{"id":51201,"date":"2023-12-08T16:28:45","date_gmt":"2023-12-08T15:28:45","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=51201"},"modified":"2023-12-08T16:28:45","modified_gmt":"2023-12-08T15:28:45","slug":"these-antithese-foutaise-par-loran-kristian","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/these-antithese-foutaise-par-loran-kristian\/","title":{"rendered":"Th\u00e8se, antith\u00e8se, foutaise. Par Loran Kristian"},"content":{"rendered":"<ol>\n<li>Il existe, sous les tropiques, un canal historique du malaise dans la culture : celui de l\u2019affranchissement par la participation \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019endoctrinement et d\u2019insinuation g\u00e9n\u00e9rale. Celui de l\u2019enr\u00f4lement de fr\u00e8res et s\u0153urs en \u00e9tat de d\u00e9pendance aggrav\u00e9e dans les milices id\u00e9ologiques, les polices d\u2019asservissement de la pens\u00e9e et les compagnies de chasseurs de paroles. Canal des os us\u00e9s de gens libres, humili\u00e9s et tortur\u00e9s. Tous fr\u00e8res et soeurs autant que les animaux, pris au pi\u00e8ge mais d\u00e9termin\u00e9s, cela n\u2019\u00e9tant pas de nature \u00e0 emp\u00eacher que l\u2019on se mange entre fr\u00e8res et s\u0153urs, autant que des animaux.<\/li>\n<\/ol>\n<p>En ce qui concerne la courbe des \u00eeles, du sucre et des bananes, nous sommes ici au c\u0153ur de ce qu\u2019un ancien r\u00e9gime d\u2019historicit\u00e9 l\u00e8gue de confluences. Le propre d\u2019un rapport de force \u00e9tant de se perdre dans la masse ou l\u2019encours, cela s\u2019op\u00e8re avec plus ou moins de puissance. O\u00f9 a beau s\u2019acter ce rapport dans les puissances imaginaires, revient un jour l\u2019instant o\u00f9 les forces, toujours, s\u2019\u00e9puisent en centim\u00e8tre d\u2019espace pour finir en p\u00e2ture sur un corps amolli. Un coup pass\u00e9 par un faisceau de causes et cons\u00e9quences assembl\u00e9es dans un \u00ab\u00a0Nous\u00a0\u00bb\u00a0 mystique, nou\u00e9 de force et d\u2019unit\u00e9 par le travail, la famille, et la patrie, dans une m\u00eame fiction\u2026<\/p>\n<p>En cette chose-l\u00e0, il y avait \u00e0 l\u2019origine trois nations de supplices et de tortures\u00a0: une blanche, une noire et cette troisi\u00e8me faite de d\u00e9bris d\u2019\u00e2mes incorpor\u00e9es. Il \u00e9tait encore et surtout question de libert\u00e9 de penser, de libert\u00e9 d\u2019expression et de mouvement, avec chacun son p\u00e9rim\u00e8tre, vivant une vie balanc\u00e9e de sujet en objet. Tentant de s\u2019affranchir des l\u00e9sions, grattant \u00e0 m\u00eame la peau, passant en cr\u00e8mes et pommades la douleur contenue dans les conduites anales. Un simple si\u00e8ge, une simple croisade au milieu du chemin pouvait co\u00fbter une vie. Un regard mal agenc\u00e9, un sourire trop ambigu avait d\u00e9j\u00e0 le go\u00fbt d\u2019une fin. En ce temps-ci, on apprenait \u00e0 se tenir l\u00e0, pli\u00e9 mais pas cass\u00e9, gard\u00e9 mais pas regard\u00e9, pass\u00e9 par mailles et maillons de cad\u00e8nes dans l\u2019ouragan perp\u00e9tuel et la destruction cr\u00e9atrice. On apprenait aussi \u00e0 aimer en secret, sans dire un mot, \u00e0 prendre le malheur par les cornes et foncer dans le tas, sans \u00e9conomiser les rages. On apprenait la vie ch\u00e8re et la formation du prix de la douleur, sans \u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle\u00a0; la gestion des d\u00e9penses personnelles et\u00a0 des d\u00e9penses publiques, assises en m\u00eame dans l\u2019in\u00e9gale, entre les racines du mal. Il fallait bien s\u2019en sortir. Aller l\u00e0 o\u00f9 reposaient les espoirs. S\u2019y maintenir en troquant des points de survie contre des passe-droits, et pour bien faire les choses traverser la dur\u00e9e, rendre commodes et meubles toutes ces aires violent\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00e7a, d\u00e9brouiller, pas p\u00eacher, ce qui \u00e9tait en confusion dans nos marches et nos paroles, rang\u00e9 dans les caves d\u2019\u00e9vangile et les fonds de