{"id":20245,"date":"2020-11-02T07:33:13","date_gmt":"2020-11-02T11:33:13","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=20245"},"modified":"2020-11-02T07:33:13","modified_gmt":"2020-11-02T11:33:13","slug":"covid-19-et-climat-la-convergence-des-luttesla-decrue-des-emissions-mondiales-de-co2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/covid-19-et-climat-la-convergence-des-luttesla-decrue-des-emissions-mondiales-de-co2\/","title":{"rendered":"COVID-19 ET CLIMAT : LA CONVERGENCE DES LUTTES:LA D\u00c9CRUE DES \u00c9MISSIONS MONDIALES DE CO2 ?"},"content":{"rendered":"<h4>Pour l\u2019\u00e9conomiste Christian de Perthuis, l\u2019ann\u00e9e 2019 pourrait bien constituer le pic d\u2019\u00e9mission mondial, la crise sanitaire li\u00e9e au coronavirus \u00e9tant, \u00e0 moyen terme, un vecteur d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des transformations structurelles des \u00e9conomies.<\/h4>\n<hr \/>\n<p>Illustration: Une femme traverse l&rsquo;avenue La Castellana habituellement tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e, \u00e0 Madrid (Espagne), le 15 mars 2020. Photo par OSCAR DEL POZO \/ AFP<\/p>\n<hr \/>\n<p>La crise sanitaire provoqu\u00e9e par la diffusion du Covid-19 a chang\u00e9 d\u2019\u00e9chelle durant la premi\u00e8re quinzaine de mars. Le 11 mars, l\u2019OMS reconnaissait l\u2019\u00e9tat de pand\u00e9mie mondiale. Tous les pays du monde sont d\u00e9sormais touch\u00e9s, le principal foyer de propagation du virus \u00e9tant pour l\u2019instant l\u2019Europe. Cette extension s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019un d\u00e9vissement des march\u00e9s financiers, ce qui constitue un nouveau vecteur de propagation de la r\u00e9cession dans le monde. \u00c0 court terme, la r\u00e9cession mondiale va g\u00e9n\u00e9rer une r\u00e9duction des rejets atmosph\u00e9riques de CO2 d\u2019une ampleur in\u00e9dite. Notre anticipation est que 2019 va constituer le pic d\u2019\u00e9mission mondial car la crise sanitaire sera, \u00e0 moyen terme, un vecteur d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des transformations structurelles des \u00e9conomies. \u00a0 Hypoth\u00e8ses sur la dur\u00e9e et l\u2019ampleur de la pand\u00e9mie du coronavirus D\u2019apr\u00e8s les travaux de l\u2019\u00e9pid\u00e9miologiste Antoine Flahault, le monde contemporain a connu trois pand\u00e9mies\u00a0: la grippe espagnole de 1918-1919 et deux \u00e9pisodes de grippe en 1957 et 1968. Les impacts de cette quatri\u00e8me pand\u00e9mie vont d\u00e9pendre de sa dangerosit\u00e9 qu\u2019on peut caract\u00e9riser \u00e0 partir de sa dur\u00e9e et de sa l\u00e9talit\u00e9. La dur\u00e9e, tout d\u2019abord. Le pic \u00e9pid\u00e9mique semble avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 en Chine et en Cor\u00e9e (27\u00a0% de la population mondiale). Si l\u2019Europe (7\u00a0% de la population mondiale) parvient \u00e0 circonscrire la propagation du coronavirus au m\u00eame rythme, le pic pourrait y \u00eatre atteint d\u2019ici fin avril. Il est difficile, en revanche, d\u2019anticiper la capacit\u00e9 de r\u00e9action des \u00c9tats-Unis (4\u00a0% de la population mondiale) du fait de la faiblesse du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique. L\u2019incertitude la plus grande concerne l\u2019Asie du Sud et l\u2019Afrique, o\u00f9 42\u00a0% de la population mondiale doit affronter le virus avec des syst\u00e8mes de soins tr\u00e8s vuln\u00e9rables. Retenons ici l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un pic mondial de coronavirus atteint d\u2019ici fin juin et d\u2019un retour graduel \u00e0 la normale de l\u2019\u00e9conomie mondiale durant l\u2019\u00e9t\u00e9. La l\u00e9talit\u00e9, ensuite. Lorsque les \u00e9conomistes \u00e9tudient les effets \u00e9conomiques des pand\u00e9mies les plus graves (peste noire ou grippe espagnole), un des effets majeurs est l\u2019amputation durable des ressources en travail du fait de la l\u00e9talit\u00e9\u00a0: un quart de la population europ\u00e9enne