{"id":14871,"date":"2020-05-31T20:00:28","date_gmt":"2020-06-01T00:00:28","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=14871"},"modified":"2020-05-31T20:14:54","modified_gmt":"2020-06-01T00:14:54","slug":"la-martinique-une-societe-malade-de-sa-colonialite-et-de-sa-structure-gerontocratique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/la-martinique-une-societe-malade-de-sa-colonialite-et-de-sa-structure-gerontocratique\/","title":{"rendered":"La Martinique, une soci\u00e9t\u00e9 malade de sa colonialit\u00e9 et de sa structure g\u00e9rontocratique"},"content":{"rendered":"<header class=\"bdaia-post-header\">\n<div class=\"bdaia-category\"><a class=\"bd-cat-link bd-cat-573\" href=\"http:\/\/evolutionmartinique.fr\/category\/politique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">POLITIQUE<\/a><\/div>\n<div class=\"bdaia-post-title\">\n<h1 class=\"post-title entry-title\"><\/h1>\n<\/div>\n<div class=\"bdaia-meta-info\">\n<div class=\"bdaia-post-author-name\">By <a title=\"Articles par Evolution Martinique\" href=\"http:\/\/evolutionmartinique.fr\/author\/evolutionmartinique\/\" rel=\"author noopener\" target=\"_blank\">Evolution Martinique<\/a><\/div>\n<div class=\"bdaia-post-date\">Publi\u00e9 le\u00a0<span class=\"bdayh-date\">29 mai, 2020<\/span><\/div>\n<div class=\"bdaia-post-like\"><\/div>\n<\/div>\n<\/header>\n<div class=\"bdaia-post-content\">\n<div class=\"bdaia-post-featured-left\">\n<div class=\"bdaia-post-featured-image bdaia-img-show\"><strong>Les r\u00e9actions extr\u00eamement critiques qui ont d\u00e9ferl\u00e9 suite au d\u00e9boulonnement des statues de Victor Schoelcher sont symptomatiques de deux maux qui gangr\u00e8nent la soci\u00e9t\u00e9 martiniquaise : d\u2019une part, son inertie face \u00e0 un h\u00e9ritage colonial encore vivace ; d\u2019autre part, le foss\u00e9 grandissant entre une soci\u00e9t\u00e9 vieillissante et embourgeois\u00e9e et sa jeunesse r\u00e9clamant le changement social.<\/strong><\/div>\n<\/div>\n<p>Le 22 mai 2020, de jeunes militant.es martiniquais.es proc\u00e9daient au d\u00e9boulonnement de deux statues de Victor Schoelcher, s\u2019attaquant ainsi aux repr\u00e9sentations de celui qui, depuis la II\u00e8me R\u00e9publique, a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement \u00e9rig\u00e9 en symbole paternaliste de la \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9\u00a0\u00bb de l\u2019Etat fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9gard des esclaves de ses colonies. En choisissant cette date hautement symbolique du 22 mai \u2013 jour de comm\u00e9moration du soul\u00e8vement servile qui, le 23 mai 1848, contraignit le gouverneur local \u00e0 proclamer l\u2019abolition imm\u00e9diate de l\u2019esclavage sur l\u2019\u00eele et ce, avant m\u00eame l\u2019entr\u00e9e en vigueur du d\u00e9cret d\u2019abolition adopt\u00e9 le 27 avril \u00e0 Paris -, ces militant.es envoyaient un message fort : il s\u2019agissait de d\u00e9noncer le r\u00e9cit colonial et assimilationiste d\u2019une abolition \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb, un r\u00e9cit r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ad nauseam depuis 1848 et qui continue \u00e0 ce jour \u00e0 occuper une place centrale (voire exclusive) dans le champ de la m\u00e9moire officielle de l\u2019esclavage, au d\u00e9triment de la longue histoire des luttes serviles.<\/p>\n<p>Pourtant, en d\u00e9pit de la dimension \u00e9videmment politique de ce geste, depuis confirm\u00e9e par voie de communiqu\u00e9, de nombreux observateurs, parmi lesquels plusieurs \u00e9lus locaux, se sont empress\u00e9es de prendre la plume pour r\u00e9duire cette action \u00e0 un vulgaire \u00ab\u00a0acte de vandalisme\u00a0\u00bb, certains n\u2019h\u00e9sitant d\u2019ailleurs pas \u00e0 y voir une attaque \u00ab\u00a0obscurantiste\u00a0\u00bb contre \u00ab\u00a0la transmission de l\u2019histoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sur la forme, il y aurait beaucoup \u00e0 analyser quant \u00e0 la rh\u00e9torique de ces discours, qui furent nombreux \u00e0 citer du C\u00e9saire et du Fanon sur le mode de l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9, comme