{"id":25279,"date":"2021-04-05T09:12:32","date_gmt":"2021-04-05T13:12:32","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=25279"},"modified":"2021-04-05T09:12:32","modified_gmt":"2021-04-05T13:12:32","slug":"le-drapeau-aux-quatre-serpents","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/le-drapeau-aux-quatre-serpents\/","title":{"rendered":"Le drapeau aux quatre serpents"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\" style=\"padding-left: 40px\"><span class=\"s1\"><b>Origine<\/b>:\u00a0<\/span><b>La composition du drapeau aux quatre serpents, connu aujourd\u2019hui en Martinique, est mis en place par le roi Louis XV qui en prescrit l\u2019usage dans une ordonnance du 4 ao\u00fbt 1766 pr\u00e9voyant que :<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00abArticle premier &#8211; Tous propri\u00e9taires de vaisseaux, b\u00e2timens, goelettes et b\u00e2teaux d\u00e9pendans du Gouvernement de la Martinique &amp; de Ste. Lucie feront pourvoir leurs b\u00e2timens d\u2019un pavillon bleu avec une croix blanche qui partagera ledit pavillon en quatre ; dans chaque quarr\u00e9 bleu, &amp; au milieu du quarr\u00e9, il y aura la figure d\u2019un serpent en blanc, de fa\u00e7on qu\u2019il y aura quatre serpens blancs dans ledit pavillon, qui sera reconnu dor\u00e9navant pour celui de la Martinique et de Ste. Lucie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">II. Lorsque les capitaines ou patrons voudront entrer dans les ports, rades, &amp; aborder les c\u00f4tes de ce gouvernement, de quelqu\u2019autre colonie fran\u00e7oise, ou du Royaume de France, ils auront soin de faire mettre le pavillon d\u00e9sign\u00e9 ci-dessus, afin qu\u2019on les reconnoisse pour \u00eatre des b\u00e2timens de la Martinique et de Ste. Lucie [&#8230;] \u00bb1.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Drapeau ou pavillon ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quelques \u00e9l\u00e9ments sur l\u2019\u00e9tymologie des termes utilis\u00e9s semblent n\u00e9cessaires pour la compr\u00e9hension de l\u2019histoire du drapeau.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">A l\u2019\u00e9poque de sa cr\u00e9ation, on note l\u2019absence de mention de drapeau. Le terme choisi pour le d\u00e9signer est celui de \u00ab pavillon \u00bb dont le r\u00f4le est d\u00e9fini par le dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise de 1762 comme \u00e9tant : \u00ab une esp\u00e8ce de banni\u00e8re ou d&rsquo;\u00e9tendard, qui est un carr\u00e9 long, &amp; que l&rsquo;on met au grand m\u00e2t d&rsquo;un vaisseau [&#8230;] \u00bb. Le pavillon a donc un r\u00f4le visuel, de communication. Il servait \u00e0 distinguer au loin, d\u2019un seul coup d\u2019\u0153il, un navire martiniquais ou saint-lucien, des navires fran\u00e7ais ou \u00e9trangers.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Cet embl\u00e8me est donc, \u00e0 cette p\u00e9riode, un pavillon d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la marine marchande, et ce n\u2019est que bien plus tard que le terme \u00ab drapeau \u00bb apparaitra.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Composition du pavillon : fond bleu divis\u00e9 par une croix blanche en quatre parties occup\u00e9es par quatre serpents.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Histoire du drapeau au fond bleu divis\u00e9 par une croix blanche<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le drapeau militaire du royaume de France<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Sans pouvoir en dater l\u2019origine, la croix blanche est utilis\u00e9e comme insigne royal et marque nationale d\u00e8s le XIVe si\u00e8cle. Les Fran\u00e7ais la portaient sur leurs v\u00eatements en temps de guerre en opposition \u00e0 la croix rouge des Anglais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est \u00e0 partir du XVe si\u00e8cle, que la croix est mise sur les enseignes et devient une marque nationale pr\u00e9sente sur les \u00e9tendards. Un si\u00e8cle plus tard, elle est accept\u00e9e comme principale enseigne et marque distinctive des arm\u00e9es fran\u00e7aises. C\u2019est alors le drapeau militaire de la France, en opposition \u00e0 la banni\u00e8re de France compos\u00e9e de trois fleurs de lys d\u2019or sur fond d\u2019azur qui constitue l\u2019\u00e9tendard de c\u00e9r\u00e9monie2.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">1 Code de la Martinique, Petit de Vi\u00e9vigne (Jacques), Saint-Pierre, 1767, http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb360462001<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">2 Marius Sepet, Le drapeau de la France : essai historique, Victor Palm\u00e9, Paris, 1873, p. 88.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">1<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Drapeau \u00e0 la croix blanche sur fond bleu Drapeau aux trois fleurs de lys d\u2019or sur fond bleu<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le pavillon maritime du royaume de France<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle, le cardinal de Richelieu supprime l\u2019usage des pavillons particuliers et instaure l\u2019usage du pavillon blanc unique, embl\u00e8me de l\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Voyant que la marine marchande utilise \u00e9galement ce pavillon, Louis XIV, par une ordonnance du 9 octobre 1661 lui attribue un pavillon de poupe bleu \u00e0 croix blanche traversante avec l\u2019\u00e9cu de sa majest\u00e9 sur le tout : \u00ab fait tr\u00e8s expresses inhibitions et d\u00e9fenses \u00e0 tous capitaines, etc&#8230; de porter le pavillon blanc, qui est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ses seuls vaisseaux, et veut et ordonne qu\u2019ils arborent seulement l\u2019ancien pavillon de la nation fran\u00e7aise, qui est la croix blanche dans un \u00e9tendard d\u2019\u00e9toffe bleue, avec l\u2019\u00e9cu des armes de sa majest\u00e9 sur le tout \u00bb3.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est donc \u00e0 compter de cette date que le pavillon bleu \u00e0 croix blanche est affect\u00e9 aux navires marchands pour le distinguer de la marine de guerre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Cette ordonnance n\u2019\u00e9tant pas suivie d\u2019effet, le roi conc\u00e8de, dans une autre ordonnance dat\u00e9e de 1689, un pavillon qui se veut plus prestigieux avec une croix blanche plus large et les colliers des ordres autour de l\u2019\u00e9cu royal.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>3 Marius Sepet, \u00ab le drapeau de la France \u00bb, p. 148 \u00e0 210 dans Revue des questions historiques, cinqui\u00e8me ann\u00e9e, tome dixi\u00e8me, Paris, 1871.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">2<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> L\u2019obstination des marchands fran\u00e7ais \u00e0 porter le pavillon blanc engage le roi \u00e0 ordonner le 25 mars 1765 :<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab Permet Sa Majest\u00e9 aux commandants des vaisseaux marchands de porter \u00e0 poupe de leurs b\u00e2timents une enseigne blanche, et d\u2019y joindre telle marque de reconnaissance qu\u2019ils jugeront \u00e0 propos. \u00bb4<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">A compter de cette date, les navires de commerce fran\u00e7ais n\u2019ont cess\u00e9 de porter le m\u00eame pavillon que les navires de la marine militaire \u00e0 savoir le pavillon national, c\u2019est-\u00e0-dire le pavillon blanc5.