{"id":33028,"date":"2022-02-11T19:19:40","date_gmt":"2022-02-11T18:19:40","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=33028"},"modified":"2022-02-11T19:19:42","modified_gmt":"2022-02-11T18:19:42","slug":"funerailles-darmand-nicolas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/funerailles-darmand-nicolas\/","title":{"rendered":"Fun\u00e9railles d\u2019Armand Nicolas :"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">Immense ferveur pour l\u2019accompagner \u00e0 sa derni\u00e8re demeure.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Samedi 5 F\u00e9vrier, ont eu lieu les obs\u00e8ques civiles d\u2019Armand Nicolas qui s\u2019est \u00e9teint \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 97 ans, au lendemain de son anniversaire. Elles se sont d\u00e9clin\u00e9es en deux temps forts ordonnanc\u00e9s selon la volont\u00e9 de notre camarade qui voulait faire de ses fun\u00e9railles un \u00e9v\u00e8nement politique et culturel.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Une foule nombreuse pour ce dernier hommage<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La premi\u00e8re s\u00e9quence s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en l\u2019espace fun\u00e9raire o\u00f9 plusieurs centaines de Martiniquais venus des diff\u00e9rents coins de l\u2019\u00eele se sont rassembl\u00e9s dans la salle omni-culte pour rendre un dernier hommage \u00e0 celui qui a si fortement marqu\u00e9 la Martinique de son empreinte.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tr\u00e8s t\u00f4t, ce matin-l\u00e0, ils s\u2019\u00e9tait mass\u00e9s devant la salle omniculte de la Joyau pour rendre un dernier hommage \u00e0 celui qui a \u00e9t\u00e9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti communiste martiniquais et a subi les foudres de la justice pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 les tares du syst\u00e8me colonial, le professeur \u00e9m\u00e9rite, l\u2019\u00e9lu qui a accompli un travail consid\u00e9rable au Conseil r\u00e9gional de 1983 \u00e0 1992. Mais, ce jour-l\u00e0, nos compatriotes \u00e9taient aussi venus rendre hommage \u00e0 celui qui est unanimement reconnu comme \u00e9tant l\u2019\u00e9veilleur de la conscience du peuple martiniquais et le p\u00e8re du \u201c22 m\u00e9\u201d, d\u00e9sormais notre f\u00eate nationale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Gertrude S\u00e9nin chante en hommage \u00e0 Armand<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au milieu de la foule, les militants et sympathisants du Parti communiste martiniquais se distinguaient avec leur teeshirt \u00e0 l\u2019effigie de celui qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au peuple martiniquais sa v\u00e9ritable histoire. Outre la pr\u00e9sence de sa fille Isabelle qui a fait preuve d\u2019un grand courage et de ses deux fils venus de France, plusieurs personnalit\u00e9s politiques avaient tenu \u00e0 t\u00e9moigner leur reconnaissance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de notre camarade. Parmi eux, Emmanuel B\u00e9n\u00e9 repr\u00e9sentant le Parti communiste guadeloup\u00e9en, Alfred Marie-Jeanne, l\u2019ancien pr\u00e9sident du Conseil ex\u00e9cutif de la CTM, et son successeur Serge Letchimy, les maires de Fort- de-France, de Saint-Joseph, Diamant, Pr\u00eacheur et de nombreuses autres personnalit\u00e9s comme Francis Carole, Marie-H\u00e9l\u00e8ne L\u00e9otin ou Robert Sa\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">T\u00e9moignages, culture et \u00e9motion pour rendre hommage au p\u00e8re du \u201c22 m\u00e9\u201d Conform\u00e9ment aux v\u0153ux d\u2019Armand, cette premi\u00e8re partie des fun\u00e9railles g\u00e9r\u00e9e par le camarade Jocelyn Lamon a rev\u00eatu un caract\u00e8re essentiellement politique, mais profond\u00e9ment empreinte d\u2019\u00e9motion avec les t\u00e9moignages de l\u2019historienne Rolande Bosphore, de Fernand Papaya, d\u2019Annick Sylvestre, d\u2019Edmond Mond\u00e9sir, du Parti communiste guadeloup\u00e9en par lesquels chacun \u00e9voqua un aspect de la tr\u00e8s riche vie militante d\u2019Armand. Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti, Georges Erichot, intervint en dernier pour retracer dans une allocution, la longue, riche mais si difficile vie politique de leur camarade qui fit preuve d\u2019un in\u00e9branlable esprit de r\u00e9sistance face au pouvoir colonial qui s\u2019\u00e9tait acharn\u00e9 \u00e0 le d\u00e9truire. Des t\u00e9moignages entrecoup\u00e9s par la lecture de messages dont ceux du Secr\u00e9taire national du PCF, Fabien Roussel, de Serge Letchimy, d\u2019Alfred Marie-Jeanne au nom du MIM, etc.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tous dont notamment celui du PC r\u00e9unionnais n\u2019ont pas pu \u00eatre lus, faute de temps, mais ils seront publi\u00e9s dans les prochaines \u00e9ditions de Justice. Tout au long de ces interventions les militants se sont relay\u00e9s pour former une garde d\u2019honneur autour du cercueil de notre illustre camarade recouvert du drapeau de son parti. Cette partie politique s\u2019acheva avec l\u2019air de l\u2019Internationale entonn\u00e9e avec ferveur par l\u2019assembl\u00e9e. Vint ensuite une riche partie culturelle ex\u00e9cut\u00e9e notamment par la troupe B\u00e9lya dont les chor\u00e9graphies et les chants inspir\u00e9s par une proche amie d\u2019Armand Nicolas, Dalila Daniel, dite Ilmanyi\u00e9, ont profond\u00e9ment \u00e9mu l\u2019assembl\u00e9e. Vers 11 heures 30, le fourgon mortuaire prit la direction de Fort-de-France pour un arr\u00eat au Parc Floral o\u00f9 il fut accueilli par une pluie de fleurs, au son des tambours du groupe B\u00f4 Kannal. Cette halte fut une nouvelle fois l\u2019occasion pour de nombreux artistes de saluer notre camarade avec des chants et des danses. Puis ce fut le d\u00e9part pour sa derni\u00e8re demeure au cimeti\u00e8re de la Lev\u00e9e o\u00f9 repose le corps de notre camarade, envelopp\u00e9, comme il le souhaitait dans le drapeau de son parti. Quel bel exemple de fid\u00e9lit\u00e9 ! L\u00e0, un nouvel hommage lui fut rendu avec les chansons de Gertrude S\u00e9nin et de la Soso, \u00e9voquant ses combats et son int\u00e9r\u00eat pour la culture. L\u2019apr\u00e8s-midi, des manifestations culturelles et artistiques en reconnaissance de l\u2019\u0153uvre accomplie par Armand se sont poursuivies dans les jardins du Parc floral. Armand tu nous as quitt\u00e9s, mais ton souvenir restera grav\u00e9 dans la m\u00e9moire de tes camarades communistes et de tous les patriotes martiniquais sinc\u00e8res. Gloire \u00e0 toi, Armand.