est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e de la peste au xiiie si\u00e8cle et probablement 40 millions de personnes en 1918. Certes, il serait malvenu aujourd\u2019hui de faire la moindre anticipation de la l\u00e9talit\u00e9 de la crise sanitaire actuelle. L\u2019hypoth\u00e8se retenue est que cet impact restera secondaire au plan macro\u00e9conomique. Ce sont les effets \u00e9conomiques et environnementaux des mesures d\u2019exception prises par les pouvoirs publics pour endiguer la crise sanitaire du coronavirus qui sont pris en compte dans l\u2019analyse. \u00a0 Vers un recul historique des \u00e9missions de CO2 en Chine Les r\u00e9cessions surviennent habituellement pour corriger des d\u00e9s\u00e9quilibres ant\u00e9rieurs comme le surendettement initial en 2009, date de la derni\u00e8re grande crise \u00e9conomique. La situation actuelle est tr\u00e8s diff\u00e9rente\u00a0: les \u00e9conomies entrent brutalement en r\u00e9cession \u00e0 la suite des restrictions de la mobilit\u00e9 des personnes. L\u2019imagerie satellite t\u00e9moigne de l\u2019ampleur du mouvement en Chine et en Italie o\u00f9 les pollutions locales ont chut\u00e9 \u00e0 la suite du confinement des populations. \u00a0 Visualisation des effets de court terme en Italie \u00a0 \u00a0 En Chine, les mesures de confinement de la population ont provoqu\u00e9 un recul in\u00e9dit de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0: d\u2019apr\u00e8s les indicateurs officiels, une baisse de 20\u00a0% des ventes de d\u00e9tail sur les deux premiers mois de l\u2019ann\u00e9e et de 16\u00a0% de la production manufacturi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e. Mi-mars, le gros de la crise du coronavirus semblant pass\u00e9, le mot d\u2019ordre est \u00e0 la relance. Malgr\u00e9 l\u2019ouverture des vannes du cr\u00e9dit par la banque centrale chinoise, la reprise de l\u2019\u00e9conomie semble poussive\u00a0: la confiance n\u2019est pas revenue, ce qui plombe la demande des m\u00e9nages (consommation et logements). Sur le front ext\u00e9rieur, la reprise des exportations butte sur la r\u00e9cession qui frappe d\u00e9sormais les principaux clients de la Chine. \u00a0 \u00c9volution de la consommation de charbon dans le secteur \u00e9lectrique chinois \u00e0 travers les six principales compagnies (en milliers de tonnes) \u00a0 \u00a0 Lors de la r\u00e9cession de 2009, la croissance chinoise avait juste ralenti et l\u2019impact avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 peine visible sur les \u00e9missions de CO2. Une tout autre \u00e9volution se dessine pour 2020. D\u2019apr\u00e8s une \u00e9tude de Lauri Myllyvirta bas\u00e9e sur des indicateurs comme la production \u00e9lectrique (graphique ci-dessus), la r\u00e9cession aurait d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 un recul de 200 millions de tonnes \u00a0des \u00e9missions de CO2 en f\u00e9vrier (-\u00a025\u00a0%), soit l\u2019\u00e9quivalent de deux tiers des \u00e9missions annuelles de la France\u00a0! Dans ce contexte, la Chine, responsable de 27\u00a0% des \u00e9missions mondiales, devrait conna\u00eetre en 2020 une diminution de ses \u00e9missions d\u2019une ampleur in\u00e9dite, contrastant avec ce qui s\u2019\u00e9tait produit en 2009. \u00a0 Un impact du coronavirus tr\u00e8s marqu\u00e9 en Europe et aux \u00c9tats-Unis En Europe et aux \u00c9tats-Unis, l\u2019entr\u00e9e dans la crise du coronavirus a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9e de mesures d\u2019exception, tant mon\u00e9taires que budg\u00e9taires, pour amortir le choc \u00e9conomique. L\u2019objectif est de pr\u00e9server la capacit\u00e9 productive, en \u00e9vitant que les probl\u00e8mes de tr\u00e9sorerie des entreprises ne multiplient les faillites provoquant une envol\u00e9e du ch\u00f4mage. Ces coussins ne feront qu\u2019amortir le choc d\u00e9pressif sans cr\u00e9er les conditions d\u2019un rebond \u00e9conomique. Dans ces pays, le transport, premi\u00e8re activit\u00e9 touch\u00e9e, est