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le pavillon aux 4 serpents<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Un an apr\u00e8s l\u2019autorisation par le roi d\u2019arborer le pavillon blanc, le gouvernement royal con\u00e7oit la n\u00e9cessit\u00e9 de distinguer les navires marchands du royaume de France de ceux rattach\u00e9s aux colonies. Le 4 ao\u00fbt 1766, il ordonne d\u2019appliquer quatre serpents au traditionnel drapeau bleu \u00e0 la croix blanche (voir d\u00e9tail de l\u2019ordonnance en introduction). Ces animaux semblent constituer, pour la monarchie, le symbole le plus pertinent pour repr\u00e9senter ces contr\u00e9es lointaines empruntes d\u2019exotisme&#8230;<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Pourquoi des serpents ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les chroniqueurs de la Martinique mentionnent tous d\u00e8s les premiers temps de la colonisation la pr\u00e9sence de serpents venimeux sur le territoire martiniquais. Il s\u2019agit d\u2019une esp\u00e8ce end\u00e9mique de l\u2019\u00eele, connue \u00e9galement \u00e0 Sainte-Lucie et \u00e0 B\u00e9qu\u00e9 aux Grenadines. Le P\u00e8re Labat explique qu\u2019\u00ab une chose incommodoit la colonie, c\u2019\u00e9toit la quantit\u00e9 prodigieuse de viperes, dont la terre \u00e9tait comme couverte. Il y en avait de monstrueuses, on en voyoit alors de vingt cinq pieds de longueur, &amp; d\u2019un pied &amp; demi de diam\u00e8tre. Ces animaux ne fuyoient point les hommes, ils attendoient fi\u00e9rement, souvent m\u00eame ils les poursuivoient. Il est vrai qu\u2019ils les mordoient rarement, \u00e0 moins qu\u2019on ne les touch\u00e2t en faisant remuer quelques broussailles ; mais comme nos Fran\u00e7ois ne s\u00e7avoient pas alors les remedes convenables \u00e0 ces morsures, il y en eut quelques uns qui perirent [&#8230;] \u00bb6. Il pr\u00e9cise \u00e9galement qu\u2019\u00ab on n\u2019en voit dans toutes les Antilles qu\u2019\u00e0 la Martinique, Sainte Alousie ou Lucie, &amp; \u00e0 Bequia, qui est un des Grenadins, qu\u2019on appelle \u00e0 cause de cela, la petite Martinique. On ne voit dans les autres isles que des couleuvres qui ne sont point venimeuses, &amp; qui m\u00eame sont utiles, en ce qu\u2019elles font la guerre aux rats \u00bb7.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">4 Ordonnance du roi concernant la marine du 25 mars 1765, livre III, titre XIX, article 236. https:\/\/books.google.fr\/books?id=FJ8_AAAAcAAJ&amp;pg=PP5&amp;hl=fr&amp;source=gbs_selected_pages&amp;cad=3#v=onepage&amp;q&amp;f=false 5 https:\/\/troisponts.net\/2015\/01\/16\/pavillons-de-lancien-regime\/<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">6 Labat (R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re), Nouveau Voyage Aux Isles de l\u2019Am\u00e9rique Contenant l\u2019Histoire Naturelle de Ces Pays, l\u2019Origine, Les Moeurs, Le Gouvernement Des Habitans Anciens et Modernes. Les Guerres et Les Ev\u00e9nemens Singuliers Qui Y Sont Arrivez Pendant Le S\u00e9jour Qui l\u2019Auteur Y a Fait, T. V; J. B. Delespine, Paris, MDCCXLII.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">7 Labat (R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re), Nouveau Voyage Aux Isles de l\u2019Am\u00e9rique Contenant l\u2019Histoire Naturelle de Ces Pays, l\u2019Origine, Les Moeurs, Le Gouvernement Des Habitans Anciens et Modernes. Les Guerres et Les Ev\u00e9nemens Singuliers Qui Y Sont Arrivez Pendant Le S\u00e9jour Qui l\u2019Auteur Y a Fait, T. IV; J. B. Delespine, Paris, MDCCXLII.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> 23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">3<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La pr\u00e9sence de serpents venimeux permet de distinguer la Martinique et Sainte-Lucie des autres \u00eeles. Ainsi le roi d\u00e9cide-t-il de se servir de cette distinction pour en faire l\u2019embl\u00e8me des deux colonies qui, seules, selon l\u2019ordonnance royale, sont concern\u00e9es par le pavillon en question.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019adoption du pavillon tricolore<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le pavillon blanc portant par la marine marchande et militaire fut peu \u00e0 peu remplac\u00e9 par les couleurs du nouveau drapeau tricolore adopt\u00e9 cons\u00e9cutivement \u00e0 la r\u00e9volution fran\u00e7aise. Cette d\u00e9cision ne fit pas tout de suite l\u2019unanimit\u00e9, mais apr\u00e8s moult d\u00e9bats, un d\u00e9cret dat\u00e9 du 24 octobre 1790, ordonna que le pavillon fran\u00e7ais porterait \u00e0 l\u2019avenir les couleurs nationales :<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab Art. 1er. Le pavillon de beaupr\u00e9 sera compos\u00e9 de trois bandes \u00e9gales et pos\u00e9es verticalement ; celle de ces bandes la plus pr\u00e8s du b\u00e2ton sera rouge, celle du milieu blanche, et la troisi\u00e8me bleue. (On adoptait cette disposition des bandes verticales pour \u00e9viter la ressemblance avec le drapeau hollandais.)<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Art. 2. Le pavillon de poupe portera, dans a son quartier sup\u00e9rieur, le pavillon de beaupr\u00e9 ci-dessus d\u00e9crit ; cette partie du pavillon sera exactement le quart de sa totalit\u00e9, et environn\u00e9e d\u2019une bande \u00e9troite, dont une moiti\u00e9 de la longueur sera rouge et l\u2019autre bleue ; le reste du pavillon sera de couleur blanche. Ce pavillon sera \u00e9galement celui des vaisseaux de guerre et des b\u00e2timents de commerce. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le pavillon fut de nouveau chang\u00e9 pour son format d\u00e9finitif le 27 pluvi\u00f4se an II [15 f\u00e9vrier 1794], le comit\u00e9 du salut public publia un d\u00e9cret qui supprimait le fond blanc et changeait l\u2019ordre des couleurs :<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab Art. 1er. Le pavillon d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante est supprim\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Art. 2. Le pavillon national sera form\u00e9 de trois couleurs nationales, dispos\u00e9es en trois bandes \u00e9gales pos\u00e9es verticalement, de mani\u00e8re que le bleu soit attache \u00e0 la gaule du pavillon, le blanc au milieu, et le rouge flottant a dans les airs. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">4<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La traite des esclaves entre les c\u00f4tes d\u2019Afrique et les Antilles<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En mai 1664, un \u00e9dit royal cr\u00e9e la Compagnie des Indes occidentales8 qui obtient, entre autre, le monopole du commerce sur les c\u00f4tes africaines9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La compagnie montre rapidement ses faiblesses, elle ne remplit pas sa mission principale de mise en valeur des immenses possessions de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise. Le commerce des esclaves n\u2019est clairement pas sa priorit\u00e910. Pourtant c\u2019est l\u00e0 sa vocation premi\u00e8re en vue du d\u00e9veloppement sucrier des colonies fran\u00e7aises d\u2019Am\u00e9rique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les compagnies \u00e0 charte \u2013 Compagnie du S\u00e9n\u00e9gal (1674), Soci\u00e9t\u00e9 du S\u00e9n\u00e9gal (1681), Compagnie de Guin\u00e9e (1685)11, Compagnie du S\u00e9n\u00e9gal, Cap-Verd, &amp; c\u00f4tes d\u2019Afrique (1696) \u2013 se succ\u00e8dent ou se compl\u00e8tent au rythme de leur faillite ou de leur besoin. Elles obtiennent \u00e0 tour de r\u00f4le et se r\u00e9partissent le monopole du commerce des esclaves sur les c\u00f4tes d\u2019Afrique occidentales12.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tout commerce dans ces r\u00e9gions est interdit aux particuliers. Les compagnies sont n\u00e9anmoins autoris\u00e9es \u00e0 subd\u00e9l\u00e9guer leurs pouvoirs mais aux seuls Fran\u00e7ais. Les \u00e9trangers peuvent par ailleurs obtenir du Roi le droit d\u2019accorder de venir chercher aux \u00eeles les esclaves vendus par la compagnie13.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les habitants des \u00eeles, quant \u00e0 eux, ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 pratiquer ce type de commerce qui reste pendant un temps le privil\u00e8ge de compagnies cr\u00e9\u00e9es au rythme des besoins g\u00e9ographiques. Ce privil\u00e8ge accord\u00e9 est un autre des grands principes de l\u2019Exclusif. Les colonies et ses habitants n\u2019existent que pour l\u2019enrichissement de la couronne et donc de la France hexagonale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En \u00e9change de leur commerce, les n\u00e9griers fran\u00e7ais sont tenus de payer une redevance : \u00ab les n\u00e9gocians dont les vaisseaux transporteront aux isles fran\u00e7oises de l\u2019Am\u00e9rique, des n\u00e8gres provenant de la traite qu\u2019ils auront faite \u00e0 la c\u00f4te de Guin\u00e9e, seront tenus de payer, apr\u00e8s le retour de leurs vaisseaux dans l\u2019un des ports de Rouen et de la Rochelle, Bordeaux et Nantes, entre les mains du tr\u00e9sorier-g\u00e9n\u00e9ral de la marine en exercice, la somme de 20 livres par chaque n\u00e8gre qui aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9 aux isles \u00bb14 Les b\u00e9n\u00e9fices profitent \u00e0 la couronne et aux n\u00e9griers de la c\u00f4te occidentale fran\u00e7aise. Dans les actes l\u00e9gislatifs, le terme n\u00e9grier est syst\u00e9matiquement accol\u00e9 \u00e0 une identit\u00e9 qu\u2019elle soit fran\u00e7aise, \u00e9trang\u00e8re ou neutre, mais jamais coloniale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">8 ANOM, COL C8 B19 N\u00b01, Edit du roy donn\u00e9 \u00e0 Paris, le 28 may 1664, portant Establissement d\u2019une Compagnie des Indes Occidentales, pour faire tout le commerce dans les Isles &amp; terres fermes de l\u2019Am\u00e9rique, &amp; autres Pa\u00efs ; aux Concessions, Pouvoirs, Facultez, Droits, Exemptions &amp; Privileges y contenus http:\/\/anom.archivesnationales.culture.gouv.fr\/ark:\/61561\/zn401noomq.num=50.form=complexe.start=1) et enregistr\u00e9 en parlement le 11 juillet 1664.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">9 Privil\u00e8ge exclusif de faire tout le commerce d\u2019Afrique, du cap Blanc au cap de Bonne-Esp\u00e9rance, sur une \u00e9tendue de plus de 1.500 lieues de c\u00f4tes dans Cordier L. (capitaine), Les compagnies \u00e0 charte et la politique coloniale sous le minist\u00e8re de Colbert : th\u00e8se pour le doctorat&#8230; soutenue&#8230; le&#8230; 19 novembre 1906&#8230; \/ par L. Cordier,&#8230; ; Universit\u00e9 de Nancy. Facult\u00e9 de droit, s.l., 1906, p. 90.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">10 Le contrat de vente fut homologu\u00e9 par arr\u00eat du 11 novembre 1673, mais la compagnie ne re\u00e7ut ses lettres patentes qu&rsquo;en juin 1679 ; n\u00e9anmoins son existence fut reconnue d\u00e8s 1673.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">11 La Compagnie de Guin\u00e9e ne remplacera pas la Soci\u00e9t\u00e9 du S\u00e9n\u00e9gal mais viendra en renfort de la premi\u00e8re avec une r\u00e9partition du commerce des esclaves. La compagnie du S\u00e9n\u00e9gal garde le privil\u00e8ge du transport des esclaves vers les iles fran\u00e7aises d\u2019Am\u00e9rique depuis le S\u00e9n\u00e9gal jusqu\u2019\u00e0 la rivi\u00e8re Sierra Leone, tandis que la nouvelle obtient l\u2019autorisation au sud de cette rivi\u00e8re jusqu\u2019au cap de Bonne-Esp\u00e9rance dans Anonyme, Recueil Des \u00c9dits, D\u00e9clarations, Arrets et Lettres Patentes, Concernant Les Compagnies de Guin\u00e9e &amp; Du S\u00e9n\u00e9gal, 3.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">12 La cr\u00e9ation de cette compagnie est reconnue officiellement par l\u2019\u00e9dit de d\u00e9cembre 1674, qui ne re\u00e7ut ses lettres patentes qu\u2019en juin 1679, Moreau de Saint-M\u00e9ry, T.1, p. 325 Actes royaux, pi\u00e8ce 755, p.63.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">13 Cordier, Les Compagnies \u00c0 Charte et La Politique Coloniale Sous Le Minist\u00e8re de Colbert, 290.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">14 texte, Loix et ordonnances des diverses puissances europ\u00e9ennes concernant le commerce, la navigation et les assurances, depuis le milieu du 17e si\u00e8cle . Accompagn\u00e9s de quelques observations explicatoires, par Geo. Fred. de Martens. Tome I. France, 326.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">5<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le commerce des esclaves est alors associ\u00e9 \u00e0 un pavillon qui reprend les armes de la Compagnie des Indes occidentales : \u00ab un \u00e9cusson au champ d&rsquo;azur, sem\u00e9 de fleurs de lys d&rsquo;or sans nombre, deux sauvages pour supports et une couronne tr\u00e8fl\u00e9e; lesquelles armes nous lui conc\u00e9dons pour s&rsquo;en servir dans ses sceaux et cachets et que nous lui permettons de mettre et apposer aux \u00e9difices publics, vaisseaux, canons et partout o\u00f9 elle le jugera \u00e0 propos \u00bb15.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Figure 1 : Sceau de la Compagnie des Indes occidentales, emprunte de 1670<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au rythme des d\u00e9cennies ces armes sont reprises par les compagnies. Le pavillon arbor\u00e9 pour le commerce des esclaves demeure donc inchang\u00e9. On observe n\u00e9anmoins une modification de la terminologie pour d\u00e9signer les tenants du blason central : les \u00ab n\u00e8gres \u00bb ont remplac\u00e9 les \u00ab sauvages \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En effet, les lettres patentes portant \u00e9tablissement de la nouvelle Compagnie du S\u00e9n\u00e9gal en mars 1696 parlent d\u2019 : \u00ab un \u00e9cusson en champ d\u2019azur, sem\u00e9 de fleur-de-lys d\u2019or sans nombre, deux N\u00e8gres pour supports, &amp; une couronne tr\u00e8fl\u00e9e ; lesquelles armes nous lui conc\u00e9dons pour s\u2019en servir dans ses sceaux &amp; cachets, &amp; que nous lui permettons de mettre &amp; apposer aux \u00e9difices publics, vaisseaux, canons, &amp; partout ailleurs o\u00f9 elle jugera \u00e0 propos \u00bb16.