{"id":34526,"date":"2022-05-10T00:00:26","date_gmt":"2022-05-09T22:00:26","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=34526"},"modified":"2022-05-10T01:06:38","modified_gmt":"2022-05-09T23:06:38","slug":"tribune-la-dimension-universelle-de-la-catastrophe-de-1902","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/tribune-la-dimension-universelle-de-la-catastrophe-de-1902\/","title":{"rendered":"Tribune. : La dimension universelle de la catastrophe de 1902"},"content":{"rendered":"<p><strong>De L\u00e9o Ursulet.\u00a0 La catastrophe de 1902 \u00e0 la Martinique figure de mani\u00e8re tr\u00e8s discr\u00e8te dans le r\u00e9pertoire des catastrophes naturelles les plus meurtri\u00e8res dans le monde. Pourtant la perte de 29 000 victimes pour sa population en 1902 de 204 000 \u00e2mes, correspondrait par exemple pour la France d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 une perte de 9,4 millions de personnes.<\/strong><\/p>\n<p>De m\u00eame, cette catastrophe, verrons-nous, a interpell\u00e9 le monde, de par sa nature, de par ses \u00e9chos, de par la diversit\u00e9 d\u2019origine de ses victimes\u00a0; elle est \u00e9galement retenue par l\u2019histoire pour sa richesse en divers enseignements.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>\u00a0Mais la ville de Saint-Pierre, avant m\u00eame sa totale destruction, en d\u00e9pit de sa modeste taille, transportait l\u2019observateur \u00e9tranger subtil au-del\u00e0 de son environnement g\u00e9ographique, voire de son temps, par les caract\u00e8res transcendants qu\u2019elle\u00a0 lui inspirait. Ainsi l\u2019\u00e9crivain Lafcadio Hearn, lors d\u2019un voyage en Martinique en 1887, dans une vision de la ville quelque peu hallucinatoire et finalement pr\u00e9monitoire, fut ramen\u00e9 \u00e0 ses souvenirs lumineux propres de la ville martyr de Pomp\u00e9i, devenue l\u2019une des empreintes marquantes de l\u2019antiquit\u00e9 romaine. Le savant Alfred Lacroix, lui aussi, assez paradoxalement, peu apr\u00e8s 1902, aura le m\u00eame r\u00e9flexe.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>1) Les pol\u00e9miques survenues apr\u00e8s cette catastrophe.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Si le d\u00e9sastre de Lisbonne en 1755 suscita chez les intellectuels de l\u2019Europe des Lumi\u00e8res, comme Voltaire et Rousseau, un d\u00e9bat philosophique sur le th\u00e8me de la Providence (comment concilier la bont\u00e9 de Dieu avec la mort aussi massive d\u2019innocents\u00a0?), la catastrophe de 1902 donna \u00e0 m\u00e9diter sur la fragilit\u00e9 de la condition humaine. Le grand quotidien parisien <em>Le Temps,<\/em> devant le fait de cette trag\u00e9die, se r\u00e9voltait de devoir admettre qu\u2019en <em>d\u00e9pit de tant d\u2019efforts vers les civilisations, l\u2019humanit\u00e9 se trouvait toujours \u00e0 la merci des caprices monstrueux d\u2019une nature brutale et sanguinaire. <\/em>Mais plus navrantes furent ces larges pol\u00e9miques auxquelles se livra une presse anti-la\u00efque et qui ne s\u2019\u00e9tait pas d\u00e9partie de s\u00e9culaires pr\u00e9jug\u00e9s \u00e0 l\u2019endroit des populations coloniales antillaises. Pol\u00e9miques faisant de la ville de Saint-Pierre <em>la Sodome des Antilles <\/em>ou jugeant irresponsable la d\u00e9mocratie locale qu\u2019elle voyait enfonc\u00e9e \u00e0 corps perdus dans des querelles politiques jusqu\u2019\u00e0 sous-estimer le risque volcanique qui \u00e9tait suspendu au dessus de la ville.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>2) Sur le plan tectonique.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Cette \u00e9ruption a eu lieu en effet lors d\u2019une activit\u00e9 tectonique singuli\u00e8rement intense dans les deux zones de subduction des Cara\u00efbes, et quelque peu in\u00e9dite pour le monde scientifique. Le journal foyalais <em>L\u2019Opinion<\/em> rapportait qu\u2019au mois d\u2019Avril 1902, de violents s\u00e9ismes survenus au Guatemala avaient d\u00e9truit 8 villes et avaient entra\u00een\u00e9 plus d\u2019un millier de victimes. Ce qui n\u2019a pas manqu\u00e9 d\u2019\u00eatre plus tard per\u00e7u comme signe pr\u00e9curseur de la catastrophe du 8 mai par nombre de Martiniquais.