{"id":24562,"date":"2021-03-15T08:30:44","date_gmt":"2021-03-15T12:30:44","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=24562"},"modified":"2021-03-15T08:30:44","modified_gmt":"2021-03-15T12:30:44","slug":"dix-ans-apres-la-catastrophe-de-fukushima-plongee-dans-lenfer-de-la-centrale-ravagee-je-nous-voyais-tous-morts-article-redige-par","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/dix-ans-apres-la-catastrophe-de-fukushima-plongee-dans-lenfer-de-la-centrale-ravagee-je-nous-voyais-tous-morts-article-redige-par\/","title":{"rendered":"Ten years after the Fukushima disaster, a look inside the ravaged power plant: \u00abI thought we were all going to die\u00bb  Article by"},"content":{"rendered":"<div class=\"c-signature-wrapper\">\n<section class=\"c-signature c-signature--premium\">\n<div class=\"c-signature__images\"><img decoding=\"async\" class=\"c-signature__image lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/assets\/common\/images\/avatars\/robin-prudent-254d8947.png\" alt=\"\" width=\"45\" height=\"45\" data-src=\"\/assets\/common\/images\/avatars\/robin-prudent-254d8947.png\" \/><\/div>\n<div class=\"c-signature__authors\">\n<div class=\"c-signature__names\"><a class=\"author-link\" href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/journaliste\/robin-prudent\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Robin Prudent<\/a><\/div>\n<div class=\"c-signature__group-team-wrapper\"><span class=\"c-signature__groups\">France T\u00e9l\u00e9visions<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/div>\n<div class=\"c__line\"><\/div>\n<div class=\"c-cover c-cover--premium\">\n<div class=\"c-cover--media\">\n<figure><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/UgJfVsmclENWOZe1Opc10VicaRY\/750x750\/2021\/02\/25\/phpMTSQTj.jpg\" alt=\"Les b\u00e2timents 3 et 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon, le 2 avril 2011. (AIR PHOTO SERVICE \/ AFP)\" width=\"750\" height=\"750\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">Les b\u00e2timents 3 et 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon, le 2 avril 2011. (AIR PHOTO SERVICE \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"c-chapo c-chapo--premium\">\n<p>Pendant quatre jours et quatre nuits, en mars 2011, des centaines d&rsquo;ouvriers ont tent\u00e9,\u00a0parfois au p\u00e9ril de leur vie, de contenir les d\u00e9g\u00e2ts\u00a0du s\u00e9isme et du tsunami qui ont\u00a0d\u00e9truit la centrale nucl\u00e9aire japonaise.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"c-body\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Les secousses sont devenues de plus en plus violentes. Je ne pouvais plus tenir debout.\u00a0\u00bb<\/em> Il est 14h46 au Japon, le 11\u00a0mars\u00a02011, quand Masao Yoshida, directeur de <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/monde\/japon\/fukushima\/\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::\/monde\/japon\/fukushima\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la centrale de Fukushima Daiichi<\/a>, est surpris par un tremblement de terre. Dans son bureau, les \u00e9tag\u00e8res valdinguent, le t\u00e9l\u00e9viseur se renverse et les faux plafonds s&rsquo;\u00e9croulent. Le s\u00e9isme le plus violent jamais enregistr\u00e9\u00a0dans l&rsquo;archipel vient de frapper \u00e0 quelques centaines de kilom\u00e8tres de l\u00e0. Le point de d\u00e9part de la plus grave catastrophe nucl\u00e9aire depuis <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/monde\/europe\/tchernobyl\/\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::\/monde\/europe\/tchernobyl\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tchernobyl<\/a>, en 1986.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je me tenais \u00e0 mon bureau, je voulais me glisser dessous, mais je ne pouvais que rester accroch\u00e9, debout\u00a0\u00bb,<\/em> poursuit Masao Yoshida lors d&rsquo;une audition devant une commission d&rsquo;enqu\u00eate, quelques mois apr\u00e8s la catastrophe. Fra\u00eechement nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la centrale, cet ing\u00e9nieur de 46\u00a0ans va diriger les op\u00e9rations tout au long du d\u00e9sastre. Ce vendredi apr\u00e8s-midi, pas moins de 6\u00a0400\u00a0personnes travaillent sur le site, situ\u00e9 au bord de l&rsquo;oc\u00e9an Pacifique. Les trois premiers r\u00e9acteurs fonctionnent \u00e0 pleine puissance. Les trois autres sont arr\u00eat\u00e9s pour des op\u00e9rations de maintenance.