{"id":59351,"date":"2024-06-29T20:38:02","date_gmt":"2024-06-29T18:38:02","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=59351"},"modified":"2024-06-29T20:38:03","modified_gmt":"2024-06-29T18:38:03","slug":"decouverte-litteraire-cent-ans-de-poesie-en-martinique-par-michel-herland","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/decouverte-litteraire-cent-ans-de-poesie-en-martinique-par-michel-herland\/","title":{"rendered":"Literary Discovery: A Hundred Years of Poetry in Martinique, by Michel Herland"},"content":{"rendered":"<h2><strong>En 2019, G\u00e9rard Lamoureux, directeur des \u00c9ditions Long-Cours en Guadeloupe, a publi\u00e9 une anthologie remarquable intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Cent ans de po\u00e9sie en Martinique\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 une r\u00e9ception discr\u00e8te \u00e0 sa sortie, cette \u0153uvre pr\u00e9cieuse m\u00e9rite aujourd&rsquo;hui une attention renouvel\u00e9e, d\u00e9sormais disponible sur les rayons de Cultura (anciennement Librairie Antillaise). Cette anthologie, compil\u00e9e par Michel Herland, met en lumi\u00e8re vingt-six po\u00e8tes martiniquais, couvrant plus d&rsquo;un si\u00e8cle de cr\u00e9ation litt\u00e9raire, de Drasta Hou\u00ebl, n\u00e9e en 1868, \u00e0 Jean-Marc Rosier, n\u00e9 en 1976. Elle refl\u00e8te l&rsquo;\u00e9volution formelle et th\u00e9matique de la po\u00e9sie martiniquaise, tout en rendant hommage \u00e0 des figures embl\u00e9matiques telles qu&rsquo;Aim\u00e9 C\u00e9saire, \u00c9douard Glissant et Monchoachi. \u00c0 travers cette anthologie, Lamoureux offre une immersion profonde dans l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique de la Martinique, un voyage litt\u00e9raire qui transcende les \u00e9poques et les fronti\u00e8res.<\/strong><\/h2>\n<hr \/>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-59353 alignleft\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique.jpg\" alt=\"\" width=\"229\" height=\"229\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique.jpg 340w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique-150x150.jpg 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique-300x300.jpg 300w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique-336x336.jpg 336w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Cent-ans-de-poesie-en-Martinique-50x50.jpg 50w\" sizes=\"(max-width: 229px) 100vw, 229px\" \/>Cette anthologie, publi\u00e9e en 2019 par G\u00e9rard Lamoureux directeur des \u00c9ditions Long-Cours (Guadeloupe) n\u2019a pas re\u00e7u, en son temps, tout l\u2019\u00e9cho qu\u2019elle m\u00e9ritait. Profitons de ce qu\u2019elle est d\u00e9sormais disponible sur les rayons de Cultura (ex Librairie Antillaise) pour la pr\u00e9senter au public martiniquais, le premier concern\u00e9.<\/p>\n<p>Cet ouvrage recense vingt-six auteurs dont les dates de naissance s\u2019\u00e9chelonnent entre 1868 (Drasta Hou\u00ebl) et 1976 (Jean-Marc Rosier). Quant aux ouvrages cit\u00e9s, ils s\u2019\u00e9chelonnent entre 1903 (<em>Les Martiniquaises <\/em>de Victor Duquesnay) et 2015 (<em>Urbaniles <\/em>de Jean-Marc Rosier). Parmi les vingt-six po\u00e8tes, six seulement sont des femmes, quatre d\u2019entre elles, n\u00e9es apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale entre 1951 et 1973, \u00e9tant toujours actives. Enfin, on peut noter une forte concentration des po\u00e8tes n\u00e9s vers la fin de cette m\u00eame guerre (six dans les seules ann\u00e9es 1944-45-46).<\/p>\n<p>Du point de vue formel, la po\u00e9sie martiniquaise a \u00e9volu\u00e9 comme la po\u00e9sie fran\u00e7aise en g\u00e9n\u00e9ral. Vers r\u00e9guliers et rim\u00e9s des premiers recueils, vers libres \u00e0 partir de C\u00e9saire et \u00c9tienne L\u00e9ro (1909-1939).