidente, la climatologue Corinne Le Quéré. Le HCC prône à l’inverse les transports doux – marche, vélo -, le télétravail, des infrastructures plus résilientes, la suppression des exonérations fiscales dans les secteurs routier et aérien ou encore la mise en place d’indicateurs de bien-être en plus du PIB (2).

« Il faut que le plan de relance soit le plus décarbonant possible » insiste Jean-Marc Jancovici, du Shift Project. « La très, très bonne nouvelle, c’est que l’argent n’est plus un problème : on a besoin de 300 milliards ? On les trouve. On aura besoin de 500 milliards ? On les trouvera, » constate-t-il. La question qui se pose alors, c’est évidemment pour quel « après » ? « La transition écologique reste une priorité du gouvernement. Nous avons le socle pour une sortie de crise qui prendra en compte ces enjeux » a assuré la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir la tribune

(2) Voir le rapport du Haut conseil pour le climat


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