par ailleurs la premi\u00e8re source d\u2019\u00e9missions de CO2. L\u2019impact de la crise sur les \u00e9missions n\u2019en sera que plus marqu\u00e9. \u00c0 court terme, la gestion d\u2019une crise sanitaire d\u00e9sormais mondiale provoque un choc sur l\u2019\u00e9conomie d\u2019une intensit\u00e9 in\u00e9dite en temps de paix. Il va en r\u00e9sulter un recul massif des \u00e9missions. En 2009, la r\u00e9cession majeure avait provoqu\u00e9 un recul des rejets mondiaux de CO2 de 500 millions de tonnes (Mt). En 2020, la baisse devrait \u00eatre nettement plus prononc\u00e9e. En ordre de grandeur, on peut la situer dans une fourchette de l\u2019ordre de 1000 \u00e0 5000 Mt. Des montants qui ne sont pas susceptibles d\u2019\u00eatre rattrap\u00e9s en un an. Mais une fois sorties de la r\u00e9cession, nos soci\u00e9t\u00e9s seront-elles mieux ou moins bien arm\u00e9es pour faire face au r\u00e9chauffement climatique\u00a0? \u00a0 Les chocs pass\u00e9s ont provoqu\u00e9 des ruptures dans les trajectoires r\u00e9gionales d\u2019\u00e9mission Certains commentateurs opposent la vitesse de r\u00e9action des gouvernements face \u00e0 l\u2019urgence sanitaire \u00e0 leur inertie face \u00e0 l\u2019urgence climatique. S\u00e9duisante, l\u2019analogie semble pourtant trompeuse\u00a0: le mot \u00ab\u00a0urgence\u00a0\u00bb s\u2019applique \u00e0 des temporalit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes. On g\u00e8re l\u2019urgence sanitaire au jour le jour en int\u00e9grant les informations qui tombent heure par heure. Face au Covid-19, le d\u00e9lai d\u2019action de mesures engag\u00e9es pour freiner l\u2019\u00e9pid\u00e9mie est de l\u2019ordre d\u2019une dizaine de jours. Face au r\u00e9chauffement, compte tenu de l\u2019inertie du stock de CO2 accumul\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re, le d\u00e9lai de r\u00e9action des variables climatiques \u00e0 une baisse des \u00e9missions est plut\u00f4t de l\u2019ordre de vingt ans. Une journ\u00e9e perdue face \u00e0 la pand\u00e9mie \u00e9quivaut donc \u00e0 deux ans perdus face au r\u00e9chauffement et un mois \u00e0 60 ans\u00a0! Apr\u00e8s correction des diff\u00e9rentiels de temporalit\u00e9, il n\u2019est pas certain que les gouvernements aient r\u00e9agi si rapidement \u00e0 la menace du nouveau coronavirus ou Covid-19. Pour appr\u00e9cier les effets de long terme de la crise sanitaire, privil\u00e9gions plut\u00f4t l\u2019approche historique. Depuis 1959, les \u00e9missions mondiales de CO2 ont recul\u00e9 \u00e0 trois reprises en r\u00e9action \u00e0 un choc ext\u00e9rieur (graphique ci-dessous). Pass\u00e9 ce choc, la courbe globale d\u2019\u00e9missions a bien red\u00e9marr\u00e9. Mais \u00e0 chaque fois, le choc a laiss\u00e9 des traces durables dans une r\u00e9gion du monde. Au lendemain du r\u00e9alignement du prix du p\u00e9trole en 1980, les \u00e9missions mondiales baissent pour la premi\u00e8re fois durant deux ann\u00e9es cons\u00e9cutives. C\u2019est aussi le moment o\u00f9 l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 28 atteint son pic d\u2019\u00e9missions. La seconde baisse, observ\u00e9e au-d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, se superpose avec le pic d\u2019\u00e9missions atteint en 1990 pour l\u2019ensemble des pays de l\u2019ex-bloc sovi\u00e9tique. Le choc de 2009 n\u2019a gu\u00e8re affect\u00e9 la trajectoire chinoise, mais il se superpose avec le pic des \u00c9tats-Unis, atteint en 2007. \u00a0 \u00c9missions mondiales de CO2 (en gigatonnes) Source\u00a0: auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es du Global Carbon Budget (\u00e9dition 2019) \u00a0 Le choc de 2020 d\u00fb au coronavirus pourrait bien faire de l\u2019ann\u00e9e 2019 le pic mondial des \u00e9missions de CO2. La crise sanitaire r\u00e9v\u00e8le la fragilit\u00e9 des organisations productives actuelles \u00e0 l\u2019origine de la croissance globale des \u00e9missions. Son traitement de choc va contraindre \u00e0 des exp\u00e9rimentations porteuses