cale. D\u00e9m\u00ealer pour monter en surface, au bel air. Le souffle vital soufflant de petit bois sur nos peaux, \u00e9tendues amples allant damer la terre, et lucider chaque myst\u00e8re trop presser pour faire un jour ouvert. Et puis de soleil en autre soleil, accepter le combat, rendus plus forts par les b\u00eates-\u00e0-feu \u00e9tourdissant nos nuits, pr\u00eats \u00e0 miser le sang. Avec de petites spatules accroch\u00e9es aux murs ou aux plafonds pour filer \u00e0 l\u2019envers du monde, et tendre la langue pour manger. Avec de petits ou de grands culs de sac sur lesquels mettre le cap, mais avec la ferme intention des bandes arm\u00e9es. Voler. Rapter. Capturer. Poisonner. Br\u00fbler aussi vite que possible dans un boucan pas permis.\u00a0 Briser comme des outils de productions meul\u00e9s par la fuite et la peur blanche. R\u00e9cup\u00e9rer des provisions, de quoi tisser la vie \u00e0 travers les bons matins et les bonnes nuits. Passer manivelles des lendemains pour faire tourner mot \/ phrase, \u00e9tendre les paroles en bas bois lev\u00e9es comme des plantules de mangliers.<\/p>\n<p>Ceci r\u00e9sulte d\u2019une grande capacit\u00e9 \u00e0 se laisser aller \u00e0 la r\u00e9sistance. Une forme de disposition acquise dans la nature ou dans l\u2019histoire, permettant d\u2019affronter ce qui a vocation \u00e0 briser tous les d\u00e9ploiements de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie. Une m\u00e9canique de pr\u00e9cision octroyant des propri\u00e9t\u00e9s particuli\u00e8res aux rapports d\u2019absorption des forces, ainsi qu\u2019aux relations physiques. Une mani\u00e8re de bondir et rebondir, de mettre fin \u00e0 la souffrance par un retrait mont\u00e9 dans la r\u00e9siliation.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>En premier lieu, elle vous d\u00e9nonce votre espace de vie d\u2019infinitif, d\u2019ind\u00e9termin\u00e9 roulant sans nom et sans personne. Une mani\u00e8re comme un champ de r\u00e9silience, accept\u00e9e comme une destin\u00e9e. Force et courage dans votre corps, jusqu\u2019en bout de vos os. Un endroit distribu\u00e9 dans le march\u00e9 historique, en trait simple, en trac\u00e9e de choses et lignes de mobilier, assembl\u00e9 par tenons et mortaises, chevilles et clous, pour bien r\u00e9sister au temps long et violent, \u00e0 tous les cyclones, \u00e0 tous les tremblements, \u00e0 tous les d\u00e9voiements et toutes les logorrh\u00e9es.<\/li>\n<\/ol>\n<p>En second lieu, elle vous commande des mots, des langages et des gestes dans l\u2019espace. Vous ordonne un alphabet d\u2019institution et de placement, un camp p\u00e9rim\u00e9tr\u00e9, avec le bon sang dans les relations publiques. Vous y croyez fortement. D\u00e9ployez des vagues de r\u00e9sistance et de rendre-conte \u00e0 travers les \u00e2ges, pour que naissent, un bon jour, des mouvements de culture d\u00e9lest\u00e9s des attaches trop infimes et coll\u00e9es. Des mouvements ensouch\u00e9s, mais qui s\u2019\u00e9lancent sur le damier du monde \u00e0 travers les calendes. Rien n\u2019est donn\u00e9. C\u2019est en saisie narrative et po\u00e9tique que se nouvellent et renouvellent vos percussions, et vos pas avanc\u00e9s dans la saumure d\u2019un \u00e9trange calalou. Des pas ensoir\u00e9s, en moment-temps qui ferme la ronde ou l\u2019ouvre \u00e0 volont\u00e9. Rien n\u2019est donn\u00e9. Mais extrait, expropri\u00e9, export\u00e9, excentr\u00e9. Vous y ployez fortement. Essayant de soigner vous-m\u00eames vos plaies superficielles, vos \u00e9corchures, les br\u00fblures, esp\u00e9rant en des coupures peu profondes, peu \u00e9tendues, bien propres, pour faciliter la cicatrisation. \u00a0Dans un convoi d\u2019esp\u00e9rances lanc\u00e9 \u00e0 l\u2019assaut de tous les saignements, au rythme des contractions du c\u0153ur.