<\/p>\n<p>Puis, le 7 mai, ce fut donc l\u2019\u00e9ruption de la Soufri\u00e8re de Saint-Vincent entra\u00eenant plus de 1500 victimes, et moins de 24 heures plus tard, \u00e0 moins de deux cents kilom\u00e8tres de l\u00e0, ce fut le tour de la Montagne Pel\u00e9e \u00e0 entrer en \u00e9ruption et d\u00e9truire toute une ville corps et biens. Eruptions qui furent signal\u00e9es par leurs effets ext\u00e9rieurs bien largement au-del\u00e0 de la zone des Cara\u00efbes, en Californie, voire en Europe\u00a0: effets lumineux dus aux fines poussi\u00e8res volcaniques ayant atteint la haute atmosph\u00e8re, puis emport\u00e9es par les contre-aliz\u00e9s.<\/p>\n<p>Ensuite, \u00a0le 10 mai, au Salvador, le volcan <em>Izalco<\/em> entra en \u00e9ruption, et le 15 juillet au Nicaragua, c\u2019\u00e9tait <em>le Masaya<\/em>, puis au Nicaragua le volcan <em>le Conception<\/em> et enfin au Guatemala les volcans <em>Santa Maria<\/em> et <em>Pacaya<\/em>. Sept volcans de la r\u00e9gion en d\u00e9finitive sont donc entr\u00e9s en \u00e9ruption de\u00a0 mai \u00e0 juillet 1902\u00a0dans cette zone g\u00e9ographique ! Cinq de ces volcans sont situ\u00e9s \u00e0 la limite ouest de la plaque tectonique Cara\u00efbe, si\u00e8ge de la zone de subduction correspondant \u00e0 la plaque pacifique Cocos plongeant sous l\u2019Am\u00e9rique centrale, tandis que la Soufri\u00e8re de Saint-Vincent et la Montagne Pel\u00e9e, se situent, elles, \u00e0 la limite Est de la plaque Cara\u00efbes, dans une autre zone de subduction o\u00f9 la plaque Atlantique plonge sous cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Une telle activit\u00e9\u00a0 sismique et volcanique en 1902, expression d\u2019un d\u00e9sordre tectonique dans la zone cara\u00efbe, pendant une p\u00e9riode aussi cibl\u00e9e, est une singularit\u00e9 de la vie tellurique assez peu courante.<\/p>\n<p>Le physicien Jean-Paul Poirier, de l\u2019Institut de physique du globe de Paris, qui s\u2019est particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 cette catastrophe et lui a consacr\u00e9 un livre particuli\u00e8rement instructif, nous r\u00e9v\u00e8le que le savant anglais, John MILNE, consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la sismologie moderne, en 1902 dans la revue Nature, <em>\u00ab\u00a0remarqua une corr\u00e9lation entre les s\u00e9ismes en Am\u00e9rique centrale et les \u00e9ruptions des volcans des Petites Antilles en 1692, 1718, 1797,\u2026, 1851 et 1902.\u00a0\u00bb <\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>3) Sur le plan de la Science.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>La Science des volcans avant 1902 n\u2019en \u00e9tait qu\u2019\u00e0 ses balbutiements, du moins sa partie qui concernait les volcans dits explosifs. Certains pol\u00e9mistes crurent devoir d\u2019ailleurs la mettre en cause lors de cette catastrophe, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 cette fameuse commission \u00a0institu\u00e9e la veille du drame par le gouverneur Mouttet, laquelle conclut, \u00e0 l\u2019issue de sa premi\u00e8re r\u00e9union, \u00e0 l\u2019absence de tout danger pour Saint-Pierre. Ce qui \u00e9tait de la part de ces pol\u00e9mistes une lourde erreur vu l\u2019absence compl\u00e8te de comp\u00e9tences scientifiques de cette commission\u00a0; ses membres ne s\u2019\u00e9taient jamais int\u00e9ress\u00e9s aux questions de volcans ni m\u00eame de g\u00e9ologie. La science, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, ne s\u2019est point trouv\u00e9e impliqu\u00e9e dans leurs conclusions.<\/p>\n<p>Lors de l\u2019\u00e9ruption de la Montagne Pel\u00e9e du 8 mai, <em>l\u2019agent destructeur d\u2019une puissance inconnue jusqu\u2019alors <\/em>(les nu\u00e9es ardentes)\u00a0 d\u00e9couvert, le fut pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Saint-Pierre par la Science repr\u00e9sent\u00e9e cette fois par des sommit\u00e9s en ce domaine venant de France, d\u2019Angleterre et d\u2019Am\u00e9rique. Sa soudainet\u00e9, sa violence comme ses aspects physiques ont \u00e9t\u00e9 ses caract\u00e8res les plus frappants.