{"id":43948,"date":"2023-02-14T15:53:44","date_gmt":"2023-02-14T14:53:44","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=43948"},"modified":"2023-02-14T15:53:44","modified_gmt":"2023-02-14T14:53:44","slug":"il-y-a-55-ans-en-martinique-le-manifeste-de-lojam-decembre-1962","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/il-y-a-55-ans-en-martinique-le-manifeste-de-lojam-decembre-1962\/","title":{"rendered":"Il y a 55 ans en Martinique : le Manifeste de l&rsquo;OJAM (d\u00e9cembre 1962)"},"content":{"rendered":"<section class=\"blogs__heading-wrapper\">\n<div class=\"container\">\n<div class=\"blogs__heading grid padding-block:600\" data-content-heading=\"\">\n<div class=\"blogs__heading__center\">\n<p class=\"subheading-product:01 color:text-product margin-top:600  \"><strong><span style=\"color: #800000\">Actualit\u00e9 oblige, vous trouverez ici un rappel de \u00ab\u00a0l&rsquo;Affaire de l&rsquo;OJAM\u00a0\u00bb extrait du site https:\/\/blogs.mediapart.fr. Antilla, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, lors d&rsquo;un prochain article vous fournir peut-\u00eatre \u00ab\u00a0une autre vision\u00a0\u00bb ou un autre t\u00e9moignage.<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"subheading-product:01 color:text-product margin-top:600  \"><strong>En 1963, 18 jeunes Martiniquais sont arr\u00eat\u00e9s pour avoir diffus\u00e9 un manifeste anticolonialiste. Ils seront incarc\u00e9r\u00e9s et inculp\u00e9s pour atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat. L&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM marque un tournant dans les luttes politiques antillaises. R\u00e9cit par l&rsquo;historien Armand Nicolas d&rsquo;une page essentielle de l&rsquo;histoire contemporaine martiniquaise, puis texte int\u00e9gral du Manifeste de l&rsquo;OJAM.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<section class=\"blogs__body-wrapper\">\n<div class=\"container\">\n<div class=\"blogs__body grid\">\n<div class=\"blogs__body__center splitter _vertical\">\n<div class=\"splitter__first\">\n<div class=\"blogs__body__center__article blogs__rich-text-content color:text-default content-body-news:02 margin-top:600\">\n<p>Trois ans avant le retour d&rsquo;\u00c9douard Glissant en Martinique en 1965 et cinq ans avant la cr\u00e9ation de l&rsquo;IME (Institut martiniquais d&rsquo;\u00e9tudes) en 1967 (nous \u00e9voquions r\u00e9cemment ce contexte avec Juliette \u00c9loi-Bl\u00e9z\u00e8s lors du colloque \u00ab \u00c9douard Glissant et\u00a0<i>Le Discours antillais<\/i>\u00a0: la source et le delta \u00bb, en avril 2019 \u00e0 Paris), \u00e9clate la retentissante affaire de l&rsquo;OJAM (Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique). Ces 18 jeunes Martiniquais inculp\u00e9s puis incarc\u00e9r\u00e9s pour avoir simplement placard\u00e9 un manifeste de revendications politiques, ont alors en grande partie pour mod\u00e8le la toute r\u00e9cente exp\u00e9rience du Front antillo-guyanais qu&rsquo;\u00c9douard Glissant avait fond\u00e9 en 1961 avec\u00a0Albert\u00a0B\u00e9vfille, Cosnay Marie-Joseph et l\u2019avocat Marcel Manville &#8211; qui d\u00e9fendra d&rsquo;ailleurs les membres de l&rsquo;OJAM lors de leurs proc\u00e8s.\u00a0R\u00e9cit par Armand Nicolas (extrait de sa monumentale\u00a0<i>Histoire de la Martinique<\/i>), images d&rsquo;archives et texte int\u00e9gral du manifeste de 1962.<\/p>\n<figure class=\"media--image format-66-pcent _align:left orientation-landscape\">\n<div class=\"media--image--wrapper\">\n<figure style=\"width: 399px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/etmagine\/article_google_discover\/files\/2019\/05\/25\/armnicolashm.jpg\" alt=\"Illustration 1\" width=\"399\" height=\"340\" data-original=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/etmagine\/article_zoomed\/files\/2019\/05\/25\/armnicolashm.jpg\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">ARMAND NICOLAS,\u00a0Histoire de la Martinique, tome 3 (1939-1971),\u00a0Paris, L&rsquo;Harmattan, 1998, p. 213-232 (extraits) :\u00a0<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/figure>\n<p><b>L&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM (1963)<\/b>\u00a0&#8211;\u00a0Un des temps forts de cet affrontement [entre le camp assimilationniste et la camp de l&rsquo;autonomie] fut\u00a0 \u00e0 partir de 1963, \u00ab l&rsquo;Affaire de l&rsquo;OJAM \u00bb, qui restera, durant plus de 2 ann\u00e9es, au centre de la vie martiniquaise. Les \u00e9v\u00e9nements de d\u00e9cembre 59 avaient \u00e9t\u00e9 le r\u00e9v\u00e9lateur du r\u00f4le que la jeunesse pouvait jouer en vue de faire avancer la soci\u00e9t\u00e9. Elle avait alors spontan\u00e9ment exprim\u00e9 sa col\u00e8re devant le racisme, son m\u00e9contentement pour la situation qui lui \u00e9tait faite par la politique gouvernementale. Elle voulait le changement pour am\u00e9liorer ses conditions de vie et pour son \u00e9panouissement intellectuel. Mais quelle solution ? Quels moyens ? Tout cela n&rsquo;\u00e9tait pas encore tr\u00e8s clair pour elle. Il faut dire qu&rsquo;en dehors des associations sportives et de loisirs, la jeunesse n&rsquo;avait gu\u00e8re de moyens d&rsquo;expression. [&#8230;]<\/p>\n<p>En 1963, parait le\u00a0 \u00ab Cri des Jeunes \u00bb, journal des jeunes communistes (Directeur Ed. Del\u00e9pine) qui sera fr\u00e9quemment saisi et poursuivi devant les tribunaux par le Pr\u00e9fet. Le Pr\u00e9fet Grollemund \u00e9crit \u00e0 son Ministre en 1963: \u00ab l&rsquo;effort d\u00e9ploy\u00e9 (par le PCM) aupr\u00e8s des jeunes des