pour s\u2019offrir \u00e0 peu de frais une caution morale automatique. Il est en effet tr\u00e8s paradoxal de constater que la pens\u00e9e de ces auteurs \u2013 pourtant \u00e9minemment subversive \u2013 est r\u00e9guli\u00e8rement recycl\u00e9e de fa\u00e7on creuse et d\u00e9contextualis\u00e9e, dans le but de l\u00e9gitimer le maintien du statu quo et de l\u2019ordre \u00e9tabli\u2026 Une compr\u00e9hension m\u00eame superficielle de la pens\u00e9e fanonienne permet pourtant de se convaincre qu\u2019il se serait tr\u00e8s probablement plac\u00e9 aujourd\u2019hui du c\u00f4t\u00e9 des militant.es plut\u00f4t que de celui des moralisateurs passifs. Si l\u2019oeuvre litt\u00e9raire et politique de celui qui s\u2019engagea dans la lutte arm\u00e9e du peuple alg\u00e9rien durant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre la France ne suffisait pas \u00e0 s\u2019en convaincre, il conviendra donc de s\u2019en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ce passage de Peau Noire, Masques Blancs, dans lequel Fanon s\u2019indignait explicitement du \u00ab\u00a0nombre imposant de statues diss\u00e9min\u00e9es en France et aux colonies, repr\u00e9sentant la France blanche caressant la chevelure cr\u00e9pue de ce brave n\u00e8gre dont on vient de briser les cha\u00eenes\u00a0\u00bb. (page 217). Il en va de m\u00eame pour Aim\u00e9 C\u00e9saire qui, en d\u00e9pit de son livre hagiographique sur le personnage de Victor Schoelcher, n\u2019en fut pas moins critique quant\u00a0aux \u00e9cueils du schoelcherisme paternaliste, qu\u2019il interrogeait dans son Cahier d\u2019un Retour au Pays Natal en d\u00e9non\u00e7ant ce \u00ab\u00a0lib\u00e9rateur fig\u00e9 dans sa lib\u00e9ration de pierre blanchie\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0r\u00eavant tr\u00e8s haut au-dessus de la n\u00e9graille\u00a0\u00bb (page 36).<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue sociologique, il y aurait aussi beaucoup \u00e0 dire quant au conflit g\u00e9n\u00e9rationnel et de classe sociale qui semble se manifester dans ces discours de condamnation. En effet, les d\u00e9boulonnements de ce 22 mai ne constituent pas le premier coup d\u2019\u00e9clat de ces manifestant.es, qui se sont exprim\u00e9.es au cours des derniers mois sur nombre de probl\u00e9matiques structurelles affectant la Martinique (chlord\u00e9cone, \u00e9conomie de d\u00e9pendance, mal-d\u00e9veloppement, ch\u00f4mage structurel, in\u00e9galit\u00e9s et stratification socio-raciale de la soci\u00e9t\u00e9, violences polici\u00e8res\u2026). Or, il est frappant de constater la virulence des critiques qui d\u00e9ferlent contre ces militant.es \u00e0 chacune de leurs actions ou prise de position : il n\u2019est pas anodin que ces critiques insistent syst\u00e9matiquement sur la jeunesse de ces manifestant.es, consid\u00e9r\u00e9e comme un disqualifiant automatique qui priverait leur activisme de toute pertinence et de toute l\u00e9gitimit\u00e9. Pourtant, qui est plus l\u00e9gitime que cette jeunesse pour d\u00e9noncer les cons\u00e9quences mortif\u00e8res du mal-d\u00e9veloppement, dont elle est la premi\u00e8re \u00e0 faire les frais ? Pour rappel, faute de perspectives d\u2019emploi, 3300 jeunes en moyenne quittent annuellement la Martinique (41% de taux de ch\u00f4mage des 15-29 ans en 2017, contre 18% \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale de la Martinique, INSEE). Dans un tel contexte qu\u2019on pourrait l\u00e9gitimement qualifier de v\u00e9ritable crise de la jeunesse martiniquaise, il est particuli\u00e8rement pr\u00e9occupant de constater que les franges plus \u00e2g\u00e9es de la population, qui sont aussi les plus ais\u00e9es et celles qui d\u00e9tiennent le pouvoir d\u00e9cisionnaire, persistent dans des postures de rejet et de condescendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une jeunesse qui exprime sa d\u00e9tresse et sa volont\u00e9 d\u2019agir pour l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Surtout, sur le fond, une mise au point s\u2019impose : les statues \u2013 et plus g\u00e9n\u00e9ralement les monuments \u2013 ne sont pas des objets de \u00ab\u00a0transmission de l\u2019histoire\u00a0\u00bb. Une statue n\u2019est pas l\u00e0 pour enseigner : ce n\u2019est ni un livre d\u2019histoire, ni un mus\u00e9e. Un morceau de pierre taill\u00e9e ne rendra jamais compte de la complexit\u00e9 et des nuances d\u2019un personnage historique, d\u2019un \u00e9v\u00e9nement ou d\u2019un contexte.