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">Une vague de 15 m\u00e8tres de haut<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai regard\u00e9 par la fen\u00eatre et j&rsquo;ai vu des voitures rebondir de haut en bas par la seule force du s\u00e9isme\u00a0\u00bb<\/em>, <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2013\/jan\/11\/fukushima-50-kamikaze-pilots-sacrifice\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2013\/jan\/11\/fukushima-50-kamikaze-pilots-sacrifice\">raconte au <em>Guardian<\/em> un ing\u00e9nieur*<\/a> qui se trouvait dans un autre b\u00e2timent de cette usine grande comme une petite ville. En quelques minutes, des centaines d&#8217;employ\u00e9s se retrouvent dans l&rsquo;immeuble antisismique tout proche, sur les hauteurs de la centrale, o\u00f9 une cellule de crise a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e. Parmi eux, Kenji Tada. Ce salari\u00e9 \u00e9tait en train d&rsquo;inspecter des tuyaux dans le r\u00e9acteur\u00a04 au moment du s\u00e9isme. Il a r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;agripper \u00e0 des canalisations et \u00e0 sortir par une porte de secours. Arriv\u00e9 pr\u00e8s de la cellule de crise, il n&rsquo;observe ni panique apparente ni cris.<em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai trouv\u00e9 \u00e7a dingue\u00a0\u00bb<\/em>, confie-t-il au <em><a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.wsj.com\/articles\/SB10001424052748704433904576212732910072182\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.wsj.com\/articles\/SB10001424052748704433904576212732910072182\">Wall Street Journal<\/a><\/em>*.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/NRAuL5-JgiwUrbsfbyDQZ8lCY9c\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpNR3eWC.jpg\" alt=\"La salle de contr\u00f4le du r\u00e9acteur 1 de la centrale de Fukushima Daiichi apr\u00e8s le s\u00e9isme du 11 mars 2011. (TEPCO \/ JIJI PRESS \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/NRAuL5-JgiwUrbsfbyDQZ8lCY9c\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpNR3eWC.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/NRAuL5-JgiwUrbsfbyDQZ8lCY9c\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpNR3eWC.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/9621gmmhN4e6k-XeoJS8auTxphA\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/phpNR3eWC.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">La salle de contr\u00f4le du r\u00e9acteur 1 de la centrale de Fukushima Daiichi apr\u00e8s le s\u00e9isme du 11 mars 2011. (TEPCO \/ JIJI PRESS \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut agir vite, car le temps est compt\u00e9. L&rsquo;agence m\u00e9t\u00e9orologique japonaise annonce un tsunami dans les prochaines minutes. Et l&rsquo;\u00e9tat de la centrale est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s pr\u00e9occupant. Le tremblement de terre a entra\u00een\u00e9 la perte de toutes les alimentations \u00e9lectriques externes. Heureusement, le syst\u00e8me d&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;urgence automatique est enclench\u00e9 pour les r\u00e9acteurs\u00a01, 2 et 3 et la douzaine de groupes \u00e9lectrog\u00e8nes de secours d\u00e9marre pour les refroidir et \u00e9viter une fusion du c\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>11 mars 2011, 15h27.<\/strong> L&rsquo;oc\u00e9an commence \u00e0 frapper l&rsquo;enceinte de la centrale nucl\u00e9aire. Une premi\u00e8re vague d&rsquo;environ 4\u00a0m\u00e8tres de haut s&rsquo;\u00e9crase contre la digue. Mais, dix minutes plus tard, c&rsquo;est une vague de quelque 15\u00a0m\u00e8tres de haut qui d\u00e9ferle sur Fukushima Daiichi. Les portes des b\u00e2timents turbines ne sont pas \u00e9tanches\u00a0: les groupes \u00e9lectrog\u00e8nes, les compteurs \u00e9lectriques et les batteries sont noy\u00e9s. Des v\u00e9hicules et des gravats jonchent les routes. Deux op\u00e9rateurs qui \u00e9taient all\u00e9s surveiller les machines au sous-sol du b\u00e2timent du r\u00e9acteur\u00a04 meurent noy\u00e9s.<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0Des cuves de fioul monumentales sont tordues comme des canettes de Coca que l&rsquo;on aurait \u00e9cras\u00e9es \u00e0 la main.