lyc\u00e9es et des autres \u00e9tablissements scolaires est consid\u00e9rable \u00bb. Il importe de souligner l&rsquo;importance des Associations d&rsquo;Etudiants Martiniquais en France, qui rassemblent des jeunes d&rsquo;opinions diverses, mais qui se sont toujours pr\u00e9occup\u00e9 des probl\u00e8mes de leur pays et associ\u00e9 aux luttes anticolonialistes ou d\u00e9mocratiques (d\u00e9fense des libert\u00e9s etc &#8230;). En 1945, c&rsquo;est l&rsquo;Association des Etudiants Martiniquais, surtout constitu\u00e9e de\u00a0 \u00ab parisiens \u00bb, puis sera cr\u00e9\u00e9e l&rsquo;Association G\u00e9n\u00e9rale des Etudiants (AGEM) qui s&rsquo;efforce de regrouper les \u00e9tudiants de toutes les Universit\u00e9s et aura m\u00eame une \u00ab antenne \u00bb en Martinique. [&#8230;]<\/p>\n<p><b>Naissance de l&rsquo;OJAM : un Manifeste<\/b><br \/>\nL&rsquo;affrontement entre la jeunesse anticolonialiste et le pouvoir gouvernemental va conna\u00eetre son point culminant avec \u00ab\u00a0l&rsquo;Affaire de l&rsquo;OJAM\u00a0\u00bb.\u00a0D\u00e8s 1961, de nombreux \u00e9tudiants martiniquais viennent en vacances au pays. Ils sont choqu\u00e9s par la mis\u00e8re des masses, par la r\u00e9pression et les atteintes aux libert\u00e9s, par le sort p\u00e9nible des jeunes sans d\u00e9bouch\u00e9s. Il y a une prise de conscience : le syst\u00e8me d\u00e9partemental, qui masque le maintien du syst\u00e8me colonial, en est responsable. Aux vacances de 1962, ils vont encore sur le terrain, dans les mornes et les bourgs o\u00f9 ils tiennent des r\u00e9unions avec des jeunes. Ils d\u00e9cident alors de s&rsquo;associer aux jeunes anticolonialistes locaux pour s&rsquo;organiser. Ils cr\u00e9ent, fin 1962, l&rsquo;Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique (OJAM). L&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale pr\u00e9paratoire a eu lieu publiquement \u00e0 la Maison des Syndicats de Fort-de-France le 10 octobre 62. Il est mis au point un Manifeste de la Jeunesse Martiniquaise \u00ab\u00a0contre le colonialisme, pour la lib\u00e9ration de la Martinique\u00a0\u00bb. Dans ce document, \u00ab\u00a0discut\u00e9 et adopt\u00e9 par tous\u00a0\u00bb on d\u00e9clare \u00ab\u00a0qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;agir ni d&rsquo;un groupe clandestin, ni d&rsquo;un comit\u00e9 ultra secret charg\u00e9 d&rsquo;on ne saurait qu&rsquo;elle t\u00e2che\u00a0\u00bb. Elle entend donc agir publiquement, \u00e0 visage d\u00e9couvert. Le Manifeste souligne qu&rsquo;elle n&rsquo;est \u00ab\u00a0affili\u00e9e \u00e0 aucun parti politique ou famille spirituelle\u00a0\u00bb. Elle comprend de jeunes communistes et une majorit\u00e9 de jeunes sans parti. Il affirme : \u00ab\u00a0Le moment est venu de lib\u00e9rer notre pays du carcan colonial afin d&rsquo;\u00eatre et de n&rsquo;\u00eatre que nous-m\u00eames\u00a0\u00bb. Pour \u00ab\u00a0Une Martinique martiniquaise\u00a0\u00bb. Ce Manifeste est publiquement vendu, puis reproduit sur une grande affiche placard\u00e9e dans toute l&rsquo;\u00eele et qui proclame \u00ab\u00a0le droit des Martiniquais de diriger leurs propres affaires\u00a0\u00bb. La discussion du budget des DOM \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale a apport\u00e9 de l&rsquo;eau au moulin des adversaires de la d\u00e9partementalisation, dont l&rsquo;OJAM. C&rsquo;est M. Pierre Bas, d\u00e9put\u00e9 UNR, rapporteur sp\u00e9cial de la Commission des Finances, qui jette le pav\u00e9 dans la mare. Il est sans complaisance pour la\u00a0politique du gouvernement UNR (dont il est un des soutiens). Cela se passe le 22 janvier 1963, avant l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Affaire. M. Pierre Bas : \u00ab\u00a0Les ann\u00e9es d&rsquo;impr\u00e9voyance ont laiss\u00e9 s&rsquo;accumuler une masse de jeunes sans emploi. Le probl\u00e8me n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vu \u00e0 temps et lorsqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 vu on n&rsquo;a pas eu le courage de prendre les mesures qu&rsquo;il fallait &#8230; Mais depuis 70 ans, rien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pratiquement fait. Pendant ce temps, tout progressait en France et dans le monde. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la R\u00e9union se sont enlis\u00e9es et sont maintenant &#8211; j&rsquo;en rougis &#8211; des pays sous d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb. Au m\u00eame moment l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;ONU, dans sa 17\u00e8me session du 21 d\u00e9cembre 62, d\u00e9cidait d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;octroi de l&rsquo;ind\u00e9pendance aux derni\u00e8res colonies.<\/p>\n<p><b>Premi\u00e8res arrestations<\/b><br \/>\nLe 11 f\u00e9vrier 1963, des gendarmes proc\u00e8dent \u00e0 l&rsquo;arrestation d&rsquo;Henri Armongon, jeune contr\u00f4leur des douanes. Elle est suivie de perquisitions et d&rsquo;une cascade d&rsquo;arrestations. Herv\u00e9 Florent, avocat, (Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OJAM). Manfred Lamotte, \u00e9tudiant, Rodolphe D\u00e9sir\u00e9, m\u00e9decin, Guy Dufond, enseignant, Victor Lesort, bijoutier, Roger Riam, L\u00e9on Sainte-Rose, Roland Lordinot, Gesner Menc\u00e9 instituteurs sont jet\u00e9s en prison. Pour alimenter le \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb, la police poursuit les arrestations : Joseph Ren\u00e9 Corail, artiste, Pierre Davidas (ouvrier). Bient\u00f4t ils seront 12 emprisonn\u00e9s. Le Docteur Henri Pied et Marl\u00e8ne Hospice (dirigeants de l&rsquo;AGEM) arriv\u00e9s d&rsquo;un navire bananier sont aussit\u00f4t arr\u00eat\u00e9s puis rel\u00e2ch\u00e9s. Marl\u00e8ne Hospice (Pr\u00e9sidente de l&rsquo;AGEM) est refoul\u00e9e en France par avion.