{"id":14699,"date":"2020-05-28T20:00:36","date_gmt":"2020-05-29T00:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=14699"},"modified":"2020-05-28T03:21:06","modified_gmt":"2020-05-28T07:21:06","slug":"etat-durgence-sanitaire-une-creation-opportune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/etat-durgence-sanitaire-une-creation-opportune\/","title":{"rendered":"\u00c9tat d\u2019urgence sanitaire : une cr\u00e9ation opportune ?"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"vcex-module vcex-heading vcex-heading-plain vc_custom_1586939753937\"><strong style=\"font-size: 16px\">Par Xavier Dupr\u00e9 de Boulois, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on- Sorbonne<\/strong><\/h1>\n<div class=\"vcex-post-content vcex-clr vc_custom_1525203046432\">\n<div class=\"vcex-post-content-c clr\">\n<p><strong>Points cl\u00e9s :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Si la mise en place d\u2019un nouveau r\u00e9gime d\u2019exception en mati\u00e8re sanitaire par la <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746313&amp;categorieLien=id\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">loi n\u00b0 2020-290 du 23 mars 2020<\/a> a pu \u00eatre critiqu\u00e9e, il est le meilleur \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb pour fonder et encadrer l\u2019adoption des mesures n\u00e9cessaires \u00e0 la lutte contre la pand\u00e9mie de la covid-19<\/li>\n<li>Pour autant, ce r\u00e9gime a vocation \u00e0 faire l\u2019objet d\u2019une \u00ab co-construction \u00bb associant les diff\u00e9rents acteurs du droit dans un r\u00e9gime d\u00e9mocratique afin en particulier d\u2019\u00e9tablir un \u00e9quilibre entre les n\u00e9cessit\u00e9s de l\u2019action publique et la protection des droits<\/li>\n<li>Sa modification par la loi n\u00b0 2020-546 du 11 mai 2020 constitue une premi\u00e8re \u00e9tape en ce sens<\/li>\n<\/ul>\n<p>La mise en place par la loi n\u00b0 2020-290 du 23 mars 2020 d\u2019un nouveau r\u00e9gime d\u2019exception afin de lutter contre la pand\u00e9mie de la covid-19, \u2013 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire -, n\u2019a pas suscit\u00e9 l\u2019enthousiasme des commentateurs. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 son inutilit\u00e9 puisque le droit fran\u00e7ais serait d\u00e9j\u00e0 dot\u00e9 de dispositifs permettant aux autorit\u00e9s publiques de faire face \u00e0 la crise ; elle pr\u00e9senterait aussi de graves dangers pour l\u2019exercice des droits et libert\u00e9s fondamentaux au regard des pouvoirs conf\u00e9r\u00e9s au premier ministre en particulier (<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/paul-cassia\/blog\/230320\/l-etat-d-urgence-sanitaire-remede-placebo-ou-venin-juridique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">P. Cassia, L\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire: rem\u00e8de, placebo ou venin juridique ?<\/a> : <em>Blog M\u00e9diapart<\/em>, 24 mars 2020). \u00c0 l\u2019occasion de la premi\u00e8re r\u00e9vision de ce r\u00e9gime par la loi n\u00b0 2020-546 du 11 mai 2020, \u00e0 peine un mois et demi apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, nous souhaiterions faire entendre une expression dissonante \u00e0 travers l\u2019\u00e9loge de ce nouveau dispositif codifi\u00e9 aux <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006072665&amp;idArticle=LEGIARTI000041747460&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">articles L. 3131-12 et s. du Code de la sant\u00e9 publique<\/a>.<\/p>\n<h2>Une cr\u00e9ation opportune<\/h2>\n<p>Le d\u00e9bat autour du r\u00e9gime de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire (EUS) s\u2019est d\u2019abord cristallis\u00e9 sur l\u2019opportunit\u00e9 de mettre en place un nouveau r\u00e9gime d\u2019exception alors que le droit fran\u00e7ais est d\u00e9j\u00e0 fort bien pourvu en la mati\u00e8re. Il nous semble pourtant que la solution retenue par le Gouvernement \u00e9tait la meilleure ou pour \u00eatre plus juste, la moins mauvaise d\u2019entre elles. Partant du constat que cette crise in\u00e9dite appelait l\u2019\u00e9diction de mesures exorbitantes et particuli\u00e8rement attentatoire aux libert\u00e9s les plus essentielles, la question a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9terminer le \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb le plus adapt\u00e9 pour fonder juridiquement leur adoption. L\u2019\u00e9tude d\u2019impact de la loi du 23 mars 2020 a recens\u00e9 trois supports normatifs susceptibles de jouer ce r\u00f4le. Aucun n\u2019\u00e9tait satisfaisant non seulement pour fonder les mesures prises par le Gouvernement mais aussi pour assurer l\u2019encadrement n\u00e9cessaire de l\u2019action des pouvoirs publics.