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div>\n<p><cite class=\"ftvi_citation_author\">Franck Guarnieri, directeur du Centre de recherche sur les risques et les crises de l&rsquo;\u00e9cole des Mines de Paris<\/cite><\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">on franceinfo<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p>Au deuxi\u00e8me \u00e9tage du b\u00e2timent antisismique, toutes les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent. C&rsquo;est le noir complet dans cet immeuble sans fen\u00eatres. Pire, les indicateurs de mesures ne fonctionnent plus. Impossible de conna\u00eetre la temp\u00e9rature et la pression \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des r\u00e9acteurs, donc de savoir si les syst\u00e8mes de refroidissement de secours fonctionnent toujours. Or, en cas de diminution du niveau d&rsquo;eau dans un r\u00e9acteur, les barres de combustible chauffent et peuvent fondre jusqu&rsquo;\u00e0 percer l&rsquo;enceinte en b\u00e9ton et provoquer une catastrophe nucl\u00e9aire majeure.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">\u00ab\u00a0Nous sommes rest\u00e9s sans voix\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0A ce moment-l\u00e0, c&rsquo;est la stup\u00e9faction. Nous \u00e9tions tous tellement terrass\u00e9s que nous sommes rest\u00e9s sans voix\u00a0\u00bb<\/em>, se rem\u00e9more Masao Yoshida lors d&rsquo;une audition retranscrite dans <em>Un r\u00e9cit de Fukushima<\/em> (\u00e9ditions PUF), de Franck Guarnieri et S\u00e9bastien Travadel. Les rares informations sont communiqu\u00e9es aux deux cellules de crise ext\u00e9rieures qui se mettent en place \u00e0 250\u00a0km de l\u00e0, \u00e0 Tokyo. L&rsquo;une au si\u00e8ge de Tepco, l&rsquo;entreprise qui exploite la centrale\u00a0; l&rsquo;autre au Kantei, la r\u00e9sidence du Premier ministre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/-OiOJbqP9V84_HZACQoJdrrxuyg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phppkRpDi.jpg\" alt=\"Des employ\u00e9s de Tepco dans la centrale nucl\u00e9aire de Fukushima Daiichi, le 23 mars 2011. (EYEPRESS NEWS \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/-OiOJbqP9V84_HZACQoJdrrxuyg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phppkRpDi.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/-OiOJbqP9V84_HZACQoJdrrxuyg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phppkRpDi.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/BunoegMmnpSgA-y044558zPVg3E\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/phppkRpDi.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">Des employ\u00e9s de Tepco dans la centrale nucl\u00e9aire de Fukushima Daiichi, le 23 mars 2011. (EYEPRESS NEWS \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les \u00e9quipes passent \u00e0 l&rsquo;action. Deux solutions sont envisag\u00e9es pour refroidir les r\u00e9acteurs\u00a0: utiliser des pompes \u00e0 incendie \u00e0 moteur diesel ou bien des camions de pompiers qui sont d\u00e9j\u00e0 sur le site. En l&rsquo;absence de syst\u00e8me de mesure, les employ\u00e9s se concentrent d&rsquo;abord sur le r\u00e9acteur\u00a02. Ce qu&rsquo;ils ignorent, c&rsquo;est que le syst\u00e8me de secours fonctionne \u00e0 cet endroit. L&rsquo;urgence se situe en r\u00e9alit\u00e9 dans le r\u00e9acteur\u00a01. Vers 18\u00a0heures, son c\u0153ur commence \u00e0 fondre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;enceinte de confinement.<\/p>\n<p><strong>11 mars 2011, 19h03.<\/strong> Apr\u00e8s avoir pris connaissance des nouvelles pr\u00e9occupantes en provenance de Fukushima, le Premier ministre, Naoto Kan, <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/monde\/japon\/fukushima\/etat-d-urgence-nucleaire-apres-le-seisme-au-japon_1675851.html\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::\/monde\/japon\/fukushima\/etat-d-urgence-nucleaire-apres-le-seisme-au-japon_1675851.