<\/p>\n<p><b>Les d\u00e9partementalistes se d\u00e9cha\u00eenent<\/b><br \/>\nUne atmosph\u00e8re surchauff\u00e9e s&rsquo;installe dans le pays. Du c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0d\u00e9partementaliste\u00a0\u00bb c&rsquo;est un d\u00e9cha\u00eenement de haine contre les \u00ab\u00a0auteurs du complot\u00a0\u00bb. Les rumeurs vont bon train : on parle de l&rsquo;arriv\u00e9e \u00ab\u00a0d&rsquo;un navire cubain charg\u00e9 d&rsquo;armes, d&rsquo;un projet de d\u00e9barquement de Fidel Castro, de bombes qui seraient pos\u00e9es durant le Carnaval\u00a0\u00bb etc &#8230; La presse d\u00e9partementaliste hurle. Le \u00ab\u00a0Sportif&rsquo; lance un appel \u00ab\u00a0pour faire front \u00e0 la poign\u00e9e d&rsquo;exalt\u00e9s qui cat\u00e9chise et sape le moral de notre jeunesse\u00a0\u00bb. Radio-Martinique r\u00e9percute les d\u00e9clarations de politiciens, les motions de Conseils Municipaux ou d&rsquo;Associations cr\u00e9\u00e9es pour la circonstance (par exemple, un \u00ab\u00a0Comit\u00e9 de D\u00e9fense de la Martinique Fran\u00e7aise\u00a0\u00bb \u00e9crit : \u00ab\u00a0Ce sont de jeunes criminels qui ne trompent personne, et \u00ab\u00a0bien qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent le contraire, nous disons qu&rsquo;il y a complot contre l&rsquo;Etat Fran\u00e7ais, complot contre la grande majorit\u00e9 des Martiniquais. Il y a complot parce qu&rsquo;il y a salaire re\u00e7u de l&rsquo;\u00e9tranger pour entretenir la subversion &#8230; Nous d\u00e9clarons la guerre \u00e0 ces sectaires born\u00e9s, tributaires de la subversion mondiale et nous leur disons carr\u00e9ment non\u00a0\u00bb. Le Conseil G\u00e9n\u00e9ral vote une motion (21 voix contre 5 (4 communistes, 1 PPM)). Le but de l&rsquo;OJAM, dit-il, \u00e9tait de : \u00ab\u00a0fomenter des troubles dans l&rsquo;\u00eele, \u00e0 la faveur desquels ils se seraient empar\u00e9s du pouvoir par la violence et auraient proclam\u00e9 l&rsquo;ind\u00e9pendance de la Martinique &#8230; Un ensemble de pr\u00e9somptions graves d&rsquo;intelligence avec les agents de l&rsquo;\u00e9tranger dont la mission est, de notori\u00e9t\u00e9 publique, de substituer \u00e0 l&rsquo;administration fran\u00e7aise l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;une nation qui ne serait qu&rsquo;un relais strat\u00e9gique dans la lutte pour la domination mondiale du communisme international\u00a0\u00bb. Alors le Conseil G\u00e9n\u00e9ral \u00ab\u00a0fl\u00e9trit l&rsquo;attitude de ces jeunes qui&#8230; se sont pr\u00eat\u00e9s \u00e0 cette entreprise criminelle qui n&rsquo;aurait pour toute cons\u00e9quence que de livrer la Martinique \u00e0 la\u00a0jacquerie et de la pr\u00e9cipiter dans un ab\u00eeme de mis\u00e8re, au milieu des pires convulsions sociales\u00a0\u00bb. Il demande au gouvernement de frapper fort : \u00ab\u00a0de prononcer la dissolution de toutes les associations qui, de l&rsquo;aveu de leurs dirigeants et contre la volont\u00e9 de la population, se sont donn\u00e9 pour objectif, avec le concours d&rsquo;organisations subversives et sous le pr\u00e9texte fallacieux de l&rsquo;anticolonialisme, de faire sortir la Martinique du cadre de la R\u00e9publique fran\u00e7aise pour y \u00e9tablir un gouvernement national local \u00e0 la solde d&rsquo;un imp\u00e9rialisme \u00e9tranger &#8230; Insiste pour que le gouvernement mette tout en oeuvre afin que soient recherch\u00e9s et retenus tant \u00e0 la Martinique qu&rsquo;en M\u00e9tropole les vrais chefs responsables de ce mouvement anarchique\u00a0\u00bb. Le Dr Robert Rose Rosette (radical), Maire des Trois \u00celets, ajoute son grain de sel : \u00ab\u00a0Dans ce cas il a fallu pr\u00e9voir des d\u00e9p\u00f4ts d&rsquo;armes, des attaques, des meurtres, la neutralisation de la police et la gendarmerie &#8230; Dans la conjoncture actuelle, il faut attendre le juste ch\u00e2timent des tra\u00eetres du complot\u00a0\u00bb. Mais la palme revient sans doute au d\u00e9put\u00e9 socialiste Emmanuel V\u00e9ry qui s&rsquo;est pr\u00e9cipit\u00e9 \u00e0 la radio et dont l&rsquo;intervention du 2 avril a \u00e9t\u00e9 reprise par le journal \u00ab\u00a0l&rsquo;Information\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Il n&rsquo;est en effet question de rien moins que de prendre d&rsquo;assaut les immeubles administratifs, de s&rsquo;installer en lieu et place des autorit\u00e9s officielles, d&rsquo;assassiner m\u00eame tous ceux qui pourraient \u00eatre g\u00eanants &#8230; Les projets de coup de force \u00e0 main arm\u00e9e et d&rsquo;assassinats politiques doivent \u00eatre stopp\u00e9s rapidement et avec \u00e9nergie\u00a0\u00bb. Les promoteurs, dit-il, \u00ab\u00a0de ce complot criminel\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0rel\u00e8vent des lois qui r\u00e9gissent la S\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;Etat\u00a0\u00bb. Des Conseils Municipaux (Anses d&rsquo;Arlet, Diamant, Sainte-Marie, Sainte-Anne, Rivi\u00e8re Sal\u00e9e etc &#8230;) la \u00ab\u00a0Chambre d&rsquo;Agriculture\u00a0\u00bb (domin\u00e9e par les B\u00e9k\u00e9s) fl\u00e9trissent les partisans de \u00ab\u00a0l&rsquo;ind\u00e9pendance et r\u00e9affirment leur attachement \u00e0 la France\u00a0\u00bb.\u00a0Au d\u00e9but la population est abasourdie par ce matraquage m\u00e9diatique et autre.