{"id":28912,"date":"2021-08-14T20:44:04","date_gmt":"2021-08-15T00:44:04","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=28912"},"modified":"2021-08-14T20:44:04","modified_gmt":"2021-08-15T00:44:04","slug":"quand-les-credits-carbone-mettent-en-danger-les-droits-des-peuples-autochtones","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/quand-les-credits-carbone-mettent-en-danger-les-droits-des-peuples-autochtones\/","title":{"rendered":"QUAND LES CR\u00c9DITS CARBONE METTENT EN DANGER LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES"},"content":{"rendered":"<header class=\"page-article-header\">\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"font-size: 16px\"><b>Absence de consentement, de retomb\u00e9es \u00e9conomiques ou modification de force de l&rsquo;usage des terres&#8230; les populations autochtones b\u00e9n\u00e9ficient difficilement des retomb\u00e9es des cr\u00e9dits carbone issus des for\u00eats qu&rsquo;elles prot\u00e8gent. Une \u00e9tude de l&rsquo;ONG Rights and Resources Initiative (RRI) estime que seuls 3 pays sur 31 reconnaissent les droits des populations autochtones \u00e0 ce sujet. Les projets les plus vertueux, dont REDD+ de l&rsquo;ONU, sont aussi concern\u00e9s par ces d\u00e9rives.<\/b><\/span><\/p>\n<\/header>\n<figure class=\"article-illustration\">\n<div class=\"article_image\">\n<div><\/div>\n<div class=\"article_image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-28913\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/008C435E-939B-4598-82A0-BCFDFDD47C9E-300x200.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/008C435E-939B-4598-82A0-BCFDFDD47C9E-300x200.jpeg 300w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/008C435E-939B-4598-82A0-BCFDFDD47C9E-600x400.jpeg 600w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/008C435E-939B-4598-82A0-BCFDFDD47C9E.jpeg 707w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLac de la province Mai Ndombe, en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo.<\/div>\n<\/div><figcaption>@J. Claeys Bo\u00f9\u00f9aert<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"clearfix article-corpsDeTexte\">\n<p>L\u2019achat de cr\u00e9dits carbone propose de compenser ses \u00e9missions en un temps record. Il suffit, pour une entit\u00e9, d&rsquo;investir dans un projet qui absorbe autant de CO2 qu\u2019elle en \u00e9met. Les for\u00eats tropicales, immenses puits de carbone, sont devenus des eldorados de la compensation. Au risque de bafouer les droits des populations qui y vivent. Alors que les communaut\u00e9s autochtones comptent parmi les gardiens les plus efficaces de ces \u00e9cosyst\u00e8mes, elles ne b\u00e9n\u00e9ficient trop souvent d\u2019aucune retomb\u00e9e \u00e9conomique li\u00e9e \u00e0 la vente des cr\u00e9dits. Pire\u00a0: elles ne sont parfois m\u00eame pas averties de la mon\u00e9tisation de leur territoire.<\/p>\n<p>Des chercheurs se sont pench\u00e9s sur le cas de 31 pays en Afrique, Asie et Am\u00e9rique latine dont ceux qui abritent le plus de for\u00eats tropicales, comme le Br\u00e9sil, la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC), ou l\u2019Indon\u00e9sie. Le constat est frappant\u00a0: seuls trois d\u2019entre eux, le P\u00e9rou, la RDC et l\u2019\u00c9thiopie reconnaissent explicitement des droits sur le carbone aux peuples autochtones, dont la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;obtenir l\u2019accord des communaut\u00e9s concern\u00e9es. \u00ab\u00a0Cela exacerbe la myriade de d\u00e9fis auxquels sont d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s les peuples autochtones, les communaut\u00e9s locales et les descendants des peuples Africains, comme l\u2019exclusion des d\u00e9cisions d\u2019am\u00e9nagement du territoire, ou l\u2019accaparement des terres\u00a0\u00bb souligne le rapport publi\u00e9 d\u00e9but juin par l\u2019ONG Rights and Resources Initiative (RRI) et l\u2019Universit\u00e9 canadienne McGill.<\/p>\n<h2>Les projets de l\u2019ONU point\u00e9s du doigt<\/h2>\n<p>Les projets les plus vertueux sur le papier ne font pas exception. En 2008, les Nations-Unies ont lanc\u00e9 le programme REDD+, pour R\u00e9duire les \u00c9missions provenant de la D\u00e9forestation et de la D\u00e9gradation des for\u00eats. L\u2019objectif\u00a0: permettre aux pays en voie de d\u00e9veloppement de b\u00e9n\u00e9ficier des revenus des cr\u00e9dits carbone pour d\u00e9velopper des activit\u00e9s respectueuses de l\u2019environnement, comme l\u2019agroforesterie ou l&rsquo;\u00e9co-tourisme. Mais \u00ab\u00a0malgr\u00e9 plus d\u2019une d\u00e9cennie d\u2019investissements dans les projets REDD+, seuls une poign\u00e9e de pays ont \u00e9tablit un cadre pour r\u00e9guler les transactions li\u00e9es aux cr\u00e9dits carbone\u00a0\u00bb, estime l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Sur le terrain, les choses ne se passent pas toujours comme pr\u00e9vu. L\u2019organisation congolaise Action pour la Promotion et Protection des Peuples et Esp\u00e8ces Menac\u00e9es (APEM), en partenariat avec la branche britannique de Rainforest Foundation, ont \u00e9tudi\u00e9 l\u2019un des projets REDD+ les plus avanc\u00e9s au monde, situ\u00e9 dans la r\u00e9gion de Mai Ndombe en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo. Le constat, publi\u00e9 fin 2020, est inqui\u00e9tant. La plupart des projets n\u2019ont pas obtenu le consentement des communaut\u00e9s. Cons\u00e9quence d\u2019une faible implication des populations, les plans de gestion n\u2019ont pas correctement pris en compte les syst\u00e8mes traditionnels d\u2019utilisation des terres, entra\u00eenant des p\u00e9nuries alimentaires dans certains villages o\u00f9 les femmes n&rsquo;avaient plus acc\u00e8s \u00e0 leur activit\u00e9 de subsistance.<\/p>\n<p>Quant aux revenus financiers,\u00a0 \u00ab\u00a0la plupart des b\u00e9n\u00e9fices promis n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 re\u00e7us ou les communaut\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas satisfaites de leur distribution\u00a0\u00bb observe l\u2019\u00e9tude. L\u2019organisation RRI pr\u00e9conise qu\u2019avant chaque projet, les droits du carbone et partage des avantages soient d\u00e9finis et garantis juridiquement aux populations locales, et qu\u2019un suivi soit effectu\u00e9. Et le temps presse. Selon l&rsquo;association All4trees, le volume des transactions de cr\u00e9dits carbone sur le march\u00e9 volontaire issus de projets forestiers a augment\u00e9 de plus de 250 % entre 2016 et 2018.<\/p>\n<p>Pauline Fricot,\u00a0<a href=\"https:\/\/twitter.com\/paulinefricot\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">@PaulineFricot<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Absence de consentement, de retomb\u00e9es \u00e9conomiques ou modification de force de l&rsquo;usage des terres&#8230; les populations autochtones b\u00e9n\u00e9ficient difficilement des retomb\u00e9es des cr\u00e9dits carbone issus des for\u00eats qu&rsquo;elles prot\u00e8gent. Une \u00e9tude de l&rsquo;ONG Rights and Resources Initiative (RRI) estime que seuls 3 pays sur 31 reconnaissent les droits des populations autochtones \u00e0 ce sujet. 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