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">d\u00e9clare<\/a> l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence nucl\u00e9aire. Deux heures plus tard, le gouvernement donne l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9vacuer les 6\u00a0000\u00a0habitants situ\u00e9s dans un rayon de 3\u00a0km autour de la centrale. Le monde entier prend conscience du risque de catastrophe nucl\u00e9aire. A l&rsquo;int\u00e9rieur de la centrale, l&rsquo;heure est au grand bricolage. Des employ\u00e9s ont<em> \u00ab\u00a0la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit d&rsquo;aller chercher des batteries de voiture, de les monter en salles de commande et de les utiliser comme source d&rsquo;\u00e9nergie pour les instruments de contr\u00f4le\u00a0\u00bb,<\/em> relate le directeur, Masao Yoshida. Apr\u00e8s avoir \u00e9pluch\u00e9 des milliers de pages de sch\u00e9mas de c\u00e2blage, les ing\u00e9nieurs pensent avoir r\u00e9ussi \u00e0 contr\u00f4ler le niveau d&rsquo;eau. Mais le chiffre qui s&rsquo;affiche <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/youtu.be\/tjEHCGUx9JQ\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/youtu.be\/tjEHCGUx9JQ\">est en r\u00e9alit\u00e9 erron\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p>Dans la nuit, le travail continue. Un membre de l&rsquo;\u00e9quipe, v\u00eatu d&rsquo;une combinaison blanche int\u00e9grale, de gants, de bottes et d&rsquo;un masque \u00e0 gaz, lance l&rsquo;alerte. Il n&rsquo;a pas pu se rendre dans le r\u00e9acteur\u00a01 car son dosim\u00e8tre a mesur\u00e9 800\u00a0microsieverts (\u03bcSv)au bout de 10\u00a0secondes devant la porte d&rsquo;entr\u00e9e, indique l&rsquo;Institut de radioprotection et de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire (IRSN) <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=tjEHCGUx9JQ&amp;feature=youtu.be\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=tjEHCGUx9JQ&amp;feature=youtu.be\">dans une vid\u00e9o<\/a> <em>(\u00e0 29&prime;)<\/em>. Ce d\u00e9bit de radiations tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 laisse penser que la fusion du c\u0153ur a commenc\u00e9 et qu&rsquo;il y a des fuites de gaz radioactif.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 le plus irradi\u00e9s\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Parmi les employ\u00e9s, la crainte des radiations monte d&rsquo;un cran.<em> \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9tat du r\u00e9acteur\u00a01 faisait peur aux jeunes\u00a0\u00bb<\/em>, confie Ryuta Idogawa, l&rsquo;un des pilotes de r\u00e9acteur de la centrale, dans <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\">un entretien<\/a> avec Yuki Kobayashi, doctorant en sciences et g\u00e9nie des activit\u00e9s \u00e0 risque. Malgr\u00e9 le danger, il faut pourtant choisir des hommes pour ouvrir les vannes des r\u00e9acteurs manuellement.<\/p>\n<p>Vers 4\u00a0heures du matin, l&rsquo;injection d&rsquo;eau douce, stock\u00e9e sur place en cas de probl\u00e8me, est enfin lanc\u00e9e dans le r\u00e9acteur\u00a01. <em>\u00ab\u00a0Au moment o\u00f9 nous avons vu de l&rsquo;eau sortir du tuyau et atteindre le r\u00e9acteur, nous avons tous hurl\u00e9\u00a0: &lsquo;Oui\u00a0!&rsquo; et lev\u00e9 nos poings en l&rsquo;air\u00a0\u00bb<\/em>, <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/worldnews\/asia\/japan\/8408863\/Japan-tsunami-Fukushima-Fifty-the-first-interview.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/worldnews\/asia\/japan\/8408863\/Japan-tsunami-Fukushima-Fifty-the-first-interview.html\">raconte au <em>Telegraph<\/em><\/a>* Kazuhiko Fukudome, l&rsquo;un des pompiers engag\u00e9s sur l&rsquo;accident. Des ouvriers s&rsquo;occupent sans arr\u00eat de r\u00e9approvisionner en carburant les camions pour faire fonctionner la pompe \u00e0 eau. <em>\u00ab\u00a0Je pense que c&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 le plus irradi\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>, reconna\u00eet Masao Yoshida.<\/p>\n<p><strong>12 mars 2011, 7h11.<\/strong> Le Premier ministre, Naoto Kan, atterrit en h\u00e9licopt\u00e8re, samedi matin, sur le site de Fukushima Daiichi pour une visite \u00e9clair.<em> \u00ab\u00a0Si je ne saisissais pas la situation du site, je ne pouvais pas d\u00e9cider du plan d&rsquo;\u00e9vacuation\u00a0\u00bb,<\/em> a expliqu\u00e9 plus tard le chef du gouvernement dans un entretien en 2015. Dans toute la r\u00e9gion, le tsunami a d\u00e9j\u00e0 fait des milliers de morts. Alors, face \u00e0 ces incidents multiples et \u00e0 la pression de l&rsquo;opinion, la tension grimpe. Le Premier ministre souhaite des informations pr\u00e9cises sur la situation de la centrale, une requ\u00eate impossible \u00e0 satisfaire en l&rsquo;absence d&rsquo;outils de mesure fonctionnels.