<\/p>\n<p><b>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, la solidarit\u00e9 s&rsquo;amplifie<\/b><br \/>\nLe Parti Communiste Martiniquais fut le premier \u00e0 r\u00e9agir et \u00e0 se mettre du c\u00f4t\u00e9 des jeunes. Il appelle \u00e0 un meeting le 23 f\u00e9vrier : le Pr\u00e9fet l&rsquo;interdit et \u00ab\u00a0Justice\u00a0\u00bb est saisi 2 fois en 8 jours. Le journal du 28 f\u00e9vrier \u00e9crivait : \u00ab\u00a0Tous les d\u00e9mocrates Martiniquais doivent se trouver unis pour exiger qu&rsquo;il soit mis un terme \u00e0 la r\u00e9pression, pour que les jeunes soient lib\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb. D\u00e9but mars, le PCM lance une souscription pour venir en aide aux familles des emprisonn\u00e9s. Puis le 2 avril c&rsquo;est la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00ab\u00a0Comit\u00e9 d&rsquo;Aide au emprisonn\u00e9s\u00a0\u00bb pr\u00e9sid\u00e9 par Th\u00e9lus L\u00e9ro, professeur au Lyc\u00e9e Technique, qui comprend des personnalit\u00e9s (les Docteurs de Thor\u00e9, Pierre Petit, P. Blanchard, J. Beaucelin, Michel Yoyo, G. Vaton, G\u00e9rard D\u00e9sir\u00e9e, le notaire R. Guatel, Louis Erim\u00e9e, industriel (ancien maire de Sainte-Marie), des ouvriers comme Rig. Laurence et Clotaire Thomassine, Andr\u00e9e Pierre Rose (avocate), G. Mauvois (dentiste), des enseignants (R. Ledron, Andr\u00e9e Gottin, L\u00e9onide Marie-Joseph), Andr\u00e9 Constant (opticien), des commer\u00e7ants, Roland Vilo et R. Suvelor, des ing\u00e9nieurs A. Moulanier et Lucien Cidalise-Montaise etc &#8230; des partis politiques (PCM, PSU), la CGT, l&rsquo;UFM, l&rsquo;UJCM en font partie : Les meetings et r\u00e9unions de solidarit\u00e9 et de d\u00e9nonciation de la r\u00e9pression se tiennent dans toute l&rsquo;\u00eele sous l&rsquo;\u00e9gide du Front de D\u00e9fense des Libert\u00e9s Publiques (FDLP). Celui-ci publie une lettre ouverte au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique contre les atteintes aux libert\u00e9s. De plus en plus l&rsquo;opinion tourne sa sympathie vers les jeunes. M\u00eame en haut lieu on s&rsquo;interroge, car le doute s&rsquo;installe. Le mars, le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur \u00e9crit \u00e0 son coll\u00e8gue du Minist\u00e8re des DOM : \u00ab\u00a0Je pense que cet \u00e9tat de\u00a0faits d\u00e9coule d&rsquo;une situation que vous connaissez parfaitement bien, mais je me permets de vous demander \u00e0 titre confidentiel, si la mat\u00e9rialit\u00e9 des faits existe bien, et dans la mesure o\u00f9 vous pourriez me les faire conna\u00eetre, les motifs qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 cette d\u00e9cision\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>Les 12 jeunes exp\u00e9di\u00e9s en France<\/b><br \/>\nCoup de th\u00e9\u00e2tre : le 9 mars, \u00e0 4 heures du matin, les 12 jeunes sont exp\u00e9di\u00e9s en France par avion, menott\u00e9s sous la surveillance de gardes mobiles, alors que l&rsquo;a\u00e9roport du Lamentin est boucl\u00e9 par un formidable d\u00e9ploiement de forces de gendarmerie. Ni familles, ni \u00e9pouses, ni avocats n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 avertis. Ces m\u00e9thodes font grandir l&rsquo;\u00e9motion et la r\u00e9probation dans l&rsquo;opinion publique qui parle de \u00ab\u00a0d\u00e9portation\u00a0\u00bb, de pression morale sur les jeunes pour les isoler de la sympathie populaire. Les avocats du Barreau de Fort-de-France unanimes protestent contre les conditions du transfert et le d\u00e9put\u00e9 C\u00e9saire pose une question \u00e9crite au Ministre. Le Procureur G\u00e9n\u00e9ral est oblig\u00e9 de monter au cr\u00e9neau pour se justifier. Dans un communiqu\u00e9, il d\u00e9clare que \u00ab\u00a0&#8230; les inculp\u00e9s group\u00e9s au sein d&rsquo;une organisation clandestine et qu&rsquo;ils ont d\u00e9nomm\u00e9e OJAM se proposaient non seulement par des moyens de propagande, mais \u00e9galement par une action subversive de d\u00e9tacher le d\u00e9partement de la Martinique de tous liens constitutionnels d&rsquo;avec la France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>En France : protestations et solidarit\u00e9<\/b><br \/>\nLes jeunes sont incarc\u00e9r\u00e9s \u00e0 Fresnes o\u00f9 il obtiennent aussit\u00f4t le r\u00e9gime de prisonniers politiques, moins rigoureux. Un arr\u00eat de la Cour de Cassation dessaisit le juge d&rsquo;instruction de Fort-de-France au profit de celui de la Seine, M. Bonnefous. L&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise, d\u00e9j\u00e0 inform\u00e9e des \u00e9v\u00e8nements (articles dans \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Combat\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0L&rsquo;Humanit\u00e9\u00a0\u00bb, notamment), est d\u00e9sormais alert\u00e9e. Les associations d&rsquo;\u00e9tudiants guadeloup\u00e9ens, guyanais, martiniquais, r\u00e9unionnais, l&rsquo;Association g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs antillais et guyanais en France publient un communiqu\u00e9 de protestation. Une lettre des \u00e9tudiants en m\u00e9decine de la Facult\u00e9 de Paris et de jeunes m\u00e9decins martiniquais, avec une trentaine de signatures, demande la mise en libert\u00e9 des emprisonn\u00e9s. Des personnalit\u00e9s fran\u00e7aises (JP. Sartre, \u00e9crivain, Jean Geoffroy, avocat, S\u00e9nateur du Vaucluse, JM. Domenach, directeur de la revue \u00ab\u00a0Esprit\u00a0\u00bb, Me Joe Nordman, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Association internationale des juristes