<\/p>\n<p>Disons-le clairement : une statue est un objet politique. C\u2019est un outil de propagande, qui est mobilis\u00e9 dans la construction d\u2019un r\u00e9cit national officiel, comme le soulignait l\u2019historien et politiste Benedict Anderson dans son analyse de r\u00e9f\u00e9rence sur les processus id\u00e9ologiques de formation des \u00e9tats-nations (Anderson Benedict, Imagined Communities : Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, 1983). Une statue est donc un indicateur des symboles et des valeurs dont une communaut\u00e9 politique se revendique \u00e0 un moment pr\u00e9cis de son \u00e9volution historique.<\/p>\n<p>Aussi, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 celles et ceux, nombreux.ses, qui se sont indign\u00e9.es d\u2019une pr\u00e9tendue attaque contre la transmission de l\u2019histoire, il est grossi\u00e8rement erron\u00e9 de porter sur le terrain de \u00ab\u00a0l\u2019histoire\u00a0\u00bb quelque chose qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019histoire, et tout \u00e0 voir avec la politique. La seule et v\u00e9ritable question \u00e0 se poser ici est donc la suivante : Qui souhaitons-nous honorer ? Quels personnages, quels symboles, quelles valeurs souhaitons-nous \u00e9riger comme symboles de notre r\u00e9cit national ?<\/p>\n<p>A en regarder l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des statues et monuments de la Martinique, la r\u00e9ponse semble tristement claire : ce sont manifestement les personnages et symboles de la colonialit\u00e9 que la Martinique souhaite, encore et toujours, continuer \u00e0 honorer. Comment expliquer, en effet, que les noms de b\u00e2timents publics, les noms de rues et les statues qui tr\u00f4nent \u00e0 Fort-de-France fassent quasi-exclusivement l\u2019apologie de figures li\u00e9es \u00e0 l\u2019esclavagisme et au colonialisme ? On citera notamment, en plein centre de la capitale foyalaise, la statue de Jos\u00e9phine de Beauharnais Tascher de La Pagerie, fille d\u2019esclavagistes notoires de la Martinique et \u00e9pouse de Napol\u00e9on Bonaparte (qui, rappelons-le, r\u00e9tablit en 1802 l\u2019esclavage aux colonies fran\u00e7aises). Non moins probl\u00e9matique est la statue du flibustier Belain D\u2019Esnambuc qui continue de se dresser en face du front de mer : la m\u00e9moire de ce personnage, qui prit possession en 1635 de la Martinique au nom de la couronne fran\u00e7aise, s\u2019av\u00e8re pourtant indissociable de l\u2019histoire violente qu\u2019il amor\u00e7a, caract\u00e9ris\u00e9e par le g\u00e9nocide des autochtones kalinagos et la d\u00e9portation en esclavage de plus de deux-cent mille Africains. Dernier exemple, et non des moindres : en plein centre-ville foyalais, et en d\u00e9pit des r\u00e9clamations de longue date formul\u00e9es notamment par l\u2019association Comit\u00e9 Devoir de M\u00e9moire, une rue rend encore hommage \u00e0 Charles de Courbon, Comte de Bl\u00e9nac qui, dans le cadre de ses fonctions de gouverneur g\u00e9n\u00e9ral des Isles d\u2019Am\u00e9rique, participa \u00e0 la r\u00e9daction du Code Noir de 1685.<\/p>\n<p>Les exemples sont encore nombreux de cette promotion symbolique de l\u2019esclavagisme et du colonialisme dans nos lieux publics, cette promotion s\u2019av\u00e8rant d\u2019autant plus probl\u00e9matique qu\u2019elle s\u2019accompagne d\u2019un effacement m\u00e9moriel des grandes figures historiques locales. En effet, il n\u2019existe pas \u00e0 ce jour en Martinique d\u2019avenue Lumina Sophie, de statue de l\u2019esclave Romain, de biblioth\u00e8que d\u00e9partementale Eug\u00e8ne Mona, ou encore de lyc\u00e9e Cyril Bissette\u2026<\/p>\n<p>Le message envoy\u00e9 par cette absence est \u00e9loquent : ces figures de l\u2019histoire martiniquaise, embl\u00e9matiques des luttes locales et populaires pour la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la dignit\u00e9, sont symboliquement rel\u00e9gu\u00e9es au rang de m\u00e9moire officieuse voire folklorique. Ignor\u00e9e des institutions publiques, cette m\u00e9moire alternative est manifestement jug\u00e9e indigne d\u2019\u00eatre inscrite dans le marbre de la m\u00e9moire collective officielle.