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">G.E et J<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Hommage \u00e0 Armand NICOLAS : Communiste et \u00e9veilleur de la conscience du peuple martiniquais, par Georges Erichot. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Toute une vie consacr\u00e9e \u00e0 la cause martiniquaise !<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Chers camarades, militants et sympathisants du Parti communiste martiniquais, Repr\u00e9sentants des diff\u00e9rentes formations politiques qui se sont associ\u00e9es \u00e0 cet hommage, Peuple de Martinique,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Nous voil\u00e0 rassembl\u00e9s autour de la d\u00e9pouille d\u2019Armand Nicolas pour rendre un dernier et solennel hommage \u00e0 celui qui a si profond\u00e9ment marqu\u00e9 par son enseignement, par sa passion \u00e0 faire conna\u00eetre et \u00e0 r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019histoire de notre pays, par son engagement politique \u00e0 combattre le colonialisme et par son immense contribution \u00e0 faire \u00e9merger une v\u00e9ritable conscience martiniquaise.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s3\">Deux forces l\u2019ont anim\u00e9<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Une t\u00e2che immense qui n\u2019a pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e que parce qu\u2019Armand Nicolas \u00e9tait anim\u00e9 par deux forces qui lui ont permis de surmonter les multiples obstacles que le pouvoir colonial fran\u00e7ais, ses repr\u00e9sentants sur cette terre de mis\u00e8re gorg\u00e9e du sang des esclaves, charg\u00e9s de mettre en \u0153uvre sa politique d\u2019oppression alli\u00e9s aux forces conservatrices martiniquaises ont dress\u00e9 sur son parcours. La premi\u00e8re de ses convictions, c\u2019est que cette bataille pour l\u2019\u00e9mergence de la conscience de notre peuple ne pouvait \u00eatre gagn\u00e9e sans la connaissance de sa v\u00e9ritable histoire. Voil\u00e0 ce qu\u2019\u00e9crivait Armand dans l\u2019avant- propos de la 4e \u00e9dition de sa brochure sur la R\u00e9volution anti- esclavagiste de 1848 : \u201cNotre histoire reste \u00e0 \u00e9crire&#8230; La connaissance de son pass\u00e9 est n\u00e9cessaire \u00e0 un peuple s\u2019il veut \u00eatre lui-m\u00eame, s\u2019il veut parvenir \u00e0 la conscience de son originalit\u00e9, de sa<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">personnalit\u00e9.\u201d La seconde force qui l\u2019a autant soutenue durant toute sa vie et jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle, c\u2019est sa foi dans les valeurs du socialisme scientifique, c\u2019est-\u00e0-dire du marxisme-l\u00e9ninisme et sa fid\u00e9lit\u00e9 sans faille au Parti communiste martiniquais dont il fut le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral durant 29 ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Une vie consacr\u00e9e t\u00f4t \u00e0 la cause martiniquaise<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Car Armand, c\u2019est toute une vie consacr\u00e9e \u00e0 la cause martiniquaise ! N\u00e9 \u00e0 Nice le 28 janvier 1925, il rentra en Martinique apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re en 1934. Il poursuivit ses \u00e9tudes secondaires au lyc\u00e9e Schoelcher o\u00f9 il eut comme professeur Aim\u00e9 C\u00e9saire dont l\u2019enseignement eut une forte influence sur lui. C\u2019est la mission que lui avait confi\u00e9e son ma\u00eetre de r\u00e9diger un article sur l\u2019histoire de la Martinique pour la revue Tropiques qui aiguisa sa soif de conna\u00eetre le pass\u00e9 de son pays. Apr\u00e8s l\u2019expulsion de la Martinique de l\u2019amiral Robert en 1943, il participa par l\u2019entremise de C\u00e9saire, \u00e0 la mise en place du service d\u2019information de l\u2019\u00eele. Page peu connue de son pass\u00e9, durant la p\u00e9riode 1943-1944, il fut envoy\u00e9 au Maroc pour achever ses \u00e9tudes puis fut int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il commen\u00e7a \u00e0 prendre conscience des horreurs du colonialisme. En 1945, il s\u2019inscrivit \u00e0 la Sorbonne o\u00f9 il obtint une licence de lettres classiques puis un dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures d\u2019histoire. Un bagage avec lequel il aurait pu mener une vie tranquille, hors du tumulte de la vie politique. Mais non ! Car d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 22 ans, il adh\u00e8re au Parti communiste fran\u00e7ais et s\u2019engage dans le combat contre le colonialisme en devenant le r\u00e9dacteur en chef du journal \u201cEtudiants<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">anticolonialistes\u201d publi\u00e9 par le Parti communiste fran\u00e7ais pour le compte de ces jeunes originaires des lointains territoires sous domination fran\u00e7aise.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Un des concepteurs de la rupture avec l\u2019assimilation-<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">d\u00e9partementalisation<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">De retour en Martinique en 1951, il est affect\u00e9 au lyc\u00e9e Schoelcher pour y enseigner l\u2019histoire et la g\u00e9ographie. Le voil\u00e0 donc une nouvelle fois confront\u00e9 \u00e0 la triste r\u00e9alit\u00e9 coloniale de la Martinique. Ce qui le poussa \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration martiniquaise du Parti communiste fran\u00e7ais. C\u2019est \u00e0 partir de ce moment qu\u2019Armand s\u2019engage dans la lutte pour l\u2019\u00e9mancipation du peuple martiniquais et d\u00e9couvrit la combativit\u00e9 et la fraternit\u00e9 des travailleurs \u00e0 travers leur mis\u00e8re mais aussi leur engagement dans la lutte pour l\u2019am\u00e9lioration de leur sort. Aux c\u00f4t\u00e9s du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration, Camille