d\u00e9mocrates, Me A. Borcker, avocat du Secours Populaire Fran\u00e7ais), tiennent une conf\u00e9rence de presse \u00e0 Paris qui re\u00e7oit des messages de solidarit\u00e9. Me Odet-Denis, avocat guadeloup\u00e9en, ancien Pr\u00e9sident du Tribunal de Fort-de-France, dresse dans \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb (24 mars), le dramatique tableau de la situation des peuples des \u00eeles. Il d\u00e9nonce certaines m\u00e9thodes \u00e9lectorales des Pr\u00e9fets en ces termes : \u00ab\u00a0Des Pr\u00e9fets en sont venus \u00e0 proclamer envers et contre tous des candidats non \u00e9lus\u00a0\u00bb. Et il sait de quoi il parle. Le po\u00e8te martiniquais Gilbert Gratiant publie son \u00e9mouvant po\u00e8me pour les jeunes : \u00ab\u00a0Toute prison a sa fen\u00eatre\u00a0\u00bb. Le 13 mai les \u00e9tudiants martiniquais des diverses facult\u00e9s de France ont d\u00e9clench\u00e9 une gr\u00e8ve de 24 heures. \u00ab\u00a0La Ligue des Droits de l&rsquo;Homme\u00a0\u00bb de France, la F\u00e9d\u00e9ration Mondiale de la Jeunesse D\u00e9mocratique, l&rsquo;Union Nationale des Etudiants de France d\u00e9noncent la r\u00e9pression et protestent. D&rsquo;autant plus que celle-ci se poursuit : 2 jeunes m\u00e9decins Raymond et Christiane Voustad se voient refuser par le Pr\u00e9fet leur prise de fonction au Centre Hospitalier de Fort-de-France, parce qu&rsquo;ils ont sign\u00e9 une lettre de solidarit\u00e9. En France m\u00eame, fin juin, des perquisitions et interrogatoires sont effectu\u00e9s par la police chez une vingtaine d&rsquo;\u00e9tudiants martiniquais. Le Directeur de la DST (3\/7) avoue que \u00ab\u00a0les r\u00e9sultats &#8230; sont de faible importance\u00a0\u00bb : 3 nouveaux jeunes, L\u00e9o Ursulet (\u00e0 Toulouse), Renaud de Grandmaison (Bordeaux), Guy Anglionin (Caen) sont inculp\u00e9s dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM. Le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur interdit une soir\u00e9e de solidarit\u00e9 au profit des Familles organis\u00e9e par le Secours Populaire Fran\u00e7ais, ce qui provoque la protestation du groupe parlementaire communiste. Plus de 100 personnalit\u00e9s fran\u00e7aises (\u00e9crivains, professeurs d&rsquo;Universit\u00e9, m\u00e9decins, politiques, artistes, dirigeants d&rsquo;organisations de masse, religieux, officiers retrait\u00e9s), lancent un appel demandant la lib\u00e9ration des jeunes.<\/p>\n<p><b>Premier succ\u00e8s : 4 jeunes lib\u00e9r\u00e9s<\/b><br \/>\nLa protestation populaire marque des points : le 11 juillet le juge Bonnefous met en libert\u00e9 provisoire 4 des emprisonn\u00e9s : J. Ren\u00e9 Corail, R. Lordinot, G. Menc\u00e9, Sainte-Rose. Le Parquet, m\u00e9content, fait appel. La Chambre d&rsquo;accusation d\u00e9cide de lib\u00e9rer les 4. C&rsquo;est un premier succ\u00e8s. Une r\u00e9ception en leur honneur est organis\u00e9e au Comit\u00e9 Central du PCF et au Secours Populaire Fran\u00e7ais. De retour en Martinique le 31 ao\u00fbt par le paquebot \u00ab\u00a0Flandre\u00a0\u00bb, les 4 sont l&rsquo;objet d&rsquo;un chaleureux accueil populaire. Les gens applaudissent partout. Les barrages de police sont emport\u00e9s. La station de Radio Cara\u00efbes, qui avait donn\u00e9 un compte rendu objectif de l&rsquo;accueil, passe dans le collimateur du Pr\u00e9fet qui \u00e9crit, dans son rapport au Ministre du 4 septembre : \u00ab\u00a0Cette station vit essentiellement de la publicit\u00e9 pay\u00e9e en majeure partie par les commer\u00e7ants et n\u00e9gociants de Martinique et Guadeloupe. J&rsquo;ai pris contact avec les principaux d&rsquo;entre eux pour conna\u00eetre leurs intentions et rechercher les moyens juridiques les plus s\u00fbrs pour faire pression sur Radio-Cara\u00efbes afin d&rsquo;\u00e9viter le retour de pareil incident\u00a0\u00bb. Le Pr\u00e9fet ira jusqu&rsquo;\u00e0 interdire aux Maires de recevoir les 4 jeunes dans leur Mairie. Le 18 juillet, les jeunes emprisonn\u00e9s lancent une D\u00e9claration qui est communiqu\u00e9e \u00e0 la presse.\u00a0importance\u00a0\u00bb : 3 nouveaux jeunes, L\u00e9o Ursulet (\u00e0 Toulouse), Renaud de Grandmaison (Bordeaux), Guy Anglionin (Caen) sont inculp\u00e9s dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM. Le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur interdit une soir\u00e9e de solidarit\u00e9 au profit des Familles organis\u00e9e par le Secours Populaire Fran\u00e7ais, ce qui provoque la protestation du groupe parlementaire communiste. Plus de 100 personnalit\u00e9s fran\u00e7aises (\u00e9crivains, professeurs d&rsquo;Universit\u00e9, m\u00e9decins, politiques, artistes, dirigeants d&rsquo;organisations de masse, religieux, officiers retrait\u00e9s), lancent un appel demandant la lib\u00e9ration des jeunes. La Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement, au nom de ses 3 millions de membres, prend une motion \u00e0 son Congr\u00e8s du 19 juillet. Elle constate que \u00ab\u00a0l&rsquo;assimilation ne correspond plus \u00e0 la situation mondiale de 1963 ni aux aspirations des populations antillaises, guyanaises et r\u00e9unionnaises &#8230; s&rsquo;indigne de la politique de r\u00e9pression\u00a0\u00bb. Condamne le colonialisme et \u00ab\u00a0exige l&rsquo;application imm\u00e9diate de la Charte de la D\u00e9colonisation adopt\u00e9e par l&rsquo;ONU en d\u00e9cembre 1961\u00a0\u00bb. Elle appelle ses militants \u00e0 lutter \u00ab\u00a0pour que soit reconnu sans d\u00e9lai aux peuples de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de la R\u00e9union le droit