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne existait pourtant depuis les d\u00e9buts de la vie profonde de la Terre. La population aux A\u00e7ores l\u2019avait m\u00eame observ\u00e9 en 1580 puis en 1808, voire nomm\u00e9 <em>nu\u00e9e ardente<\/em>, mais bien entendu sans pouvoir sortir des limites de la plate observation. Les populations d\u2019Indon\u00e9sie, elles aussi, avaient probablement d\u00e9j\u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du ph\u00e9nom\u00e8ne, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019avait pas encore fait l\u2019objet d\u2019aucune \u00e9tude scientifique. Tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralement jusque-l\u00e0, du moins dans le monde occidental, pour le profane, un volcan en \u00e9ruption devait donner lieu \u00e0 une effusion de lave\u00a0; \u00a0nombre de Pierrotins l\u2019attendirent en vain par le lit de la Roxelane.<\/p>\n<p>Par ailleurs, jamais \u00e9ruption volcanique n\u2019avait \u00e9t\u00e9 couverte par le monde scientifique comme celle de Martinique en 1902. C\u2019est l\u2019\u00e9ruption du Mont Saint-Helen en 1980 dans l\u2019Etat de Washington aux USA qui suscita plus tard un int\u00e9r\u00eat analogue pour la communaut\u00e9 scientifique internationale. Des observations et travaux n\u00e9s de cette mobilisation scientifique exceptionnelle sur ces deux minuscules \u00eeles, est n\u00e9e une nouvelle science, la volcanologie moderne, o\u00f9 en particulier deux savants vont imposer leur nom, l\u2019am\u00e9ricain August Jaggar et le fran\u00e7ais Alfred Lacroix. Le dynamisme p\u00e9l\u00e9en vint alors s\u2019ajouter aux autres dynamismes volcaniques connus d\u00e9j\u00e0\u00a0; A. Lacroix put \u00e9claircir, outre le ph\u00e9nom\u00e8ne de la nu\u00e9e ardente, le processus de la gen\u00e8se des d\u00f4mes volcaniques and\u00e9sitiques. Bien d\u2019avantage encore, les \u00e9ruptions historiques de la Montagne et de la Soufri\u00e8re de Saint-Vincent, ont suscit\u00e9 un \u00e9change tr\u00e8s f\u00e9cond entre les g\u00e9ologues et volcanologues Am\u00e9ricains, Anglais et Fran\u00e7ais. \u00c0 cette occasion, A.Lacroix, arguments \u00e0 l\u2019appui, put convaincre le savant Angelo Helprein, que les caract\u00e8res de l\u2019\u00e9ruption du V\u00e9suve l\u2019an 79 de notre \u00e8re ne correspondaient nullement \u00e0 ceux d\u2019une nu\u00e9e ardente, et qu\u2019il fallait absolument distinguer le dynamisme plinien du dynamisme p\u00e9l\u00e9en.<\/p>\n<p>Sur l\u2019impulsion des savants am\u00e9ricains, ces \u00e9ruptions de 1902 en question furent \u00a0m\u00eame utilis\u00e9es comme un puissant argument de dissuasion contre le trac\u00e9 initial du canal interoc\u00e9anique au Nicaragua, au b\u00e9n\u00e9fice de celui du Panama.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>4) Sur la diversit\u00e9 des origines des victimes<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>L\u2019on n\u2019a pas enregistr\u00e9, apr\u00e8s cette catastrophe, que des victimes martiniquaises, tant s\u2019en faut. Il faut en effet rappeler que la ville de Saint-Pierre, en d\u00e9pit de sa modeste taille, commer\u00e7ait avec de nombreux ports du monde, abritait de plus des maisons d\u2019assurances \u00e9trang\u00e8res, comme la Lloyd, des consulats d\u2019USA, de Grande Bretagne, d\u2019Am\u00e9rique Latine, et qu\u2019au moment du drame, mouillaient de m\u00eame dans sa rade \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de navires battant pavillon fran\u00e7ais, de nombreux navires de diverses origines, tels <em>le Roddam et le Roraima<\/em> de la <em>Qu\u00e9bec Line,<\/em> puis <em>La Tereza lo Vico, le Sacro Cruore, le Nord America et le Maria Vergine <\/em>d\u2019Italie<em>, <\/em>deux bateaux am\u00e9ricains, <em>l\u2019Aramo<\/em> et <em>l\u2019Anna Morse<\/em>, etc<em>. <\/em>Du reste, c\u2019est le navire c\u00e2blier anglais, <em>Le Roddam,<\/em> qui, ayant pu se sauver de justesse de la rade de Saint-Pierre peu apr\u00e8s 8 heures ce matin du 8 mai, et atteignant le port de Castries de l\u2019\u00eele de Sainte-Lucie avec une vingtaine de cadavres sur son pont et couvert d\u2019une \u00e9paisse couche de cendres volcaniques (les Sainte-luciens, du reste, l\u2019ont pris pour un bateau fant\u00f4me\u00a0!), qui apprit le premier la terrible nouvelle\u00a0au monde :<em>\u00a0<sup>\u00ab<\/sup>Nous venons des portes de l\u2019Enfer, vous pouvez t\u00e9l\u00e9graphier au monde qu\u2019il n\u2019y a plus une \u00e2me vivante \u00e0 Saint-Pierre.