Sylvestre, Armand fut appel\u00e9 \u00e0 exercer la charge de r\u00e9dacteur en chef de Justice. Une fonction qui n\u2019\u00e9tait pas sans risque car c\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les Communistes martiniquais avaient compris que l\u2019assimilation non seulement perp\u00e9tuait le syst\u00e8me colonial mais \u00e9tait un obstacle \u00e0 la reconnaissance de notre identit\u00e9. Une r\u00e9alit\u00e9 illustr\u00e9e par le m\u00e9pris des cadres m\u00e9tropolitains et les discriminations dont \u00e9taient victimes les fonctionnaires martiniquais. C\u2019est aussi l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les travailleurs, sous la conduite de la CGT et du grand Victor Lamon, et avec le soutien des Communistes engagent de longues gr\u00e8ves pour l\u2019am\u00e9lioration de leurs salaires, tandis que ceux-ci r\u00e9clament le droit \u00e0 une \u201cparticipation plus large des Martiniquais \u00e0 la gestion de leurs propres affaires\u201d. Plus que jamais, ils deviennent la cible du pouvoir colonial d\u2019autant que lors de leur 11\u00e8me Conf\u00e9rence F\u00e9d\u00e9rale d\u2019ao\u00fbt 1955, Armand et ses camarades communistes avaient rejet\u00e9 l\u2019assimilation car \u201celle niait le caract\u00e8re colonial de<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">notre pays, marqu\u00e9 par l\u2019oppression et de ce fait d\u00e9sarme les masses populaires\u201d. Une revendication que le pouvoir colonial d\u00e9cida de combattre vigoureusement par crainte de la contagion, au<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"> moment o\u00f9, dans la Cara\u00efbe, les autres puissances coloniales avaient enclench\u00e9 la d\u00e9colonisation des territoires sous leur tu- telle.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s3\">La tourmente de la d\u00e9mission d\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire et la cr\u00e9ation du PCM<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est aussi l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le mouvement communiste entre dans une tourmente avec la d\u00e9mission de C\u00e9saire en octobre 1956.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Armand Nicolas \u00e9tait un fervent communiste, attach\u00e9 \u00e0 ses principes<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les Communistes encaissent le coup mais gr\u00e2ce \u00e0 la mobilisation de ses plus fid\u00e8les militants dont Ren\u00e9 M\u00e9nil, Georges Gratiant, Victor Lamon, Philibert Duf\u00e9al, Armand Nicolas et Camille Sylvestre qui devint son Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, et bien d\u2019autres, le Parti communiste martiniquais vit le jour en septembre 1957. Mais, apr\u00e8s l\u2019adoption par le PCM du statut d\u2019autonomie pour la Martinique, suivi des tragiques \u00e9v\u00e8nements de d\u00e9cembre 1959 et des gr\u00e8ves de 1960 et 1961, les autorit\u00e9s d\u00e9cid\u00e8rent de durcir la r\u00e9pression contre les communistes. Apr\u00e8s le 2e Congr\u00e8s du PCM des 30 et 31 juillet 1960, au Morne Rouge, le pouvoir colonial durcit la r\u00e9pression avec la saisie de Justice et les poursuites engag\u00e9es contre Dolor Banidol, Camille Sylvestre et Armand Nicolas pour \u201catteinte \u00e0 la suret\u00e9 de l\u2019Etat\u201d. Camille Sylvestre et Armand Nicolas furent chacun condamn\u00e9 \u00e0 1,5 million de francs, un an de prison avec sursis, et \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance \u00e0 vie de leurs droits civiques.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Victime de l\u2019ordonnance sc\u00e9l\u00e9rate du 15 octobre 1960<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quelques mois plus tard, en vertu de l\u2019ordonnance sc\u00e9l\u00e9rate du 15 octobre 1960, Armand et ses trois autres camarades communistes Guy Dufond, Georges Mauvois et Walter Guitteaud re\u00e7urent un ordre de mutation d\u2019office en France, sous peine d\u2019\u00eatre radi\u00e9s de la fonction publique. Face \u00e0 cette ignominie, Armand et ses camarades brandirent l\u2019\u00e9tendard du courage et de la r\u00e9sistance en d\u00e9clarant dans une r\u00e9ponse cinglante adress\u00e9e au pr\u00e9fet et rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre : \u201cLa Martinique est notre patrie. Nous connaissons la mis\u00e8re et les difficult\u00e9s des masses populaires martiniquaises pour avoir grandi au milieu d\u2019elles. Nous avons, depuis notre jeune \u00e2ge, r\u00e9fl\u00e9chi aux probl\u00e8mes que pose l\u2019avenir de notre pays et nous avons adh\u00e9r\u00e9 au Parti communiste qui seul nous para\u00eet r\u00e9pondre aux exigences de cet avenir&#8230; Pour notre part, nous refusons le r\u00e9gime de b\u00e2illon, nous refusons d\u2019\u00eatre des citoyens diminu\u00e9s et nous revendiquons notre droit \u00e0 exprimer librement les solutions que nous pr\u00e9conisons pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de notre pays\u201d. Avant de lancer ce d\u00e9fi au repr\u00e9sentant de la puissance coloniale : \u201cNous pr\u00e9f\u00e9rons vivre dans la g\u00e8ne plut\u00f4t que d\u2019accepter une forme nouvelle d\u2019esclavage. Nous avons choisi de consacrer notre vie \u00e0 la cause du progr\u00e8s et de la lib\u00e9ration de notre peuple\u201d. Magnifique exemple de courage et de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 leur engagement politique et patriotique quand tant d\u2019autres auraient abjur\u00e9 leur convictions politiques et se seraient aplatis devant le pouvoir colonial ! Victime, comme il dit d\u2019un \u201ctravail de d\u00e9molition commenc\u00e9 d\u00e8s 1961\u201d, notre camarade n\u2019a conc\u00e9d\u00e9 aucune faiblesse, aucun renoncement. \u00ab D\u00e8s lors, toute ma vie a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019organisation du Parti \u00bb a-t-il confess\u00e9. Tout au plus, il a avou\u00e9 avoir pris le maquis pendant quelques jours pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre jet\u00e9 dans l\u2019avion.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u201c<\/span><span class=\"s3\">Avec ce que j\u2019ai re\u00e7u comme cailloux..<\/span><span class=\"s1\">.