d\u2019alternatives plus respectueuses du climat. La Chine, premier pays \u00e9metteur mondial, sera en premi\u00e8re ligne dans la r\u00e9organisation des cha\u00eenes de production. \u00a0 La crise sanitaire comme catalyseur d\u2019innovations structurelles Le changement de trajectoire ne sera pas lin\u00e9aire. La baisse du p\u00e9trole va stimuler sa demande et rench\u00e9rir les co\u00fbts relatifs des investissements dans l\u2019\u00e9nergie verte. La crise sanitaire ayant envahi tout l\u2019espace politique, la pr\u00e9occupation climatique des gouvernements a recul\u00e9. La fin des p\u00e9riodes de confinement verra un \u00e9norme besoin de renouer avec les rencontres et les multiples consommations qui s\u2019y associent. En contrepoint, la crise sanitaire a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la grande fragilit\u00e9 des modes de d\u00e9veloppement bas\u00e9s sur l\u2019accroissement incessant de la mobilit\u00e9 des personnes, du capital, des marchandises. Freiner la propagation d\u2019un virus dans des soci\u00e9t\u00e9s de l\u2019hypermobilit\u00e9 devient vite un casse-t\u00eate. La Chine, la premi\u00e8re, en a fait l\u2019exp\u00e9rience. Mobiliser rapidement des moyens sanitaires comme des appareils d\u2019assistance respiratoire, des masques de protection ou m\u00eame du parac\u00e9tamol se heurte \u00e0 l\u2019hypersp\u00e9cialisation des cha\u00eenes de valeur. En Europe comme aux \u00c9tats-Unis, les autorit\u00e9s sanitaires d\u00e9couvrent avec stupeur les nouvelles d\u00e9pendances qui en r\u00e9sultent. La crise du coronavirus ne r\u00e9v\u00e8le pas seulement toutes ces fragilit\u00e9s. Elle va \u00e9galement nous obliger \u00e0 exp\u00e9rimenter des formes innovantes d\u2019organisation productive. Le t\u00e9l\u00e9travail \u00e0 grande \u00e9chelle en constitue une brique majeure. Il va nous faire d\u00e9couvrir les possibilit\u00e9s de r\u00e9duire de multiples formes de mobilit\u00e9s contraintes qui accroissent inutilement nos empreintes climatiques pour de faibles b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques. Concernant les marchandises, les acteurs \u00e9conomiques vont \u00eatre oblig\u00e9s de tester la diversification de leurs sources d\u2019approvisionnement et le raccourcissement de leurs cha\u00eenes d\u2019approvisionnement. Dans les deux cas, il s\u2019agit d\u2019exp\u00e9rimenter de nouvelles formes d\u2019organisation productive non seulement pour limiter les risques \u00e9pid\u00e9miques mais aussi pour faciliter la r\u00e9duction de nos rejets de gaz \u00e0 effet de serre. La gestion de la crise sanitaire va aussi faire \u00e9merger, du fait des contraintes de confinement, de multiples innovations en mati\u00e8re de solidarit\u00e9. On en voit les pr\u00e9misses en France, tant vis-\u00e0-vis des personnes \u00e2g\u00e9es, plus vuln\u00e9rables et donc plus prot\u00e9g\u00e9es des contacts physiques, qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnels soignants, qui sont les plus expos\u00e9s dans la lutte collective face \u00e0 la diffusion du coronavirus ou Covid-19. Autant de valeurs qui pourraient faire reculer le consum\u00e9risme et l\u2019individualisme qui entravent l\u2019action collective face au r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<ul>\n<li>Copyright ID4D, https:\/\/ideas4development.org\/crise-coronavirus-consequences-economie-emissions\/<\/li>\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour l\u2019\u00e9conomiste Christian de Perthuis, l\u2019ann\u00e9e 2019 pourrait bien constituer le pic d\u2019\u00e9mission mondial, la crise sanitaire li\u00e9e au coronavirus \u00e9tant, \u00e0 moyen terme, un vecteur d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des transformations structurelles des \u00e9conomies. Illustration: Une femme traverse l&rsquo;avenue La Castellana habituellement tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e, \u00e0 Madrid (Espagne), le 15 mars 2020. 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