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/02AzGLc3KXGBG1bpuhZrg5inFaM\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpmYRqgC.jpg\" alt=\"Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, parle devant les membres du gouvernement, le 21 mars 2011 \u00e0 Tokyo (Japon). (JIJI PRESS \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/02AzGLc3KXGBG1bpuhZrg5inFaM\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpmYRqgC.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/02AzGLc3KXGBG1bpuhZrg5inFaM\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpmYRqgC.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/6OL9KGCfGu_mT81FKkP_ReLs8zw\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/phpmYRqgC.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, parle devant les membres du gouvernement, le 21 mars 2011 \u00e0 Tokyo (Japon). (JIJI PRESS \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L&rsquo;ambiance \u00e9tait telle qu&rsquo;il \u00e9tait difficile de parler\u00a0\u00bb<\/em>, se rem\u00e9more Masao Yoshida, qui tente de lui expliquer la situation critique. Le ton monte au sein de la cellule de crise lorsque Naoto Kan s&rsquo;\u00e9nerve contre les \u00e9quipes. <em>\u00ab\u00a0Il \u00e9tait tr\u00e8s inappropri\u00e9 que le Premier ministre crie violemment sur les employ\u00e9s (\u2026) C&rsquo;est une faute indiscutable\u00a0\u00bb<\/em>, reconna\u00eetra Motohisa Ikeda, alors vice-ministre des Finances, lors d&rsquo;une audition ult\u00e9rieure.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">\u00ab\u00a0Ils voulaient tous retourner sur le terrain\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 la tension, le directeur de la centrale parvient \u00e0 convaincre le Premier ministre d&rsquo;une nouvelle op\u00e9ration d\u00e9licate\u00a0: l&rsquo;\u00e9ventage du r\u00e9acteur. Cette man\u0153uvre consiste \u00e0 lib\u00e9rer les gaz radioactifs du r\u00e9acteur vers l&rsquo;ext\u00e9rieur afin de faire diminuer la pression dans l&rsquo;enceinte de confinement et \u00e9viter toute explosion. La mission est particuli\u00e8rement p\u00e9rilleuse car, en l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, il faut tout faire \u00e0 la main. Le chef de la salle de contr\u00f4le, Ikuo Izawa, d\u00e9cide d&rsquo;envoyer deux salari\u00e9s sur place. <em>\u00ab\u00a0Ils m&rsquo;ont dit qu&rsquo;ils avaient ignor\u00e9 les dosim\u00e8tres (\u2026) \u00e0 ce moment-l\u00e0, car s&rsquo;ils avaient vu le chiffre de la dose, ils auraient \u00e9t\u00e9 immobilis\u00e9s. Ils avaient l&rsquo;intention d&rsquo;ouvrir la vanne au p\u00e9ril de leur vie\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-il <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\">dans un entretien<\/a> avec Yuki Kobayashi. Un sacrifice qui va s&rsquo;av\u00e9rer payant\u00a0: vers 14h30, l&rsquo;\u00e9ventage est lanc\u00e9, avec un premier rejet radioactif massif dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. Mais, quelques minutes plus tard, les r\u00e9serves d&rsquo;eau douce sont \u00e0 sec.<\/p>\n<p><strong>12 mars 2011, 15h36.<\/strong> Huit heures apr\u00e8s la venue du Premier ministre, un gros boum retentit. <em>\u00ab\u00a0Ce choc n&rsquo;est pas un s\u00e9isme. Une explosion se produit quelque part\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> crie un pilote du b\u00e2timent r\u00e9acteur\u00a02. En effet, le haut du b\u00e2timent du r\u00e9acteur\u00a01 vient d&rsquo;\u00eatre souffl\u00e9, probablement en raison d&rsquo;une fuite d&rsquo;hydrog\u00e8ne. Quatre employ\u00e9s <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/fukushima.eu.org\/reconstitution-des-premiers-jours-de-la-catastrophe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/fukushima.eu.org\/reconstitution-des-premiers-jours-de-la-catastrophe\/\">sont bless\u00e9s<\/a>. <em>\u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avions absolument pas envisag\u00e9 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une explosion. J&rsquo;ai demand\u00e9 que tout le monde se mette \u00e0 l&rsquo;abri\u00a0\u00bb<\/em>, explique Masao Yoshida, <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/books.openedition.org\/pressesmines\/6287\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/books.openedition.org\/pressesmines\/6287\">dans une audition<\/a>, en octobre 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/4srTIXTDydc2GHxNF_wfamqMtRU\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php4iDGgI.jpg\" alt=\"Le b\u00e2timent d\u00e9truit du r\u00e9acteur 1 de la centrale de Fukushima, le 23 mars 2011. (GROUND SELF-DEFENSE FORCES \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/4srTIXTDydc2GHxNF_wfamqMtRU\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php4iDGgI.