<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me lieu, tout pendant, c\u2019est \u00e0 une porte d\u00e9rob\u00e9e que s\u2019attache votre avenir, gag\u00e9 comme un \u00eatre volant. Gag\u00e9 par une signature de contrat et un remboursement au prix d\u2019une travers\u00e9e d\u2019enfer. Gag\u00e9 pour des transferts de fonds et d\u2019\u00e9quipages qui d\u00e9partementent les contr\u00e9es assimil\u00e9es \u00e0 du fumier. Cette zone exclusive o\u00f9 pature l\u2019engrais des fortunes du crime et l\u2019aube fertilisante. Gag\u00e9 pour le d\u00e9veloppement, le progr\u00e8s et la croissance dans les filets d\u2019une senne nationale, garnie de lests et de flotteurs pour mieux perdre le centre de gravit\u00e9 et augmenter la masse du d\u00e9sordre. Saisir-gager, fortement. Conserver les effets et les fruits. Si bien, que les empreintes et les s\u00e9quelles forment des poteries communes, fa\u00e7onn\u00e9es d\u2019une argile palp\u00e9e avec des doigts et des mains, au plus pr\u00e8s des mati\u00e8res. Un tour de potier, un tour de magie, avec des colombins brocantant quelques formes arrondies, quelques bondes r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>En dernier lieu, vivre dans un paysage. Poursuivre le chemin au-del\u00e0 des mers, en marchant tout le long de l\u2019enceinte pour \u00e9tablir des mesures d\u2019angle sur le plan de la ronde, pour dresser les contours en d\u00e9lin\u00e9ations et transfigurations. Faire p\u00e9trir des n\u00e9greries dans les consciences pour r\u00e9volutionner l\u2019art de la guerre et de la croisi\u00e8re, d\u2019un m\u00eame pas lent et d\u2019un m\u00eame trait. Pincer avec les doigts pour aplanir les formes rondes comme des bouts d\u2019indouceur de la terre.\u00a0 S\u2019il le faut, comprimer un peu en tapant avec une r\u00e8gle le dessus de la pi\u00e8ce, pour les cas et mouvements d\u00e9bordants. Ensuite, la lisser \u00e0 l\u2019est\u00e8que, bien tourn\u00e9e dans son d\u00e9partement, voyageant hors de son d\u00e9partement, d\u00e8s que n\u00e9cessaire, pour n\u00e9gocier en m\u00e9tropole une part ultramarine, une part d\u2019outremer, une part ultrap\u00e9riph\u00e9rique, tierc\u00e9 gagnant et pragmatique.<\/p>\n<p>Treize terres pour toute part des dieux, comme chiffre des trahisons o\u00f9 un gouffre s\u2019\u00e9tire en trois zones d\u2019ombre et de lumi\u00e8re. Faire comme si dans l\u2019histoire et son \u00e9conomie ne s\u2019allonge pas ce gouffre d\u00e9terminant, creus\u00e9 dans le sens du pass\u00e9, b\u00eachant des in\u00e9galit\u00e9s et leurs mauvaises pioches \u00e0 la force des bras, lesquelles renaissent en long pour mieux manger tous les enfants. Petits enfants taill\u00e9s dans la d\u00e9brouille et le rire, \u00e0 force de chicote, de fouet ou de tirs de pointe \u00e0 pitre sonnant le gong au cirque des fatalit\u00e9s.\u00a0Treize terres et trente-douze mesures concr\u00e8tes d\u00e9ploy\u00e9es comme une symphonie rituelle pour am\u00e9liorer le quotidien des marmailles. Ultramarrant\u00a0! Pour lutter encore et encore, contre la vie ch\u00e8re, pour cr\u00e9er des emplois, accompagner les forces et leur jeunesse, assurer les transitions \u00e9nerg\u00e9tiques&#8230; Conserver les effets et les fruits, toujours, mais dans une large consultation et dans l\u2019\u00e9troite collaboration avec les gens \u00e9lus. Et les acteurs aussi\u00a0: unis pour transformer un monde et ses soixante-douze mers\u00a0; permettre enfin de se projeter dans l&rsquo;avenir\u2026 \u00ab\u00a0Il n\u2019est m\u00e9tal si dur que le feu n\u2019amollisse, ni affaire si mauvaise que l\u2019argent n\u2019accommode.\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Foutre\u00a0! Avoir ingurgit\u00e9 ce r\u00e9cit de la passion, absorber depuis l\u2019enfance le d\u00e9cours de l\u2019\u00e9preuve, c\u2019est en quelque sorte d\u2019un point de vue m\u00e9dical, sous l\u2019angle des soins, parler et donc \u00e9crire une pathologie. D\u00e9crire ce qui dans les sph\u00e8res c\u00e9r\u00e9brales impulse une d\u00e9pendance \u00e0 ce qui cause le mal et la souffrance. L\u2019affection\u00a0silencieuse. Ce par quoi l\u2019on perd le contr\u00f4le, dans la compulsion la plus totale, et auquel on s\u2019accroche malgr\u00e9 tout, en d\u00e9pit des cons\u00e9quences. Un groupe de personnes rendu invisible. Un groupe de personnes rendu noir. Un groupe de personnes rendu blanc. Un groupe de personnes rendu marron. Etir\u00e9s dans des \u00e9tats incertains, dans toutes les positions, o\u00f9 chacun se retrouve d\u00e9pendant des autres qui pour vivre qui pour survivre. Au final, jouant \u00e0 qui sera en meilleure position pour gagner plus en travaillant moins, \u00eatre vu et reconnu, aim\u00e9 plut\u00f4t que d\u00e9test\u00e9\u00a0; capable de supporter les compromissions et les l\u00e2chet\u00e9s sans trop de difficult\u00e9s, purger les langues de la parole.