{"id":13872,"date":"2020-05-12T20:00:59","date_gmt":"2020-05-13T00:00:59","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=13872"},"modified":"2020-05-12T18:00:30","modified_gmt":"2020-05-12T22:00:30","slug":"le-compte-a-rebours-de-la-reprise-a-commence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/le-compte-a-rebours-de-la-reprise-a-commence\/","title":{"rendered":"Le compte \u00e0 rebours de la reprise a commenc\u00e9&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>Terra Nova<br \/>\n12 mai 2020 | Par Les Gracques<br \/>\nLe compte \u00e0 rebours de la reprise a commenc\u00e9&#8230;<br \/>\nLe confinement aura \u00e9t\u00e9 du point de vue \u00e9conomique le plus grand choc connu par le pays en temps de paix. La perte d\u2019activit\u00e9 instantan\u00e9e s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un tiers et atteint m\u00eame 50 % sur le secteur marchand[1]. Sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e, le FMI et le Gouvernement anticipent d\u00e9sormais un recul du PIB de pr\u00e8s de 8 % en 2020, contre 2,9 % en 2009 pendant la crise financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Transf\u00e9rer durablement \u00e0 l\u2019\u00c9tat le financement d\u2019une \u00e9conomie \u00e0 l\u2019arr\u00eat n\u2019est ni souhaitable, ni possible. Chaque jour de confinement co\u00fbte environ 2 milliards d\u2019euros \u00e0 l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise. Deux mois de confinement repr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 une perte de 6 points de PIB annuel, dont environ deux tiers \u00e0 la charge des administrations publiques, du fait des \u00ab stabilisateurs automatiques \u00bb et des mesures de soutien mises en \u0153uvre. La situation est d\u2019autant plus critique que la France est entr\u00e9e dans cette crise sans avoir reconstitu\u00e9 de marges de man\u0153uvres au plan budg\u00e9taire : notre endettement exc\u00e8de de 40 points de PIB celui de l\u2019Allemagne, alors qu\u2019ils \u00e9taient encore comparables en 2010. Si nous disposons d\u2019un \u00ab capital-confiance \u00bb pr\u00e9cieux sur les march\u00e9s, il n\u2019est pas illimit\u00e9. En l\u2019\u00e9tat, le d\u00e9ficit et la dette atteindraient respectivement 9 % et 115,2 % du PIB fin 2020, sans m\u00eame que les pr\u00e9visions gouvernementales n\u2019incluent le co\u00fbt du futur plan de relance.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 se profile la fin du confinement, la question cl\u00e9 est donc d\u2019en r\u00e9ussir la sortie et de la r\u00e9ussir aussi vite que possible : d\u2019abord sanitairementbien s\u00fbr, faute de quoi les sacrifices consentis auraient \u00e9t\u00e9 inutiles et la protection de nos concitoyens resterait non assur\u00e9e ; budg\u00e9tairement ensuite, pour limiter le creusement des d\u00e9ficits, insupportable dans la dur\u00e9e, et retrouver la croissance indispensable \u00e0 la production, l\u2019investissement et l\u2019emploi de la septi\u00e8me puissance mondiale ; \u00e9conomiquement enfin : faute d\u2019un red\u00e9marrage rapide de la demande, de nombreuses entreprises risquent de ne pas passer l\u2019\u00e9t\u00e9 malgr\u00e9 les aides \u00e0 la tr\u00e9sorerie et n\u2019auront donc pas le temps de mettre en place les financements durables, en fonds propres, ainsi que nous l\u2019avons recommand\u00e9 dans notre note \u201cPour une strat\u00e9gie de fonds propres\u201d.<br \/>\nIl faudrait y ajouter une dimension politique, au sens le plus noble du terme. La crise appelle en effet \u00e0 ouvrir des perspectives nouvelles, nationalement et internationalement \u2013 dont l\u2019aggiornamento europ\u00e9en &#8211; qui auront toute leur place pour mobiliser le corps social.<\/p>\n<p>Notre propos ici n\u2019est pas de discuter les conditions sanitaires ou politiques de cette sortie mais de nous concentrer sur les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 sa r\u00e9ussite au plan \u00e9conomique, une fois d\u00e9finies les r\u00e8gles du d\u00e9confinement. Notre analyse est qu\u2019en d\u00e9pit de toutes les incertitudes actuelles, plus t\u00f4t seront prises les mesures de soutien, plus t\u00f4t l\u2019activit\u00e9 productive viendra supplanter l\u2019indemnisation du ch\u00f4mage partiel, meilleures seront les anticipations des m\u00e9nages comme celles des entreprises et mieux nous r\u00e9ussirons la reprise sur l\u2019ensemble des territoires.<br \/>\nM\u00eame si le retour \u00e0 une situation normale n\u00e9cessitera un effort de long terme, d\u00e8s le 11 mai, c\u2019est bien un sprint \u00e9conomique qui est lanc\u00e9 pour rattraper le temps et la croissance perdus.<\/p>\n<p>I. LE RISQUE D\u2019UN REBOND EN TROMPE-L\u2019\u0152IL<br \/>\nIl a \u00e9t\u00e9 beaucoup question au cours des semaines pass\u00e9es d\u2019un alphabet de la<br \/>\nreprise \u00e9conomique.<br \/>\nLa lettre V symbolise l\u2019id\u00e9e d\u2019une reprise aussi rapide que l\u2019a \u00e9t\u00e9 la chute, avec un<br \/>\nretour \u00e0 court terme \u00e0 la situation ant\u00e9rieure.<\/p>\n<p>La gr\u00e8ve de mai 1968 en fournit un exemple notable : le PIB avait brutalement chut\u00e9 de 5,3 % au deuxi\u00e8me trimestre \u2013 la plus forte baisse de l\u2019apr\u00e8s-guerre \u2013, avant de rebondir de 8,3 % d\u00e8s le trimestre suivant.<br \/>\nCette fois, une reprise en V para\u00eet excluedu seul fait que le shutdown a \u00e9t\u00e9 brutal, alors que le d\u00e9confinement sera n\u00e9cessairement progressif. Au plan international, tous les pays n\u2019en sortiront pas au m\u00eame rythme, perturbant les cha\u00eenes de production. Au plan interne, c\u2019est pr\u00e8s de 5 % de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise qui restera \u00e0 l\u2019arr\u00eat bien au-del\u00e0 du 11 mai, de l\u2019h\u00f4tellerie-restauration au transport a\u00e9rien en passant par les arts du spectacle vivant et autres activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives \u2013<br \/>\net m\u00eame 10 % en ajoutant les consommations interm\u00e9diaires nationales de ces secteurs. Contrairement \u00e0 la fin de la gr\u00e8ve de 1968, la fin du confinement ne dissipera pas les peurs : le risque est grand que m\u00e9nages et entreprises adoptent des comportements de pr\u00e9caution tant que le spectre d\u2019un nouveau confinement ne sera pas \u00e9cart\u00e9, ce qui n\u2019arrivera que lorsque nous disposerons d\u2019un vaccin.<br \/>\nCela peut conduire \u00e0 envisager des hypoth\u00e8ses bien moins favorables, symbolis\u00e9es par une courbe en W : c\u2019est celle du reconfinement, qui d\u00e9pend avant tout de param\u00e8tres sanitaires, et non \u00e9conomiques.<br \/>\nEntre les deux, notre sc\u00e9nario de reprise est plut\u00f4t celui du c\u00e9l\u00e8bre logo de Nike : un rebond significatif puis progressif de l\u2019activit\u00e9 vers son niveau d\u2019avant-crise, apr\u00e8s une baisse tr\u00e8s brutale.<br \/>\nUn tel cadre est compatible avec des rythmes de reprise tr\u00e8s diff\u00e9rents : il y a rebond dans tous les cas, seule la pente change. Ainsi, m\u00eame une banque pessimiste concernant la croissance fran\u00e7aise comme Unicredit, qui anticipe un recul du PIB de 14 % sur l\u2019ann\u00e9e 2020, table sur un rebond significatif au troisi\u00e8me trimestre (+ 11 %). Pourquoi ? Du fait de la reconstitution des stocks et du report des d\u00e9cisions de consommation. Rappelons que le restockage constitue toujours un puissant relais de croissance en phase de rebond : il a ainsi repr\u00e9sent\u00e9 la moiti\u00e9 de la croissance fran\u00e7aise en 2011 et pr\u00e8s de 40 % en 1976 et 1994.<br \/>\nLe v\u00e9ritable risque, c\u2019est celui d\u2019une dynamique de sortie de confinement en trompe-l\u2019\u0153il,qui s\u2019affaisserait rapidement sans permettre de rattraper le terrain perdu pendant la crise, au point de dessiner progressivement un \u00ab L \u00bb dont les cons\u00e9quences \u00e9conomiques et sociales seraient n\u00e9fastes. Apr\u00e8s la crise financi\u00e8re de 2008, la France avait ainsi mis pr\u00e8s de trois ans \u00e0 retrouver son niveau initial.