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/4srTIXTDydc2GHxNF_wfamqMtRU\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php4iDGgI.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/siqKOA1nNoXwWMKv9Av3pPce3Zw\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/php4iDGgI.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">Le b\u00e2timent d\u00e9truit du r\u00e9acteur 1 de la centrale de Fukushima, le 23 mars 2011. (GROUND SELF-DEFENSE FORCES \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pendant plusieurs dizaines de minutes, les ouvriers ne savent pas si cette explosion a endommag\u00e9 l&rsquo;enceinte de confinement du r\u00e9acteur, et donc provoqu\u00e9 des rejets radioactifs massifs. Le gouvernement donne l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9vacuer la population dans un rayon de 20\u00a0km. Heureusement, apr\u00e8s deux heures de contr\u00f4le, le niveau de radioactivit\u00e9 ne semble pas fortement augmenter. Il faut retourner sur le terrain pour commencer \u00e0 \u00e9venter les r\u00e9acteurs\u00a02 et 3.<em> \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j&rsquo;ai v\u00e9cu l&rsquo;une des plus grandes \u00e9motions de ma vie,<\/em> se rem\u00e9more Masao Yoshida. <em>Les employ\u00e9s voulaient tous retourner sur le terrain, ils se bousculaient m\u00eame. J&rsquo;ai d\u00fb les mod\u00e9rer.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>12 mars 2011, 19h04.<\/strong> Face au manque d&rsquo;eau douce qui emp\u00eache le refroidissement du r\u00e9acteur\u00a01 depuis quelques heures, Masao Yoshida d\u00e9cide d&rsquo;utiliser la seule ressource disponible sur place\u00a0: l&rsquo;eau de mer. Mais le Premier ministre s&rsquo;oppose \u00e0 cette man\u0153uvre in\u00e9dite, dont on ne conna\u00eet pas les risques. Malgr\u00e9 cet avertissement, le directeur de la centrale d\u00e9cide de d\u00e9sob\u00e9ir. <em>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;avais aucune intention d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;injection d&rsquo;eau\u00a0\u00bb,<\/em> raconte Masao Yoshida. Quelques dizaines de minutes plus tard, les autorit\u00e9s de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire donnent finalement leur feu vert.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">\u00ab\u00a0Nous avons envoy\u00e9 des hommes et \u00e7a a explos\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p><strong>13 mars 2011, 2h42.<\/strong> Alors que la situation du r\u00e9acteur\u00a01 semble stabilis\u00e9e, c&rsquo;est au tour du syst\u00e8me de refroidissement d&rsquo;urgence du r\u00e9acteur\u00a03 de cesser de fonctionner. Il faut relancer de nouvelles op\u00e9rations, mais la fatigue commence \u00e0 se faire sentir. <em>\u00ab\u00a0Combien de temps pouvons-nous continuer \u00e0 travailler sans jamais dormir\u00a0? La r\u00e9ponse est 36\u00a0heures. C&rsquo;est la limite pour tous les hommes\u00a0\u00bb<\/em>, explique Takeyuki Inagaki, chef de groupe \u00e0 la centrale, <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/pastel.archives-ouvertes.fr\/tel-02372108v2\/document\">dans un entretien<\/a> avec Yuki Kobayashi. Cette dur\u00e9e vient d&rsquo;\u00eatre atteinte par les employ\u00e9s, nourris aux barres de riz et aux nouilles instantan\u00e9es. M\u00eame Masao Yoshida somnole.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/S8InfhymwCbKWOphjRAjSNmaxRE\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php9IlH8F.jpg\" alt=\"Le directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, lors d'une r\u00e9union au centre de contr\u00f4le de l'usine, \u00e0 Okuma (Japon), le 30 mai 2011. (TEPCO \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/S8InfhymwCbKWOphjRAjSNmaxRE\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php9IlH8F.