{"id":31508,"date":"2021-12-26T06:00:17","date_gmt":"2021-12-26T05:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=31508"},"modified":"2021-12-26T14:26:35","modified_gmt":"2021-12-26T13:26:35","slug":"au-fait-cest-quoi-un-polar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/au-fait-cest-quoi-un-polar\/","title":{"rendered":"By the way, what is a crime novel?"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>Il serait temps de nous poser la question alors que nous attaquons la quatri\u00e8me \u00e9dition de cette newsletter. C\u2019est l\u00e0 le bonheur de ce genre litt\u00e9raire: il est accueillant. Le mot \u00abpolar\u00bb recoupe nombre de cat\u00e9gories: le thriller politique ou psychologique, le polar historique, le roman noir, le roman policier classique que les Britanniques appellent cosy ou whodunit, le roman d\u2019espionnage\u2026 C\u2019est open bar.<\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ces temps-ci, une cat\u00e9gorie a particuli\u00e8rement la cote: le roman du r\u00e9el ou narrative non-fiction ou encore true crime. Un fait divers racont\u00e9 \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un roman. Ce n\u2019est pas une nouveaut\u00e9, l\u2019auteur am\u00e9ricain Truman Capote en \u00e9tait devenu le chef de file en 1966 avec In Cold Blood (De sang-froid), r\u00e9cit v\u00e9ridique du meurtre, sans mobile apparent, de quatre membres d\u2019une famille de fermiers du Kansas. Il en vendra des millions d\u2019exemplaires. Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, en France, l\u2019\u00e9crivain Jean Giono avait publi\u00e9 Notes sur l\u2019affaire Dominici, un fait divers qui avait d\u00e9fray\u00e9 la chronique en 1952, l\u2019assassinat d\u2019une famille d\u2019Anglais qui campaient sur des terres appartenant \u00e0 Gaston Dominici. Plus r\u00e9cemment, des livres comme l\u2019Empreinte (Sonatine) d\u2019Alexandria Marzano-Lesnevich, Tokyo Vice (Marchialy) de Jake Adelstein, le Candidat id\u00e9al d\u2019Ondine Millot (Stock) ou l\u2019Inconnu de la Poste (l\u2019Olivier) de Florence Aubenas ont fait grand bruit. Ce mois-ci, Guillaume Gendron a lu pour nous Elle s\u2019appelait Sophie (l\u2019Archipel), l\u2019enqu\u00eate que consacre le Britannique Nick Foster \u00e0 Ian Bailey, accus\u00e9 du meurtre de Sophie Toscan du Plantier en 1996 en Irlande. Et nous avons d\u00e9vor\u00e9 le fabuleux American Predator (Sonatine) de Maureen Callahan, r\u00e9cit haletant du parcours d\u2019un tueur en s\u00e9rie am\u00e9ricain insoup\u00e7onnable (lire ci-dessous) qui nous a convaincue de la force litt\u00e9raire de ces r\u00e9cits. Les \u00e9ditions Robert Laffont en sont aussi convaincues: elles vont lancer en janvier un nouveau label, \u00ables Ondes\u00bb, au sein de leur collection \u00abla B\u00eate Noire\u00bb, qui publiera sp\u00e9cifiquement \u00abdes textes in\u00e9dits inspir\u00e9s par l\u2019univers du crime\u00bb. Sa responsable, Camille Racine, nous l\u2019a affirm\u00e9: \u00abRaconter la soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est un d\u00e9veloppement naturel du roman noir. Avec la narrative non-fiction, le lecteur est pris au collet parce que l\u2019histoire fait appel \u00e0 des \u00e9motions humaines. Cela permet de renouveler le genre.\u00bb Premier titre \u00e0 para\u00eetre, le 6 janvier, En votre intime conviction, de Cl\u00e9mentine Thiebault, qui raconte comment elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e pour se mettre sept jours dans la peau d\u2019une jur\u00e9e de cour d\u2019assise. Suivra le 8 mars un recueil de textes de femmes d\u00e9tenues, fruit de quatre ateliers d\u2019\u00e9criture, puis en octobre un fait divers g\u00e9orgien narr\u00e9 par Dato Tourashvili. \u00abOn ouvre ce label \u00e0 toutes les p\u00e9riodes de l\u2019histoire et tous les territoires, nous n\u2019aurons aucun probl\u00e8me \u00e0 en publier deux \u00e0 cinq par an\u00bb, assure Camille Racine. Si vous n\u2019avez jamais essay\u00e9, allez-y les yeux ferm\u00e9s, piochez un des titres que nous venons de citer, c\u2019est cadeau.