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un choc aussi brutal sur l\u2019activit\u00e9 que celui que nous traversons, l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise ne peut tout simplement pas se permettre une reprise aussi lente.<br \/>\nElle va devoir d\u00e9j\u00e0 affronter d\u2019ici \u00e0 la rentr\u00e9e, en d\u00e9pit des pr\u00eats garantis par l\u2019\u00c9tat et des mesures de soutien sans pr\u00e9c\u00e9dent adopt\u00e9es, les cons\u00e9quences d\u2019un long gel de l\u2019activit\u00e9. Faillites, pertes d\u2019emplois, difficult\u00e9s \u00e0 reprendre les processus de fabrication, allongement des d\u00e9lais de paiement et \u00e9pargne de pr\u00e9caution sont autant d\u2019\u00e9cueils \u00e0 surmonter. La dimension psychologique jouera un r\u00f4le majeur, tant pour inciter \u00e0 la reprise du travail que pour encourager l\u2019investissement et la consommation, \u00e0 un moment o\u00f9 le premier r\u00e9flexe serait plut\u00f4t celui de l\u2019attentisme.<br \/>\nLa question strat\u00e9gique qui se pose alors pour les d\u00e9cideurs publics est celle de la gestion du temps : en raison de toutes les contraintes et des incertitudes pesant sur le d\u00e9confinement, doit-on attendre la rentr\u00e9e de septembre pour stimuler l\u2019\u00e9conomie ? Ou bien faut-il pousser d\u00e8s le 11 mai les feux de mesures favorables \u00e0 la croissance ?<br \/>\nPour nous, le choix d\u2019une stimulation rapide s\u2019impose, avec l\u2019objectif cl\u00e9 de prolonger la dynamique initiale de sortie de confinement. Car le troisi\u00e8me trimestre sera d\u00e9cisif et sa pr\u00e9paration doit mobiliser toutes les \u00e9nergies.<br \/>\nAttendre la rentr\u00e9e reviendrait pour le Gouvernement \u00e0 acter une r\u00e9cession \u00e0 deux chiffres en 2020. En effet, l\u2019hypoth\u00e8se gouvernementale d\u2019un recul du PIB de 8 % sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2020 suppose un retour de la production \u00e0 son niveau d\u2019activit\u00e9 de fin 2019 d\u00e8s septembre, ce qui para\u00eet exclu en l\u2019absence de mesures imm\u00e9diates de soutien \u00e0 la reprise. \u00c0 cette fin, un nouveau projet de loi de finances rectificative devrait \u00eatre d\u00e9pos\u00e9 d\u00e8s le mois de mai.<br \/>\nPour les Fran\u00e7ais, la diff\u00e9rence entre une reprise rapide (sc\u00e9nario du FMI) et une reprise lente (sc\u00e9nario de la banque Unicredit), c\u2019est une perte suppl\u00e9mentaire de richesse de pr\u00e8s de 180 milliards d\u2019euros \u00e0 la fin de l\u2019exercice 2021.<br \/>\n(PIB, base 100)<\/p>\n<p>Nombre d\u2019activit\u00e9s ont leur pic au 3\u00e8me trimestre, telle la fili\u00e8re touristique, qui p\u00e8se \u00e0 elle seule 7,4 % du PIB \u2013 3 points de plus qu\u2019en Allemagne \u2013 et voit arriver la saison estivale avec angoisse ; ou le b\u00e2timent, dont le retard pris dans certains chantiers peut remettre en cause leur existence.<br \/>\nEn outre, une production nationale ralentie risque d\u2019augmenter les importations venant de pays mieux et plus vite d\u00e9confin\u00e9s que nous, au sein m\u00eame de l\u2019Union Europ\u00e9enne ou ailleurs. Rappelons que le degr\u00e9 de paralysie de l\u2019\u00e9conomie est beaucoup plus faible en Allemagne, en raison d\u2019un confinement moins strict : cela se traduit par un niveau d\u2019activit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 dans de nombreux secteurs cl\u00e9s, du transport de fret (100 % d\u2019activit\u00e9, contre 60 % en France) \u00e0 l\u2019automobile (pass\u00e9e en quelques semaines de 20 % d\u2019activit\u00e9 \u00e0 60% d\u2019activit\u00e9, contre 10 % \u00e0 30% en France) en passant par le textile (60 % d\u2019activit\u00e9, contre 30 % en France) ou encore la construction (70 % d\u2019activit\u00e9, contre 20 % en France). La sp\u00e9cialisation g\u00e9ographique de nos exportateurs est \u00e9galement un handicap : les entreprises fran\u00e7aises sont davantage expos\u00e9es aux march\u00e9s du Sud de l\u2019Europe, qui ont beaucoup plus chut\u00e9 que ceux du Nord et mettront davantage de temps \u00e0 red\u00e9marrer.<br \/>\nSur le plan budg\u00e9taire, les finances publiques ne peuvent prendre en charge de mani\u00e8re prolong\u00e9e plus de 10 millions de salaires du secteur priv\u00e9 tout en subissant en parall\u00e8le une chute brutale des recettes. Et ce d\u2019autant moins que, in\u00e9luctablement, la vague des ch\u00f4meurs va monter, par l\u2019effet combin\u00e9 de la fin des CDD et missions d\u2019int\u00e9rim ainsi que de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une nouvelle classe d\u2019\u00e2ge sur le march\u00e9 de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019automne. Sans omettre les risques de faillites d\u2019entreprises et de d\u00e9clenchement des plans sociaux au quatri\u00e8me trimestre, lorsque les dispositifs du ch\u00f4mage partiel ne r\u00e9duiront plus la facture pour les entreprises et que celles-ci chercheront des gains de productivit\u00e9 pour limiter les pertes de l\u2019exercice.<br \/>\nHistoriquement, les pics de d\u00e9faillance sont toujours observ\u00e9s lors du red\u00e9marrage de l\u2019activit\u00e9, lorsque les entreprises font face \u00e0 des besoins accrus de fonds de roulement difficilement finan\u00e7ables.<br \/>\nL\u2019ensemble de ces arguments justifient une approche volontariste de la reprise, sans d\u00e9lai.<br \/>\nCertes, le volontarisme macro\u00e9conomique ne suffira pas. Le red\u00e9marrage apr\u00e8s d\u00e9confinement s\u2019appuie aussi sur une s\u00e9rie de pr\u00e9alables op\u00e9rationnels, voire physiques. Les salari\u00e9s doivent \u00eatre form\u00e9s aux nouveaux protocoles sanitaires de sorte que les cha\u00eenes de production commencent progressivement \u00e0 red\u00e9marrer au plus vite et en s\u00e9curit\u00e9. La s\u00e9curit\u00e9 juridique des op\u00e9rations doit \u00eatre assur\u00e9e, pour \u00e9viter la tendance tr\u00e8s fran\u00e7aise \u00e0 la judiciarisation de la vie des entreprises ce qui suppose de clarifier et stabiliser les r\u00e8gles de protection sanitaires, et v\u00e9rifier leur application. Il faut aussi s\u2019assurer de la disponibilit\u00e9 de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments des cha\u00eenes de valeur : elles ont la solidit\u00e9 de leur maillon le plus faible (on ne vend pas une voiture sans essuie-glaces&#8230;). Les services publics devront aussi se mobiliser, notamment dans les transports, et auront \u00e0 apporter leur contribution \u00e0 l\u2019effort collectif, \u00e0 l\u2019image des personnels de sant\u00e9. D\u2019autres goulots d\u2019\u00e9tranglement devront \u00eatre corrig\u00e9s, y compris la main d\u2019oeuvre dans certains secteurs.<\/p>\n<p>Mais tous ces pr\u00e9alables op\u00e9rationnels ne valent que si la confiance des agents \u00e9conomiques dans la reprise s\u2019installe.<br \/>\nPour ce faire, l\u2019Allemagne a pu mobiliser son \u00ab bazooka \u00bb financier. La France doit concentrer son action sur la cr\u00e9ation des conditions psychologiques de la confiance, pour que le surplus d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le confinement s\u2019oriente vers l\u2019investissement et la consommation ; et soutenir les professionnels ind\u00e9pendants, commer\u00e7ants et artisans, qui ont subi la crise le plus durement, tout en \u00e9tant les moins bien prot\u00e9g\u00e9s socialement, puisqu\u2019ils ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du ch\u00f4mage partiel.<\/p>\n<p>II. TROIS LEVIERS POUR UNE REPRISE R\u00c9USSIE<br \/>\nIl y a donc urgence \u00e0 accompagner la reprise. Les priorit\u00e9s sont claires :<br \/>\nune communication positive, rassurante et pr\u00e9cise, de nature \u00e0 susciter un choc de confiance, essentiel tant la psychologie des acteurs sera cl\u00e9 pour la reprise ;<br \/>\nun suivi des meilleures pratiques de d\u00e9confinement mises en \u0153uvre en Europe pour s\u2019en inspirer et en l\u00e9gitimer la pratique, en \u00e9vitant les pol\u00e9miques qui nous tirent vers le bas ;<br \/>\nenfin, un mix de mesures cibl\u00e9es et innovantes, permettant \u00e0 la fois de soutenir les secteurs prioritaires et les m\u00e9nages les plus fragilis\u00e9s, tout en mobilisant des ressources disponibles rapidement et \u00e0 moindre co\u00fbt pour les finances publiques.