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Au bout du compte, s\u2019accommoder de tout, pourvu que le transport re\u00e7oive et traite tous types de marchandises. Pourvu que sous un air rev\u00eache et des pousses de major, le pragmatisme nous fasse jouir dans le cadre. Pourvu que la m\u00e9canique institutionnelle et son lot d\u2019h\u00e9ritages patrimoniaux, de propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res et d\u2019accumulation capitale, de n\u0153uds d\u2019importations et de capture \u00e9conomique, de transferts et sous-investissements publics, de r\u00e9partition des droits et des comp\u00e9tences, de capacit\u00e9s productives et de st\u00e9rilisation, de grandes pauvret\u00e9s et d\u2019amples in\u00e9galit\u00e9s, pourvu qu\u2019\u00e0 l\u2019aide des m\u00e9caniciens de la rente se maintienne cette m\u00e9canique d\u2019exclusion sur socle d\u2019extraction. Bien \u00e9videmment, faire en sorte que la corruption et le lobbying des puissances \u00e9conomiques et politiques n\u2019\u00e9claboussent personne, ou si peu. Quand bien m\u00eame un rapport de l\u2019Agence Fran\u00e7aise\u00a0Anticorruption confirmerait, entre hopit\u00e2l et charit\u00e9, que les \u00ab\u00a0territoires ultramarins\u00a0\u00bb font bel et bien partie des r\u00e9gions les plus corrompues de France, tr\u00e8s loin au-dessus de la moyenne fran\u00e7aise, principalement dans le secteur public\u2026<\/p>\n<p>Faire des gens doucir en sirop, dans de grandes foutaises, parmi lesquelles on vivra d\u00e9cor\u00e9, justifi\u00e9, tenu de s\u2019all\u00e9ger en ceux qui dictent les r\u00e8gles ou commandent de les habiter. Immobilis\u00e9 dans les choses immobiles et le roque \u00e9chiquier\u00a0: faire la r\u00e9volution sur soi, en tournant deux ignames et fouillant sa souverainet\u00e9, mais prenant soin de bien mariner la petitesse, l\u2019\u00e9troitesse, la faiblesse et la d\u00e9pendance aux substances, comme \u00e0 Papa, comme \u00e0 Maman. Penser le monde comme un circuit de la r\u00e9compense, o\u00f9 le plaisir se charge dans le songe d\u2019une pr\u00e9sence tut\u00e9laire. Une client\u00e8le de sable emprise sous la table des lois. Penser et agir avec intelligence, de mani\u00e8re raisonn\u00e9e, au sommet de la r\u00e9flexion, de l\u2019action ou de la d\u00e9cision. Penser et agir pour ceux qui ne pensent pas, ne parlent pas, n\u2019agissent pas, sinon avec des troubles manifestes, non conformes \u00e0 la r\u00e8gle. Aujourd\u2019hui, la science semble indiquer que certains usagers d\u00e9pendants, vuln\u00e9rables, pr\u00e9senteraient un manque de plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale. Leurs neurones ne parviendraient pas \u00e0 se r\u00e9organiser entre eux pour contrecarrer les modifications provoqu\u00e9es en substance. En sus de variations g\u00e9n\u00e9tiques entra\u00eenant des effets variables, ce sont des montagnes d\u2019exp\u00e9riences oniriques et de sensations de plaisirs qui acculent l\u2019esprit en surface ext\u00e9rieure. Augmentant la tol\u00e9rance et la compr\u00e9hension du manque, l\u2019esprit conna\u00eet ainsi d\u2019intense activation de r\u00e9gions enroul\u00e9es au d\u00e9sir, \u00e0 la m\u00e9moire, au conditionnement, \u00e0 l\u2019\u00e9motion, pendant que diminuent le flux sanguin. Il n\u2019y a l\u00e0 aucune magie. Plut\u00f4t ce lien de long cours dans lequel la torture, puis l\u2019addiction et les millions, engendrent un niveau de conscience et de confiance inconnu. Un \u00e9tat d\u2019abandon modifiant les caract\u00e9ristiques individuelles, et tout ce que l\u2019on croit, et tout ce que l\u2019on pense arbitrer, d\u00e9cider.