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Finalement, la base l\u00e9gislative de la traite des esclaves dans les Antilles fran\u00e7aises est constitu\u00e9e \u00e0 partir des lettres patentes du roi du mois de janvier 171617. En parall\u00e8le du privil\u00e8ge accord\u00e9 \u00e0 la Compagnie des Indes, elles accordent l\u2019autorisation \u00e0 tous les n\u00e9gociants du royaume de France de pratiquer : \u00ab le commerce des N\u00e8gres, de la Poudre d\u2019or, &amp; de toutes les autres marchandises qu\u2019ils pourront tirer des cotes d\u2019Afrique, depuis la Rivi\u00e8re de Serre-Lionne inclusivement, jusques au Cap de Bonne-Esp\u00e9rance, \u00e0 condition qu\u2019ils ne pourront armer ni \u00e9quiper leurs vaisseaux que dans les Ports de Rouen, la Rochelle, Bordeaux &amp; Nantes\u00a0\u00bb18.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Celles d\u2019octobre 1727 instaurent l\u2019Exclusif et fixent les r\u00e8gles du commerce. Mais les limites des autorisations commerciales sur les c\u00f4tes africaines fix\u00e9es par les lettres patentes restent floues pour la plupart des n\u00e9gociants du royaume. Le 30 septembre 1741, un arr\u00eat du conseil d\u2019\u00e9tat du roi pr\u00e9cise que tous les n\u00e9gociants du Royaume au d\u00e9part de seize ports de la fa\u00e7ade atlantique fran\u00e7aise (Calais, Dieppe, le Havre, Rouen, Honfleur, Saint-Malo, Morlaix, Brest, Nantes, la Rochelle, Bordeaux, Bayonne &amp; Cette , Marseille,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">15 Daniel Cogn\u00e9 et Robert Pichette, \u00ab Sceaux fran\u00e7ais dans les archives canadiennes \u00bb dans Revue fran\u00e7aise d&rsquo;h\u00e9raldique et de sigillographie, n\u00b0 62-63, 1992-1993, p. 7-13. Article ajout\u00e9 \u00e0 la bibliographie originale &amp; Robert Pichette, \u00ab Les origines de l&rsquo;h\u00e9raldique au Canada fran\u00e7ais \u00bb dans L&rsquo;H\u00e9raldique au Canada\/Heraldry in Canada, vol. XX, no 3 (sept. 1986), p.14-20.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">16 Anonyme, Recueil Des \u00c9dits, D\u00e9clarations, Arrets et Lettres Patentes, Concernant Les Compagnies de Guin\u00e9e &amp; Du S\u00e9n\u00e9gal, 25. 17 Le Code Noir Ou Recueil Des R\u00e8glements Rendus Jusqu\u2019\u00e0 Pr\u00e9sent, p. 129.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">18 Texte, Loix et ordonnances des diverses puissances europ\u00e9ennes concernant le commerce, la navigation et les assurances, depuis le milieu du 17e si\u00e8cle . Accompagn\u00e9s de quelques observations explicatoires, par Geo. Fred. de Martens. Tome I. France, 325.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">6<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Dunkerque, Vannes) seront autoris\u00e9s \u00e0 commercer en Afrique pourvu qu\u2019ils en aient obtenu l\u2019autorisation pr\u00e9alable de la Compagnie de Indes19.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Enfin, le commerce des esclaves sur la c\u00f4te d\u2019Afrique est rendu libre par arr\u00eat du conseil d\u2019\u00e9tat du roi le 31 juillet 1767 : \u00ab tous les N\u00e9gocians &amp; Armateurs du royaume, pourront \u00e0 l\u2019avenir faire librement le commerce &amp; la traite des Noirs sur toute la c\u00f4te d\u2019Afrique, sans pouvoir y \u00eatre troubl\u00e9s ni inquiet\u00e9s par la Compagnie des Indes, sous pr\u00e9texte du privil\u00e9ge exclusif \u00e0 elle accord\u00e9, que Sa Majest\u00e9 annulle &amp; r\u00e9voque en vertu du pr\u00e9sent Arr\u00eat, en payant par lesdits N\u00e9gocians &amp; Armateurs, au profit du Roi, la somme de dix livres par t\u00eate de Noirs, ainsi &amp; de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019ils la payoient \u00e0 ladite Compagnie des Indes \u00bb20.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019\u00e9tude des ordonnances cit\u00e9es supra permet de constater que les textes de lois distinguent le royaume de France des colonies. En aucun cas, le commerce des esclaves n\u2019est donc accord\u00e9 aux habitants et n\u00e9gociants des colonies. Ce qui explique les nombreuses plaintes des habitants de la Martinique sur l\u2019insuffisance des importations de main-d\u2019\u0153uvre par les n\u00e9griers du Royaume.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Seuls les navires de traite fran\u00e7ais (hexagone) sont autoris\u00e9s \u00e0 introduire de la main-d\u2019\u0153uvre servile au sein des colonies fran\u00e7aises, les navires de la Martinique portant pavillon martiniquais ne font pas partie du royaume conform\u00e9ment au principe de l\u2019Exclusif.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Pendant la p\u00e9riode complexe que repr\u00e9sente la guerre d\u2019ind\u00e9pendance des Etats-Unis entam\u00e9e en 1776, l\u2019approvisionnement en esclaves n\u2019est plus suffisant, pour combler ce d\u00e9ficit, un arr\u00eat royal dat\u00e9 du 28 juin 1783 autorise pour 3 ans l\u2019introduction de main-d\u2019\u0153uvre servile par voie \u00e9trang\u00e8re21 aux navires n\u00e9griers de plus de 120 tonneaux charg\u00e9s d\u2019au moins 180 esclaves et venus directement des cotes de l\u2019Afrique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La p\u00e9nurie de main-d\u2019\u0153uvre est telle que l\u2019\u00e9dit favorise \u00e9galement le commerce des n\u00e9griers fran\u00e7ais en leur octroyant une prime de 100L par t\u00eate ainsi qu\u2019une exon\u00e9ration de taxe \u00e0 l\u2019entr\u00e9e22. Ce r\u00e9gime d\u2019exception est maintenu jusqu\u2019en 1793 veille de la premi\u00e8re abolition de l\u2019esclavage fix\u00e9e par le d\u00e9cret du 4 f\u00e9vrier 179423. En Martinique, l\u2019occupation anglaise \u00e0 compter du 22 mars 1794 emp\u00eache l\u2019application de l\u2019abolition de l\u2019esclavage qui continue \u00e0 fonctionner selon les r\u00e8gles de l\u2019ancien r\u00e9gime. Mais ensuite l\u2019\u00e9tat de guerre entre la France et l\u2019Angleterre ne permet pas le plein r\u00e9tablissement de ce n\u00e9goce.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019abolition de la traite est impos\u00e9e \u00e0 la France par l\u2019Angleterre \u00e0 la suite de sa d\u00e9faite en 1814. Le 8 f\u00e9vrier 1815, le congr\u00e8s de Vienne ent\u00e9rine cette d\u00e9cision. Par d\u00e9cret du 29 mars 1815, Napol\u00e9on prononce effectivement la fin de la \u00ab traite des n\u00e8gres d\u2019Afrique \u00bb sur le territoire fran\u00e7ais24. Mais au moment de la seconde restauration, quelques mois plus tard, Louis XVIII r\u00e9cuse cette d\u00e9cision associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Angleterre devant laquelle il refuse, apr\u00e8s Waterloo, de s\u2019incliner de nouveau. L\u2019ordonnance de 1817 consid\u00e8re alors le commerce d&rsquo;\u00eatres humains comme une simple contravention \u00e0 la l\u00e9gislation douani\u00e8re. La loi abolitionniste de 1818 n\u2019y change pas grand-chose et le gouvernement continue \u00e0 faire semblant de surveiller et de r\u00e9primer la traite clandestine. Entre 1815 et 1830, les n\u00e9griers fran\u00e7ais effectuent en totalit\u00e9 412 voyages dont 78 voyages vers les colonies fran\u00e7aises25. Ce n\u2019est r\u00e9ellement qu\u2019avec la monarchie de juillet en 1830 et l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir d\u2019hommes d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9ration que la tendance s\u2019inverse. En 1831, une troisi\u00e8me<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">19 Le Code Noir Ou Recueil Des R\u00e8glements Rendus Jusqu\u2019\u00e0 Pr\u00e9sent, 412.