<br \/>\nC\u2019est sur ce dernier aspect, plus strictement \u00e9conomique, que nous entendons apporter une contribution, en \u00e9vitant deux \u00e9cueils :<br \/>\ncelui d\u2019une relance g\u00e9n\u00e9rale et indiff\u00e9renci\u00e9e de la demande, qui serait co\u00fbteuse et peu efficace: inutile pour les plus hauts revenus, elle serait d\u2019un faible effet de relance sur la consommation des classes moyennes, dont la propension marginale \u00e0 consommer est limit\u00e9e \u00e0 court terme \u2013 rappelons qu\u2019en juin 2019, pr\u00e8s des deux tiers du suppl\u00e9ment de pouvoir d\u2019achat apport\u00e9 par les mesures mises en \u0153uvre pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise des \u00ab gilets jaunes \u00bb \u00e9taient encore plac\u00e9es sous la forme d\u2019\u00e9pargne[2] ;<br \/>\ncelui de la poursuite ind\u00e9finie d\u2019un soutien g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de l\u2019offre (ch\u00f4mage partiel et pr\u00eats garantis), qui constitue une r\u00e9ponse pertinente pour \u00ab geler \u00bb temporairement l\u2019\u00e9conomie mais ne peut \u00eatre durablement prolong\u00e9 en sortie de confinement, au risque de grever excessivement les finances publiques et de voir se multiplier les \u00ab entreprises zombies \u00bb, telles celles qui ont durablement pes\u00e9 sur la productivit\u00e9 japonaise apr\u00e8s l\u2019explosion de la bulle immobili\u00e8re et boursi\u00e8re.<\/p>\n<p>B\u00e2tir une strat\u00e9gie de reprise efficace suppose \u00e0 l\u2019inverse de mobiliser les atouts dont dispose l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise pour s\u2019attaquer \u00e0 ses fragilit\u00e9s de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Nous en identifions principalement deux.<br \/>\nTout d\u2019abord, l\u2019\u00e9pargne forc\u00e9e accumul\u00e9e par les m\u00e9nages pendant le confinement.<br \/>\nD\u2019apr\u00e8s les analyses convergentes de l\u2019Insee et de la Banque de France, la baisse de la consommation a \u00e9t\u00e9 aussi forte que celle de la production[3], alors que les revenus des m\u00e9nages ont \u00e9t\u00e9 relativement pr\u00e9serv\u00e9s gr\u00e2ce au plan de soutien, qui a jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent permis d\u2019\u00e9viter les faillites et la flamb\u00e9e du ch\u00f4mage[4].<br \/>\nIl en r\u00e9sulte m\u00e9caniquement une hausse brutale du taux d\u2019\u00e9pargne, pass\u00e9 de 15 % \u00e0 25 %, conduisant \u00e0 une th\u00e9saurisation de 55 milliards d\u2019euros au cours des deux mois de confinement[5].<br \/>\nCe r\u00e9servoir de croissance tr\u00e8s significatif (2,5 % du PIB) doit pouvoir en partie \u00eatre mobilis\u00e9 au cours des prochains mois. En effet, si la constitution d\u2019une \u00e9pargne de pr\u00e9caution para\u00eet in\u00e9vitable et m\u00eame l\u00e9gitime pour les actifs expos\u00e9s \u00e0 un risque de ch\u00f4mage accru[6], elle ne l\u2019est pas pour les 20 millions de retrait\u00e9s et fonctionnaires, qui repr\u00e9sentent 40 % de la population adulte. En outre, lesm\u00e9nages fran\u00e7ais vont b\u00e9n\u00e9ficier progressivement de l\u2019effet massif de la baisse du prix du p\u00e9trole : une stabilisation des prix autour de 20$ repr\u00e9senterait, au bout d\u2019un an, un gain de pouvoir d\u2019achat de l\u2019ordre de 10 \u00e0 15 milliards d\u2019euros, m\u00eame s\u2019il pourrait prendre plus de temps pour se mat\u00e9rialiser du fait des contraintes sur les d\u00e9placements.<\/p>\n<p>\u00c0 ce levier de l\u2019\u00e9pargne s\u2019ajoute le levier budg\u00e9taire, qui constitue notre deuxi\u00e8me atout majeur pour la reprise, \u00e0 condition d\u2019\u00eatre correctement utilis\u00e9. En effet, les taux sur les obligations souveraines fran\u00e7aises sont n\u00e9gatifs jusqu\u2019\u00e0 une maturit\u00e9 de huit ans et au voisinage de z\u00e9ro \u00e0 dix ans. Ils le resteront n\u00e9cessairement au cours des prochains mois, compte tenu de l\u2019engagement tr\u00e8s ferme de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) \u00e0 \u00e9viter toute fragmentation financi\u00e8re au sein de la zone euro pendant la crise sanitaire. Seul un redressement brutal de l\u2019inflation pourrait conduire la BCE \u00e0 revoir sa politique mais celui-ci est tr\u00e8s peu probable[7], compte tenu de la hausse \u00e0 venir du ch\u00f4mage, des comportements de pr\u00e9caution des m\u00e9nages et de la baisse du prix du p\u00e9trole. Les anticipations d\u2019inflation \u00e0 moyen terme (inflation \u00e0 cinq ans dans cinq ans) se situent d\u2019ailleurs autour de 1,1 % en zone euro.<br \/>\nCela n\u2019autorise pas \u00e0 financer des d\u00e9penses p\u00e9rennes de grande ampleur car les taux pourraient remonter \u00e0 plus long terme. Il ne faut donc pas prendre le risque de financer \u00e0 cr\u00e9dit des d\u00e9penses structurelles.<br \/>\nEn revanche, cela offre une marge de man\u0153uvre importante pour financer des d\u00e9penses ponctuelles et r\u00e9versibles avec des effets d\u2019entra\u00eenement importants sur l\u2019activit\u00e9 \u00e0 court terme.<br \/>\nQuelles d\u00e9penses est-il opportun de stimuler ?<br \/>\nLes d\u00e9penses d\u2019investissement priv\u00e9es et publiques offrent un ciblage optimal,<br \/>\nd\u00e8s lors qu\u2019elles ont l\u2019avantage d\u2019avoir un effet multiplicateur \u00e9lev\u00e9 et de stimuler la croissance potentielle.<\/p>\n<p>Un tel soutien appara\u00eet d\u2019autant plus opportun que l\u2019investissement des entreprises (13 % du PIB) sera d\u00e9prim\u00e9 \u2013 du fait des comportements attentistes des dirigeants face \u00e0 l\u2019incertitude sanitaire, de la diminution de la capacit\u00e9 d\u2019autofinancement des entreprises[8] et du resserrement de leurs conditions financi\u00e8res, d\u00e9j\u00e0 perceptible sur certains segments du march\u00e9 de la dette \u2013, tout comme l\u2019investissement public (3 % du PIB, dont 2 % pour les territoires), en raison du prolongement du cycle \u00e9lectoral municipal et de la baisse des recettes des collectivit\u00e9s territoriales. L\u2019incertitude conjoncturelle devrait \u00e9galement peser sur l\u2019investissement immobilier des m\u00e9nages (5 % du PIB), qui pourrait m\u00eame s\u2019effondrer en cas de baisse des prix, comme ce fut le cas en France apr\u00e8s la crise financi\u00e8re de 2008.<\/p>\n<p>Ce soutien \u00e0 l\u2019investissement devra \u00eatre orient\u00e9 vers les fili\u00e8res et objectifs prioritaires comme la sant\u00e9, l\u2019environnement, la relocalisation d\u2019activit\u00e9s industrielles prioritaires et les secteurs abrit\u00e9s pour lesquels les fuites par les importations sont limit\u00e9es.<br \/>\nIl devra surtout tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie fran\u00e7aise dont l\u2019investissement repose \u00e0 70 % sur l\u2019immobilier et les services marchands, contre 17 % pour l\u2019industrie, loin de la France des Trente Glorieuses et du miroir d\u00e9formant allemand.<br \/>\nEn dehors des d\u00e9penses d\u2019investissement, le levier budg\u00e9taire est \u00e9galement indispensable pour financer des d\u00e9penses ponctuelles cibl\u00e9es sur les plus fragiles.<\/p>\n<p>Au niveau des entreprises, cela passe par un soutien aux secteurs \u00e0 forte composante d\u2019emplois sur lesquels le confinement va continuer de peser, tels que l\u2019h\u00f4tellerie-restauration et les industries du spectacle.<br \/>\nAu niveau des m\u00e9nages, il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019apporter une aide cibl\u00e9e aux plus modestes, souvent fragilis\u00e9s indirectement par la crise (ex : fermeture des cantines, fin des \u00ab petits boulots \u00bb, etc.)et qui b\u00e9n\u00e9ficient peu des mesures de soutien classiques (ex : ch\u00f4mage partiel). Pour ces publics, l\u2019effet de d\u00e9perdition par l\u2019\u00e9pargne est nul, tant ils sont contraints financi\u00e8rement : apr\u00e8s d\u00e9duction des d\u00e9penses pr\u00e9-engag\u00e9es et incontournables, le reste \u00e0 vivre des 10 % des m\u00e9nages les plus pauvres s\u2019\u00e9l\u00e8ve ainsi \u00e0 80\u20ac par mois[9].