<sup>\u00bb <\/sup><\/em><\/p>\n<p>La disparition de l\u2019important personnel consulaire et de celui des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurances am\u00e9ricaines et anglaises (familles comprises) qui r\u00e9sidaient \u00e0 Saint-Pierre, ajout\u00e9e aux nombreuses victimes \u00e9trang\u00e8res enregistr\u00e9es dans la baie, constituent de m\u00eame un lourd tribut pay\u00e9 \u00e0 cette \u00e9ruption.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>5) Sur la solidarit\u00e9 humaine d\u00e9ploy\u00e9e dans le monde.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Une solidarit\u00e9 universelle sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019Histoire, s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e en faveur de la Martinique sinistr\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de cette catastrophe. \u00a0Certains y virent m\u00eame l\u2019amorce d\u2019un rapprochement des nations dans le monde.<\/p>\n<p>Solidarit\u00e9 venue d\u2019abord des voisins cara\u00efb\u00e9ens. De nombreux comit\u00e9s de solidarit\u00e9, faisant circuler\u00a0 des souscriptions publiques un peu partout,\u00a0 y prirent naissance. Le peuple guadeloup\u00e9en, \u00e0 lui tout seul, n\u2019envoya pas moins de cent trente mille francs \u00e0 l\u2019\u00eele s\u0153ur sinistr\u00e9e.<\/p>\n<p>Solidarit\u00e9 venue ensuite des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. Le pr\u00e9sident Roosevelt, sur la sollicitation du gouvernement fran\u00e7ais, d\u00e9p\u00eacha vers la Martinique le navire de guerre am\u00e9ricain <em>Le Dixie<\/em> charg\u00e9 de quatre cent mille rations, de v\u00eatements et de tentes, et qui y d\u00e9barqua le matin du 21 mai, salu\u00e9 par la population avec le soulagement que l\u2019on peut deviner. <em>Le Dixie<\/em> fit ensuite route vers l\u2019\u00eele de Saint-Vincent pour y accomplir la m\u00eame mission de secours.\u00a0 Le Congr\u00e8s am\u00e9ricain vota de m\u00eame un cr\u00e9dit de 200.000 dollars (soit un million de francs de 1902) en faveur de la Martinique.<\/p>\n<p>La m\u00e9tropole, quant \u00e0 elle, manifestement choqu\u00e9e par la nouvelle de cette trag\u00e9die, sur d\u00e9cision gouvernementale, d\u00e9cr\u00e9ta trois jours de deuil national et la mise en berne du drapeau national. Elle d\u00e9p\u00eacha de m\u00eame le croiseur <em>D\u2019assas<\/em> vers la Martinique, charg\u00e9 de vivres et portant la mission Bloch avec une somme de cinq cent mille francs. Ce navire arriva sur les c\u00f4tes martiniquaises le 21 mai (le m\u00eame jour que <em>le Dixie<\/em>), mais dans l\u2019apr\u00e8s-midi. Gr\u00e2ce au concours majeur de la presse fran\u00e7aise, la population particuli\u00e8rement sensibilis\u00e9e, organisa un nombre impressionnant de souscriptions publiques en faveur des sinistr\u00e9s. Il n\u2019est pas de petite \u00e9cole primaire en province qui n\u2019ait suivi le mouvement avec sa souscription. Les conseils municipaux de nombre de villes ont vot\u00e9 des subventions int\u00e9ressantes en faveur de la Martinique.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 officiel d\u2019assistance et de secours aux sinistr\u00e9s, fond\u00e9 \u00e0 Paris, pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre des colonies recueillit de l\u2019ensemble de ces souscriptions une de somme de plus de 9,5 millions de francs, soit l\u2019\u00e9quivalent de 142,6 millions de francs de 1992\u00a0! Chiffre encore en de\u00e7\u00e0 de la r\u00e9alit\u00e9 s\u2019il fallait prendre en compte les sommes recueillies dans toutes les \u00e9glises de France pendant plusieurs mois, mais dont l\u2019\u00e9v\u00eaque de Martinique, Mgr de Cormont, s\u2019est, h\u00e9las, toujours refus\u00e9 \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler l\u2019importance, comme l\u2019usage qui en fut fait.