<\/p>\n<p>S\u2019agissant plus sp\u00e9cifiquement de la figure de Victor Schoelcher, il ne sera pas ici question de revenir encore une fois sur la complexit\u00e9 de l\u2019homme et de son oeuvre, ni sur le r\u00f4le majeur jou\u00e9 par les r\u00e9voltes d\u2019esclaves et les abolitionnistes antillais (\u00e0 l\u2019instar de Cyril Bissette pr\u00e9cit\u00e9, ou encore de Pory Papy) dans la liquidation du syst\u00e8me esclavagiste. L\u2019on pr\u00e9cisera toutefois ici que la mythologie qui, \u00e0 partir de 1848, s\u2019est construite autour du personnage de Schoelcher est elle-m\u00eame objet d\u2019\u00e9tude pour la sociologie et pour la discipline historique : notamment, les travaux de l\u2019historienne Nelly Schmidt \u00e9tudient la formation de ce mythe schoelcherien qui se propagea d\u00e8s le second 19\u00e8me si\u00e8cle aux Antilles fran\u00e7aises, sur fond de batailles \u00e9lectorales et de propagande coloniale, au d\u00e9triment d\u2019une compr\u00e9hension fine de la chronologie complexe et multifactorielle qui mena \u00e0 l\u2019abolition de 1848 (Schmidt, Nelly, \u00ab Abolition de l\u2019esclavage : entre mythes et r\u00e9alit\u00e9s \u00bb, Africultures, vol. 67, no. 2, 2006, pp. 18-24.). Enfin, s\u2019il n\u2019est pas question de diaboliser la figure de Victor Schoelcher ni de l\u2019extraire de son contexte historique, il demeure indispensable de rappeler que ce dernier, partisan convaincu de la mission civilisatrice coloniale, fut aussi celui qui ent\u00e9rina le versement d\u2019un \u00ab\u00a0d\u00e9dommagement\u00a0\u00bb financier aux colons esclavagistes des Antilles : ce faisant, son oeuvre politique s\u2019inscrit dans la perp\u00e9tuation postesclavagiste des in\u00e9galit\u00e9s sociales et raciales et de la d\u00e9pendance \u00e9conomique, dont les s\u00e9quelles persistent encore \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>Aussi, j\u2019invite vivement nos hommes et nos femmes politiques, ainsi que nos a\u00een\u00e9.es, \u00e0 pr\u00eater l\u2019oreille au malaise grandissant qu\u2019exprime la jeunesse martiniquaise, confront\u00e9e \u00e0 un paysage m\u00e9moriel dans lequel elle ne se reconna\u00eet point : un paysage m\u00e9moriel satur\u00e9 de symboles coloniaux, dressant insidieusement le portrait d\u2019une \u00eele passive, anhistorique, dont les grandes figures et moteurs d\u2019\u00e9volution seraient tous issus de la m\u00e9tropole coloniale et des centres du pouvoir parisien\u2026 Un paysage m\u00e9moriel qui, plus largement, alerte sur une soci\u00e9t\u00e9 gravement malade de sa colonialit\u00e9.<\/p>\n<p>Isis Labeau-Caberia,<\/p>\n<p>Etudiante en M2 de recherche en histoire et sciences sociales \u00e0 l\u2019Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Auteure du podcast \u00ab La Griotte Vagabonde \u00bb, \u00e9mission de vulgarisation de l\u2019histoire de l\u2019Afrique et de ses diasporas aux Am\u00e9riques et dans la Cara\u00efbe<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>POLITIQUE Par Evolution Martinique Publi\u00e9 le\u00a029 mai, 2020 Les r\u00e9actions extr\u00eamement critiques qui ont d\u00e9ferl\u00e9 suite au d\u00e9boulonnement des statues de Victor Schoelcher sont symptomatiques de deux maux qui gangr\u00e8nent la soci\u00e9t\u00e9 martiniquaise : d\u2019une part, son inertie face \u00e0 un h\u00e9ritage colonial encore vivace ; d\u2019autre part, le foss\u00e9 grandissant entre une soci\u00e9t\u00e9 vieillissante<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":14872,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-14871","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-classe"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14871"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14871\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14872"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}