<br \/>\nCe soutien aux plus fragiles doit \u00e9galement s\u2019accompagner d\u2019une action cibl\u00e9e sur les \u00ab nouveaux pr\u00e9caires \u00bb de la crise, \u00e0 savoir les ind\u00e9pendants, commer\u00e7ants et artisans, les titulaires de contrats courts, les jeunes entrants sur le march\u00e9 du travail et nombre de membres des professions lib\u00e9rales.<\/p>\n<p>2.1. Fl\u00e9cher l\u2019\u00e9pargne vers la consommation dans les secteurs fragilis\u00e9s<br \/>\nPour \u00eatre r\u00e9ussi, le second semestre doit \u00eatre celui du rebond de la consommation, apr\u00e8s une \u00ab pause \u00bb forc\u00e9e de deux mois.<br \/>\n\u00c0 cette fin, nous proposons trois mesures fortes pour cr\u00e9er un \u00ab choc de consommation \u00bb.<br \/>\na) Six mois de soldes<br \/>\nCette mesure de nature r\u00e9glementaire ne co\u00fbte rien. Elle part du constat que le second semestre doit \u00eatre fait de six mois de soldes, dans un contexte o\u00f9 le co\u00fbt marginal du client suppl\u00e9mentaire n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi bas, o\u00f9 de multiples secteurs ont des stocks \u00e0 \u00e9couler et o\u00f9 les professionnels du commerce ont besoin d\u2019une respiration apr\u00e8s une succession de s\u00e9quences qui ont pr\u00e9caris\u00e9 pour beaucoup leur situation \u00e9conomique.<br \/>\nPuisque les entreprises sortiront de cette p\u00e9riode de confinement dans des situations tr\u00e8s contrast\u00e9es, nous plaidons pour qu\u2019elles disposent d\u2019un maximum de flexibilit\u00e9 pour adapter leur politique tarifaire : l\u2019interdiction de revente \u00e0 perte serait ainsi lev\u00e9e pendant 6 mois.<br \/>\nCela inciterait les Fran\u00e7ais \u00e0 ne pas diff\u00e9rer plus longtemps les achats non effectu\u00e9s depuis mars, de l\u2019habillement aux biens d\u2019\u00e9quipement en passant par les services de confort.<br \/>\nb) Une prime \u00e0 la reconversion automobile renforc\u00e9e<br \/>\nS\u2019agissant des biens d\u2019\u00e9quipement, l\u2019automobile occupe une place singuli\u00e8re par son poids \u00e9conomique, son impact dans les territoires et l\u2019enjeu qu\u2019elle repr\u00e9sente dans la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Cette triple dimension cr\u00e9e une forte opportunit\u00e9 dans la logique de rebond accompagn\u00e9 qui est la n\u00f4tre.<br \/>\nLa mesure de soutien pourrait prendre la forme d\u2019un renforcement temporaire de la prime \u00e0la conversion, dont les crit\u00e8res, durcis l\u2019an dernier, devaient ramener de 400 000 \u00e0 200 000 le nombre de b\u00e9n\u00e9ficiaires<br \/>\nRappelons que si la fili\u00e8re automobile ne repr\u00e9sente qu\u20191 % du PIB en France, ses effets d\u2019entra\u00eenement sur l\u2019activit\u00e9 sont tr\u00e8s importants : d\u2019apr\u00e8s l\u2019Insee, 1\u20ac de valeur ajout\u00e9e g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le secteur automobile se traduit par 3,1\u20ac de valeur ajout\u00e9e g\u00e9n\u00e9r\u00e9e dans le reste de l\u2019\u00e9conomie[10]. Elle emploie 990.000 salari\u00e9s partag\u00e9s entre l\u2019amont et l\u2019aval. Sa cha\u00eene de valeur est tr\u00e8s profonde puisqu\u2019elle implique 149.000 entreprises, dans la production, la distribution et la r\u00e9paration. Avec un puissant effet d\u2019entra\u00eenement sur tous les territoires, le secteur automobile peut \u00eatre un fort contributeur \u00e0 la relance \u00e9conomique fran\u00e7aise post covid-19.<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience chinoise montre que ce secteur est capable d\u2019un red\u00e9marrage rapide, qui entra\u00eene de fa\u00e7on synchronis\u00e9e l\u2019ensemble des fournisseurs, puis tout l\u2019aval. Apr\u00e8s deux mois de confinement, la voiture \u00e9voque ainsi libert\u00e9 de d\u00e9placement et s\u00e9curit\u00e9 sanitaire pour 70% des chinois interrog\u00e9s post- confinement.<br \/>\nPour cette raison, l\u2019Allemagne a rouvert ses concessions automobiles le 20 avril, et engag\u00e9 des discussions visant \u00e0 la mise en place d\u2019une nouvelle prime \u00e0 l\u2019achat de v\u00e9hicules pour acc\u00e9l\u00e9rer le red\u00e9marrage de son industrie automobile.<br \/>\nEn France, le march\u00e9 automobile s\u2019est effondr\u00e9 de 72% en mars et est \u00e0 l\u2019arr\u00eat complet en avril. Sans mesure sp\u00e9cifique, il pourrait ne red\u00e9marrer que lentement \u00e0 partir de septembre. Cette situation sans pr\u00e9c\u00e9dent fragilise l\u2019ensemble des entreprises de la fili\u00e8re et provoquerait, en l\u2019absence de contre-mesures, des d\u00e9faillances d\u2019entreprises en s\u00e9rie, induisant des pertes d\u00e9finitives de savoir-faire et d\u2019activit\u00e9 industrielle dans de nombreux territoires fran\u00e7ais.<br \/>\nIl est propos\u00e9 en cons\u00e9quence de mettre en place une mesure cibl\u00e9e, forte et simple mais limit\u00e9e dans le temps, permettant d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la reprise de la fili\u00e8re automobile, tout en remettant le secteur sur la trajectoire fix\u00e9e en mati\u00e8re de baisse des \u00e9missions de CO2.<br \/>\nLa prime \u00e0 la conversion de 1.500\u20ac pourrait \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e pendant quatre mois \u00e0 compter du 1er juin, en levant les conditions de ressource du b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u2019une part, et en l\u2019\u00e9tendant d\u2019autre part \u00e0 l\u2019achat de v\u00e9hicules d\u2019occasion r\u00e9cents, qui sont le plus souvent achet\u00e9s par les m\u00e9nages jeunes ou \u00e0 revenus moyens, pour autant que ces v\u00e9hicules d\u2019occasion satisfassent les m\u00eames crit\u00e8res environnementaux que les v\u00e9hicules neufs \u00e9ligibles aujourd\u2019hui \u00e0 la prime.<\/p>\n<p>S\u2019agissant des v\u00e9hicules apport\u00e9s, on pourrait, en ciblant les v\u00e9hicules essence immatricul\u00e9s avant 2006, et diesel jusqu\u2019en 2011, toucher plus de 50 % du parc actuel. Ceci devrait susciter un fort int\u00e9r\u00eat des propri\u00e9taires de v\u00e9hicules diesel affect\u00e9s par leur perte de valeur.<br \/>\nLa suppression temporaire des conditions de revenu rendrait la mesure simple et lisible, permettant ainsi de maximiser son impact. Le suppl\u00e9ment de 1.500\u20ac serait ramen\u00e9 \u00e0 1.000\u20ac apr\u00e8s quatre mois et s\u2019\u00e9teindrait au bout de sept mois ayant ainsi couvert les 3\u00e8me et 4\u00e8me trimestres.<br \/>\nIl est propos\u00e9 en outre d\u2019\u00e9tendre le bonus \u00e9cologique aux v\u00e9hicules hybrides \u00e0 hauteur de 2.000\u20ac, contre 6.000\u20ac pour les v\u00e9hicules \u00e9lectriques.<br \/>\nOn pourrait ainsi viser un impact de l\u2019ordre de 500.000 v\u00e9hicules dont la vente serait anticip\u00e9e sur le 2\u00e8me semestre 2020, ce qui permettrait \u00e0 la fois de reconstituer la tr\u00e9sorerie de la chaine de distribution, de cr\u00e9er un appel d\u2019air pour la production d\u00e8s l\u2019automne et d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le rajeunissement du parc, ce qui est positif en termes d\u2019\u00e9missions.<br \/>\nLa mesure pourrait en partie \u00eatre financ\u00e9e par une augmentation de la taxe CO2 sur les v\u00e9hicules les plus \u00e9missifs, qui sont aussi souvent les plus chers.<br \/>\nc) Le \u00abch\u00e8que-d\u00e9confinement \u00bb<br \/>\nPour inciter les m\u00e9nages \u00e0 \u00abd\u00e9bloquer\u00bb l\u2019\u00e9pargne accumul\u00e9e pendant le confinement, tout en orientant leurs d\u00e9penses vers les plus secteurs fragilis\u00e9s, nous plaidons pour la g\u00e9n\u00e9ralisation rapide de \u00ab ch\u00e8ques- d\u00e9confinement\u00bb (vouchers) d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9s et b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un co-financement public.<br \/>\nLe Gouvernement a fait un premier pas dans cette direction en portant de 19 \u00e0 95 euros le plafond d&rsquo;utilisation des \u00ab tickets restaurant \u00bb. Il faut changer d\u2019\u00e9chelle.