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/S8InfhymwCbKWOphjRAjSNmaxRE\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/php9IlH8F.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/L4sW-HglvvVOjl4CtQFDR_SrCDM\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/php9IlH8F.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">Le directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, lors d&rsquo;une r\u00e9union au centre de contr\u00f4le de l&rsquo;usine, \u00e0 Okuma (Japon), le 30 mai 2011. (TEPCO \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pourtant, de nouvelles op\u00e9rations reprennent avant le lever du soleil. Il faut absolument \u00e9venter et refroidir le r\u00e9acteur\u00a03. Apr\u00e8s quelques heures de travail acharn\u00e9 au milieu des d\u00e9bris, les ouvriers r\u00e9ussissent \u00e0 raccorder de nouvelles pompes et \u00e0 arroser le b\u00e2timent pour \u00e9viter la surchauffe. Plusieurs d&rsquo;entre eux sont expos\u00e9s \u00e0 des doses\u00a0de radioactivit\u00e9 sup\u00e9rieures \u00e0 100\u00a0millisieverts (mSv), <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/pour-travailler-fukushima-il-faut-etre-pret-mourir#:~:text=Jeudi%2031%20mars%2C%20l&#039;Agence,atomique%20estime%20que%20la%20situation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.humanite.fr\/pour-travailler-fukushima-il-faut-etre-pret-mourir#:~:text=Jeudi%2031%20mars%2C%20l&#039;Agence,atomique%20estime%20que%20la%20situation\">selon l&rsquo;agence de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire japonaise<\/a>, soit cinq fois plus que <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.irsn.fr\/FR\/connaissances\/faq\/Pages\/Quelle_est_la_dose_de_radioactivite_dangereuse_pour_la_sante.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.irsn.fr\/FR\/connaissances\/faq\/Pages\/Quelle_est_la_dose_de_radioactivite_dangereuse_pour_la_sante.aspx\">la dose annuelle autoris\u00e9e en France<\/a> pour les employ\u00e9s du secteur.<\/p>\n<p><strong>14 mars 2011, 11h01. <\/strong>Une nouvelle explosion, encore plus impressionnante que la premi\u00e8re, r\u00e9sonne au c\u0153ur de la centrale.<em> \u00ab\u00a0QG\u00a0! QG\u00a0! C&rsquo;est terrible\u00a0! On a un probl\u00e8me sur le site num\u00e9ro\u00a03\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> crie Masao Yoshida, dans <a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/youtu.be\/tjEHCGUx9JQ?t=3178\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/youtu.be\/tjEHCGUx9JQ?t=3178\">un enregistrement de la cellule de crise<\/a>. Cette fois, c&rsquo;est le b\u00e2timent du r\u00e9acteur\u00a03 qui est souffl\u00e9 \u00e0 cause de l&rsquo;hydrog\u00e8ne. Le directeur doit faire face \u00e0 ses d\u00e9cisions\u00a0: <em>\u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9sol\u00e9. Nous n&rsquo;en \u00e9tions pas s\u00fbrs, mais nous pensions que cela n&rsquo;exploserait pas tout de suite. Nous avons envoy\u00e9 des hommes et \u00e7a a explos\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, reconna\u00eet-il.<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0Juste apr\u00e8s l&rsquo;explosion, quand j&rsquo;ai su qu&rsquo;il y avait une quarantaine de disparus, j&rsquo;ai vraiment eu l&rsquo;intention de me donner la mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div>\n<p><cite class=\"ftvi_citation_author\">Masao Yoshida, directeur de la centrale<\/cite><\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">devant une commission d&rsquo;enqu\u00eate<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;explosion ne fait finalement aucun mort, mais une dizaine de bless\u00e9s. Elle a aussi une cons\u00e9quence imm\u00e9diate pour la centrale\u00a0: la destruction du syst\u00e8me de refroidissement de secours du r\u00e9acteur\u00a02. <em>\u00ab\u00a0Je crois que c&rsquo;est le moment o\u00f9 j&rsquo;ai touch\u00e9 le fond. Je nous voyais tous morts\u00a0\u00bb,<\/em> raconte Masao Yoshida. En ce lundi matin, l&rsquo;accablement gagne les \u00e9quipes. <em>\u00ab\u00a0Je <\/em><em>n&rsquo;oublierai jamais cet apr\u00e8s-midi-l\u00e0. J&rsquo;avais mal \u00e0 l&rsquo;estomac comme si un bloc de <\/em><em>plomb y \u00e9tait rest\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, se rem\u00e9more le chef de groupe Takeyuki Inagaki.