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Alexandra Schwartzbrod<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Directrice adjointe de la r\u00e9daction <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Dans l&rsquo;enfer de Vukovar<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Timoth\u00e9e Demeillers a re\u00e7u fin novembre le Prix Hors Concours 2021 pour son formidable roman noir Demain la brume (Asphalte), que nous avions chroniqu\u00e9 le 3 d\u00e9cembre 2020 dans Lib\u00e9. Un roman noir plein d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9motion sur la guerre en ex-Yougoslavie, un sujet qui revient malheureusement hanter l\u2019actualit\u00e9. Si vous appr\u00e9ciez cet auteur autant que nous, sachez qu&rsquo;il publie en janvier, avec Gr\u00e9goire Osoha, Voyage au Liberland (Marchialy), une enqu\u00eate litt\u00e9raire sur une micro-nation cr\u00e9\u00e9e en 2015 au coeur des Balkans. A.S.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Lire la suite<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00abArtifices\u00bb : \u00e0 cheval sur les sentiments<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">M\u00eame s\u2019il n\u2019est pas pr\u00e9sent\u00e9 comme un polar, le dernier roman de Claire Berest, Artifices (Stock), joue avec les codes du genre et c\u2019est plut\u00f4t r\u00e9ussi. On y trouve un flic taciturne comme dans tout bon hard-boiled, du suspense, des morts et des retournements de situation, que demander de plus? Si, une sc\u00e8ne de sexe torride en pleine s\u00e9ance de\u2026 shampooing antipoux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00abElle \u00e9tait l\u00e0, sur lui, \u00e0 cheval sur lui, ses cheveux mouill\u00e9s plaqu\u00e9s \u00e0 ses \u00e9paules, et ses seins, ses seins qui semblaient ne jamais avoir eu \u00e0 s\u2019excuser de quoi que ce soit. Comment peut-on avoir des seins aussi libres? Elle \u00e9tait l\u00e0, sur lui, presque nue, et \u00e7a ne grattait plus. Ce n\u2019est pas tant l\u2019acte, \u00e7a peut \u00eatre si banal le commerce des corps, non, l\u00e0, c\u2019\u00e9tait toute sa peau \u00e0 lui qui se couvrait de bleus \u00e0 force de se cogner \u00e0 ses os \u00e0 elle, ses os si beaux sous la peau. [\u2026] C\u2019\u00e9tait sa hanche dans ses creux, ses genoux dans ses yeux, sa bouche qui avale le sang directement sur la pompe des poumons, en morsures. C\u2019\u00e9tait la d\u00e9chirure de la peau pour voir ce qui se trame en dessous de dangereux, c\u2019\u00e9tait s\u2019y rendre au danger, la bouche grande ouverte, une bonne fois pour toutes. Voix d\u2019Elsa dans l\u2019oreille quand elle fondait sur son bassin, du beurre dans du beurre, le chaud, poisseux, qui recouvre, sa voix qui lui dit distinctement : \u201cTu sais, Abel, je te voulais.\u201d [\u2026] Les yeux d\u2019Elsa. C\u2019est \u00e7a qu\u2019il faut au sexe: le myst\u00e8re. Sinon c\u2019est un parking.\u00bb A.S. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Lire la suite<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Santiago Amigorena: \u00ab\u00a0J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un polar que je n&rsquo;ai jamais fini\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il poursuit depuis 1998 une \u0153uvre autobiographique singuli\u00e8re, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du polar. Pourtant, quand nous l\u2019avons rencontr\u00e9 fin novembre dans les Cara\u00efbes, au festival Ecriture des Am\u00e9riques o\u00f9 il venait pr\u00e9senter son dernier roman, le Premier exil (P.O.L), l\u2019\u00e9crivain et sc\u00e9nariste franco-argentin nous a confi\u00e9 son int\u00e9r\u00eat pour le genre. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tu lis des polars?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Plus maintenant mais j\u2019en ai beaucoup lu quand j\u2019avais 20 ans. Il y avait une librairie dans le Marais qui ne vendait que \u00e7a. Je lui ai achet\u00e9 beaucoup de vieilles \u00e9ditions de la S\u00e9rie noire. Une ann\u00e9e, elle a m\u00eame vendu un agenda sur le mod\u00e8le de la S\u00e9rie noire, avec une phrase d\u2019auteur de polar chaque jour, c\u2019\u00e9tait mon agenda de l\u2019ann\u00e9e 1985. Je choisissais souvent les livres en fonction du titre. Vers 17-18 ans, avec mon fr\u00e8re et des copains du lyc\u00e9e tel C\u00e9dric Klapisch, on s\u2019est pris de passion pour Elles se rendent pas compte et Et on tuera tous les affreux, deux polars de Boris Vian-Vernon Sullivan tr\u00e8s ann\u00e9es 1950-1960, jazz et Saint-Germain-des-Pr\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Pourquoi tu t\u2019es arr\u00eat\u00e9 de lire des polars?