{"id":19160,"date":"2020-09-18T02:56:43","date_gmt":"2020-09-18T06:56:43","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=19160"},"modified":"2020-09-18T02:56:43","modified_gmt":"2020-09-18T06:56:43","slug":"gilbert-pago-linsurrection-de-martinique-1870-1871","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/gilbert-pago-linsurrection-de-martinique-1870-1871\/","title":{"rendered":"Gilbert Pago, L\u2019insurrection de Martinique (1870-1871)"},"content":{"rendered":"<div id=\"docHeader\">\n<h1 id=\"docTitle\"><span class=\"text\">Gilbert Pago, <em>L\u2019insurrection de Martinique (1870-1871)<\/em><\/span><\/h1>\n<div id=\"docSubtitle\">Paris, \u00c9ditions Syllepse, 2011, 154 p.<\/div>\n<div id=\"docAuthor\"><strong>S\u00e9bastien <span class=\"familyName\">Jahan<\/span><\/strong><\/div>\n<div id=\"docReference\">\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence(s) :<\/strong><\/p>\n<p class=\"noticebibliooeuvre\">Gilbert Pago, <em>L\u2019insurrection de Martinique (1870-1871)<\/em>, Paris, \u00c9ditions Syllepse, 2011, 154 p.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"docBody\">\n<div id=\"shortcuts\"><\/div>\n<div id=\"text\" class=\"section\">\n<div id=\"widgets\" class=\"withTextSize\">\n<div class=\"dl\">\n<div class=\"main\">\n<div id=\"wDownload\" class=\"pdf unavailable\"><\/div>\n<div class=\"accesstype freemium\">\n<div class=\"info\"><\/div>\n<div class=\"text wResizable medium\">\n<h4 class=\"texte\"><span class=\"paranumber\">1<\/span>\u00abUne commune de Paris en terre coloniale\u00a0?\u00a0\u00bb. La phrase d\u2019accroche de la quatri\u00e8me de couverture du livre de Gilbert Pago a sans doute sa raison d\u2019\u00eatre, disons \u00ab\u00a0commerciale\u00a0\u00bb. Mais il n\u2019est pas s\u00fbr que la question elle-m\u00eame soit bien pertinente. Certes, il y a un contexte commun\u00a0: celui de l\u2019effondrement du Second Empire, de la d\u00e9faite de Sedan et de la proclamation de la III<sup>e<\/sup>\u00a0R\u00e9publique. Certes, il y a la rencontre de certains des vaincus dans les bagnes de Nouvelle-Cal\u00e9donie. Mais l\u2019insurrection de septembre\u00a01870 en Martinique, outre qu\u2019elle est ant\u00e9rieure de six mois \u00e0 la Commune, n\u2019a gu\u00e8re eu le temps de mettre en place ne serait-ce qu\u2019un embryon d\u2019organisation pour mettre en oeuvre un projet de d\u00e9mocratie sociale.<\/h4>\n<hr \/>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\">Elle fut, en effet, au bout de cinq jours, \u00e9cras\u00e9e dans le sang par les troupes de marine, aid\u00e9es de volontaires blancs. Restent alors les espoirs bris\u00e9s d\u2019un peuple qui, l\u00e0-bas aussi, r\u00eavait de bien-\u00eatre et d\u2019\u00e9galit\u00e9. Mais cette histoire-l\u00e0 n\u2019est pas propre \u00e0 la r\u00e9volte martiniquaise et \u00e0 la Commune. Elle est universelle.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\"><span class=\"paranumber\">2<\/span>La comparaison nous semble ici d\u2019autant moins utile qu\u2019elle pourrait conduire \u00e0 masquer les ressorts sp\u00e9cifiquement coloniaux du soul\u00e8vement antillais, produit d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9cent esclavagiste qui pesait encore lourdement sur les mentalit\u00e9s et les comportements. L\u2019auteur ne s\u2019y trompe d\u2019ailleurs pas, qui envisage son livre comme un moyen de \u00ab\u00a0revisiter les rouages\u00a0\u00bb d\u2019un monde qui, s\u2019il n\u2019\u00e9tait plus esclavagiste, \u00ab\u00a0n\u2019en