<\/p>\n<h2>La police sp\u00e9ciale sanitaire<\/h2>\n<p>Le premier est le r\u00e9gime de police sp\u00e9ciale sanitaire mis en place par la <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000787078\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">loi n\u00b0 2004-806 du 9 ao\u00fbt 2004<\/a>, remani\u00e9 par la loi n\u00b0 2007-294 du 5 mars 2007 et codifi\u00e9 aux articles L. 3131-1 et suivants du Code de la sant\u00e9 publique. Ces dispositions donnent comp\u00e9tence au ministre de la Sant\u00e9 \u00ab pour prescrire dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la sant\u00e9 publique toute mesure proportionn\u00e9e aux risques courus et appropri\u00e9e aux circonstances de temps et de lieu afin de pr\u00e9venir et de limiter les cons\u00e9quences des menaces possibles sur la sant\u00e9 de la population en cas de menace sanitaire grave appelant des mesures d\u2019urgence, notamment en cas de menace d\u2019\u00e9pid\u00e9mie \u00bb. Elles dotent donc le ministre concern\u00e9 de pouvoirs d\u2019autant plus exorbitants qu\u2019elles ne comportent pas de pr\u00e9cisions sur les mesures susceptibles d\u2019\u00eatre prises sur son fondement et gu\u00e8re plus de garanties pour les personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Mobilis\u00e9 avec parcimonie lors de l\u2019\u00e9pisode de la grippe A (H1N1) en 2009, ce r\u00e9gime a servi de base juridique pour l\u2019\u00e9diction des premi\u00e8res mesures de contraintes intervenues lors de la pr\u00e9sente pand\u00e9mie : mise en quarantaine des personnes ayant r\u00e9sid\u00e9 \u00e0 Wuhan et interdiction des rassemblements et des r\u00e9unions rassemblant un nombre d\u00e9fini de personnes, fermeture d\u2019\u00e9tablissements recevant du public ou encore suspension de l\u2019activit\u00e9 des \u00e9tablissements d\u2019enseignement. Ce \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb s\u2019est toutefois r\u00e9v\u00e9l\u00e9 peu adapt\u00e9 au regard en particulier de l\u2019autorit\u00e9 de police en cause. Comme l\u2019a relev\u00e9 Didier Truchet, les mesures en question, de par leur nature et leur port\u00e9e, d\u00e9passent manifestement le champ des comp\u00e9tences et des capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles d\u2019un tel ministre (<a href=\"http:\/\/blog.juspoliticum.com\/author\/dtruchet\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">D. Truchet, Covid 19 : point de vue d\u2019un administrativiste sanitaire : Blog Juspoliticum, 27 mars 2020<\/a>). \u00c0 tout le moins se serait pos\u00e9 rapidement le probl\u00e8me de la l\u00e9gitimit\u00e9 du ministre de la Sant\u00e9 pour imposer de telles restrictions \u00e0 l\u2019ensemble de la population. Par ailleurs, comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 signal\u00e9, le r\u00e9gime juridique de cette police sp\u00e9ciale est d\u00e9fini de mani\u00e8re tr\u00e8s sommaire par le Code de la sant\u00e9 publique de telle sorte qu\u2019il existe un doute s\u00e9rieux sur sa constitutionnalit\u00e9.<\/p>\n<h2>La th\u00e9orie des circonstances exceptionnelles<\/h2>\n<p>Le second support repose sur la combinaison de constructions jurisprudentielles centenaires. Il s\u2019agit d\u2019abord du pouvoir de police g\u00e9n\u00e9rale reconnu au premier ministre (initialement au chef de l\u2019\u00c9tat) \u00e0 partir de l<a href=\"https:\/\/www.conseil-etat.fr\/ressources\/decisions-contentieuses\/les-grandes-decisions-du-conseil-d-etat\/conseil-d-etat-8-aout-1919-labonne\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u2019arr\u00eat Labonne<\/a>(CE, 8 ao\u00fbt 1919) \u00ab en dehors de toute d\u00e9l\u00e9gation l\u00e9gislative \u00bb. Il en r\u00e9sulte qu\u2019il lui appartient d\u2019\u00e9dicter des mesures de police applicables \u00e0 l\u2019ensemble du territoire (ex. : <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&amp;idTexte=CETATEXT000027666366&amp;fastReqId=1016617977&amp;fastPos=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">CE, 5 juill. 