<\/p>\n<p>Classer sans suite dans des \u00e9tats petits ou grands bourgeois\u00a0: un peuple et des mani\u00e8res de voir, de sentir ou de toucher qui d\u00e9valent les saisons\u00a0; reproduction en capitale des chefs et des lieux de l\u2019ordre colonial. Un pacte avec le diable nou\u00e9 dans des corps qui rapportent bien plus qu\u2019ils ne vous co\u00fbtent, exclusivement d\u00e9di\u00e9s aux jouissances extimes. Sous couvert d\u2019amour et d\u2019un bon sentiment, un pacte et une fabrique pour d\u00e9coloriser, et mieux d\u00e9vier la route\u00a0; bien briller, bien huiler, bien boire et bien manger sans avoir l\u2019air d\u2019y toucher. Des colons par milliers, des agences de retour \u00e0 l\u2019envoyeur, de petits passages et de grandes migrations au soleil, \u00e0 la mer, \u00e0 la montagne, des oligarques n\u00e9s coiff\u00e9s, des sujets cravat\u00e9s et ces messeigneurs l\u00e9ch\u00e9s, pour grand chanter-no\u00ebl. Un gang de privil\u00e9gi\u00e9s faisant tourner man\u00e8ge depuis la nuit des temps, danser portiques, rouler jeunesse, clairer bourreaux\u00a0; avec cette hauteur provoquant des rotations sans nom. Un peuple responsable et d\u00e9colonis\u00e9 dans le cadre de la chose publique et sa constitution, en l\u2019\u00e9tat. Si patient et d\u00e9mocrate, manipul\u00e9 par de grands fr\u00e8res et de grandes s\u0153urs en attendant la vol\u00e9e maternelle.<\/p>\n<p>Paroles pour les condescendances et les anesth\u00e9sies. Celles qui chassent, arasent, insensent les horizons, post\u00e9es aux embouchures saum\u00e2tres. Uniforme terreur \u00ab\u00a0pour un monde meilleur\u00a0\u00bb. Paroles pour dire les regards et les yeux ing\u00e9nieux, les oreilles et les bouches \u00e9duqu\u00e9es, les grands ongles form\u00e9s, les mains et les pieds ampoul\u00e9s. Paroles pour les zones exclusives, les couloirs a\u00e9riens, les bases de lancement et places d\u2019occupation. Paroles pour les milliards rapatri\u00e9s. Paroles pour les membres et les mots d\u00e9livr\u00e9s de la peur. Paroles pour dire combien le monde est monde et combien les combines s\u2019y tiennent en belle h\u00e9g\u00e9monie. Pour dire le business imp\u00e9rial et sa banalit\u00e9. Paroles aux chasses et aux milices, basses lourdes et digitales. Paroles de gorges sur les foutaises qui font la com\u00e9die, les soumissions, les collusions anti-\u00eeles et cr\u00e9oles, les costumes trois-pi\u00e8ces qui smokent toutes les barri\u00e8res. Paroles sur la bonne gestion, le bon r\u00e9alisme, le bon statut, les bonnes affaires en petits comit\u00e9s. Parole d\u2019int\u00e9rieur brut. Parole en voie de d\u00e9veloppement. Paysage \u00e9mergent. \u00c1 l\u2019envers du spectacle.<\/p>\n<p>Loran Kristian<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe, sous les tropiques, un canal historique du malaise dans la culture : celui de l\u2019affranchissement par la participation \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019endoctrinement et d\u2019insinuation g\u00e9n\u00e9rale. Celui de l\u2019enr\u00f4lement de fr\u00e8res et s\u0153urs en \u00e9tat de d\u00e9pendance aggrav\u00e9e dans les milices id\u00e9ologiques, les polices d\u2019asservissement de la pens\u00e9e et les compagnies de chasseurs de paroles.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":51202,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-51201","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51201","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51201"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51201\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/51202"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51201"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51201"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51201"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}