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">20 Le Code Noir Ou Recueil Des R\u00e8glements Rendus Jusqu\u2019\u00e0 Pr\u00e9sent, 470.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">21 Durand-Molard, Code de la Martinique. Nouvelle \u00e9dition. Tome troisi\u00e8me contenant les actes l\u00e9gislatifs de la colonie depuis 1769 jusqu\u2019en 1786 inclusivement, 554.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">22 Durand-Molard, Code de la Martinique. Nouvelle \u00e9dition. Tome quatri\u00e8me contenant les actes l\u00e9gislatifs de la colonie depuis 1787 jusqu\u2019en 1804 inclusivement, 153.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">23 Montardy, La Traite et Le Droit International, 25.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">24 Aubert-Armand, Code de la Martinique. Tome VI contenant les actes l\u00e9gislatifs de la colonie de 1814 \u00e0 1818 inclusivement, 116.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">25 https:\/\/www.slavevoyages.org\/voyage\/database<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">7<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">et derni\u00e8re loi est adopt\u00e9e, c\u2019est la fin de la traite ill\u00e9gale fran\u00e7aise, bien que d\u2019autres pays continuent le transport de captifs.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le commerce de cabotage26<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">D\u00e8s les premiers temps de la colonie, la Martinique devient le centre n\u00e9vralgique administratif et commercial des Antilles fran\u00e7aises notamment gr\u00e2ce au rapide d\u00e9veloppement de sa ville maritime : Saint-Pierre. C\u2019est la central place pour reprendre la formulation d\u2019Anne P\u00e9rotin-Dumon, historienne sp\u00e9cialiste des villes portuaires coloniales fran\u00e7aises. La plupart des marchandises y transitent avant d\u2019\u00eatre redistribu\u00e9es dans les autres \u00eeles. Ces transactions sont domin\u00e9es par les n\u00e9gociants pierrotins appel\u00e9s commissionnaires parce qu\u2019\u00e0 la charge de leurs homologues m\u00e9tropolitains. L\u2019essentiel des navires arborant le pavillon aux quatre serpents appartient \u00e0 ces commissionnaires. Il correspond \u00e0 la \u00ab flotte de caboteurs qui rendaient visite aux habitants martiniquais et guadeloup\u00e9ens pour livrer les marchandises venues d\u2019Europe et enlever les sucres \u00bb27. C\u2019est l\u2019\u00e9quivalent de deux cents \u00e0 trois cents barques de toutes grandeurs envoy\u00e9es dans les diff\u00e9rents quartiers de Martinique et des \u00eeles voisines pour livrer les marchandises issues du commerce transatlantique28. Les n\u00e9griers m\u00e9tropolitains, qui ont seuls l\u2019autorisation de pratiquer le transport d\u2019esclaves \u00e0 travers l\u2019Atlantique, apportent et vendent la main-d\u2019\u0153uvre \u00e0 Saint-Pierre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les ordonnances pr\u00e9cisent bien cette exclusivit\u00e9, puisque celle du 12 octobre 1739 interdit \u00ab tout transport de noirs entre les isles du vent et celles sous le vent, pour mettre des bornes \u00e0 la contrebande qui avoit lieu sous pr\u00e9texte de la n\u00e9cessit\u00e9 de transporter les noirs vendus dans une isle \u00e0 des habitans d\u2019une autre isle \u00bb29. Fait exception \u00e0 cette interdiction \u00ab les vaisseaux n\u00e9griers qui ont le droit de porter \u00e0 Saint-Domingue les n\u00e8gres qu\u2019ils n\u2019auront pas pu vendre dans les \u00eeles du vent \u00bb30.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Un peu plus d\u2019une d\u00e9cennie plus tard, l\u2019ordonnance du 18 mars 1752 autorise le transport des esclaves par mer dans le cadre d\u2019achats par des particuliers de fin de cargaisons de navires n\u00e9griers fran\u00e7ais pour une revente au sein de l\u2019\u00eele : \u00ab III. Les n\u00e8gres ne pourront \u00eatre conduit par terre dans aucun des endroits ci-dessus indiqu\u00e9s, mais ils y seront transport\u00e9s par mer, en d\u00e9clarant au bureau du Domaine la quantit\u00e9 qu\u2019on en embarquera, par distinction de n\u00e8gres, n\u00e9gresses, n\u00e9grillons et n\u00e9grites, avec la d\u00e9signation de leur \u00e9tampe. D\u00e9fendons \u00e0 tous ma\u00eetres de barques, bateaux et autres b\u00e2timens, m\u00eames aux patrons de canots de pirogues, de porter ces n\u00e8gres ailleurs qua dans les lieux pour lesquels ils auront \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9s, o\u00f9 ils ne pourront les d\u00e9barquer qu\u2019apr\u00e8s visite faite \u00e0 leur bord par les employ\u00e9s du Domaine, \u00e0 l\u2019effet de v\u00e9rifier si ce sont les m\u00eames n\u00e8gres qui seront signal\u00e9s sur l\u2019exp\u00e9dition, le tout sous les peines port\u00e9es en l\u2019article II \u00bb31. Cette mesure concerne le trafic maritime pratiqu\u00e9 au sein d\u2019une m\u00eame \u00eele, plus commun\u00e9ment connu sous le vocable de \u00ab petit cabotage \u00bb. Notons que cette autorisation survient \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il n\u2019existe pas encore de pavillon martiniquais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Deux ans plus tard, une ordonnance du 9 mars 1754 interdit tout transport d\u2019esclaves entre les colonies fran\u00e7aises et les \u00eeles neutres : \u00ab VII. D\u00e9fendons \u00e0 tous ma\u00eetres de barques et bateaux, pirogues ou autres b\u00e2timens, d\u2019amener des \u00eeles contentieuses dans les \u00eeles \u00e9tablies du Gouvernement, aucuns n\u00e8gres sans une permission expresse de nous, \u00e0 peine de confiscation du b\u00e2timent, de sa cargaison, et de 1000 liv. d\u2019amende,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">26 Est consid\u00e9r\u00e9 comme cabotage, le commerce inter-\u00eeles.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">27 P\u00e9rotin-Dumon, La Ville Aux \u00celes, La Ville Dans L\u2019\u00eele, Basse-Terre et Pointe-\u00c0-Pitre, Guadeloupe, 1650-1820, 147.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">28 Archives nationales, col. E171 dans P\u00e9rotin-Dumon, 147.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">29 Archives nationales d\u2019outre-mer, C8B16-24, d\u00e9cision relatives aux transferts d\u2019esclaves entre les Iles du Vent et les Iles sous le Vent interdits par ordonnance du 12 octobre 1739.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">30 ANOM, COL A 25 F\u00b0254. http:\/\/anom.archivesnationales.culture.gouv.fr\/ark:\/61561\/ka455mhjhki.num=50.start=2401<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">31 Durand-Molard, Code de la Martinique. Nouvelle \u00e9dition. Tome premier contenant les actes l\u00e9gislatifs de la colonie de 1642 jusqu\u2019en 1754 inclusivement, 553.