<br \/>\nSur le mod\u00e8le des \u00ab ch\u00e8ques vacances \u00bb, qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 pr\u00e8s de 4,5 millions de Fran\u00e7ais, des \u00ab ch\u00e8ques-d\u00e9confinement \u00bb pourraient ainsi \u00eatre propos\u00e9s \u00e0 pr\u00e8s de 70 % des m\u00e9nages[11], pour un montant maximum variant de 300 \u00e0 700 euros selon la composition du foyer, avec un co-financement public s\u2019\u00e9talant de 10 \u00e0 100 % selon le niveau de revenu.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 un soutien mon\u00e9taire classique, le ch\u00e8que-d\u00e9confinement pr\u00e9sente l\u2019avantage majeur de fl\u00e9cher la d\u00e9pense ou l\u2019\u00e9pargne vers les secteurs les plus fragilis\u00e9s par la crise \u2013 h\u00e9bergement, restauration[13] et culture &#8211; sans risque de th\u00e9saurisation et en r\u00e9duisant les effets d\u2019aubaine. Les \u00ab ch\u00e8ques- d\u00e9confinement \u00bb auraient d\u2019abord une vocation sociale pour les m\u00e9nages les plus modestes, qui n\u2019auraient rien \u00e0 d\u00e9bourser ; mais aussi une vocation \u00e9conomique, en encourageant les \u00ab classes moyennes \u00bb \u00e0 puiser dans leur \u00e9pargne accumul\u00e9e, pour b\u00e9n\u00e9ficier du co-financement public[12]. C\u2019est l\u2019effet multiplicateur et donc vertueux de cette forme d\u2019incitation, qui permet en outre d\u2019all\u00e9ger les aides directes aux op\u00e9rateurs des secteurs concern\u00e9s d\u2019une fa\u00e7on positive, c\u2019est \u00e0 dire par l\u2019activit\u00e9.<br \/>\nLeur dur\u00e9e de validit\u00e9 serait relativement courte (6 mois), afin de garantir un effet d\u00e9clencheur maximal pendant la phase de rebond, qui est aussi la p\u00e9riode d\u2019activit\u00e9 la plus importante de l\u2019ann\u00e9e pour les secteurs concern\u00e9s.<br \/>\nLeur d\u00e9ploiement s\u2019appuierait sur les nouvelles technologies, pour permettre une mont\u00e9e en charge rapide. En effet, s\u2019ils restent disponibles au format papier, les v\u00e9hicules de d\u00e9penses fl\u00e9ch\u00e9s sont d\u00e9sormais compl\u00e8tement d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9s et port\u00e9s par des applications mobiles universelles. En la mati\u00e8re, la France a la chance de disposer d\u2019op\u00e9rateurs sp\u00e9cialis\u00e9s capables de d\u00e9ployer rapidement des solutions op\u00e9rationnelles. C\u2019est une entreprise fran\u00e7aise qui a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de mettre en place en quelques jours les titres alimentation \u00e0 destination des enfants d\u00e9favoris\u00e9s au Royaume-Uni, sous forme de QR code utilisables dans un r\u00e9seau d\u00e9fini de commerces alimentaires. Cette solution garantit \u00e0 plus d\u2019un million d\u2019\u00e9l\u00e8ves britanniques l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une allocation journali\u00e8re de 15\u00a3 depuis le d\u00e9but du confinement, en remplacement de la cantine gratuite.<br \/>\nEn France, unmilliard d\u2019euros pourrait ainsi \u00eatre mobilis\u00e9 pour octroyer un ch\u00e8que de 300\u20ac \u00e0 700\u20ac financ\u00e9 \u00e0 100 % aux 2,3 millions de foyers modestes b\u00e9n\u00e9ficiaires de minimas sociaux entrant dans le champ de la \u00ab prime de No\u00ebl \u00bb, ainsi qu\u2019aux 300 000 \u00e9tudiants boursiers b\u00e9n\u00e9ficiant des aides au logement, qui demeurent \u00e0 ce jour exclus de la prime exceptionnelle annonc\u00e9e par le Gouvernement.<br \/>\nGr\u00e2ce au fl\u00e9chage, le ch\u00e8que pourrait stimuler le secteur du tourisme en France cet \u00e9t\u00e9, en particulier le tourisme social o\u00f9 la France poss\u00e8de le plus grand parc de campings d\u2019Europe, et par exemple permettre le d\u00e9part en vacances de familles et d&rsquo;enfants de milieux d\u00e9favoris\u00e9s, qui ont \u00e9t\u00e9 soumis au confinement dans des espaces souvent r\u00e9duits, alors que moins d\u2019une famille sur deux part au moins une semaine en vacances l\u2019\u00e9t\u00e9[14].<\/p>\n<p>Le dispositif existe d\u00e9j\u00e0 (ch\u00e8ques VACAF de la CNAF), il faut en augmenter l&rsquo;enveloppe, au demeurant fort modeste (90 millions d&rsquo;euros) pour permettre \u00e0 des centaines de milliers de Fran\u00e7ais de partir en vacances d\u00e8s cet \u00e9t\u00e9. Ces colonies de vacances seraient un symbole fort d\u2019un monde qui change.<br \/>\nPour assurer le sauvetage de la saison d\u2019\u00e9t\u00e9, un d\u00e9ploiement rapide serait n\u00e9cessaire, s\u2019appuyant \u00e0 la fois sur le secteur public et le secteur priv\u00e9, par exception au monopole de l\u2019Agence Nationale du Ch\u00e8que Vacances[15].<br \/>\n\u00c0 l\u2019or\u00e9e d\u2019une saison pauvre en touristes \u00e9trangers, cette incitation \u00e0 consommer serait \u00e0 la fois efficace et bienvenue. Elle permettrait \u00e9galement de soutenir les activit\u00e9s culturelles et sportives li\u00e9es \u00e0 la saison d\u2019\u00e9t\u00e9 qui seraient autoris\u00e9es dans les contraintes de l\u2019urgence sanitaire (entr\u00e9es dans les mus\u00e9es, spectacles vivants, etc.).<br \/>\nB\u00e9n\u00e9ficiant aussi aux \u00ab classes moyennes \u00bb, sous conditions de revenus, le ch\u00e8que-d\u00e9confinement aurait pour objectif d\u2019atteindre 12 millions de m\u00e9nages pour un budget total de l\u2019ordre de 3 milliards d\u2019euros, qui permettrait une d\u00e9pense fl\u00e9ch\u00e9e de 6 milliards d\u2019euros, en faisant l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un taux moyen de co-financement de 50 %.<br \/>\nPour les principaux secteurs b\u00e9n\u00e9ficiaires (h\u00f4tellerie-restauration, arts et activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives), cela repr\u00e9senterait un soutien direct \u00e9quivalent \u00e0 7 % de leur valeur ajout\u00e9e, donc un effet significatif sur leur activit\u00e9.<br \/>\nD\u2019un point de vue budg\u00e9taire, ce type de soutien est de nature \u00e0 all\u00e9ger le besoin d\u2019aides directes via le fonds de solidarit\u00e9 ou le ch\u00f4mage partiel. Les finances publiques b\u00e9n\u00e9ficieraient en outre du surcro\u00eet de recettes fiscales g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par cette reprise d\u2019activit\u00e9 dans les diff\u00e9rents secteurs concern\u00e9s.<br \/>\n2.2. Soutenir les \u00ab nouveaux pr\u00e9caires \u00bb de la crise<br \/>\nAu-del\u00e0 du soutien traditionnel aux plus fragiles, des actions cibl\u00e9es sur les \u00ab nouveaux pr\u00e9caires \u00bb de la crise doivent \u00eatre mises en \u0153uvre.<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019abord des titulaires de contrats courts (int\u00e9rim, CDD), qui repr\u00e9sentent 17 % de l\u2019emploi total, ainsi que des 700 000 jeunes terminant cette ann\u00e9e leur formation initiale, qui vont se pr\u00e9senter sur un march\u00e9 du travail en pleine contraction de celui-ci. Lors de la pr\u00e9c\u00e9dente crise, la \u00ab g\u00e9n\u00e9ration 2010 \u00bb avait ainsi vu son insertion sur le march\u00e9 du travail fortement ralentie, en particulier pour les moins qualifi\u00e9s[16].<\/p>\n<p>Pour ces publics, la premi\u00e8re priorit\u00e9, c\u2019est de limiter au maximum le basculement vers le ch\u00f4mage.<br \/>\nPour cela, nous avons d\u00e9j\u00e0 recommand\u00e9[17], la mise en place d\u2019une \u00ab prime \u00e0 l\u2019embauche \u00bb, dont les \u00e9conomistes s\u2019accordent sur l\u2019efficacit\u00e9 en bas de cycle, pour faciliter le renouvellement des contrats courts et soutenir l\u2019emploi [18]. Une telle prime pourrait \u00eatre bonifi\u00e9e pour les premi\u00e8res embauches de jeunes en sortie de formation initiale, afin de faciliter l\u2019insertion sur le march\u00e9 du travail de la \u00ab g\u00e9n\u00e9ration 2020 \u00bb.<br \/>\nEn compl\u00e9ment, un assouplissement temporaire des r\u00e8gles d\u2019indemnisation du ch\u00f4mage pourrait \u00eatre envisag\u00e9, en r\u00e9duisant de six mois \u00e0 trois mois la condition de dur\u00e9e d\u2019affiliation minimale pour ouvrir droit \u00e0 indemnisation, afin d\u2019\u00e9viter au maximum le basculement brutal de l\u2019emploi vers les minimas sociaux, qui entra\u00eene une chute de revenu tr\u00e8s significative.