2013, n\u00b0 361441 : JurisData n\u00b0 2013-013835<\/a>). Toute- fois, compte tenu de l\u2019exorbitance des mesures devant \u00eatre prises pour lutter contre la pand\u00e9mie, sa mise en \u0153uvre devait \u00eatre combin\u00e9e avec la th\u00e9orie des circonstances exceptionnelles. Cette construction issue de deux arr\u00eats du Conseil d\u2019\u00c9tat intervenus \u00e0 l\u2019occasion de la premi\u00e8re guerre mondiale (<a href=\"https:\/\/www.conseil-etat.fr\/ressources\/decisions-contentieuses\/les-grandes-decisions-du-conseil-d-etat\/conseil-d-etat-28-juin-1918-heyries\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">CE, 28 juin 1918, Heyri\u00e8s<\/a> : Rec. CE 1918, p. 651. \u2013 CE, 28 f\u00e9vr. 1919, Dol et Laurent : Rec. CE 1919, p. 208) conduit le juge administratif \u00e0 lib\u00e9rer l\u2019administration du strict respect des r\u00e8gles qui s\u2019imposent \u00e0 elle au regard des circonstances de temps et de lieu, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une guerre, d\u2019une insurrection ou autre catastrophe naturelle. Ce \u00ab v\u00e9hicule \u00bb n\u2019\u00e9tait pas plus satisfaisant que le premier.<\/p>\n<p>Il peut d\u2019abord \u00eatre relev\u00e9 que le pouvoir de police g\u00e9n\u00e9rale du premier ministre ne connait pas d\u2019autre encadrement que celui qui r\u00e9sulte de la jurisprudence du Conseil d\u2019\u00c9tat relative \u00e0 la police administrative : les motifs des mesures de police sont d\u00e9finis par r\u00e9f\u00e9rence aux composantes habituelles de l\u2019ordre public ; elles doivent \u00eatre adapt\u00e9es, n\u00e9cessaires et proportionn\u00e9es. Surtout, cette d\u00e9marche aurait conduit \u00e0 une d\u00e9naturation de la th\u00e9orie des circonstances exceptionnelles. D\u2019une simple \u00ab soupape \u00bb mobilis\u00e9e au cas par cas et a posteriori par le juge administratif pour \u00e9carter le recours contre une d\u00e9cision administrative, elle serait devenue un r\u00e9gime d\u2019exception \u00e0 part enti\u00e8re de nature \u00e0 fonder a priori l\u2019adoption de mesures r\u00e9glementant l\u2019exercice des libert\u00e9s. Un r\u00e9gime au demeurant bien sommaire, puisqu\u2019il se r\u00e9sumerait \u00e0 une sorte de maxime : \u00ab le gouvernement est lib\u00e9r\u00e9 du respect de la loi lorsque des circonstances exceptionnelles de temps et de lieu le justifient \u00bb. Au total, se reposer sur cette combinaison de jurisprudences centenaires aurait constitu\u00e9 une r\u00e9gression importante de la garantie des droits et libert\u00e9s.<\/p>\n<h2>La loi du 3 avril 1955<\/h2>\n<p>Le troisi\u00e8me \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb envisag\u00e9 par l\u2019\u00e9tude d\u2019impact de la loi du 23 mars 2020 \u00e9tait le recours au r\u00e9gime de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence issu de la <a href=\"https:\/\/www.gouvernement.fr\/conseil-des-ministres\/2015-11-18\/application-de-la-loi-n-55-385-du-3-avril-1955-relative-a-l-\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">loi du 3 avril 1955<\/a>. Il est vrai que prima facie, l\u2019application du r\u00e9gime \u00e9tabli par la loi de 1955 pouvait s\u2019envisager d\u00e8s lors que son article 1er autorise son d\u00e9clenchement \u00ab en cas d\u2019\u00e9v\u00e9nements pr\u00e9sentant, par leur nature et leur gravit\u00e9, le caract\u00e8re de calamit\u00e9 publique \u00bb. Il n\u2019y aurait gu\u00e8re eu d\u2019effort \u00e0 faire pour qualifier la pand\u00e9mie de la covid-19 de calamit\u00e9 publique au sens de cette disposition. Le probl\u00e8me est que le r\u00e9gime d\u2019\u00e9tat d\u2019urgence de la loi de 1955 a une forte coloration s\u00e9curitaire de telle sorte qu\u2019il n\u2019aurait gu\u00e8re pu \u00eatre applicable tel quel \u00e0 une crise sanitaire. Cette coloration s\u00e9curitaire