de g\u00e9rer leurs propres affaires et de d\u00e9cider librement de leur avenir politique et de leur destin\u00a0\u00bb. Les \u00e9tudiants socialistes fran\u00e7ais demandent \u00ab\u00a0une \u00e9volution du statut de ces d\u00e9partements qui satisfasse le v\u0153u des populations et leur d\u00e9sir l\u00e9gitime de g\u00e9rer leurs propres affaires\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>Le\u00a0Proc\u00e8s : un dossier vide<\/b><br \/>\nLe Proc\u00e8s est fix\u00e9 au 25 novembre. L&rsquo;action de solidarit\u00e9 s&rsquo;intensifie en France et en Martinique. Le 7 novembre, l&rsquo;Ev\u00eaque de la Martinique, Mgr Varin de la I truneli\u00e8re, accompagn\u00e9 du R.P. Delawarde, rend visite \u00e0 la prison de Fresnes aux 8 jeunes encore incarc\u00e9r\u00e9s. La rencontre dure 1 heure. Voil\u00e0 qui ne plait gu\u00e8re aux ultras de la r\u00e9pression. Le 12 novembre, les 8 commencent la gr\u00e8ve de la faim pour protester contre les conditions pr\u00e9vues du d\u00e9roulement de 1eur proc\u00e8s. On les a laiss\u00e9 croupir en prison, alors qu&rsquo;on les a interrog\u00e9s\u00a0une seule fois en\u00a0six mois. Il est pr\u00e9vu de faire durer le\u00a0proc\u00e8s plus d&rsquo;l mois, \u00e0 raison de 2 s\u00e9ances par semaine. Cela n&rsquo;arrange pas les avocats et nombreux t\u00e9moins venus sp\u00e9cialement de Martinique. Les autorit\u00e9s judiciaires s&rsquo;inclinent et donnent des assurances : le proc\u00e8s aura lieu sans discontinuer. La gr\u00e8ve de la faim est suspendue. Le 25 novembre, le Pr\u00e9sident Batigne, connu pour sa rigueur et sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, ouvre le proc\u00e8s. Il y a 18 inculp\u00e9s (13 en Martinique, 5 en France), 17 avocats, une vingtaine de t\u00e9moins de moralit\u00e9 favorables aux jeunes, il n&rsquo;y a aucun t\u00e9moin \u00e0 charge. De nombreux journalistes fran\u00e7ais et \u00e9trangers sont dans la salle. Le proc\u00e8s d\u00e9bute par une d\u00e9claration commune des jeunes qui exprime leur position sur les probl\u00e8mes de leur pays. [&#8230;]<\/p>\n<p>Manifestement, les choses tournent mal pour l&rsquo;accusation. Le Minist\u00e8re des DOM vient \u00e0 la rescousse. Des pressions sont\u00a0exerc\u00e9es sur le Pr\u00e9sident Batigne. L&rsquo;\u00e9missaire du Ministre en donne le compte-rendu : \u00ab\u00a0A titre confidentiel il nous a dit qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 tenu au courant dans les moindres d\u00e9tails de la d\u00e9marche des DOM qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9e par M. Foyer sur lui et le Procureur G\u00e9n\u00e9ral &#8230; Le dossier est faible, pour lui &#8230; nous allons vers des peines minimum et peut \u00eatre m\u00eame un acquittement\u00a0\u00bb. Par ailleurs, le Ministre des DOM Jacquinot demanda au Ministre de la Justice, M. Foyer, de faire intervenir des t\u00e9moins \u00e0 charge. Il \u00e9crit, le 28 novembre : \u00ab\u00a0Il serait donc opportun pour le Tribunal de faire citer \u00e0 sa barre un certain nombre de personnalit\u00e9s susceptibles de r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9. Je me permets de vous sugg\u00e9rer de faire appel au Pr\u00e9fet Grollemund (Pr\u00e9fet d&rsquo;avril 61 \u00e0 octobre 63), au Docteur Camille Petit et \u00e0 M. Max Elys\u00e9e qui se trouvent tous trois pr\u00e9sentement \u00e0 Paris\u00a0\u00bb. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une lettre de M. Grollemund arriva au tribunal et fut l&rsquo;objet d&rsquo;un incident. Le 4 d\u00e9cembre, la presse parisienne publia une importante d\u00e9claration du bureau national du parti socialiste : \u00ab\u00a0il se d\u00e9clare \u00e9mu par le proc\u00e8s en cours &#8230; Il constate que les accus\u00e9s n&rsquo;allaient pas au del\u00e0 de l&rsquo;exposition d&rsquo;intentions. Il demande en cons\u00e9quence que soit garantie la libert\u00e9 d&rsquo;opinion inscrite dans la Constitution et rappelle que la solution des probl\u00e8mes pos\u00e9s \u00e0 la Martinique d\u00e9pend essentiellement de l&rsquo;expression d\u00e9mocratique des aspirations de la population\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment un cinglant d\u00e9saveu de l&rsquo;attitude des socialistes martiniquais. La d\u00e9fense fit son ouvrage avec s\u00e9rieux et brio, sous la conduite de Me Georges Gratiant, le talentueux avocat, qui fut de tous les proc\u00e8s politiques de cette p\u00e9riode et pour lequel les Martiniquais de toutes opinions ont \u00e9prouv\u00e9, durant toute sa vie, respect et admiration.<\/p>\n<p><b>5 condamnations pour sauver la face<\/b><br \/>\nLe verdict tomba : 13 acquittements. 5 condamnations : Armongon (3 ans de prison), H. Florent (3 ans), M. Lamotte (1 an), R. D\u00e9sir\u00e9 (2 ans), V. Lesort (18 mois). La satisfaction du \u00ab\u00a0camp des jeunes\u00a0\u00bb fut mitig\u00e9e. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 on fit la grimace. La baudruche s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9gonfl\u00e9e. Le PCF \u00e9leva une \u00e9nergique protestation contre le verdict \u00ab\u00a0colonialiste\u00a0\u00bb et Waldeck Rochet, son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, re\u00e7ut les jeunes lib\u00e9r\u00e9s au Comit\u00e9 Central. Les 5 retenus firent appel. L&rsquo;action de solidarit\u00e9 ne s&rsquo;att\u00e9nua pas en Martinique et en France. Le Proc\u00e8s en appel eut lieu le 17 avril 1964. Toutes les peines prononc\u00e9es accordaient le sursis. Le 21 mai, les 5 retrouv\u00e8rent leur pays, leurs familles au milieu de la joie de tous ceux qui les avaient soutenus. On leur r\u00e9clama 3 millions de francs de \u00ab\u00a0frais de justice\u00a0\u00bb, \u00e0 payer dans un d\u00e9lai de 8 jours, pour couvrir les frais de voyage des gardes mobiles qui les avaient escort\u00e9s dans l&rsquo;avion Fort-de-France-Paris !