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Peut-\u00eatre parce que c\u2019\u00e9tait trop facile. Il y a eu un moment de ma vie o\u00f9 je ne lisais que des livres qui me servaient directement. J\u2019ai adapt\u00e9 deux Maigret pour la t\u00e9l\u00e9vision, les Caves du Majestic et la Maison du juge, avec Bruno Cremer, alors j\u2019ai beaucoup lu sur le personnage de Maigret et sur Simenon. Apr\u00e8s, j\u2019ai adapt\u00e9 pour le cin\u00e9ma une nouvelle de Ross Macdonald, Une blonde dor\u00e9e sur tranche rebaptis\u00e9e le Loup de la c\u00f4te ouest, j\u2019ai donc lu tout Ross Macdonald. Chaque fois, je trouvais que la construction de l\u2019intrigue \u00e9tait tr\u00e8s forte.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tu n\u2019as jamais eu envie d\u2019en \u00e9crire?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Vers 22 ans, j\u2019ai entam\u00e9 un polar que je n\u2019ai jamais fini. Et il y a presque deux ans, j\u2019ai \u00e9crit une premi\u00e8re page d\u2019un polar sanglant, la d\u00e9couverte d\u2019un meurtre. Je le finirai peut-\u00eatre un jour. Je suis bien en train de travailler sur un livre dont j\u2019ai \u00e9crit la premi\u00e8re page il y a\u2026 dix ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Recueilli par Alexandra Schwartzbrod<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Photo : Ulf Andersen \/ Aurimages via AFP<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Qui voudrait d\u2019un espion rectiligne et pr\u00e9visible? <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Silverview, \u00abla vue argent\u00e9e\u00bb, est le nom d\u2019une grande maison, \u00e0 flanc de colline, pos\u00e9e en retrait d\u2019une petite ville baln\u00e9aire de l\u2019Est-Anglie, r\u00e9gion assez isol\u00e9e et battue par les vents de l\u2019est de l\u2019Angleterre. Silverview donne le titre au roman posthume de John Le Carr\u00e9, ma\u00eetre des r\u00e9cits d\u2019espionnage, et pourtant la b\u00e2tisse n\u2019occupe pas une place de choix dans ce livre. Elle est l\u00e0, pr\u00e9sente, massive. Mais sans plus. Ce ne sont pas ses murs qui hantent ce roman d\u2019un peu plus de 200 pages. Sous la plume de Le Carr\u00e9, ce sont les hommes et les femmes qui marquent le r\u00e9cit. Nous avons lu pour vous le texte original car la tranduction en fran\u00e7ais ne sera pas disponible avant l&rsquo;automne 2022.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>S.D-S.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Lire la critique<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Jeudi polar : dans les pas d&rsquo;un tueur en s\u00e9rie<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00abAu bord d\u2019une voie rapide, dissimul\u00e9e derri\u00e8re des cong\u00e8res d\u2019un m\u00e8tre cinquante de haut, se cache une cahute isol\u00e9e dont les murs bleu canard tranchent avec le gris de l\u2019asphalte et des grandes surfaces voisines. Les automobilistes de la r\u00e9gion la connaissent bien et beaucoup s\u2019y arr\u00eatent sur le chemin du travail pour prendre un caf\u00e9 \u00e0 emporter. Le 1er f\u00e9vrier 2012 au soir, Samantha Koenig, 18 ans, \u00e9tait seule pour tenir ce caf\u00e9 o\u00f9 elle \u00e9tait employ\u00e9e depuis moins d\u2019un mois. Ce jeudi 2 f\u00e9vrier, personne ne sait o\u00f9 elle se trouve.\u00bb Ainsi commence American Predator (Sonatine), un true crime (r\u00e9cit policier du r\u00e9el) de la journaliste am\u00e9ricaine Maureen Callahan, journaliste au New York Post.