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> 23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">8<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">et m\u00eame d\u2019\u00eatre poursuivis conform\u00e9ment aux Lettres-patentes du mois d\u2019octobre 1727 [&#8230;] \u00bb32. Elle r\u00e9v\u00e8le le caract\u00e8re r\u00e9glement\u00e9 des commerce et transport des esclaves.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">1763 est une ann\u00e9e pivot, elle correspond \u00e0 la date du trait\u00e9 de Paris qui met fin \u00e0 la guerre de Sept ans (1756-1763) qui avait oppos\u00e9 la France \u00e0 l\u2019Angleterre. Apr\u00e8s une occupation de quelques mois par l\u2019ennemi, la Martinique et la Guadeloupe sont r\u00e9troc\u00e9d\u00e9es \u00e0 la France \u00e0 la fin du conflit. Cet \u00e9v\u00e9nement va reconfigurer les dynamiques commerciales des petites Antilles fran\u00e7aises. En octobre 1763, une d\u00e9p\u00eache minist\u00e9rielle interdit toutes relations commerciales entre les deux \u00eeles s\u0153urs. Cette mesure est justifi\u00e9e par le fait que jusque-l\u00e0 : \u00ab l\u2019introduction des Marchandises d\u2019Europe \u00e0 la Guadeloupe par la voie de la Martinique, [..] avait l\u2019inconv\u00e9nient de procurer aux Commissionnaires de la Martinique les moyens de gagner tout-\u00e0-la-fois sur l\u2019Habitant de la Guadeloupe et sur le N\u00e9gociant de France \u00bb 33.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019ordonnance du 13 janvier 1764 explique que : \u00ab les denr\u00e9es du cru de cette colonie et des \u00eeles qui en d\u00e9pendent, \u00e0 l\u2019exception des sirops et tafias, ne pourront en \u00eatre export\u00e9s que sur les navires exp\u00e9di\u00e9s directement pour les Ports du royaume. Les batiments du pays, caboteurs, canots et pirogues ne pourront \u00e0 l\u2019avenir transporter aucune de ces denr\u00e9es dans les autres colonies fran\u00e7aises \u00bb34. L\u2019affirmation des lois prohibitives est l\u2019occasion pour la France de r\u00e9affirmer son pouvoir et son contr\u00f4le sur des \u00eeles rest\u00e9es quelques ann\u00e9es sous autorit\u00e9 anglaise et ayant pris de \u00ab mauvaises habitudes \u00bb commerciales.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Parall\u00e8lement, le commerce entre la Martinique et Sainte-Lucie (alors sous pouvoir fran\u00e7ais) est soumis \u00e0 autorisation. En effet, le Car\u00e9nage \u00e0 Sainte-Lucie est un port franc o\u00f9 tous les vaisseaux \u00e9trangers sont admis \u00e0 la diff\u00e9rence de la Martinique qui est r\u00e9git par le principe de l\u2019Exclusif. Cette derni\u00e8re est donc autoris\u00e9e \u00e0 exporter vers son \u00eele voisine uniquement du tafia, des vivres et des marchandises de France en \u00e9change de produits issus du territoire de Sainte-Lucie (caf\u00e9, coton, riz, manioc, l\u00e9gumes secs et verts, bestiaux, volailles, bois de toutes esp\u00e8ces). S\u2019applique ici encore les r\u00e8gles commerciales de l\u2019Exclusif mis en place par les lettres patentes de 1727 instaurant une interdiction stricte de commercer avec l\u2019\u00e9tranger. Toute possibilit\u00e9 de cabotage entre les \u00eeles voisines de m\u00eame nationalit\u00e9 est supprim\u00e9e35.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au sein des petites Antilles, il convient de distinguer la Guadeloupe, dont les relations avec les autres \u00eeles fran\u00e7aises sont prohib\u00e9es, de la Martinique et Sainte-Lucie dont les relations sont plus r\u00e9guli\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est alors que la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er un pavillon voit le jour. L\u2019ordonnance du 4 ao\u00fbt 1766 instaurant le pavillon \u00e0 apposer aux navires de la Martinique et de Sainte-Lucie pr\u00e9cise que : \u00ab toutes les places du Royaume et la Colonie de St. Domingue ayant un pavillon distinctif et particulier pour chacune d\u2019elles, afin qu\u2019on puisse reconna\u00eetre de loin, de quels Ports ou Pays sont les B\u00e2timens qui paraissent, lorsqu\u2019ils veulent entre dans quelques Ports ou Rades des Colonies fran\u00e7aises, ou du Royaume, ou lorsqu\u2019ils approchent des c\u00f4tes, il nous a paru n\u00e9cessaire d\u2019en indiquer un pour les Colonies de la Martinique et Sainte-Lucie, qui sera ci-apr\u00e8s d\u00e9sign\u00e9 \u00bb36.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La Guadeloupe n\u2019est quant \u00e0 elle pas mentionn\u00e9e, peut-\u00eatre parce que sa flotte n\u2019est pas num\u00e9riquement suffisante pour envisager une telle mesure. A la lecture de ces articles, on per\u00e7oit la distinction qui est faite entre les colonies d\u2019une part et les r\u00e9gions composant le royaume de France d\u2019autre part.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le 10 juillet 1765, un arr\u00eat du conseil souverain de la Martinique avait port\u00e9 d\u00e9fense d\u2019embarquer des esclaves pour outre-mer : \u00ab La cour etc. fait d\u00e9fenses \u00e0 toutes personnes de quelques qualit\u00e9s et conditions<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">32 Durand-Molard, 602.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">33 Durand-Molard, Code de La Martinique. Nouvelle \u00c9dition. Tome Deuxi\u00e8me Contenant Les Actes L\u00e9gislatifs de La Colonie Depuis 1755 Jusqu\u2019en 1768 Inclusivement, 255.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">34 Durand-Molard, 286.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">35 Durand-Molard, 286.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">36 Durand-Molard, 487.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> 23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">9<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">qu\u2019elles puissent \u00eatre, d\u2019embarquer leurs n\u00e8gres pour outre-mer [&#8230;]. Fait pareilles d\u00e9fenses \u00e0 tous Ma\u00eetres de bateaux, go\u00eblettes et barques, d\u2019embarquer lesdites Esclaves \u00bb37. Cet arr\u00eat fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019ordonnance du 12 octobre 1739 pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9e et rappel\u00e9e dans les d\u00e9p\u00eaches minist\u00e9rielles du 25 novembre 178438 et du 24 janvier 178839.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La premi\u00e8re l\u00e9gislation relative au commerce de cabotage est tr\u00e8s tardive, elle date du 20 juin 1785. Elle pr\u00e9cise qu\u2019 : \u00ab il ne sera donn\u00e9 de commandement pour les b\u00e2timens caboteurs d\u2019\u00eele en \u00eele qu\u2019\u00e0 des blancs connus, ou d\u2019anciens marins \u00e9tablis dans les colonies ; et il ne sera employ\u00e9 pour ma\u00eetres, aucuns libres, ni pour matelots, aucuns esclaves, que pour les b\u00e2timens qui appartenant aux Commissionnaires, garans de leurs actions, seront destin\u00e9s uniquement au cabotage autour de l\u2019\u00eele, pour le transport des provisions et denr\u00e9es coloniales \u00bb 40. Seuls ces deux derniers \u00e9l\u00e9ments sont admis \u00e0 la vente pour le commerce de cabotage ce qui exclut, encore une fois, les esclaves.