restait pas moins violent, s\u00e9gr\u00e9gationniste et inhumain pour ses parias\u00a0\u00bb. Le feu couvait en effet depuis longtemps sous la cendre des promesses an\u00e9anties de 1848. Transform\u00e9s en travailleurs forc\u00e9s attach\u00e9s \u00e0 un patron, les paysans noirs sont ainsi pass\u00e9s du statut d\u2019esclaves \u00e0 celui de quasi-serfs. Ils \u00e9taient accabl\u00e9s par l\u2019imp\u00f4t personnel frappant les anciens esclaves et soumis \u00e0 la concurrence d\u2019une main d\u2019oeuvre \u00e9trang\u00e8re (indienne et chinoise, notamment) qui permettait aux employeurs de maintenir la pression sur leurs salaires. Ils n\u2019avaient enfin m\u00eame pas la perspective d\u2019offrir une vie meilleure pour leurs enfants, les \u00e9coles cr\u00e9\u00e9es apr\u00e8s 1848 ayant \u00e9t\u00e9 depuis ferm\u00e9es ou rendues payantes.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\"><span class=\"paranumber\">3<\/span>\u00c0 cela s\u2019ajoutaient les humiliations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d\u2019une \u00e9lite blanche imbue de pr\u00e9jug\u00e9s raciaux. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une d\u2019entre elles qui fournit \u00e0 l\u2019insurrection son \u00e9tincelle. En f\u00e9vrier\u00a01870, entre Le Marin et Rivi\u00e8re Pilote, dans le sud de l\u2019\u00eele, un Europ\u00e9en fr\u00e9quentant les cercles b\u00e9k\u00e9s brutalise L\u00e9opold Lubin, un jeune Noir, qui porte plainte. L\u2019affaire est class\u00e9e sans suite et Lubin d\u00e9cide donc de se faire justice lui-m\u00eame deux mois plus tard, en rouant de coups son agresseur. Arr\u00eat\u00e9, le jeune homme est condamn\u00e9 au mois d\u2019ao\u00fbt \u00e0 cinq ans de bagne, par un jury acquis au clan b\u00e9k\u00e9 et comptant dans ses rangs un certain Cod\u00e9, monarchiste connu pour ses provocations et ses d\u00e9clarations pro-esclavagistes. Tr\u00e8s vite, la population noire s\u2019organise pour obtenir la lib\u00e9ration de Lubin\u00a0: une souscription est lanc\u00e9e pour payer l\u2019amende et le pourvoi en cassation tandis qu\u2019un \u00ab\u00a0cercle de jeunes\u00a0\u00bb est form\u00e9 autour d\u2019Auguste Villard, mul\u00e2tre et instituteur \u00e0 Rivi\u00e8re Pilote, dans le but de faire pression sur les autorit\u00e9s. Les esprits sont \u00e9chauff\u00e9s par le sentiment d\u2019injustice, par les bravades de Cod\u00e9 se vantant de son r\u00f4le dans la condamnation de Lubin, ainsi que par les rumeurs d\u2019une d\u00e9faite imminente de l\u2019Empire. Aussi, lorsque le 22\u00a0septembre 1871, le maire de Rivi\u00e8re Pilote proclame solennellement la R\u00e9publique devant ses administr\u00e9s rassembl\u00e9s, l\u2019agitation de la foule se transforme-t-elle rapidement en \u00e9meute, puis en insurrection, prenant tout le monde au d\u00e9pourvu.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\"><span class=\"paranumber\">4<\/span>Pour spontan\u00e9e qu\u2019elle f\u00fbt, cette r\u00e9volte\u00a0\u2013\u00a0qui n\u2019a touch\u00e9 que la partie m\u00e9ridionale de la Martinique\u00a0\u2013\u00a0n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9nu\u00e9e de contenu sociopolitique. L\u2019un de ses chefs, Louis Telga, qui s\u2019\u00e9tait rendu ma\u00eetre du bourg de Rivi\u00e8re Pilote, exigeait bien s\u00fbr la lib\u00e9ration de Lubin, tandis qu\u2019un autre, le quimboiseur (gu\u00e9risseur) Eug\u00e8ne Lacaille, y ajoutait un mot d\u2019ordre de partage des terres appartenant