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Dans le recueil de ses souvenirs, figurant dans l\u2019ouvrage de Rolande Bosphore \u201cMilitants et militantismes communistes \u00e0 la Martinique\u201d, Armand \u00e9voque le nombre de poursuites et de condamnations dont il fut l\u2019objet : \u201cAvec ce que j\u2019ai re\u00e7u comme<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">cailloux, j\u2019aurai pu construire une maison\u201d. Dans ce m\u00eame ouvrage, il \u00e9voque les difficult\u00e9s mat\u00e9rielles auxquelles il s\u2019est trouv\u00e9 confront\u00e9 : \u201cJe touchais le SMIC d\u2019un ouvrier en b\u00e2timent avec les cotisations vers\u00e9es volontairement par les camarades pour me permettre de subvenir \u00e0 mes besoins\u201d. Et pour compl\u00e9ter son ordinaire, il donnait des cours d\u2019adultes au sein de la FOL. Malgr\u00e9 cette grande pr\u00e9carit\u00e9, il n\u2019a pas renonc\u00e9 \u00e0 sa mission. D\u2019autant qu\u2019Armand est un r\u00e9volt\u00e9 face \u00e0 la falsification de notre histoire par le pouvoir colonial: \u201cA l\u2019\u00e9cole, \u00e9crit-il, d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, le Martiniquais est abreuv\u00e9 de l\u2019histoire du pays colonisateur, alors qu\u2019on fait le silence total sur sa propre histoire. Pis encore, on exalte un faux patriotisme qui est en fait le chauvinisme du colonisateur. Ainsi, le colonel martiniquais Delgr\u00e8s en luttant \u00e0 la t\u00eate des Guadeloup\u00e9ens en 1802 contre l\u2019arm\u00e9e de Richepance envoy\u00e9e pour r\u00e9tablir l\u2019esclavage n\u2019est pas un patriote antillais, une grande figure du combat pour la libert\u00e9, mais un rebelle\u201d. Tandis que Napol\u00e9on n\u2019est pas celui qui a r\u00e9tabli l\u2019esclavage, mais le \u201cgrand homme qui a fait l\u2019honneur de la Martinique en lui donnant une imp\u00e9ratrice (par ailleurs, elle-m\u00eame propri\u00e9taire d\u2019esclaves)\u201d !<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019Histoire comme arme contre la mystification de l\u2019as- similation<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est pour mettre fin \u00e0 cette mystification qu\u2019Armand a entre- pris cet extraordinaire travail d\u2019historien qui s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9 par la publication d\u2019un grand nombre d\u2019ouvrages dont le premier intitul\u00e9 \u201cla R\u00e9volution antiesclavagiste de 1848\u201d qui a mis \u00e0 bas le mythe selon lequel l\u2019abolition de l\u2019esclavage r\u00e9sultait d\u2019un acte de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de la \u201cm\u00e8re patrie\u201d, alors qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e aux esclavagistes locaux gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9volte des esclaves. Oui, personne ne peut contester qu\u2019Armand Nicolas est le p\u00e8re du \u201c22 m\u00e9\u201d, devenu notre f\u00eate nationale ! Mais Armand a produit plusieurs autres ouvrages de la m\u00eame veine tels \u201cLe combat d\u2019Andr\u00e9 Aliker\u201d, \u201cles Communistes expliquent l\u2019Autonomie d\u00e9mocratique et populaire\u201d. C\u2019est cette m\u00eame soif de v\u00e9rit\u00e9 qui l\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur la r\u00e9volte de septembre 1870 dans le Sud, \u00e0 produire l\u2019ouvrage le plus complet qui existe aujourd\u2019hui sur l\u2019histoire de la Martinique de 1635 \u00e0 1971 pour lequel il re\u00e7ut le Prix Frantz Fanon. Mais aussi \u00e0 entreprendre des fouilles arch\u00e9ologiques dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9s dans une brochure intitul\u00e9e \u201cChez les Arawaks au Ve si\u00e8cle\u201d.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Constructeur du rassemblement anticolonialiste<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Infatigablement, durant cette p\u00e9riode, Armand s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 maintenir l\u2019organisation du Parti en \u00e9tant constamment sur le terrain et en menant un travail de clarification de l\u2019id\u00e9ologie du Parti et en travaillant activement au rassemblement de la gauche martiniquaise. Une d\u00e9marche qui a abouti \u00e0 la Conven- tion du Morne Rouge en 1971 qui dessinait les contours d\u2019une Martinique autonome. Refusant de s\u2019enfermer dans une id\u00e9o- logie st\u00e9rile, il s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 donner un contenu \u00e9conomique et social aux propositions du Parti. La m\u00eame ann\u00e9e, il est \u00e9lu au conseil municipal de Saint Esprit. Election vit annul\u00e9e au motif qu\u2019il ne figurait pas sur la liste des contribuables de la com- mune. Une fois r\u00e9tabli dans ses droits civiques en 1974, il re- trouva son poste d\u2019enseignant. Tout en relan\u00e7ant le combat en faveur d\u2019un changement de statut. Il s\u2018engage sans enthou- siasme en faveur de la r\u00e9gionalisation de 1982\/1983 qui ne r\u00e9- pondait qu\u2019en partie \u00e0 nos aspirations. Mais son pragmatisme le pousse \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans la liste d\u2019union de la gauche qui remporta les deux premiers scrutins r\u00e9gionaux. Nomm\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de la Commission \u00e9ducation, il prit \u00e0 bras le corps les questions de la jeunesse avec la construction des deux ly-<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">c\u00e9es d\u2019Acajou et la priorit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la formation profession- nelle.