<\/p>\n<h2 class=\"subheader\">\u00ab\u00a0Je vous demande de sacrifier vos vies\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Au milieu de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, le directeur commence \u00e0 envisager une \u00e9vacuation des quelques centaines de salari\u00e9s non essentiels de la centrale. Il ordonne que des cars soient pr\u00eats \u00e0 partir en cas de nouvelles complications. Mais, peu avant 20\u00a0heures, le travail acharn\u00e9 des ouvriers finit par payer. L&rsquo;injection d&rsquo;eau de mer commence dans le r\u00e9acteur\u00a02. R\u00e9ticent \u00e0 toute \u00e9vacuation des salari\u00e9s, le Premier ministre s&rsquo;adresse \u00e0 eux lors d&rsquo;une visioconf\u00e9rence nocturne\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je vous demande de sacrifier vos vies.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure class=\"fig-cms-media-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/FFKD2qqIYNNn6K5dPIxKCU5ROQg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpTW1JgJ.jpg\" alt=\"La centrale de Fukushima Daiichi, le 20 mars 2011. (AIR PHOTO SERVICE \/ AFP)\" width=\"720\" height=\"405\" data-src=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/FFKD2qqIYNNn6K5dPIxKCU5ROQg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpTW1JgJ.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/FFKD2qqIYNNn6K5dPIxKCU5ROQg\/fit-in\/720x\/2021\/02\/25\/phpTW1JgJ.jpg 720w, https:\/\/www.francetvinfo.fr\/pictures\/Hgc06uOXRSSbMCrCWY5jqdvpN4Y\/fit-in\/540x\/2021\/02\/25\/phpTW1JgJ.jpg 540w\" data-sizes=\"auto\" \/><figcaption aria-hidden=\"true\">La centrale de Fukushima Daiichi, le 20 mars 2011. (AIR PHOTO SERVICE \/ AFP)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>15 mars 2011, 6h14.<\/strong> Cela fait quatre jours que la catastrophe est survenue, et les employ\u00e9s doivent continuer leur interminable bataille contre les \u00e9l\u00e9ments. Cette fois, c&rsquo;est une fuite dans l&rsquo;enceinte du r\u00e9acteur\u00a02 qui provoque une explosion et endommage le r\u00e9acteur\u00a04. Par chance, la d\u00e9flagration ne coupe pas le syst\u00e8me de refroidissement \u00e0 l&rsquo;eau de mer des trois premiers r\u00e9acteurs. Les ouvriers, \u00e9puis\u00e9s, ont r\u00e9ussi \u00e0 stabiliser ces bombes \u00e0 retardement et \u00e0 contenir ce qui aurait pu devenir une catastrophe bien plus meurtri\u00e8re.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il y a un lien sp\u00e9cial entre nous. Je ne peux pas l&rsquo;exprimer avec des mots. J&rsquo;imagine que c&rsquo;est la camaraderie qu&rsquo;il peut y avoir entre soldats en temps de guerre,<\/em> dira plus tard au <em><a class=\"ftvi-click--binded\" href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2013\/jan\/11\/fukushima-50-kamikaze-pilots-sacrifice\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-click-value=\"content::link-in-content::article::https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2013\/jan\/11\/fukushima-50-kamikaze-pilots-sacrifice\">Guardian<\/a>* <\/em>l&rsquo;un des ing\u00e9nieurs, Atsufumi Yoshizawa. <em>Dans notre cas, l&rsquo;ennemi, c&rsquo;\u00e9tait la centrale nucl\u00e9aire. Et nous l&rsquo;avons combattue ensemble.\u00a0\u00bb <\/em>Ce mardi, des renforts vont enfin arriver des centrales alentour pour r\u00e9tablir les alimentations \u00e9lectriques et construire des structures de protection. L&rsquo;enfer \u00e0 huis clos des employ\u00e9s de la centrale de Fukushima Daiichi prend fin.<\/p>\n<p><em>* Les liens suivis d&rsquo;un ast\u00e9risque sont en anglais.<\/em><\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robin Prudent France T\u00e9l\u00e9visions Les b\u00e2timents 3 et 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon, le 2 avril 2011. (AIR PHOTO SERVICE \/ AFP) Pendant quatre jours et quatre nuits, en mars 2011, des centaines d&rsquo;ouvriers ont tent\u00e9,\u00a0parfois au p\u00e9ril de leur vie, de contenir les d\u00e9g\u00e2ts\u00a0du s\u00e9isme et du tsunami qui ont\u00a0d\u00e9truit<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[200],"tags":[],"class_list":["post-24562","post","type-post","status-publish","format-standard","category-ecologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24562","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24562"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24562\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}