<\/p>\n<p>Les autres parties du monde ne furent pas de reste dans ce mouvement de solidarit\u00e9. Les journaux y furent \u00e9galement impliqu\u00e9s\u00a0; aussi les \u00e9glises fran\u00e7aises \u00e0 Saint-Petersbourg, \u00e0 Vienne, \u00e0 J\u00e9rusalem, \u00e0 Lisbonne, \u00e0 Tunis etc, organis\u00e8rent-elles des qu\u00eates en faveur des sinistr\u00e9s de la Martinique\u00a0; des parlements \u00e9trangers, notamment de Hongrie, d\u2019Italie, s\u2019associ\u00e8rent \u00e0 cet \u00e9lan.<\/p>\n<p>Jamais la civilisation n\u2019avait manifest\u00e9 un tel \u00e9lan de solidarit\u00e9 vis-\u00e0-vis d\u2019une communaut\u00e9 gravement sinistr\u00e9e dans le monde. Cette catastrophe de la Martinique avait-elle donn\u00e9 l\u2019occasion aux hommes de prendre conscience de la solidarit\u00e9 potentielle qui les reliait sur la plan\u00e8te\u00a0? Quelques-uns l\u2019ont pens\u00e9.<\/p>\n<p>H\u00e9las\u00a0! Et c\u2019est l\u00e0 encore un des enseignements importants de la catastrophe de 1902\u00a0: les v\u00e9ritables sinistr\u00e9s dans l\u2019ensemble n\u2019ont pas connu tout le b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019auraient souhait\u00e9 leurs g\u00e9n\u00e9reux donateurs. R\u00e9sultat, d\u2019ailleurs, que laissaient absolument pr\u00e9voir l\u2019organisation et la conception du comit\u00e9 national de secours. Pourquoi ce comit\u00e9 devait-il \u00eatre, en effet, pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre de la Marine et des colonies, alors que les fonds qu\u2019il devait recueillir \u00e9taient fondamentalement des fonds priv\u00e9s\u00a0? N\u2019\u00e9tait-ce pas s\u2019exposer \u00e0 une confusion entre les aides publiques et les aides priv\u00e9es, ainsi qu\u2019\u00e0 des oppositions quant \u00e0 l\u2019usage de ces fonds, ce qui ne pouvait qu\u2019\u00eatre pr\u00e9judiciable aux int\u00e9r\u00eats de ces sinistr\u00e9s.<\/p>\n<p>Et en effet, le pr\u00e9sident, ayant impos\u00e9 le principe que ce comit\u00e9\u00a0 ne devait \u00eatre qu\u2019un <em>comit\u00e9 de secours<\/em>, ses fonds ne pouvaient donc participer aux actions de cr\u00e9ation d\u2019activit\u00e9 et de reconstruction dans la colonie sinistr\u00e9e, mais seulement aux actions de secours en vivres essentiellement. Nous verrons ensuite les cons\u00e9quences tr\u00e8s f\u00e2cheuses d\u2019un tel choix pour les sinistr\u00e9s du nord \u00e0 partir de fin juillet 1902.<\/p>\n<p>Il fallait d\u2019autant plus redouter toute cette issue des choses que les parlementaires martiniquais furent \u00e9cart\u00e9s de ce comit\u00e9.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>6) Sur l\u2019\u00e9pineuse question de la gestion des sinistr\u00e9s apr\u00e8s la catastrophe.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Vaste question que nous avons trait\u00e9e dans notre livre r\u00e9cent <em>Histoire sociale de la catastrophe de 1902.<\/em> Cette catastrophe, sous cet aspect des choses, enseignait le principe suivant de port\u00e9e universelle\u00a0: si les autorit\u00e9s ne parviennent pas \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019attente sociale premi\u00e8re des sinistr\u00e9s \u00e9loign\u00e9s de leur foyers d\u2019origine, en l\u2019occurrence les reclasser, jusqu\u2019\u00e0 la fin certaine de l\u2019al\u00e9a naturel, pour leur permettre de trouver une activit\u00e9 pr\u00e9servant leur dignit\u00e9 d\u2019hommes, elles prennent le risque de se cr\u00e9er de tr\u00e8s graves d\u00e9convenues en fait de s\u00e9curit\u00e9 de ces derniers.<\/p>\n<p>Une \u00e9ruption phr\u00e9ato-magmatique de type p\u00e9l\u00e9en, faut-il en effet rappeler, peut avoir une dur\u00e9e aux cons\u00e9quences\u00a0 potentiellement dramatiques. Celle de la Montagne Pel\u00e9e en 1902 \u00a0a dur\u00e9 trois ans, avec des pauses de dur\u00e9e tr\u00e8s in\u00e9gale\u00a0(il en fut de m\u00eame en 1929).