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Cependant la proclamation dat\u00e9e du 9 novembre 1805 pr\u00e9cise que : \u00ab la volont\u00e9 de S. M. est en outre, qu\u2019\u00e0 compter du 1er janvier 1807, aucune importation d\u2019esclaves ne se fasse directement de la c\u00f4te d\u2019Afrique dans cette colonie, en ce que les esclaves dont Sainte-Lucie aura besoin \u00e0 l\u2019avenir doivent \u00eatre tir\u00e9s par ses propri\u00e9taires des autres colonies de S. M., dans les Indes occidentales, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 soumises par ses armes pendant la guerre actuelle \u00bb41.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le gouvernement explique cette mesure par la volont\u00e9 de l\u2019Empereur que \u00ab le nombre des esclaves qui seront apport\u00e9s annuellement dans cette colonie, n\u2019exc\u00e8de pas les 3 pour 100 de ceux de tout sexe et de tout \u00e2ge, appartenant actuellement aux propri\u00e9taires habitans de cette colonie. Comme aussi, d\u2019apr\u00e8s des mesures politiques, il a paru convenable \u00e0 S. M. que la culture dans cette colonie, demeure limit\u00e9e \u00e0 celle de toutes terres d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9es [&#8230;] \u00bb42. Ces mesures restrictives sont appliqu\u00e9es \u00e0 la suite de l\u2019occupation anglaise pendant la guerre r\u00e9volutionnaire qui opposa la France \u00e0 l\u2019Angleterre, elles permettent \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 royale de contenir le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00eele. Cette proclamation met en \u00e9vidence le transport de la main- d\u2019\u0153uvre servile entre les \u00eeles mais ne r\u00e9voquent pas l\u2019interdiction de ce transport. Notons n\u00e9anmoins que cette mesure ne pr\u00e9cise pas quel type de bateau effectuait le transport des esclaves entre la Martinique et Sainte-Lucie. Bateaux n\u00e9griers fran\u00e7ais ou bateaux martiniquais ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">De 1809 \u00e0 1815, la Martinique passe aux mains des Anglais. La traite des esclaves ayant \u00e9t\u00e9 abolie en 1807 en Angleterre, son application est imm\u00e9diate en Martinique. Lorsque la Martinique redevient fran\u00e7aise en 1815, la traite a \u00e9t\u00e9 abolie en France.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quel pavillon pour la traite ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au tout d\u00e9but de la traite, les navires ont arbor\u00e9 le pavillon de la Compagnie des Indes qui avait le privil\u00e8ge de ce commerce. Ensuite, \u00e0 mesure de la perte de vitesse des compagnies \u00e0 chartre et de l\u2019ouverture de ce commerce aux ports fran\u00e7ais dans le courant du XVIIIe si\u00e8cle, le pavillon choisi par les n\u00e9griers variait entre le drapeau de la marine militaire (drapeau blanc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 par un grand nombre) et le pavillon de la marine<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">37 Durand-Molard, 524.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">38 Durand-Molard, Code de la Martinique. Nouvelle \u00e9dition. Tome troisi\u00e8me contenant les actes l\u00e9gislatifs de la colonie depuis 1769 jusqu\u2019en 1786 inclusivement, 584.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">39 Durand-Molard, 609.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">40 Durand-Molard, 644. Consigne du MM. Les G\u00e9n\u00e9ral et Intendant, pour les caboteurs de la Martinique, le 20 juin 1785.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">41 Dufresne de St-Cergues, Code de la Martinique. Nouvelle \u00e9dition. Tome cinqui\u00e8me contenant les actes l\u00e9gislatifs des colonies de Martinique et de Sainte Lucie depuis 1805 jusqu\u2019en 1813 inclusivement, ainsi qu\u2019un suppl\u00e9ment des pi\u00e8ces omises dans les volumes pr\u00e9c\u00e9dens, 107\u2013108.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">42 Dufresne de St-Cergues, 104\u2013105.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> 23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">marchande (croix blanche sur fond bleu). Deux dessins de la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle repr\u00e9sentant des navires n\u00e9griers nantais t\u00e9moignent de cette r\u00e9alit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Figure 2: Mus\u00e9e d\u2019histoire de Nantes, plan, profil et distribution du navire La Marie S\u00e9raphique de Nantes, arm\u00e9 par Mr Gruel, pour Angole, sous le commandement de Gaugy, qui a trait\u00e9 \u00e0 Loangue, dont la vue est cy-dessous la quantit\u00e9 de 307 captifs, parti en d\u00e9cembre 1769<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Figure 3 : Mus\u00e9e d\u2019histoire de Nantes,vue du Cap Fran\u00e7ais et du Navire. La Marie S\u00e9raphique de Nantes, capitaine Gaugy, le jour de l\u2019ouverture de sa vente, troisi\u00e8me voyage d\u2019Angole, 1772-1773<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">A partir la R\u00e9volution fran\u00e7aise, les bateaux de la marine marchande, dont ceux ayant pratiqu\u00e9 la traite des esclaves, ont troqu\u00e9 leurs anciennes couleurs contre les trois couleurs actuelles du drapeau fran\u00e7ais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Du pavillon au drapeau<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les photographies et autres supports iconographiques de la Martinique des 19e et 20e si\u00e8cles n\u2019ont pas permis de retrouver trace de l\u2019utilisation de ce pavillon comme drapeau avant 1935. Le d\u00e9pouillement des tables des mati\u00e8res des d\u00e9lib\u00e9rations du Conseil souverain puis du Conseil g\u00e9n\u00e9ral n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 plus concluant. Dans l\u2019\u00e9tat actuel des recherches, aucune trace de validation de cet embl\u00e8me par les Martiniquais, ou par les instances officielles n\u2019a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">11<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les sources semblent attribuer sa premi\u00e8re utilisation comme drapeau aux f\u00eates du tricentenaire en 1935. C\u2019est la c\u00e9l\u00e9bration du troisi\u00e8me centenaire de la colonisation fran\u00e7aise en Am\u00e9rique centrale et l\u2019occasion de festivit\u00e9s et de constructions pour l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Les Martiniquais cherchent \u00e0 valoriser leur \u00eele par son histoire, sa culture, son patrimoine, et surtout son d\u00e9veloppement. Tous ces \u00e9l\u00e9ments sont bien s\u00fbr \u00e0 rattacher \u00e0 l\u2019id\u00e9e, en vigueur \u00e0 cette \u00e9poque, que la France constitue la \u00ab m\u00e8re patrie \u00bb de la colonie 43.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> C\u2019est donc l\u2019occasion pour les acteurs principaux de cette valorisation, de ressortir le pavillon martiniquais symbole pour les contemporains de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle du rattachement de la colonie \u00e0 l\u2019histoire fran\u00e7aise. La colonie s\u2019est cr\u00e9\u00e9e pour et par la m\u00e9tropole. Le pavillon est alors \u00e9rig\u00e9 en drapeau et mis en vis-\u00e0-vis du drapeau tricolore fran\u00e7ais au sommet de la porte du tricentenaire cr\u00e9\u00e9e, pour l\u2019occasion, dans l\u2019objectif de faire le parall\u00e8le entre la France m\u00e9tropolitaine et sa colonie reli\u00e9e par une histoire commune.