aux b\u00e9k\u00e9s et de revalorisation des salaires dans les plantations. Ces revendications ont eu pour effet de souder les ardeurs des ruraux, petits planteurs et ouvriers agricoles, qui fournirent le gros de la troupe insurg\u00e9e. Mais elles ne parvinrent pas \u00e0 mobiliser v\u00e9ritablement la petite bourgeoisie de couleur ou les mul\u00e2tres. Ces derniers, bien que confin\u00e9s dans des r\u00f4les de citoyens de seconde zone, exclus des carri\u00e8res les plus prestigieuses et de toute repr\u00e9sentation politique, ne se ralli\u00e8rent pas au mouvement, choisissant prudemment \u00ab\u00a0l\u2019ordre et la loi\u00a0\u00bb, dans la perspective d\u2019une assimilation r\u00e9publicaine. La strat\u00e9gie d\u00e9fensive des insurg\u00e9s qui se repli\u00e8rent dans les campagnes laissa l\u2019initiative \u00e0 l\u2019arm\u00e9e gouvernementale et aux milices blanches. Les chassepots des militaires firent le reste, face aux mauvais fusils de chasse, aux coutelas et aux bambous des r\u00e9volt\u00e9s. La r\u00e9pression, attis\u00e9e par la haine et la ranc\u0153ur des volontaires blancs, se mua d\u00e8s lors en v\u00e9ritable boucherie et l\u2019auteur affirme qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019en d\u00e9nombrer les victimes.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\"><span class=\"paranumber\">5<\/span>S\u2019ouvre ensuite une seconde partie du livre, tr\u00e8s int\u00e9ressante, qui s\u2019appuie sur les archives des deux premi\u00e8res s\u00e9ries de proc\u00e8s qui eurent lieu dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 1871. C\u2019est l\u2019occasion d\u2019abord de dresser un portrait collectif des insurg\u00e9s, paysans pour la plupart, jeunes (moins de 40 ans) le plus souvent, des hommes certes, mais aussi des femmes. Celles-ci montaient parfois en premi\u00e8re ligne dans les combats et certaines jou\u00e8rent un r\u00f4le de meneuse, comme cette Lumina Sophie, incendiaire d\u2019habitations et blasph\u00e9matrice, que Gilbert Pago d\u00e9peint comme une figure de proue de la r\u00e9volte. Ces chapitres illustrent aussi les dysfonctionnements d\u2019une justice de classe et de caste, entre les partis pris d\u2019une instruction qui s\u2019obstina \u00e0 d\u00e9montrer l\u2019existence d\u2019une pseudo-conspiration ind\u00e9pendantiste et la d\u00e9sinvolture des avocats des insurg\u00e9s qui refus\u00e8rent de plaider pour \u00ab\u00a0cette foule l\u00e2che\u2026, r\u00e9fractaire \u00e0 toute civilisation\u00a0\u00bb. En filigrane, c\u2019est aussi un portrait de l\u2019\u00e9lite coloniale blanche qui se dessine, un portrait o\u00f9 le machisme le dispute au racisme. Les femmes ayant pris part \u00e0 la r\u00e9volte sont moins s\u00e9v\u00e8rement punies que les hommes parce qu\u2019on ne les jugeait pas capables de s\u2019impliquer activement dans les \u00e9v\u00e9nements, mais aussi parce qu\u2019on les croyait plus manipulables et que la justice esp\u00e9rait ainsi obtenir d\u2019elles des informations en \u00e9change de la cl\u00e9mence. Quant \u00e0 Lumina Sophie, elle fut condamn\u00e9e aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, non pas, nous dit l\u2019auteur, en raison de son r\u00f4le dans l\u2019insurrection, mais pour avoir refus\u00e9 de se conformer aux codes moraux en vigueur, \u00e0 l\u2019image \u00ab\u00a0de douceur, de soumission et de r\u00e9serve\u00a0\u00bb qui convenait alors aux femmes\u2026 Les pages sur ce que Pago nomme \u00ab\u00a0la fracture