<\/p>\n<p>Ainsi, en juillet 1902, les autorit\u00e9s avaient \u00e0 charge pr\u00e8s de 22\u00a0000 sinistr\u00e9s \u00e9vacu\u00e9s de la zone dangereuse \u00e0 la fin du mois de mai. Les fonds dont pouvait disposer la commission locale de secours pour les assister en vivres, commen\u00e7aient \u00e0 lui faire gravement d\u00e9faut. Pr\u00e8s de 10\u00a0000 sinistr\u00e9s, par ailleurs, \u00a0\u00e9taient h\u00e9berg\u00e9s dans quelques centres d\u2019accueil \u00e0 Fort-de-France, et dans des conditions de promiscuit\u00e9 donnant \u00e0 craindre le pire sur le plan sanitaire. Une \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre grave \u00e0 forme typho\u00efde y avait fait son apparition et qu\u2019on avait du mal \u00e0 traiter. Les d\u00e9c\u00e8s commen\u00e7aient \u00e0 se multiplier.<\/p>\n<p>La commission locale de secours pr\u00e9sid\u00e9e par Victor S\u00e9v\u00e8re avait con\u00e7u un plan pour faire face \u00e0 la situation\u00a0: \u00a0\u00e9vacuer de toute urgence les sinistr\u00e9s de la ville et mettre au travail l\u2019ensemble d\u2019entre eux gr\u00e2ce \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une s\u00e9rie de projets d\u2019utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale con\u00e7us par elle, tels la cr\u00e9ation de la route de Case-Pilote au Carbet, des travaux de r\u00e9fection de quelques voies autour de Fort-de-France et sur le site de la Rivi\u00e8re Madame devenu dangereux pour la salubrit\u00e9 publique dans la ville. Elle projetait de m\u00eame l\u2019acquisition par la colonie d\u2019un certain nombre d\u2019habitations tomb\u00e9es en d\u00e9sh\u00e9rence pour \u00eatre loties au b\u00e9n\u00e9fice des sinistr\u00e9s. H\u00e9las\u00a0! Le ministre des colonies (de surcro\u00eet pr\u00e9sident du comit\u00e9 national de secours aux sinistr\u00e9s) refusa \u00e0 la commission locale de secours les moyens financiers n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de ses projets, la confinant au r\u00f4le \u00e9troit de commission exclusive de secours. Mais, m\u00eame s\u2019agissant des fonds pour l\u2019acquisition de secours en vivres, la commission locale de secours s\u2019est trouv\u00e9e financi\u00e8rement en difficult\u00e9 au mois de juillet, alors m\u00eame que les caisses\u00a0 du comit\u00e9 national de secours \u00e9taient pleines.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de cette situation que le gouverneur int\u00e9rimaire, Georges Lhuerre, toujours en poste, en arriva \u00e0 la d\u00e9cision de renvoyer les sinistr\u00e9s dans leurs foyers d\u2019origine au d\u00e9but du mois d\u2019ao\u00fbt, et de fa\u00e7on compl\u00e8tement irresponsable. Le gouverneur titulaire Georges Lemaire, arriv\u00e9 ensuite le 23 ao\u00fbt \u00e0 la t\u00eate de la colonie, ajouta ensuite sa responsabilit\u00e9 coupable (par sa surdit\u00e9 notamment aux alertes qui lui furent adress\u00e9es). On conna\u00eet la suite des \u00e9v\u00e9nements. La \u00a0Montagne Pel\u00e9e, ayant repris son activit\u00e9 \u00e9ruptive \u00e0 partir du 15 ao\u00fbt avec une intensit\u00e9 in\u00e9dite, la Martinique perdit de nouveau, le 30 ao\u00fbt,\u00a0 1300 de ses fils\u00a0; c\u2019est le chiffre officiel communiqu\u00e9 par le gouverneur, mais le s\u00e9nateur Knight avan\u00e7a le chiffre de 2000 victimes au Morne-Rouge, \u00e0 Basse-Pointe et \u00e0 Ajoupa-Bouillon.<\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 la gestion des fonds de solidarit\u00e9 des souscriptions publiques, la Martinique doit \u00e9veiller sa vigilance \u00e0 cet \u00e9gard, en cas de survenue d\u2019une prochaine grosse calamit\u00e9 naturelle qui viendrait \u00e0 la frapper. L\u2019exp\u00e9rience r\u00e9cente de la r\u00e9publique d\u2019Ha\u00efti suite au s\u00e9isme du 11 janvier 2010, surnomm\u00e9e depuis <em>la r\u00e9publique des ONG<\/em>, rappelle, s\u2019il en \u00e9tait besoin, les \u00e9normes difficult\u00e9s qu\u2019elle conna\u00eetrait autrement.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong><em>7\u00a0) Sur l\u2019intensit\u00e9 du drame humain qui s\u2019est jou\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre dans ses derniers jours d\u2019existence.