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ses qualit\u00e9s d\u2019enseignant et de d\u00e9fricheur de notre his-<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">toire reconnues au plus haut niveau<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En d\u00e9pit de l\u2019adversit\u00e9 qui a accompagn\u00e9 toute sa vie politique, Armand Nicolas \u00e9tait rest\u00e9 un homme d\u2019une courtoisie et d\u2019une grande simplicit\u00e9. Au fil des ann\u00e9es, la haine nourrie \u00e0 son \u00e9gard s\u2019estompa. Ses anciens adversaires ainsi que les auto- rit\u00e9s finirent par reconna\u00eetre l\u2019ampleur de sa contribution \u00e0 la connaissance de l\u2019histoire de notre pays et ses qualit\u00e9s d\u2019en- seignant. \u0152uvre pour laquelle lui furent attribu\u00e9s les titres de Chevalier de l\u2019Ordre national du M\u00e9rite et d\u2019Officier des Palmes Acad\u00e9miques. Tandis qu\u2019il re\u00e7ut la m\u00e9daille d\u2019honneur de la Ligue de l\u2019Enseignement et fut fait citoyen d\u2019Honneur des villes du Pr\u00eacheur et de Saint Joseph. La multiplicit\u00e9 des t\u00e9moi- gnages qui ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9s \u00e0 sa famille et au Parti commu- niste martiniquais t\u00e9moigne de la profondeur du respect et de la sympathie qu\u2019il a acquise au terme de sa longue existence. Avec la disparition d\u2019Armand, notre peuple doit se sentir or- phelin, car il a perdu un de ceux qui ont le plus contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9veil de sa conscience et \u00e0 la reconnaissance de notre iden- tit\u00e9. Armand a acquis une large place dans le Panth\u00e9on des grands hommes martiniquais. D\u00e9sormais, il appartient au peu- ple martiniquais. Adieu camarade Armand, c\u2019est avec une pro- fonde tristesse que le peuple t\u2019accompagne \u00e0 ta derni\u00e8re demeure. Et avec l\u2019immense fiert\u00e9 pour les Communistes de t\u2019avoir compt\u00e9 parmi les siens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Gloire \u00e0 toi, Camarade et merci pour tout ce que tu as fait pour ton pays. A ta famille et \u00e0 tes proches, le Parti Communiste Martiniquais adresse ses plus sinc\u00e8res condol\u00e9ances.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s3\">Suite des r\u00e9actions et hommages pour Armand Nicolas. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Message du Parti Communiste Guadeloup\u00e9en<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s du camarade Armand NICOLAS a suscit\u00e9 une vive \u00e9motion au sein de notre parti.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le Parti Communiste Guadeloup\u00e9en s\u2019incline et salue la m\u00e9- moire de ce combattant de la lutte anticolonialiste, militant actif et engag\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle pour la d\u00e9fense des int\u00e9- r\u00eats de la nation et du peuple martiniquais. Le camarade Ar- mand a \u00e9t\u00e9 incontestablement un acteur majeur de l\u2019histoire de la Martinique, de par son apport militant \u00e0 la prise de conscience nationale et \u00e0 la lutte d\u2019\u00e9mancipation nationale et sociale du peuple et des travailleurs martiniquais et \u00e0 l\u2019am\u00e9lio- ration des conditions de vie et d\u2019existence des couches popu- laires de la Martinique. Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti Communiste Martiniquais, il a \u00e9t\u00e9 l\u2019h\u00f4te en 1971 de \u201cla Convention du Morne-Rouge pour l\u2019Autonomie\u201d qui 51ans apr\u00e8s demeure<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/span>Dalila Daniel lors de son intervention<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Message du Parti Communiste Guadeloup\u00e9en<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s du camarade Armand NICOLAS a suscit\u00e9 une vive \u00e9motion au sein de notre parti.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le Parti Communiste Guadeloup\u00e9en s\u2019incline et salue la m\u00e9- moire de ce combattant de la lutte anticolonialiste, militant actif et engag\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle pour la d\u00e9fense des int\u00e9- r\u00eats de la nation et du peuple martiniquais. Le camarade Ar- mand a \u00e9t\u00e9 incontestablement un acteur majeur de l\u2019histoire de la Martinique, de par son apport militant \u00e0 la prise de conscience nationale et \u00e0 la lutte d\u2019\u00e9mancipation nationale et sociale du peuple et des travailleurs martiniquais et \u00e0 l\u2019am\u00e9lio- ration des conditions de vie et d\u2019existence des couches popu- laires de la Martinique. Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti Communiste Martiniquais, il a \u00e9t\u00e9 l\u2019h\u00f4te en 1971 de \u201cla Convention du Morne-Rouge pour l\u2019Autonomie\u201d qui 51ans apr\u00e8s demeure<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">une boussole qui balise le chemin de l\u2019\u00e9mancipation de nos peuples colonis\u00e9s de Guadeloupe, Guyane, Martinique et R\u00e9u- nion.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En mon nom, au nom du Comit\u00e9 Central de notre parti et de tous ses militants, j\u2019adresse \u00e0 toute la famille du camarade Ar- mand NICOLAS, aux travailleurs et au peuple martiniquais, au Parti Communiste Martiniquais le t\u00e9moignage de notre solida- rit\u00e9 anticolonialiste, de fraternit\u00e9, d\u2019amiti\u00e9s et d\u2019affection de notre parti qui s\u2019incline avec respect et tristesse devant la d\u00e9- pouille du Camarade Armand.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral, F\u00e9lix-Alain Fl\u00e9min<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Message de Francis Sillande, pr\u00e9sident de l\u2019Association<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">des Amis de Justice<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Avec tristesse, nous venons d&rsquo;apprendre le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;Armand NI- COLAS qui, de 1962 \u00e0 1990, a \u00e9t\u00e9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti Communiste Martiniquais,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Professeur d&rsquo;histoire, Armand NICOLAS a \u00e9t\u00e9 le premier de la g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;apr\u00e8s-guerre \u00e0 se pencher sur l&rsquo;histoire de la Mar- tinique. Il n&rsquo;a eu de cesse d&rsquo;agir et de contribuer \u00e0 d\u00e9faire le \u201cr\u00e9cit national\u201d \u00e9crit par la France et r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 concernant l&rsquo;histoire de la Martinique et les luttes qui y ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es. Sa vie durant, il s&rsquo;est employ\u00e9 \u00e0 oeuvrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9veil de la conscience du peuple martiniquais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ses