<br \/>\nEn compl\u00e9ment, une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre port\u00e9e \u00e0 la situation des ind\u00e9pendants, qui sont fortement pr\u00e9sents dans les secteurs les plus touch\u00e9s par le confinement. Ainsi, la moiti\u00e9 des 3 millions de non-salari\u00e9s exercent dans le secteur des services marchands[19]. Parmi eux, 380 000 sont touch\u00e9s par les fermetures obligatoires[20] et ont donc vu leur chiffre d\u2019affaires r\u00e9duit \u00e0 z\u00e9ro pendant deux mois, alors m\u00eame qu\u2019ils ne peuvent pas b\u00e9n\u00e9ficier du ch\u00f4mage partiel. La perte de revenus pour les ind\u00e9pendants li\u00e9e au confinement est ainsi estim\u00e9e \u00e0 7,2 milliards d\u2019euros[21].<br \/>\nPour ces derniers, le Gouvernement a mis en place un fonds de solidarit\u00e9, qui permet de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une aide d\u2019un montant \u00e9gal \u00e0 la perte d\u00e9clar\u00e9e de chiffre d\u2019affaires en mars et avril, dans la limite de 1.500 euros par mois. Une aide compl\u00e9mentaire peut th\u00e9oriquement \u00eatre accord\u00e9e par les r\u00e9gions mais elle est pour l\u2019instant r\u00e9serv\u00e9e aux entreprises ayant au moins un salari\u00e9 et soumise \u00e0 des conditions tr\u00e8s restrictives (ex : refus d\u2019un pr\u00eat de tr\u00e9sorerie par la banque).<br \/>\nEn d\u00e9pit des am\u00e9liorations apport\u00e9es, le fonds de solidarit\u00e9 fran\u00e7ais reste sous- calibr\u00e9 pour les non-salari\u00e9s.<br \/>\nPar comparaison, les subventions des fonds de soutien du Royaume-Uni[22] et de l\u2019Allemagne[23] sont plafonn\u00e9es \u00e0 9 000 euros pour les ind\u00e9pendants afin de couvrir les pertes occasionn\u00e9es sur une p\u00e9riode de trois mois.<br \/>\nDans ce contexte, il conviendrait donc de rehausser significativement le plafond fran\u00e7ais pour les non-salari\u00e9s et de prendre en compte les pertes d\u00e9clar\u00e9es en mai 2020.<\/p>\n<p>En contrepartie,les modalit\u00e9s de calcul du fonds de soutien allemand pourraient \u00eatre transpos\u00e9es en France, afin d\u2019\u00e9viter les effets d\u2019aubaine. Pour rappel, le montant de la subvention n\u2019est pas \u00e9gal en Allemagne \u00e0 la perte de chiffre d\u2019affaires mais correspond \u00e0 la \u00ab diff\u00e9rence entre les d\u00e9penses mat\u00e9rielles et financi\u00e8res li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;entreprise (par exemple les loyers ainsi que les d\u00e9penses d&rsquo;\u00e9nergie ou de location de mat\u00e9riel) et le chiffre d\u2019affaires pr\u00e9visionnel\u00bb[24]. En d\u2019autres termes, c\u2019est une compensation des seuls frais fixes non couverts par l\u2019activit\u00e9, ce qui est moins arbitraire et apporte une r\u00e9ponse mieux calibr\u00e9e \u00e0 la question des loyers. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019approche d\u00e9sormais retenue par le Gouvernement pour les professionnels de sant\u00e9 lib\u00e9raux.<br \/>\nEn d\u00e9pit de ces mesures de soutien, la crise entra\u00eenera in\u00e9vitablement une cessation d\u2019activit\u00e9 pour de nombreux ind\u00e9pendants. Rexecode anticipe ainsi un taux de faillite de 15 % dans les secteurs qui ne red\u00e9marreront pas le 11 mai (h\u00e9bergement-restauration, arts et spectacles)[25].<br \/>\nDans ce contexte, les conditions d\u2019indemnisation des ind\u00e9pendants par l\u2019assurance-ch\u00f4mage pourraient \u00eatre am\u00e9lior\u00e9es. Un tel ajustement appara\u00eet d\u2019autant plus n\u00e9cessaire que l\u2019ouverture de l\u2019assurance ch\u00f4mage aux ind\u00e9pendants, qui figurait parmi les principales promesses de campagne d\u2019Emmanuel Macron, a \u00e9t\u00e9 largement vid\u00e9e de sa substance pour des motifs budg\u00e9taires. Ainsi, les travailleurs ind\u00e9pendants dont l\u2019activit\u00e9 a cess\u00e9 peuvent b\u00e9n\u00e9ficier depuis le 1ernovembre 2019 d\u2019une allocation limit\u00e9e \u00e0 800 euros pendant 6 mois.<br \/>\nUn signal fort doit \u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 ces publics pour lesquels un injuste manque de consid\u00e9ration et le sentiment d\u2019\u00eatre les oubli\u00e9s du mod\u00e8le social fran\u00e7ais feraient le jeu des partis extr\u00eames.<br \/>\n2.3. Faire de la construction un moteur de la reprise de l\u2019investissement durable<br \/>\nAvec la reprise de la consommation et l\u2019aide aux \u00ab nouveaux pr\u00e9caires \u00bb de la crise, le soutien \u00e0 l\u2019investissement constitue le troisi\u00e8me levier de notre strat\u00e9gie de reprise.<br \/>\nDans le cadre de notre pr\u00e9c\u00e9dente note consacr\u00e9e \u00e0 la \u00abStrat\u00e9gie de fonds propres\u00bb, nous avons propos\u00e9 des mesures g\u00e9n\u00e9rales visant \u00e0 relancer l\u2019investissement priv\u00e9 (ex : dispositif d&rsquo;amortissement exceptionnel) et public (ex : renforcement temporaire du fonds de compensation pour la TVA), qui conservent leur pertinence[26].<\/p>\n<p>Au vu de la profondeur du recul d\u2019activit\u00e9, ces mesures g\u00e9n\u00e9rales doivent s\u2019accompagner d\u2019un soutien cibl\u00e9 compl\u00e9mentaire aux secteurs tr\u00e8s sensibles au cycle \u00e9conomique et dont le poids macro\u00e9conomique est significatif.<br \/>\nEn la mati\u00e8re, il importerait de pr\u00e9voir sans tarder des plans sectoriels, construits avec les entreprises et les syndicats au plus pr\u00e8s des besoins, de fa\u00e7on \u00e0 lever les freins \u00e0 la reprise, en particulier sur le plan r\u00e9glementaire et sanitaire.<br \/>\nDe ce point de vue, la construction doit figurer en t\u00eate des priorit\u00e9s sectorielles.<br \/>\nSon impact macro\u00e9conomique est majeur, puisque ce secteur repr\u00e9sente un tiers de l\u2019investissement (construction et entretien-r\u00e9novation), port\u00e9 par les bailleurs sociaux et les fonci\u00e8res, ainsi que 8 % de l\u2019emploi.<br \/>\nIl est aujourd\u2019hui pratiquement \u00e0 l\u2019arr\u00eat, avec une perte d\u2019activit\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 80 % pour la construction, selon le dernier point de conjoncture de l\u2019Insee.<br \/>\nOr, il s\u2019agit d\u2019un secteur qui a toujours eu beaucoup de mal \u00e0 red\u00e9marrer en France. M\u00eame dans le cadre de la reprise en \u00ab V \u00bb post\u00e9rieure \u00e0 mai 68, la construction \u00e9tait en retrait et n\u2019avait retrouv\u00e9 son niveau de production initial qu\u2019au troisi\u00e8me trimestre 1969. Plus pr\u00e8s de nous, le recul de l\u2019investissement immobilier des m\u00e9nages avait fortement frein\u00e9 la reprise fran\u00e7aise apr\u00e8s la crise financi\u00e8re, en pesant sur la croissance \u00e0 hauteur de pr\u00e8s de 0,2 point par an sur la p\u00e9riode 2008-2015, ce qui explique les deux tiers de l\u2019\u00e9cart de croissance avec l\u2019Allemagne[27].<br \/>\nEn comparaison avec d\u2019autres secteurs, on peut pr\u00e9sumer que la demande de construction n\u2019est pas perdue mais seulement report\u00e9e : c\u2019est donc undomaine privil\u00e9gi\u00e9 pour appliquer la logique du \u00ab rebond accompagn\u00e9 \u00bb.<br \/>\nPour r\u00e9ussir la reprise dans ce secteur strat\u00e9gique, le premier obstacle \u00e0 surmonter est d\u2019abord de nature r\u00e9glementaire et concerne les permis de construire. Si le sujet des d\u00e9lais de recours est d\u00e9sormais derri\u00e8re nous[28], des adaptations \u00e9quivalentes doivent encore \u00eatre prises s\u2019agissant des d\u00e9lais de retrait des autorisations d\u2019urbanisme et s\u2019agissant des retraits et recours contre les autorisations environnementales qui sous-tendent les permis de construire[29]. Par ailleurs l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la d\u00e9livrance des permis reste un enjeu majeur et une grande vigilance de l\u2019\u00c9tat s\u2019impose en la mati\u00e8re, notamment du fait du report des municipales.