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Apr\u00e8s cette entr\u00e9e en mati\u00e8re, impossible de l\u00e2cher le livre. On va d\u00e9couvrir ce qui s\u2019est pass\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une cam\u00e9ra de vid\u00e9osurveillance qui montre un inconnu emmener l\u2019adolescente sous la menace d\u2019une arme. Une vraie chasse \u00e0 l\u2019homme commence alors. Elle va permettre au FBI de mettre la main sur un suspect en apparence ordinaire qui va s\u2019av\u00e9rer \u00eatre l\u2019un des tueurs en s\u00e9rie les plus terrifiants des Etats-Unis. Dans un style chirurgical tr\u00e8s efficace, et \u00e0 partir de centaines d\u2019heures d\u2019entretien avec des agents du FBI ayant travaill\u00e9 sur cette affaire, Maureen Callahan retrace le parcours d\u2019un v\u00e9ritable pr\u00e9dateur au modus operandi gla\u00e7ant, un monstre d\u00e9pourvu d\u2019\u00e9motions. Elle raconte aussi les rat\u00e9s d\u2019une machine polici\u00e8re gripp\u00e9e par ses luttes internes. Nous l\u2019avons interview\u00e9e par mail.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Lire la suite<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Photo : Tatyana Lukyanova\/Sputnik via AFP<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> Image<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> Image<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00abIl la suit. Elle l\u2019aper\u00e7oit dans le reflet de la vitrine au milieu des meringues, des babas, des \u00e9clairs et des choux. D\u00e8s qu\u2019elle l\u00e8ve la t\u00eate, il s\u2019\u00e9clipse, mais leurs regards se sont crois\u00e9s, et d\u2019un coup elle est une mouche dans une flaque d\u2019insecticide.\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Sens Interdits, Chantal Pelletier, \u00e0 para\u00eetre le 13 janvier \u00e0 la S\u00e9rie Noire (Gallimard)<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">On adore la fa\u00e7on dont Chantal Pelletier attaque ses romans noirs. La palme revient \u00e0 l\u2019incipit de Tirez sur le caviste que cette gourmande en \u00e9criture a publi\u00e9 en 2007 aux \u00e9ditions La Branche (republi\u00e9 en 2020 par Folio): \u00abLe c\u00e9leri r\u00e9moulade \u00e9tait trop d\u00e9gueulasse, et ma femme vraiment trop mauvaise cuisini\u00e8re, je n\u2019en pouvais plus, j\u2019ai tir\u00e9.\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quel meurtrier a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 Lord Byron?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Dr\u00f4le de cold case: le 23 d\u00e9cembre 1996, Sophie Toscan du Plantier, l\u2019\u00e9pouse du c\u00e9l\u00e8bre producteur, est atrocement battue \u00e0 coups de parpaing dans son cottage irlandais, \u00e0 la lueur de la pleine lune. Cold, ce meurtre? Ces derniers mois, deux docu-s\u00e9ries (dont une made in Netflix) l\u2019ont r\u00e9chauff\u00e9 dans tous les sens. Et pour la justice fran\u00e7aise, l\u2019affaire est un case r\u00e9solu, le coupable ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par contumace devant les assises en 2019 \u00e0 vingt-cinq ans de prison. Depuis le d\u00e9part, tout accuse Ian Bailey, puisqu\u2019il s\u2019agit de lui, ce journaliste \u00e9gocentrique et violent se r\u00eavant po\u00e8te, que l\u2019Irlande refuse d\u2019extrader. Sur l\u2019\u00eele, les magistrats estiment que la proc\u00e9dure n\u2019est pas assez \u00e9tay\u00e9e. Alors les journalistes s\u2019y collent. Ici, Nick Foster, plumitif british \u2013 comme Bailey \u2013 install\u00e9 \u00e0 Bruxelles, l\u2019\u00e9criture souple et l\u2019\u0153il rompu au d\u00e9tail chair-de-poule, comme ce recueil de Yeats retrouv\u00e9 dans la cuisine de la victime, ouvert \u00e0 la page d\u2019un po\u00e8me sur la \u00abmort solitaire en pays \u00e9tranger\u00bb. Quand il s\u2019y met, en 2014, au moment o\u00f9 Bailey assigne l\u2019Etat irlandais en justice pour avoir \u00abd\u00e9truit sa vie\u00bb, Foster se veut agnostique. Certes, l\u2019alibi de Bailey est \u00abrisible\u00bb, et tout le village a vu ses mains couvertes de griffures au lendemain du crime. Mais son charisme l\u2019impressionne<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(Foster le compare \u00e0 Lord Byron, ce qui est pour le moins g\u00e9n\u00e9reux). L\u2019enqu\u00eateur l\u2019approche, puis, pendant des ann\u00e9es, le fr\u00e9quente