culturelle\u00a0\u00bb sont \u00e9galement \u00e9difiantes. Au c\u0153ur des rapports sociaux se situe, en effet, l\u2019usage de la langue cr\u00e9ole, m\u00e9pris\u00e9e par les classes dominantes, alors que les Noirs sont, eux, le plus souvent et faute d\u2019instruction satisfaisante, incapables de s\u2019exprimer en fran\u00e7ais. Cette barri\u00e8re linguistique en r\u00e9v\u00e8le d\u2019autres, plus profond\u00e9ment ancr\u00e9es dans les mentalit\u00e9s, comme cet attachement \u00e0 la \u00ab\u00a0virginit\u00e9\u00a0\u00bb que les ma\u00eetres se font une fiert\u00e9 de pr\u00e9server, en ne serrant pas la main des anciens esclaves ou en refusant de trinquer avec eux\u00a0!<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\"><span class=\"paranumber\">6<\/span>Le livre se conclut par le sort des condamn\u00e9s\u00a0: 8 fusill\u00e9s et plus de 90\u00a0bagnards, dont Auguste Villard qui partit en Nouvelle-Cal\u00e9donie sur le m\u00eame bateau que Louise Michel et Henri Rochefort\u2026 Mais surtout, il note que les grands gagnants de l\u2019histoire furent les poss\u00e9dants, c\u2019est-\u00e0-dire la caste des b\u00e9k\u00e9s, qui maintinrent intactes les bases de leur pr\u00e9\u00e9minence avec leur toute-puissance \u00e9conomique. Les conditions salariales des ouvriers agricoles ne s\u2019am\u00e9lior\u00e8rent pas et la classe moyenne de couleur, bien que mieux repr\u00e9sent\u00e9e politiquement, n\u2019est pas parvenue \u00e0 capter une part substantielle de la richesse des Blancs. Rest\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cart du soul\u00e8vement, ces petits bourgeois n\u2019avaient de toute fa\u00e7on pas la volont\u00e9 de remettre en cause la colonisation et le syst\u00e8me capitaliste. En d\u00e9finitive, plut\u00f4t que de nous ramener \u00e0 la synchronie des r\u00e9voltes des ann\u00e9es 1870-1871, l\u2019insurrection de Martinique nous interroge sur la p\u00e9rennit\u00e9 des structures coloniales dans les Antilles fran\u00e7aises, aux sources de l\u2019explosion m\u00e9morielle de ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, comme des grandes gr\u00e8ves de 2009, en Guadeloupe, contre la \u00ab\u00a0pwofitasyon\u00a0\u00bb. Les r\u00e9volt\u00e9s de 1870 souhaitaient en finir avec l\u2019arrogance des Blancs qu\u2019il fallait emp\u00eacher \u00ab\u00a0de jouir plus longtemps\u00a0\u00bb. Pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle et demi plus tard, ce combat continue.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gilbert Pago, L\u2019insurrection de Martinique (1870-1871) Paris, \u00c9ditions Syllepse, 2011, 154 p. S\u00e9bastien Jahan R\u00e9f\u00e9rence(s) : Gilbert Pago, L\u2019insurrection de Martinique (1870-1871), Paris, \u00c9ditions Syllepse, 2011, 154 p. 1\u00abUne commune de Paris en terre coloniale\u00a0?\u00a0\u00bb. La phrase d\u2019accroche de la quatri\u00e8me de couverture du livre de Gilbert Pago a sans doute sa raison d\u2019\u00eatre, disons<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":19161,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-19160","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19160","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19160"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19160\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19160"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19160"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19160"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}