<br \/>\nEn compl\u00e9ment, dans un contexte o\u00f9 les anticipations de baisse des prix et les comportements de pr\u00e9caution risquent de nourrir l\u2019attentisme des m\u00e9nages, un soutien budg\u00e9taire para\u00eet indispensable.<br \/>\nEn premier lieu, dans le contexte de la transition \u00e9nerg\u00e9tique, il y a une opportunit\u00e9 de conditionner ce soutien au \u00ab verdissement \u00bb des d\u00e9penses. Dans le cadre de la note d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e, nous avons d\u00e9j\u00e0 plaid\u00e9 pour un renforcement significatif des aides de l\u2019Anah en faveur de la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique de grande ampleur des logements des m\u00e9nages modestes, ainsi que pour un soutien aux fonds propres des bailleurs sociaux conditionn\u00e9 \u00e0 un surcro\u00eet d\u2019investissement[30]. En outre, les travaux de r\u00e9novation thermique \u00e0 domicile pourraient \u00eatre l\u2019une des utilisations possibles du ch\u00e8que-d\u00e9confinement sur le mod\u00e8le de l\u2019\u00e9co-ch\u00e8que belge.<br \/>\nNous proposons aujourd\u2019hui d\u2019aller plus loin, en sugg\u00e9rant la mise en place d\u2019un pr\u00eat \u00e0 taux n\u00e9gatif pour les primo-acc\u00e9dants souhaitant acqu\u00e9rir un logement neuf ou un logement ancien avec travaux de r\u00e9novation, sous conditions de ressources.<br \/>\nEn effet, la baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eata fortement \u00e9rod\u00e9 les niveaux d\u2019aide sur le traditionnel \u00ab pr\u00eat \u00e0 taux z\u00e9ro \u00bb (PTZ)[31], alors m\u00eame que les leviers classiques mobilis\u00e9s pour contrebalancer cette \u00e9volution (maturit\u00e9, quotit\u00e9, diff\u00e9r\u00e9) ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9s au maximum de leur capacit\u00e9.<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019un enjeu majeur pour le secteur, puisque les quelques 87.000 PTZ accord\u00e9s en 2018 repr\u00e9sentaient pr\u00e8s du quart des permis d\u00e9livr\u00e9s pour des maisons individuelles, et 10 % pour les logements collectifs, pour un \u00ab \u00e9quivalent- subvention\u00bb de l\u2019ordre de 13.000 euros par m\u00e9nage.<br \/>\nHormis une modification de nature l\u00e9gislative, aucun obstacle technique ou prudentiel ne s\u2019opposerait \u00e0 la mise en place d\u2019un tel pr\u00eat \u00e0 taux n\u00e9gatif, d\u00e8s lors que la compensation pour les banques prendrait, comme aujourd\u2019hui, la forme d\u2019un cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t \u00e9tal\u00e9 sur cinq ans, dont le niveau est calcul\u00e9 pour correspondre \u00e0 la subvention implicite du pr\u00eat. La mesure permettrait de diminuer le taux d\u2019effort des m\u00e9nages par rapport au PTZ classique et ne s\u2019accompagnerait d\u2019aucune d\u00e9rogation aux conditions d\u2019octroi de cr\u00e9dit recommand\u00e9es par le Haut Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re. Soulignons d\u2019ailleurs que des pr\u00eats immobiliers \u00e0 taux n\u00e9gatif ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s par le pass\u00e9 au Danemark, sans soutien public[32].<br \/>\nSur un plan psychologique, l\u2019impact aupr\u00e8s des m\u00e9nages d\u2019un pr\u00eat \u00e0 taux n\u00e9gatif pourrait \u00eatre tr\u00e8s significatif, surtout si celui-ci \u00e9tait clairement annonc\u00e9 comme temporaire et li\u00e9 \u00e0 la reprise de l\u2019activit\u00e9.<br \/>\nIl pourrait inciter les parents et les grands-parents \u00e0 d\u00e9boucler une partie de l\u2019\u00e9pargne accumul\u00e9e pendant le confinement pour aider \u00e0 la constitution de l\u2019apport de leurs enfants et petits-enfants. Il pourrait aussi inciter des locataires \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 dans les classes d\u2019\u00e2ge plus \u00e9lev\u00e9es.<br \/>\nSur le plan social, il contribuerait \u00e0 contenir la tr\u00e8s forte hausse des in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 entre jeunes m\u00e9nages observ\u00e9e en France au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, avec une division par deux du taux de propri\u00e9taires chez les plus modestes[33]. Il serait un \u00e9l\u00e9ment d\u2019\u00e9quit\u00e9 entre g\u00e9n\u00e9rations.<br \/>\nEnfin, en favorisant la r\u00e9novation du parc, il aurait un effet positif sur les \u00e9missions carbone.<br \/>\nLe dispositif pourrait \u00eatre calibr\u00e9 pour retrouver un co\u00fbt par cohorte proche des niveaux atteints lors de la pr\u00e9c\u00e9dente crise[34], soit autour de 2-2,5 milliards d\u2019euros, contre 1,2 milliard d\u2019euros en 2018, avec l\u2019objectif de construire ou r\u00e9nover 50 000 logements suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>III. 1 POINT DE PIB POUR ACCOMPAGNER LE REBOND<br \/>\nAu total, le co\u00fbt ex ante de l\u2019ensemble des mesures propos\u00e9es dans la pr\u00e9sente note pour soutenir la reprise seraitde 0,8% point de PIB, dont une partie pourrait \u00eatre \u00e9tal\u00e9e sur plusieurs exercices (amortissement exceptionnel, pr\u00eat \u00e0 taux n\u00e9gatif&#8230;), et une autre serait compens\u00e9e par des \u00e9conomies de d\u00e9penses et des recettes.<\/p>\n<p>La situation structurelle des finances publiques ne serait pas affect\u00e9e, compte tenu de la nature ponctuelle des d\u00e9penses.<br \/>\nS\u2019y ajouterait une mesure de tr\u00e9sorerie sans co\u00fbt budg\u00e9taire p\u00e9renne consistant \u00e0 anticiper certains investissements publics pr\u00e9vus au niveau de l\u2019\u00c9tat au cours des exercices suivants, pour un montant qui am\u00e8nerait l\u2019effort de soutien global en 2020 \u00e0 un niveau proche de 1 % du PIB.<br \/>\nL\u2019effort budg\u00e9taire suppl\u00e9mentaire permettrait de combler un tiers de l\u2019\u00e9cart avec le plan de soutien allemand, dont l\u2019impact sur le d\u00e9ficit public s\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u2019apr\u00e8s le FMI \u00e0 4,4 % du PIB, contre 1,9 % du PIB en France[35].<br \/>\nSon co\u00fbt doit \u00eatre mis en regard des recettes engendr\u00e9es et des d\u00e9penses \u00e9vit\u00e9es, notamment les faillites et les d\u00e9penses sociales directes (ch\u00f4mage, activit\u00e9 partielle). S\u2019il est difficile \u00e0 chiffrer, cet effet d\u2019entra\u00eenement sur l\u2019activit\u00e9 serait vraisemblablement tr\u00e8s significatif, compte tenu du niveau \u00e9lev\u00e9 des multiplicateurs budg\u00e9taires en bas de cycle et de l\u2019effet de levier attendu sur les d\u00e9penses priv\u00e9es.<br \/>\n\u00c0 titre d\u2019illustration, \u00e0 partir des \u00e9pisodes de consolidation budg\u00e9taire observ\u00e9s dans l\u2019Union europ\u00e9enne entre 2004 et 2013, les services de la Commission europ\u00e9enne ont estim\u00e9 le multiplicateur des d\u00e9penses \u00e0 1,2 en bas de cycle [36]. Cela signifie concr\u00e8tement que le plan de soutien de 0,8 point de PIB ici propos\u00e9 aurait un effet positif sur le PIB de 1 point \u00e0 court terme. Il s\u2019agit vraisemblablement d\u2019un minorant, l\u2019ampleur du choc macro\u00e9conomique \u00e9tant bien plus fort que lors de la pr\u00e9c\u00e9dente crise, ce qui devrait accro\u00eetre le niveau des multiplicateurs budg\u00e9taires.<br \/>\nCompte tenu de la sensibilit\u00e9 du d\u00e9ficit public \u00e0 la croissance observ\u00e9e historiquement en France [37], la hausse des recettes publiques et la baisse des d\u00e9penses sociales qui r\u00e9sulteraient de ce surcro\u00eet d\u2019activit\u00e9 d\u20191 point de PIB r\u00e9duirait le d\u00e9ficit public de 0,6 point de PIB environ. Ainsi, pour un co\u00fbt budg\u00e9taire ex ante de 0,8 point de PIB, le d\u00e9ficit public ne se d\u00e9graderait en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019\u00e0 hauteur de 0,2 point de PIB ex post, du fait de l\u2019effet d\u2019entra\u00eenement sur la croissance des mesures propos\u00e9es.<br \/>\nEnfin, il est \u00e0 souligner que les montants en cause restent budg\u00e9tairement mesur\u00e9s par rapport au risque li\u00e9 \u00e0 la relative ind\u00e9termination de la doctrine d\u2019emploi des PGE. Les PGE en eux-m\u00eames sont un bon instrument pour faire face aux urgences de liquidit\u00e9 \u00e0 court terme.