est tr\u00e8s nette lorsque l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux diff\u00e9rentes mesures susceptibles d\u2019\u00eatre \u00e9dict\u00e9es en application de ce r\u00e9gime. L\u2019article 5 de la loi de 1955 pr\u00e9cise ainsi que les mesures d\u2019interdiction de circulation de personnes et des v\u00e9hicules et les mesures d\u2019interdiction de s\u00e9jour des personnes ne peuvent \u00eatre justifi\u00e9es que par un \u00ab but de pr\u00e9vention des troubles \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 l\u2019ordre public \u00bb. De m\u00eame, son article 6 pr\u00e9cise qu\u2019une mesure d\u2019assignation \u00e0 r\u00e9sidence ne peut viser que les personnes \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9gard [desquelles] il existe des raisons s\u00e9rieuses de penser que [leur] comportement constitue une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 et l\u2019ordre publics \u00bb. D\u2019autres mesures pr\u00e9vues par la loi de 1955 sont, quant \u00e0 elles, inadapt\u00e9es dans le contexte de la lutte contre une crise sanitaire. On pense par exemple \u00e0 la dissolution de groupements ou d\u2019association (art. 6-1) et aux perquisitions administratives (art. 11). Il en r\u00e9sulte que la mise en \u0153uvre de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence pour lutter contre la pand\u00e9mie aurait supposer une r\u00e9vision importante de la loi de 1955 pour l\u2019adapter aux n\u00e9cessit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 une crise sanitaire. Si ses dispositions relatives au d\u00e9clenchement et \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence auraient pu pour l\u2019essentiel \u00eatre applicables aux diff\u00e9rentes situations de crise, la loi de 1955 aurait d\u00fb d\u00e9finir deux cat\u00e9gories de mesures adapt\u00e9es respectivement \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence s\u00e9curitaire et \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire. Autrement dit, le recours au r\u00e9gime de la loi de 1955 n\u2019aurait pas permis de faire l\u2019\u00e9conomie de l\u2019introduction massive de dispositions sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9es aux crises sanitaires.<\/p>\n<p>Au regard de ces diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments, le choix d\u2019\u00e9laborer un nouveau \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb pour lutter contre la pand\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 opportun. Lui seul permettait de pourvoir aux n\u00e9cessit\u00e9s de la lutte contre une telle pand\u00e9mie ; surtout lui seul \u00e9tait susceptible de permettre la mise en place d\u2019un cadre juridique de nature \u00e0 assurer la prise en compte des droits et libert\u00e9s des personnes. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, cette garantie a beaucoup \u00e0 gagner d\u2019une d\u00e9finition pr\u00e9cise et serr\u00e9e des pr\u00e9rogatives que les autorit\u00e9s publiques peuvent mettre en \u0153uvre en cas de crise grave. Une telle consid\u00e9ration justifierait au demeurant de remettre \u00e0 l\u2019ordre du jour la question de l\u2019abrogation de l\u2019article 16 de la Constitution qui n\u2019en finit pas d\u2019\u00eatre d\u00e9suet et dangereux au regard de l\u2019\u00e9volution du droit fran\u00e7ais de l\u2019exception.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Xavier Dupr\u00e9 de Boulois, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on- Sorbonne Points cl\u00e9s : Si la mise en place d\u2019un nouveau r\u00e9gime d\u2019exception en mati\u00e8re sanitaire par la loi n\u00b0 2020-290 du 23 mars 2020 a pu \u00eatre critiqu\u00e9e, il est le meilleur \u00ab v\u00e9hicule juridique \u00bb pour fonder et encadrer l\u2019adoption des mesures<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":14700,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[819],"tags":[],"class_list":["post-14699","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-justice"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14699","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14699\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}