ouvrages : \u201cR\u00e9volution anti-esclavagiste du 22 Mai 1848 \u00e0 la Martinique\u201d et \u201cHistoire de la Martinique\u201d (en trois volumes) restent des ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sur cette documentation que l&rsquo;association des Amis du Journal Justice s&rsquo;est appuy\u00e9e et puis\u00e9 les informations n\u00e9cessaires pour r\u00e9aliser l&rsquo;exposition du 150i\u00e8me anniversaire de l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavages avec pour titre \u201cLa Martinique en 16 tableaux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019ordonnance Debr\u00e9 du 15 octobre 1960 visant les fonction- naires des d\u00e9partements d&rsquo; outre-mer en raison d&rsquo;un compor- tement de nature \u00e0 troubler l&rsquo;ordre public va s&rsquo;appliquer. Militant anti-colonialiste, Armand NICOLAS va \u00eatre lourdement p\u00e9nalis\u00e9 par la justice fran\u00e7aise, Il va \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 une amende de 1,5 millions de francs, un an de prison avec sursis, la d\u00e9ch\u00e9ance \u00e0 vie de ses droits civiques et mut\u00e9 d&rsquo;office en France, Il sera ensuite r\u00e9voqu\u00e9 de l&rsquo;Education nationale en raison du refus qu&rsquo;il oppose \u00e0 cette mutation arbitraire. L&rsquo;amnistie de 1974 lui permet de recouvrer ses droits civiques et de reprendre son enseignement au lyc\u00e9e Victor Schoelcher en 1975, l&rsquo;Association des Amis du Journal Justice pr\u00e9sente ses sinc\u00e8res condol\u00e9ances \u00e0 la famille d&rsquo;Armand, aux cama- rades et au Parti Communiste Martiniquais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Hommage \u00e0 Armand de Fernand Papaya<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mon cher Armand, mon tr\u00e8s cher camarade<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ce moment m\u2019est lourd o\u00f9 je dois te dire un dernier adieu tant tu occupes une place immense dans mon engagement poli- tique. Il est difficile de parler de toi, de trouver les mots justes pour exprimer tous les \u00e9v\u00e8nements qui ont jalonn\u00e9 toute ta vie militante au sein de ton Parti Communiste Martiniquais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En acc\u00e9dant au poste de Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du PCM \u00e0 la suite de la disparition de Camille Sylvestre, tu es en premi\u00e8re ligne pour convaincre le plus grand nombre de nos compatriotes de la n\u00e9cessit\u00e9 de rompre avec le syst\u00e8me colonial et de les conduire sur la voie de l\u2019autonomie. Le chemin ne fut pas sim- ple car le colonialisme fran\u00e7ais eut \u00e0 ton \u00e9gard une r\u00e9pression f\u00e9roce pour cette audace.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Avec l\u2019application de l\u2019ordonnance du 15 octobre 1960 tu \u00e9tais avec les autres camarades Dufond, Mauvois et Guitteaud condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019exil. La r\u00e9ponse aux autorit\u00e9s de l\u2019Etat fut cin- glante :<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u201cL\u2019instruction que nous poss\u00e9dons et qui est notre gagne-pain,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">nous la devons aux luttes des esclaves, aux luttes de plusieurs g\u00e9- n\u00e9rations de Martiniquais qui se sont battus contre l\u2019obscuran- tisme colonial et cl\u00e9rical. Nous pr\u00e9f\u00e9rons vivre dans la g\u00eane plut\u00f4t que d\u2019accepter une nouvelle forme d\u2019esclavage. Nous avons choisi de consacrer notre vie \u00e0 la cause du progr\u00e8s et de la lib\u00e9ration de notre peuple\u201d.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Jamais un dirigeant de parti politique n\u2019a subi autant de pers\u00e9- cutions, de perquisitions, de condamnations \u00e0 de lourdes amendes, et jamais tu n\u2019as courb\u00e9 l\u2019\u00e9chine face au colonialisme Le journal Justice dont tu avais la responsabilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 saisi 14 fois de 1960 \u00e0 1963 parfois avant m\u00eame son impression. L\u2019im- primerie que se trouvait \u00e0 car\u00e9nage fut l\u2019objet d\u2019une \u00e9troite sur- veillance polici\u00e8re. Pourtant le journal continuait \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer les foyers martiniquais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Toujours ta d\u00e9termination se trouvait renforc\u00e9e gr\u00e2ce au sou- tien ind\u00e9fectible des militants du Parti et de tous ceux qui s\u2019in- dignaient de ces pers\u00e9cutions.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La connaissance de son pass\u00e9, \u00e9crivait-tu, est n\u00e9cessaire \u00e0 un peu- ple, s\u2019il veut \u00eatre lui-m\u00eame, s\u2019il veut parvenir \u00e0 la conscience de son originalit\u00e9, de sa personnalit\u00e9\u201d. Et tu ajoutais : \u201cNotre pass\u00e9 est une source in\u00e9puisable de le\u00e7ons. Et la plus grande de ces le\u00e7ons est que le progr\u00e8s d\u2019un peuple ne s\u2019effectue pas gr\u00e2ce \u00e0 la provi- dence ou \u00e0 la bonne volont\u00e9 des colonialistes, mais qu\u2019il est le r\u00e9- sultat d\u2019une lutte incessante des opprim\u00e9s\u201d.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ta riche contribution \u00e0 la connaissance de notre histoire t\u00e9- moigne de ta volont\u00e9 de nous l\u00e9guer ce travail, de nous plonger dans notre pass\u00e9 afin de tracer le che- min de notre \u00e9mancipation. Tu as fait preuve d\u2019une grande moralit\u00e9 r\u00e9volution- naire, d\u2019int\u00e9grit\u00e9, d\u2019un d\u00e9- vouement total \u00e0 la cause des masses travailleuses, d\u2019un d\u00e9sint\u00e9ressement exemplaire, une fid\u00e9lit\u00e9 in\u00e9- branlable \u00e0 ton id\u00e9al commu-<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 <\/span>Interview du militant Guy Dufond, ancien membre du PCM et ami d\u2019Armand Nicolas<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Des ouvrages d\u02bcArmand Nicolas<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">niste. .