assid\u00fbment, d\u00eenant chez lui et lui glissant des billets de 50 euros \u00abpour le faire parler\u00bb. Bailey le consid\u00e8re comme un \u00absupporter\u00bb. Foster entretient l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9. Finalement, en relisant les notes d\u2019une journaliste de Paris Match qui avait utilis\u00e9 Bailey comme fixeur dans les jours suivant le meurtre, Foster pense avoir trouv\u00e9 la faille dans l\u2019armure de bullshit de Bailey. Une mention \u00e9sot\u00e9rique de d\u00e9esse indienne, qui prouverait qu\u2019il connaissait la victime, contrairement \u00e0 ce qu\u2019il a toujours dit. Le lecteur jugera. Reste un solide volume de true crime, o\u00f9 l\u2019on regrette juste que l\u2019auteur ne creuse pas plus la veine introspective d\u00e9coulant des implications morales de sa relation mutuellement v\u00e9n\u00e9neuse avec l\u2019insaisissable suspect. Guillaume Gendron<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Elle s&rsquo;appelait Sophie, Nick Foster, Ed. L\u2019Archipel, 22 euros.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Photo : Peter Muhly\/AFP<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> Image<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> Image<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Rituels meurtriers, antis\u00e9mitisme et crimes sexuels dans un Berlin ultrar\u00e9aliste<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Berlin a toujours \u00e9t\u00e9 un efficace personnage de polar: son pass\u00e9 \u00e0 m\u00e9andres, son climat hostile conf\u00e8rent \u00e0 toute enqu\u00eate qui s\u2019y d\u00e9roule une aura de myst\u00e8re et de soufre. Beaucoup d\u2019\u00e9crivains ont choisi la p\u00e9riode nationale-socialiste comme toile de fond, avec les tueurs de l\u2019H\u00f4tel Adlon de Philipp Kerr (2009) ou les trafics en tout genre de Harald Gilbers. Dans ce krimi (\u00abthriller\u00bb) de Michael Wallner, le premier d\u2019une trilogie, on se trouve face \u00e0 un Berlin version 2020, plus r\u00e9aliste que nature. Tout y est contemporain, juste, vrai, des r\u00e9f\u00e9rences aux quartiers \u2013 Pankow l\u2019ennuyeuse, Prenzlauer Berg la bobo, Lichtenberg la facho \u2013 aux boissons \u2013 le vin m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 l\u2019eau p\u00e9tillante, typisch deutsch, en passant par le S-Bahn (le RER local), l\u2019a\u00e9roport si longuement attendu de Berlin-Brandebourg, le BER, objet de tant de quolibets, ou encore la s\u00e9rie polici\u00e8re du dimanche soir Tatort. J.L.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Lire la suite<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ruck Lai \/ EyeEm\/Getty Images\/EyeEm<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Une newsletter mensuelle r\u00e9alis\u00e9e par Alexandra Schwartzbrod<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Avec Sonia Delesalle-Stolper, Guillaume Gendron, Johanna Luyssen<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Documentation: B\u00e9n\u00e9dicte Dumont et Claudine Mamy<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Conception graphique: Christelle Causse et Kenza Zahraoui<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Editing photo: Laure Troussi\u00e8re<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u25ba<\/span><span class=\"s1\"> Retrouvez toute l&rsquo;actu du polar sur liberation.fr)<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il serait temps de nous poser la question alors que nous attaquons la quatri\u00e8me \u00e9dition de cette newsletter. C\u2019est l\u00e0 le bonheur de ce genre litt\u00e9raire: il est accueillant. Le mot \u00abpolar\u00bb recoupe nombre de cat\u00e9gories: le thriller politique ou psychologique, le polar historique, le roman noir, le roman policier classique que les Britanniques appellent<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[697],"tags":[],"class_list":["post-31508","post","type-post","status-publish","format-standard","category-artculture"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31508"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31508\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}