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Toutefois, le d\u00e9pouillement des photographies de la Martinique du d\u00e9but du 20e si\u00e8cle permet de constater qu\u2019on lui pr\u00e9f\u00e8re nettement le drapeau tricolore fran\u00e7ais dans un contexte de revendication assimilationniste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il est ensuite r\u00e9utilis\u00e9 comme \u00e9cusson pour l\u2019illustration de documents.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">On le retrouve notamment sur la page de couverture du bulletin de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires de la banque de la Martinique en 1948-1949, l\u2019\u00e9cusson est utilis\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019une m\u00e9lusine noire soufflant dans une corne de lambi.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>43 Dumont, L\u2019am\u00e8re Patrie. Histoire Des Antilles Fran\u00e7aises Au XXe Si\u00e8cle. 12<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> L\u2019ouvrage La Martinique, Madinina 1502-1952, r\u00e9dig\u00e9 par F\u00e9lix Rose-Rosette dans l\u2019objectif de mieux faire conna\u00eetre la Martinique d\u2019un point de vue touristique \u00e0 l\u2019occasion du 450e anniversaire de l\u2019exploration par Christophe Colomb, met \u00e0 l\u2019honneur l\u2019\u00e9cusson sur la premi\u00e8re page du chapitre sur \u00ab l\u2019administration et les services sociaux \u00bb. Dans ce titre l\u2019emploi de cet \u00e9cusson plac\u00e9 au milieu de drapeaux tricolores renvoie \u00e0 l\u2019appartenance de la Martinique \u00e0 la France en tant que province fran\u00e7aise. C\u2019est l\u2019aspect tropical et exotique qui est alors mis en relief.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il sert \u00e9galement d\u2019embl\u00e8me r\u00e9gional de la Martinique aux c\u00f4t\u00e9s de ceux de la Guyane et de la Guadeloupe sur les billets de 100 francs diffus\u00e9s dans les trois d\u00e9partements en 1966. L\u2019\u00e9cusson orne le verso du billet tout comme la figure de Victor Sch\u0153lcher, la maison de la Pagerie, les bateaux de commerce \u00e0 voile et \u00e0 vapeur. Est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e ici une certaine id\u00e9e de la \u00ab grandeur coloniale \u00bb pass\u00e9e, telle qu\u2019elle pouvait \u00eatre per\u00e7ue par une partie de la population \u00e0 un moment o\u00f9 ce monde dispara\u00eet face \u00e0 la profonde<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">r\u00e9organisation soci\u00e9tale et \u00e9conomique entam\u00e9e dans les ann\u00e9es 1960-1970.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mais l\u2019embl\u00e8me est \u00e9galement repris par bon nombre d\u2019ouvrages historiques de la Martinique des ann\u00e9es 1980-2000.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Jean-Luc Bonniol (dir.), Historial Antillais, Soci\u00e9t\u00e9 Dajani, Fort-de-France, 1980.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il est ensuite utilis\u00e9 par la gendarmerie \u00e0 partir de 1999 comme \u00e9cusson repr\u00e9sentatif de la Martinique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019instruction 5000 en date du 10 f\u00e9vrier 2016 traite de l\u2019uniforme et des insignes fournis aux militaires de carri\u00e8re. Dans ce cadre, les gendarmes doivent disposer d\u2019insignes de matricule prouvant leur identification personnelle et doivent faire la preuve de leur nationalit\u00e9, voire de la r\u00e9gion dans laquelle ils op\u00e8rent, ainsi que de leur fonction et de leur grade. C\u2019est ainsi que les \u00e9cussons aux couleurs de la r\u00e9gion sont appos\u00e9s sur les manches des uniformes des gendarmes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">13<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Enfin, l\u2019\u00e9cusson, sous le format d\u2019un drapeau, est \u00e9galement \u00e9rig\u00e9 sur les fa\u00e7ades des b\u00e2timents des institutions publiques de la Martinique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Conseil g\u00e9n\u00e9ral, Fort-de-France, Martinique, 201544 H\u00f4tel de police, Fort-de-France, Martinique, 200945<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En novembre 2017, le Mouvement international pour les r\u00e9parations et le comit\u00e9 national pour les r\u00e9parations (Martinique) d\u00e9pose une plainte contre le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, le ministre de l\u2019int\u00e9rieur et la ministre des Outre-mer pour \u00ab apologie de crime contre l&rsquo;humanit\u00e9, injure raciste, non-respect de la Constitution, incitation \u00e0 la haine raciale, port d&rsquo;un embl\u00e8me d&rsquo;une organisation criminelle contre l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb et \u00ab troubles contre l&rsquo;ordre public \u00bb. Le drapeau est alors associ\u00e9 au commerce de la traite et \u00e0 l\u2019esclavage.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Suite \u00e0 une interpellation par des militants lors d&rsquo;un voyage officiel \u00e0 la Martinique le 27 septembre 2019, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Emmanuel Macron demande le retrait de l&rsquo;\u00e9cusson aux 4 serpents des uniformes des forces de l&rsquo;ordre. L\u2019\u00e9cusson pr\u00e9sent sur le fronton de l\u2019h\u00f4tel de police est effac\u00e9 de la fa\u00e7ade le samedi 5 octobre 2019. Aujourd\u2019hui, aucune loi interdit l\u2019usage de ce drapeau. Toutefois par une lettre dat\u00e9e du 10 mars 2021, le d\u00e9put\u00e9 Serge Letchimy demande au pr\u00e9sident Emmanuel Macron de l\u00e9gif\u00e9rer en ce sens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 <\/span>44 http:\/\/www.domactu.com\/actualite\/141220714015168\/martinique-le-conseil-general-a-vote-son-budget\/ 45 https:\/\/www.tripadvisor.fr\/LocationPhotoDirectLink-g147328-i23075198- Fort_de_France_Arrondissement_of_Fort_de_France_Martinique.html#23075198<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 <\/span>23\/03\/2021<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Origine:\u00a0La composition du drapeau aux quatre serpents, connu aujourd\u2019hui en Martinique, est mis en place par le roi Louis XV qui en prescrit l\u2019usage dans une ordonnance du 4 ao\u00fbt 1766 pr\u00e9voyant que : \u00abArticle premier &#8211; Tous propri\u00e9taires de vaisseaux, b\u00e2timens, goelettes et b\u00e2teaux d\u00e9pendans du Gouvernement de la Martinique &amp; de Ste. Lucie<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":25280,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-25279","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25279","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25279"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25279\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25280"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25279"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25279"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25279"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}