<\/p>\n<p>Mais, replac\u00e9s dans une perspective plus longue, ils peuvent devenir une v\u00e9ritable bombe \u00e0 retardement budg\u00e9taire, en cas de non-remboursement. A cet \u00e9gard, les propositions faites dans notre note \u00ab Pour une strat\u00e9gie de fonds propres \u00bb avaient pr\u00e9cis\u00e9ment pour objet de ne pas ob\u00e9rer les ressources budg\u00e9taires, et de les r\u00e9server pour des actions s\u00e9lectives comme celles d\u00e9velopp\u00e9es dans la pr\u00e9sente note.<br \/>\nPour un co\u00fbt raisonnable, l\u2019ensemble du plan de soutien ici pr\u00e9sent\u00e9 permettrait donc \u00e0 la France de se donner une chance de rattraper \u00e0 horizon 2022 le niveau de production qui \u00e9tait le sien avant la crise sanitaire et de limiter ainsi les \u00e9carts de performance \u00e9conomiques avec nos partenaires du Nord de l\u2019Europe.<br \/>\n[1] En excluant les services publics non marchands et les loyers imput\u00e9s des propri\u00e9taires occupants, structurellement peu sensibles aux fluctuations macro\u00e9conomiques.<br \/>\n[2] Banque de France, projections macro\u00e9conomiques de juin 2019.<br \/>\n[3] Dans la derni\u00e8re note de conjoncture de l\u2019Insee, la production appara\u00eet en baisse de 35 %, tandis que la consommation des m\u00e9nages serait quant \u00e0 elle inf\u00e9rieure de 33 % \u00e0 sa normale. Cf. Insee, point de conjoncture du 23 avril 2020.<br \/>\n[4] DARES, Situation sur le march\u00e9 du travail durant la crise sanitaire au 14 avril 2020, 15 avril 2020. [5] OFCE, \u00ab \u00c9valuation au 20 avril 2020 de l\u2019impact \u00e9conomique de la pand\u00e9mie de COVID-19 et des<br \/>\nmesures de confinement en France \u00bb, Policy brief, 20 avril 2020.<br \/>\n[6] C\u00e9line Antonin, \u00ab Les liens entre taux d\u2019\u00e9pargne, revenu et incertitude. Une illustration sur donn\u00e9es fran\u00e7aises \u00bb, OFCE Working papers 19, 2018.<br \/>\n[7] Olivier Blanchard, \u00ab High inflation is unlikely but not impossible in advanced economies \u00bb, PIIE, 24 avril 2020.<br \/>\n[8] L\u2019OFCE \u00e9value la diminution du taux de marge en sortie de confinement \u00e0 2,9 points pour le secteur marchand.<br \/>\n[9] Denis Colombi, O\u00f9 va l\u2019argent des pauvres, \u00c9ditions Payot, 15 janvier 2020.<br \/>\n[10] \u00ab Construction a\u00e9ronautique et construction automobile, deux secteurs qui ont un effet<br \/>\nd\u2019entra\u00eenement marqu\u00e9 sur le reste de l\u2019\u00e9conomie \u00bb, Note de conjoncture, Insee, mars 2012, p. 91-94.<br \/>\n[11] Pourraient \u00eatre cibl\u00e9s les foyers fiscaux dont le revenu imposable par part est inf\u00e9rieur \u00e0 30 000 euros, qui repr\u00e9sentent un peu plus de 70 % des 38 millions de foyers fiscaux.<br \/>\n[12] Un co-financement public de 50 % signifie que le m\u00e9nage doit d\u00e9bourser 50 euros pour obtenir un ch\u00e8que d\u2019une valeur de 100 euros.<br \/>\n[13] Le titre-restaurant repr\u00e9sente en temps normal 15 % du volume d\u2019affaires de la restauration commerciale.<br \/>\nTerra Nova<br \/>\n[14] \u00ab Moins d\u2019un Fran\u00e7ais sur deux part au moins une semaine l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb, DGE, \u00c9tudes \u00e9conomiques, n\u00b0 65, 2016.<\/p>\n<p>[15] Le volume d\u2019\u00e9mission de ch\u00e8ques vacances pourrait \u00eatre doubl\u00e9 et ainsi port\u00e9 \u00e0 3 milliards d\u2019euros.<br \/>\n[16] \u00ab Des d\u00e9buts de carri\u00e8re plus chaotiques pour une g\u00e9n\u00e9ration plus dipl\u00f4m\u00e9e &#8211; G\u00e9n\u00e9ration 2010 \u00bb, C\u00e9req Bref, n\u00b0 382, Octobre 2019.<br \/>\n[17] Les Gracques, \u00ab Pour une strat\u00e9gie de fonds propres \u00bb, 8 avril 2020.<br \/>\n[18] Tr\u00e9sor-\u00e9co, \u00ab Les aides \u00e0 l&#8217;embauche : un outil efficace de soutien \u00e0 l&#8217;emploi ? \u00bb, 22 ao\u00fbt 2016. [19] Insee, \u00ab Emploi salari\u00e9 et non-salari\u00e9 par activit\u00e9 \u00bb, Chiffres-cl\u00e9s, 14 avril 2020.<br \/>\n[20] OFCE, \u00ab \u00c9valuation au 20 avril 2020 de l\u2019impact \u00e9conomique de la pand\u00e9mie de COVID-19 et des mesures de confinement en France \u00bb, Policy brief, 20 avril 2020, p. 12.<br \/>\n[21] Ibid.<br \/>\n[22] \u00ab Claim a grant through the coronavirus (COVID-19) Self-employment Income Support Scheme \u00bb,<br \/>\nHM Revenue &amp; Customs, 26 mars 2020.<br \/>\n[23] \u00ab German government announces \u20ac50 billion in emergency aid for small businesses\u00bb, communiqu\u00e9 de presse du minist\u00e8re des finances allemand, 23 mars 2020.<br \/>\n[24] S\u00e9nat, rapport n\u00b0 406 (2019-2020) fait au nom de la commission des finances.<br \/>\n[25] Rexecode, \u00ab Un essai de perspectives macro\u00e9conomiques pour la France \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du<br \/>\nconfinement \u00bb, 27 avril 2020, p. 5.<br \/>\n[26] Les Gracques, \u00ab Pour une strat\u00e9gie de fonds propres \u00bb, 8 avril 2020, p. 16.<br \/>\n[27] Direction g\u00e9n\u00e9rale du Tr\u00e9sor,\u00ab Le redressement de l\u2019investissement immobilier r\u00e9sidentiel est-il durable ? \u00bb, Tr\u00e9sor-\u00c9co n\u00b0 201, 11 juillet 2017.<br \/>\n[28] \u00ab Le Gouvernement corrige l&rsquo;ordonnance sur les d\u00e9lais d&rsquo;instruction des permis \u00bb, Batiactu, 15 avril 2020.<br \/>\n[29] Sachant que, s\u2019agissant d\u2019autorisations d\u00e9j\u00e0 d\u00e9livr\u00e9e, la \u00ab suspension \u00bb plut\u00f4t que \u00ab l\u2019interruption \u00bb des d\u00e9lais de recours ne saurait \u00eatre regard\u00e9e comme pr\u00e9judiciable \u00e0 l\u2019environnement ou au droit des tiers.<br \/>\n[30] Les Gracques, \u00ab Pour une strat\u00e9gie de fonds propres \u00bb, 8 avril 2020, p. 18.<br \/>\n[31] Inspection g\u00e9n\u00e9rale des finances, rapport n\u00b0 2019-M-036-04 sur l\u2019\u00e9valuation du pr\u00eat \u00e0 taux z\u00e9ro,<br \/>\noctobre 2019.<br \/>\n[32] Le Monde, \u00ab Au Danemark, des cr\u00e9dits immobiliers \u00e0 taux n\u00e9gatif \u00bb, 13 ao\u00fbt 2019.<br \/>\n[33] Carole Bonnet, Bertrand Garbinti et S\u00e9bastien Grobon, \u00ab In\u00e9galit\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 et de richesse immobili\u00e8re au sein des jeunes en France, 1973-2013 \u00bb, Documents de travail de l&rsquo;Insee, n\u00b0 234, 2017.<br \/>\n[34] Dans le cadre du plan de relance de 2009, le montant du PTZ avait \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9 pour les pr\u00eats \u00e9mis entre janvier 2009 et juin 2010, dans le neuf uniquement.<br \/>\n[35] FMI, Moniteur des finances publiques, avril 2020.<br \/>\n[36] Nicolas Carnot et Francisco de Castro, \u00ab The Discretionary Fiscal Effort : an Assessment of Fiscal<br \/>\nPolicy and its Output Effect \u00bb, Economic Papers 543, f\u00e9vrier 2015.<br \/>\n[37] \u00ab The Semi-Elasticities Underlying the Cyclically-Adjusted Budget Balance : An Update &amp; FurtherAnalysis \u00bb, Commission europ\u00e9enne, European Economy &#8211; Discussion Paper 098, 2019.<br \/>\nTerra Nova<br \/>\n|<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Terra Nova 12 mai 2020 | Par Les Gracques Le compte \u00e0 rebours de la reprise a commenc\u00e9&#8230; Le confinement aura \u00e9t\u00e9 du point de vue \u00e9conomique le plus grand choc connu par le pays en temps de paix. La perte d\u2019activit\u00e9 instantan\u00e9e s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un tiers et atteint m\u00eame 50 % sur le secteur<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":13873,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[200],"tags":[],"class_list":["post-13872","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-ecologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13872","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13872"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13872\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13873"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13872"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13872"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13872"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}