<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Tu nous a enseign\u00e9 que mal- gr\u00e9 les difficult\u00e9s, face au co- lonialisme qui savait user de<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">la ruse, de la soumission pour maintenir son syst\u00e8me de domi- nation et que nous devrons poursuivre inlassablement le com- bat pour la lib\u00e9ration nationale et sociale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mon cher Armand, la Martinique doit te t\u00e9moigner de son ad- miration, \u00e0 ton courage, ta d\u00e9termination, ton sacrifice car toute ta vie tu es rest\u00e9 debout, digne face au colonialisme<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Honneur et respect pour toi. A tes enfants, \u00e0 toute famille, soyez fier de l\u2019\u00e9veilleur de conscience qu\u2019est Armand, \u00e0 qui je t\u00e9moigne toute ma gratitude, et vous pr\u00e9sente mes tr\u00e8s sin- c\u00e8res condol\u00e9ances.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Hommage audio de Guy Dufond \u00e0 Armand Nicolas<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Armand Nicolas n\u2019est plus avec nous, mais son souvenir est quand m\u00eame dans nos c\u0153urs&#8230; Etant l\u2019un de ses compagnons de lutte, je voudrais intervenir pour dire quelle estime et quelles \u00e9motions que j\u2019ai. Je commencerai par pr\u00e9senter mes condo- l\u00e9ances \u00e9mues \u00e0 la famille d\u2019Armand Nicolas et l\u2019expression de ma solidarit\u00e9 \u00e0 toutes celles et tous ceux qui ont cru et croient en lui. Armand Nicolas est \u00e0 mon avis, un homme qui a beau- coup lutt\u00e9. L\u2019une des choses qui me frappe et qui n\u2019est suffi- samment mise en valeur, c\u2019est qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 notamment \u00e0 la perte \u00e0 vie de tous les droits civiques et politiques. Il a certes \u00e9t\u00e9 comme moi-m\u00eame, frapp\u00e9 par l\u2019ordonnance sc\u00e9l\u00e9- rate du 15 Octobre 1960, en m\u00eame temps que Walter Guit- teaud, Georges Mauvois et moi-m\u00eame, Guy Dufond. Cet aspect de la question m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre relev\u00e9. Je m\u2019arr\u00eaterai la, car vous \u00eates nombreux \u00e0 vouloir prendre la parole. Camarade Nicolas, Adieu&#8230; Woulo<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s3\">Interview du militant Guy Dufond, ancien membre du PCM et ami d\u2019Armand Nicolas<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Avec ses camarades communistes Georges Mauvois, Walter Guitteaud et Armand Nicolas, Guy Dufond a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par l\u2019or- donnance sc\u00e9l\u00e9rate du 15 Octobre 1960. Ces fonctionnaires militants communistes ont \u00e9t\u00e9 pris pour cible par le gouverne- ment de l\u2019\u00e9poque, qui estimait qu\u2019ils \u201ctroublaient l\u2019ordre public\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Pendant 14 ans, ce professeur de Lettres, radi\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation nationale suite \u00e0 l\u2019ordonnance sc\u00e9l\u00e9rate n\u2019avait pas pu pour- suivre l\u2019exercice de son m\u00e9tier. Ag\u00e9 aujourd\u2019hui de 90 ans, Guy Dupond revient sur sa rencontre avec Armand Nicolas, leur re- lation et aussi sur l\u2019\u0153uvre accomplie par le parti communiste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Justice : Armand Nicolas \u00e9tait votre ami, vous avez v\u00e9cu beaucoup de choses ensemble, comment vous vous \u00eates rencon- tr\u00e9 ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Justice : Armand Nicolas \u00e9tait votre ami, vous avez v\u00e9cu beaucoup de choses ensemble, comment vous vous \u00eates rencon- tr\u00e9 ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Guy Dufond : \u201cJ\u2019ai rencontr\u00e9 Armand lors de mon retour de mes \u00e9tudes su- p\u00e9rieures \u00e0 Paris. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 mes opi nions politiques bien ancr\u00e9es, car j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 membre du Parti communiste Fran\u00e7ais \u00e0 Paris. Tout a commenc\u00e9 avec un \u00e9v\u00e8- nement en 1952, l\u2019arriv\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain Ridgway, qui venait prendre le commandement des forces de l\u2019Alliance de l\u2019Atlantique (OTAN). Il devait avoir un mouvement public de contestation sur la place de la R\u00e9publique. A mon arriv\u00e9, je n\u2019ai trouv\u00e9 presque personne&#8230; Je suis entr\u00e9 dans un bar, j\u2019ai com- mand\u00e9 un verre quand un CRS est arriv\u00e9 pour mettre tout le monde dehors. On m\u2019a embarqu\u00e9 dans un fourgon qui m\u2019a em- men\u00e9 \u00e0 un endroit qui s\u2019appelle, le \u201cCarreau du temple\u201d, un march\u00e9 couvert. On s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 plus de 600 personnes de- dans, dont des femmes et des enfants. Nous \u00e9tions entour\u00e9s de fils barbel\u00e9s. Il y a eu un jeune un peu provocateur, qui a tent\u00e9 de partir, les policiers sont intervenus et \u00e7a \u00e9t\u00e9 la bagarre ! J\u2019ai re\u00e7u un coup de crosse dans la c\u00f4te par un policier qui m\u2019a dit \u201cSalaud communiste, va \u00e0 Moscou\u201d. On y est rest\u00e9 pr\u00e8s de 2 jours, apr\u00e8s j\u2019ai \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 par un membre du PCF qui m\u2019a fait entrer dans le parti. Je suis entr\u00e9 dans la bataille anticolo- nialiste \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la guerre d\u2019Indochine, et ensuite d\u2019Alg\u00e9- rie. En revenant en Martinique, j\u2019ai adh\u00e9r\u00e9 tout naturellement au Parti Communiste Martiniquais, c\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai connu Armand Nicolas.