<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>De mani\u00e8re tr\u00e8s injuste, on a jug\u00e9 la population pierrotine \u00a0passive, indolente, na\u00efve, devant les signes volcaniques pr\u00e9curseurs. C\u2019est oublier, comme l\u2019affirme bien Claude Levi-Strauss, qu\u2019<em>il n\u2019existe pas de peuples enfants, tous sont adultes, m\u00eame ceux qui n\u2019ont pas tenu le journal de leur enfance et de leur adolescence<\/em>.<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><em><strong>[3]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Cette population avait v\u00e9cu des calamit\u00e9s naturelles d\u2019une rare violence dans son histoire\u00a0; elle ne pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une population sans exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019approche d\u2019un important risque. Son comportement d\u2019ensemble en 1902 est celui qu\u2019aurait eu toute population analogue, sous quelque latitude que ce soit, et plac\u00e9e dans la m\u00eame situation.<\/p>\n<p>D\u2019abord, ne l\u2019oublions pas, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9gar\u00e9e par\u00a0 les fausses assurances d\u2019Autorit\u00e9s civiles \u00a0sans aucune intelligence du ph\u00e9nom\u00e8ne naturel auquel elles \u00e9taient confront\u00e9es. Personne, \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans notre soci\u00e9t\u00e9, ne pouvait supposer, il est vrai, la survenue d\u2019un agent volcanique aussi soudain et d\u00e9vastateur en ce matin du 8 mai \u00e0 Saint-Pierre. Mais de l\u00e0 \u00e0 se croire autoris\u00e9es \u00e0 propager de telles nouvelles optimistes, il s\u2019en fallait de beaucoup. \u00a0Cette catastrophe est avant tout \u00e0 cet \u00e9gard un drame de l\u2019ignorance.<\/p>\n<p>Ensuite, toutes les familles ais\u00e9es, ressentant confus\u00e9ment le danger d\u2019y demeurer, ont abandonn\u00e9 la ville \u00e0 temps. R\u00e9flexe auquel on assisterait n\u2019importe o\u00f9. Il n\u2019en fut pas h\u00e9las de m\u00eame des familles socialement modestes, qui n\u2019avaient pas les moyens d\u2019abandonner Saint-Pierre. L\u2019embarras, on le sait, a toujours\u00a0 nui aux humbles en face du malheur.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, l\u2019\u00e2me humaine, en ces circonstances d\u2019incertitude, est travers\u00e9e par des r\u00e9flexes paradoxaux qui ne se r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019\u00e0 ces moments. Les gens se sont sentis perdus\u00a0; on abandonnait presqu\u2019autant la ville qu\u2019on venait s\u2019y r\u00e9fugier (les gens du Morne-Rouge, du Pr\u00eacheur), selon <em>cet instinct irr\u00e9fl\u00e9chi qui m\u00e8ne la foule de tous les temps et de tous les pays aux jours de panique. Les Pomp\u00e9iens, eux aussi, abandonnaient leur ville tandis que les campagnards venaient s\u2019y r\u00e9fugier\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0 devait rappeler \u00e0 cet \u00e9gard A.Lacroix.<\/p>\n<p>La ville a\u00a0 exerc\u00e9 un attrait d\u2019ordre symbolique singulier sur l\u2019inconscient de ces malheureux, comme explique de m\u00eame le psychologue des profondeurs, Carl Gustave Jung\u00a0:<em>\u00a0\u00ab\u00a0la ville est un symbole, une femme qui renferme en elle ses habitants comme autant d\u2019enfants.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Autre attitude collective des Pierrotins, dans leur crise d\u2019incertitude, ils se sont r\u00e9fugi\u00e9s massivement dans des actions de pri\u00e8res. Les \u00e9glises ne d\u00e9semplissaient pas. Selon les mots de l\u2019abb\u00e9 Moerens, <em>les trois derniers jours de Saint-Pierre ont \u00e9t\u00e9 pour ses habitants, des jours de p\u00e9nitence, de r\u00e9paration, de pri\u00e8res, et finalement comme un triduum de pr\u00e9paration \u00e0 la Mort. <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Et pure illusion fut d\u2019interpr\u00e9ter ce comportement comme l\u2019expression d\u2019un sentiment collectif de