<br \/>\nUn jugement d&rsquo;une grande port\u00e9e<br \/>\nCette affaire a laiss\u00e9 beaucoup de traces dans la m\u00e9moire martiniquaise. Mais aussi elle a laiss\u00e9 un jugement d&rsquo;une extr\u00eame importance, qui a fait jurisprudence. En voici des extraits : \u00ab\u00a0Le tribunal consid\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;y a en l&rsquo;esp\u00e8ce ni attentat, ni complot, ni m\u00eame simple proposition de commettre un complot&#8230;\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Attendu que les inculp\u00e9s font valoir que les id\u00e9es pr\u00e9conis\u00e9es par le document dit plate-forme de base ne contiennent rien qui soit en contradiction avec les principes pos\u00e9s par la Constitution, laquelle pr\u00e9voit la possibilit\u00e9 d&rsquo;am\u00e9nagements au statut actuel des DOM, mais qu&rsquo;il appara\u00eet, aux pr\u00e9c\u00e9dents motifs du pr\u00e9sent jugement, que les inculp\u00e9s\u00a0retenus dans les liens de la pr\u00e9vention ne le sont pas pour avoir fait de la propagande en faveur d&rsquo;un am\u00e9nagement du statut actuel de la Martinique, mais seulement pour avoir commis des actes tombant sous le coup de la loi p\u00e9nale &#8230;\u00a0\u00bb R\u00e9sultat politique d&rsquo;une grande port\u00e9e : il \u00e9tait reconnu que revendiquer l&rsquo;autonomie ou m\u00eame l&rsquo;ind\u00e9pendance n&rsquo;\u00e9tait pas un d\u00e9lit. Les tenants du changement de statut le consid\u00e8rent comme une grande victoire.<\/p>\n<p><b>Les s\u00e9quelles de l&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM<\/b><br \/>\nDans cette affaire, le gouvernement avait \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t tenu en \u00e9chec. Aussi, fallait-il rapidement colmater les br\u00e8ches. D&rsquo;autant plus que la pression internationale sur la France ne faisait que s&rsquo;accentuer. Ainsi les juristes de 53 pays, au Congr\u00e8s de \u00ab\u00a0l&rsquo;Association Internationale des Juristes D\u00e9mocrates\u00a0\u00bb le 23 avril, condamnait les atteintes aux libert\u00e9s et la r\u00e9pression dans les DOM et demandait au gouvernement fran\u00e7ais d&rsquo;accorder l&rsquo;autonomie. En France, d\u00e9but mars, 150 personnalit\u00e9s fran\u00e7aises (artistes, universitaires, \u00e9crivains, dirigeants politiques, syndicaux, associatifs etc &#8230;), form\u00e8rent un Comit\u00e9 pour la D\u00e9colonisation des DOM qui protesta contre la r\u00e9pression, demanda la lib\u00e9ration des 5 emprisonn\u00e9s et exprima sa solidarit\u00e9 avec les revendications politiques des peuples antillais, guyanais, r\u00e9unionnais.<\/p>\n<p class=\"center\">\u00a0***<\/p>\n<p><iframe title=\"Martinique\/ Camille Mauduech\/ L&#039;affaire de L&#039;OJAM\" width=\"755\" height=\"566\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/z3HK7WqT1z8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p class=\"center\"><b>Extraits de\u00a0<i>La Martinique aux Martiniquais. L&rsquo;affaire de l&rsquo;OJAM<\/i>, film de Camille Mauduech (2012)<\/b><\/p>\n<figure class=\"media--video media--video-youtube\"><figcaption class=\"legend\">Martinique\/ Camille Mauduech\/ L&rsquo;affaire de L&rsquo;OJAM\u00a0<span class=\"legend-author\">\u00a9\u00a0sefraus<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"center\">***<\/p>\n<figure class=\"media--image format-100-pcent _align:left orientation-landscape\" data-js=\"zoom\">\n<div class=\"media--image--wrapper\" data-opener-label=\"Agrandir l\u2019image\" data-closer-label=\"Fermer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/etmagine\/article_thumbnail\/files\/2019\/05\/25\/ojam.jpg\" alt=\"Illustration 3\" width=\"660\" height=\"371\" data-original=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/etmagine\/article_zoomed\/files\/2019\/05\/25\/ojam.jpg\" \/><button class=\"media--image--opener\">Agrandir l\u2019image<\/button><\/div><figcaption class=\"legend\">Extrait du film de Camille Mauduech. Au centre sous la banderole, Marc Pulvar et Renaud de Grandmaison<\/figcaption><\/figure>\n<p><i><b>MANIFESTE DE L&rsquo;OJAM (ORGANISATION DE LA JEUNESSE ANTICOLONIALISTE DE LA MARTINIQUE) p<\/b><\/i><i><b>lacard\u00e9 en Martinique les 23 et 24 d\u00e9cembre\u00a01962<\/b><\/i><\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 1959, 3 fils de la Martinique,\u00a0BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme fran\u00e7ais. Ce sacrifice montra \u00e0 la jeunesse de notre pays la voie de l\u2019\u00e9mancipation, de la fiert\u00e9, de la dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Depuis, notre peuple, si longtemps plong\u00e9 dans les t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019histoire, offre une r\u00e9sistance de plus en plus grande \u00e0 l\u2019oppression coloniale. Mais le colonialisme fran\u00e7ais, suivant ses int\u00e9r\u00eats, accentue chaque jour son potentiel r\u00e9pressif, voulant ainsi maintenir notre peuple sous le joug colonial.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui l\u2019Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique d\u00e9clare\u00a0:<\/p>\n<p>Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de d\u00e9partement fran\u00e7ais, comme l\u2019\u00e9tait l\u2019Alg\u00e9rie, parce que domin\u00e9e par la France, sur le plan \u00e9conomique, social, culturel et politique. Ce qui se traduit par\u00a0:<\/p>\n<p>1) Une \u00e9conomie uniquement agricole, \u00e0 caract\u00e8re f\u00e9odal.