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">J : Revenons sur cette d\u00e9licate p\u00e9riode de l\u2019ordonnance, en 1960. Comment l\u2019avez-vous v\u00e9cu ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">GD : \u201cIl y a eu une r\u00e9union des fonctionnaires, puis une r\u00e9union publique de protestation contre cette ordonnance et contre cette prise de position du gouvernement Fran\u00e7ais, je suis m\u00eame intervenu publiquement&#8230; je pense que le gouvernement a eu le nom des intervenants, car ils ont \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9s. L\u2019appli- cation de cette ordonnance s\u2019est manifest\u00e9e, dans un premier temps, en ao\u00fbt contre Guitteaud, Mauvois et Nicolas, et un mois plus tard contre moi. Comme Armand Nicolas l\u2019a dit en 2019 au cours d\u2019un entretien, il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la perte \u00e0 vie de ses droits civiques et politiques. On a eu une proposition d\u2019aller ailleurs, en France. Moi, on me d\u00e9portait carr\u00e9ment \u00e0 Villeneuve-sur-Lot. Dans une lettre publique, j\u2019ai clairement in- diqu\u00e9 que je refusais cette chose-l\u00e0. Contrairement au cama- rade de Guadeloupe, R\u00e9union et de Guyane qui, eux, ont accept\u00e9. Peut-\u00eatre que nous \u00e9tions un peu plus rebelles que les autres. Dans cette petite pi\u00e8ce de ma maison, j\u2019ai donn\u00e9 des cours particuliers \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves, notamment \u00e0 ceux qui pr\u00e9- paraient l\u2019\u00e9preuve de philosophie au Bac.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">J : Qu\u2019a donc apport\u00e9 le combat des Communistes sur le plan social ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">GD : \u201cLa chose la plus sensible qu\u2019on a pu constater avec Vic- tor Lamon, membre du PCM et de la CGTM, c\u2019est l\u2019arriv\u00e9e de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, c\u2019est une chose extr\u00eamement importante avec tout ce qui peut d\u00e9couler de ce progr\u00e8s consid\u00e9rable, par rapport \u00e0 ce qui existait auparavant, notamment pendant la Se- conde Guerre mondiale. Cela a permis aux camarades de se former d\u2019avantage en participant aux luttes des camarades de la CGT Fran\u00e7aise, et de transposer les effets de cette formation en Martinique. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 essentiellement un combat de classe. Mais, au fur et mesure, avec l\u2019\u00e9volution du monde, les ph\u00e9no- m\u00e8nes de lib\u00e9ration nationale, les luttes anti imp\u00e9rialistes en Am\u00e9rique Latine, nous disons que nos luttes se sont \u00e9largies, et cela a \u00e9t\u00e9 aussi quelques choses d\u2019int\u00e9ressant. J\u2019ai rapport\u00e9 un masque lors de l\u2019un de mes voyages \u00e0 Cuba, qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 pr\u00e9paratoire international du parti communiste et ouvrier d\u2019Am\u00e9rique Latine. C\u2019est ainsi que Ren\u00e9 M\u00e9nil est venu me rencontrer pour \u00e9toffer d\u2019avantage la d\u00e9l\u00e9gation. Cela m\u2019a permis de conna\u00eetre Fidel Castro, pour discuter des probl\u00e8mes de notre r\u00e9gion. Les luttes actuelles sont diff\u00e9rentes qu\u2019auparavant. Les \u201cRouj, Vert, Noir\u201d, pour le rouge, c\u2019est la couleur de la r\u00e9volution, le noir, du peuple mar- tiniquais et le vert, la couleur de la nature et de l\u2019\u00e9cologie. Au- jourd\u2019hui, il y a beaucoup de personnes qui pensent \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance et moins au socialisme. A mon avis, cela va progresser, et remplacer de plus en plus la notion d\u2019autonomie. Ce n\u2019est pas une guerre entre les deux termes, mais dans les deux cas, nous sommes dans la lutte contre le colonialisme.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">J : Vous n\u2019avez jamais occup\u00e9 de fonction politique im- portante ou m\u00eame d\u2019\u00e9lu. Pourquoi ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">GD : \u201cLes camarades m\u2019ont propos\u00e9 \u00e0 deux, trois reprises d\u2019\u00eatre candidat lors d\u2019\u00e9lections cantonale ou municipale. J\u2019ai toujours refus\u00e9. Parce que, c\u2019est une question de caract\u00e8re, j\u2019aime \u00eatre libre de mon action. J\u2019ai accept\u00e9 une seule fois, c\u2019\u00e9tait lors de cantonale o\u00f9 Aim\u00e9 C\u00e9saire \u00e9tait candidat. J\u2019ai ac- cept\u00e9 car j\u2019\u00e9tais s\u00fbr de ne pas \u00eatre \u00e9lu. J\u2019\u00e9tais exclusivement un lutteur et je ne cherchais pas \u00e0 \u00e9crire quoique ce soit. J\u2019ai un profond respect pour Georges Gratiant, un homme qui \u00e9tait ex- traordinaire et qui m\u2019a dit un jour \u201cJe sais que C\u00e9saire a un style de Balata (Sorte de gourdin, de massue), mais toi tu as un style de coutelas\u201d. Je ne m\u2019en \u00e9tais jamais rendu compte, et j\u2019ai gard\u00e9 ce style pour m\u2019exprimer avec de la r\u00e9flexion bien s\u00fbr. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 un lutteur mais je ne faisais pas du n\u2019importe quoi.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">J : Pouvez-vous me racontez une anecdote, un souvenir avec Armand Nicolas ?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">GD : \u201cAaah alors l\u00e0, il y en a tellement qu\u2019il est difficile de r\u00e9- pondre&#8230; Il y en eu tellement de marquants&#8230; C\u2019est difficile \u00e0 choisir ! Quand, parmi les communistes, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 prisonnier po- litique parce que j\u2019\u00e9tais membre de l\u2019OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise). J\u2019ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en D\u00e9- cembre et quand je suis revenu, c\u2019\u00e9tait en plein congr\u00e8s du parti communiste martiniquais&#8230; Quand je suis entr\u00e9 dans la salle, Armand Nicolas s\u2019est lev\u00e9 et il a dit \u00ab Camarade levez-vous ! \u00bb Je ne dirai pas que cela m\u2019a mis de l\u2019eau dans les yeux mais c\u2019est tout juste&#8230; Disons que cela a \u00e9t\u00e9 un grand moment d\u2019\u00e9motion pour moi. Par la suite Armand Nicolas avait travaill\u00e9 avec moi, avec une attention particuli\u00e8re. Il y en a tellement, tellement de souvenirs&#8230;\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Propos recueilli par Jean-Philipp Mert pour le journal JUSTICE.\u00a0<\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Immense ferveur pour l\u2019accompagner \u00e0 sa derni\u00e8re demeure. Samedi 5 F\u00e9vrier, ont eu lieu les obs\u00e8ques civiles d\u2019Armand Nicolas qui s\u2019est \u00e9teint \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 97 ans, au lendemain de son anniversaire. 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