culpabilit\u00e9 des Pierrotins pour une pr\u00e9tendue vie dissolue. Leur sentiment religieux \u00e9tait au contraire exacerb\u00e9 par la conscience de l\u2019extr\u00eame fragilit\u00e9 de leur condition de vie face aux nombreuses calamit\u00e9s naturelles ayant jalonn\u00e9 leur pass\u00e9. Cette population a \u00e9t\u00e9 envahie par <em><sup>\u00ab<\/sup>l\u2019id\u00e9e de Dieu cr\u00e9ateur et destructeur \u00e0 la fois\u00a0<sup>\u00bb<\/sup><\/em> tapie <em>dans l\u2019inconscient<\/em> collectif et que Carl Gustav Jung nous pr\u00e9sente comme <em><sup>\u00ab\u00a0<\/sup>une id\u00e9e qui, dans tous les pays du monde, de tous les temps et toujours \u00e0 nouveau, s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 l\u2019humanit\u00e9\u00a0 sous la forme d\u2019une puissance de l\u2019au-del\u00e0, \u00e0 laquelle on est livr\u00e9, qui fait na\u00eetre comme elle tue, image des n\u00e9cessit\u00e9s in\u00e9vitables de la vie\u2026\u00a0<sup>\u00bb<\/sup><\/em><\/p>\n<p>Le drame v\u00e9cu l\u00e0 par la population pierrotine rev\u00eat l\u00e0 tr\u00e8s s\u00fbrement une dimension de la condition humaine dans sa fragilit\u00e9 originelle.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000\"><strong>En r\u00e9sum\u00e9, cette catastrophe de 1902 \u00e0 la Martinique a frapp\u00e9 les esprits dans le monde pendant d\u2019aussi longues semaines, non seulement pour son c\u00f4t\u00e9 brutal et d\u00e9vastateur, mais parce qu\u2019elle\u00a0 les avait sensibilis\u00e9s aussi sur ces divers autres plans nouveaux. Sa richesse en enseignements multiples ne s\u2019est pas \u00e9puis\u00e9e avec le temps\u00a0; elle demeure un cas d\u2019\u00e9cole dans l\u2019\u00e9tude des catastrophes naturelles et de ses diverses cons\u00e9quences sociales.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>L\u00e9o Ursulet, historien<\/strong><\/p>\n<p><strong>PS\u00a0: L\u2019auteur recommande \u00e0 ses lecteurs deux livres qu\u2019il a consacr\u00e9s \u00e0 cette grande question\u00a0, et un troisi\u00e8me peu connu chez nous mais riche par ses \u00e9clairages sur cette catastrophe :<\/strong><\/p>\n<p>&#8211;<em>Le bonheur l\u2019attendait ailleurs<\/em>, roman sur la fin de la ville de Saint-Pierre.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Histoire sociale de la catastrophe de 1902<\/em>, ouvrage publi\u00e9 par les Editions Orphie en novembre 1919.<\/li>\n<\/ul>\n<p>-La catastrophe de la Montagne Pel\u00e9e, \u00e9dit\u00e9 chez l\u2019Harmattan et \u00e9crit par Jean-Paul Poirier.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Jean-Paul Poirier, <em>La catastrophe de la Montagne Pel\u00e9e, <\/em>L\u2019Harmattan, 2017, pp.119-120<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ibid.p.94.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Claude L\u00e9vi-Strauss, <em>Races et Histoire, Unesco.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> U.Moerens, <em>P\u00e9l\u00e9rinage fun\u00e8bre aux ruines de Saint-Pierre Martinique, <\/em>Paris, 1903, p.121.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De L\u00e9o Ursulet.\u00a0 La catastrophe de 1902 \u00e0 la Martinique figure de mani\u00e8re tr\u00e8s discr\u00e8te dans le r\u00e9pertoire des catastrophes naturelles les plus meurtri\u00e8res dans le monde. Pourtant la perte de 29 000 victimes pour sa population en 1902 de 204 000 \u00e2mes, correspondrait par exemple pour la France d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 une perte de 9,4<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":1841,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2,9],"tags":[],"class_list":["post-34526","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34526","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34526"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34526\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1841"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34526"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34526"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34526"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}