<\/p>\n<p>2) La pr\u00e9pond\u00e9rance d\u2019une minorit\u00e9 b\u00e9k\u00e9, li\u00e9e au colonialisme fran\u00e7ais, monopolisant la terre, les usines, le commerce et les banques.<\/p>\n<p>3) Un d\u00e9ficit permanent de la balance commerciale.<\/p>\n<p>4) Un revenu individuel moyen les plus bas du monde.<\/p>\n<p>5) Le ch\u00f4mage et la mis\u00e8re.<\/p>\n<p>6) L\u2019insuffisance d\u2019\u00e9coles, de biblioth\u00e8ques, de stades, d\u2019installations sportives.<\/p>\n<p>7) La d\u00e9formation de l\u2019histoire martiniquaise \u00e0 des fins assimilationnistes.<\/p>\n<p>8) L\u2019\u00e9touffement de tout effort pour d\u00e9velopper une culture martiniquaise populaire et authentique. L\u2019aggravation de la r\u00e9pression\u00a0(D\u00e9cembre 59, Mars 61), l\u2019augmentation des forces polici\u00e8res, le renforcement constant de l\u2019appareil administratif fran\u00e7ais, et l\u2019immigration de plus en plus consid\u00e9rable de civils et militaires fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>9) La r\u00e9vocation de fonctionnaires martiniquais ayant r\u00e9sist\u00e9 aux arbitraires tentatives d\u2019exil.<\/p>\n<p>10) Les condamnations de patriotes martiniquais.<\/p>\n<p>Condamne d\u00e9finitivement le statut de d\u00e9partement fran\u00e7ais comme contraire aux int\u00e9r\u00eats du peuple et de la jeunesse de la Martinique, et rendant impossible tout d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Proclame la n\u00e9cessit\u00e9 de la collectivisation des terres et des usines.<\/p>\n<ul>\n<li>Le droit de notre peuple d\u2019exploiter ses richesses et ses ressources et d\u2019industrialiser le pays.<\/li>\n<li>Le droit de tous au travail et \u00e0 un salaire d\u00e9cent.<\/li>\n<li>La n\u00e9cessit\u00e9 in\u00e9luctable de l\u2019entr\u00e9e de la Martinique dans le vaste mouvement de d\u00e9colonisation totale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En cons\u00e9quence l\u2019O.J.A.M.\u00a0(Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) affirme que le malaise \u00e9conomique et social qui s\u00e9vit \u00e0 la Martinique ne pourra dispara\u00eetre que gr\u00e2ce \u00e0 un programme martiniquais au profit des martiniquais.<\/p>\n<p>Proclame le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires.<\/p>\n<p>Demande aux Guadeloup\u00e9ens, aux Guyanais de conjuguer plus que jamais leurs efforts dans la lib\u00e9ration de leur pays pour un avenir commun. Soutien que la Martinique fait partie du monde antillais.<\/p>\n<p>Appelle les jeunes de la Martinique, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions, \u00e0 s\u2019unir pour l\u2019\u00e9crasement d\u00e9finitif du colonialisme dans la lutte de lib\u00e9ration de la Martinique.<\/p>\n<p><b>LA MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS\u00a0!<\/b><\/p>\n<p class=\"center\">\u00a0***<\/p>\n<p class=\"center\"><b>\u00c0 lire : GILBERT PAGO,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.madinin-art.net\/50-ans-apres-lo-j-a-m-en-debat-histoire-enjeux-et-quelles-continuations\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab 50 ans apr\u00e8s, l\u2019O.J.A.M en d\u00e9bat : histoire, enjeux \u2026 et quelles continuations ? \u00bb<\/a><\/b><\/p>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #800000\"><strong>ARTICLE <a style=\"font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, &#039;Segoe UI&#039;, Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, &#039;Helvetica Neue&#039;, sans-serif;color: #800000\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/loic-cery\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lo\u00efc C\u00e9ry<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<div class=\"bio__body__description ui-body-product:100 color:text-product\">Directeur du CIEEG (Centre international d&rsquo;\u00e9tudes \u00c9douard Glissant) et du p\u00f4le num\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Institut du Tout-Monde, Directeur des revues \u00ab La nouvelle anabase \u00bb et \u00ab Les Cahiers du Tout-Monde \u00bb.<\/div>\n<div class=\"bio__body__type\">\n<div class=\"color:text-product-accent\">Abonn\u00e9\u00b7e de Mediapart<\/p>\n<hr \/>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Actualit\u00e9 oblige, vous trouverez ici un rappel de \u00ab\u00a0l&rsquo;Affaire de l&rsquo;OJAM\u00a0\u00bb extrait du site https:\/\/blogs.mediapart.fr. Antilla, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, lors d&rsquo;un prochain article vous fournir peut-\u00eatre \u00ab\u00a0une autre vision\u00a0\u00bb ou un autre t\u00e9moignage. En 1963, 18 jeunes Martiniquais sont arr\u00eat\u00e9s pour avoir diffus\u00e9 un manifeste anticolonialiste. Ils seront incarc\u00e9r\u00e9s et inculp\u00e9s pour atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":43949,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-43948","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43948","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43948"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43948\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/43949"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43948"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43948"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43948"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}