\u00a0 On peut rappeler ici que le second fut le cofondateur et l\u2019administrateur de la revue <em>L\u00e9gitime D\u00e9fense<\/em>. Si celle-ci ne connut qu\u2019un seul num\u00e9ro, L\u00e9ro ne rata pas l\u2019occasion de s\u2019en prendre \u00e0 Gilbert Gratiant, selon lui l\u2019un des \u00ab\u00a0derniers repr\u00e9sentants antillais d\u2019un lyrisme de classe condamn\u00e9\u00a0\u00bb. Il y d\u00e9finissait par ailleurs par ailleurs la po\u00e9sie nouvelle qu\u2019il appelait de ses v\u0153ux comme \u00ab\u00a0tentative vers l\u2019expression, passag\u00e8re et d\u00e9tourn\u00e9e, de la violence humaine\u00a0\u00bb. Dans le num\u00e9ro 4 de <em>Tropiques<\/em>, Suzanne C\u00e9saire lui fera \u00e9cho en s\u2019en prenant \u00e0 John-Antoine Nau (non r\u00e9pertori\u00e9 dans l\u2019<em>Anthologi<\/em>e) sous le titre \u00ab\u00a0Mis\u00e8re de la po\u00e9sie\u00a0\u00bb. C\u2019est dans cet article que se trouve la formule\u00a0fameuse : \u00ab\u00a0La po\u00e9sie martiniquaise sera cannibale ou ne sera pas\u00a0\u00bb\u00a0! Exception remarquable \u00e0 cette temporalit\u00e9 du passage d\u2019une forme \u00e0 l\u2019autre, le plus ancien po\u00e8te du recueil, Drasta Hou\u00ebl, en fait une po\u00e9tesse, Marie Philom\u00e8ne Julie H\u00e9rard de son vrai nom (et dont la m\u00e8re \u00e9tait une du Mos\u00e9 Hou\u00ebl du Prey de la Ruffini\u00e8re\u00a0!), pratiquait le vers libre non pas avant la lettre (les <em>Petits Po\u00ebmes en prose<\/em> de Baudelaire ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s \u2013 \u00e0 titre posthume \u2013 d\u00e8s 1869), du moins \u00e0 rebours de la mode du temps. Elle adopte au demeurant une forme qui ne sera que tr\u00e8s rarement reprise\u00a0: au lieu de passer d\u2019un vers \u00e0 l\u2019autre en changeant de ligne, elle les s\u00e9pare par un simple tiret (voir ci-dessous).<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019un po\u00e8te martiniquais\u00a0? La d\u00e9finition qui vient imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019esprit serait la suivante\u00a0: n\u00e9 \u00e0 la Martinique, le po\u00e8te y aurait produit la plus grande partie de son \u0153uvre. Cependant les intellectuels martiniquais ne sont pas tous, loin de l\u00e0, demeur\u00e9s attach\u00e9s \u00e0 leur terre. Oblig\u00e9s de quitter leur \u00eele pour poursuivre leurs \u00e9tudes en M\u00e9tropole, il y sont souvent rest\u00e9s (comme Gilbert Gratiant) s\u2019ils n\u2019ont pas accomplis ailleurs tout ou partie de leur carri\u00e8re (l\u2019Afrique pour Ren\u00e9 Maran et Joseph Zobel, les \u00c9tats-Unis pour \u00c9douard Glissant et Han\u00e9tha V\u00e9t\u00e9-Congolo). Encore faut-il ajouter \u00e0 ces exemples que l\u2019A<em>nthologie<\/em> retient \u00e9galement le plasticien Serge Goudin-Th\u00e9bia qui, lui, n\u2019est ni n\u00e9 \u00e0 la Martinique ni m\u00eame \u00ab\u00a0martinicopolitain\u00a0\u00bb puisqu\u2019il naquit \u00e0 Agen d\u2019une m\u00e8re catalane et d\u2019un p\u00e8re guyanais. Rattach\u00e9 n\u00e9anmoins au groupe Fwomaj\u00e9, il acheva \u00e0 Tartane son parcours de vie. Au fond, le seul crit\u00e8re qui vaille \u2013 celui retenu par G\u00e9rard Lamoureux \u2013 c\u2019est l\u2019enracinement du po\u00e8te dans un lieu, la Martinique, qui n\u2019est pas n\u00e9cessairement celui o\u00f9 il vit.<\/p>\n<p>The\u2019<em>Anthologie<\/em> donne toute leur place aux po\u00e8tes martiniquais consid\u00e9r\u00e9s comme les plus remarquables, soit la trilogie C\u00e9saire-Glissant-Monchoachi. \u00c0 noter que pour des questions de droits C\u00e9saire n\u2019est pr\u00e9sent que par des extraits du <em>Cahier<\/em>, \u2026 qui n\u2019est certes pas son \u0153uvre la moins marquante. On trouvera \u00e0 la suite un extrait (tr\u00e8s bref, parfois une seule ligne) de chaque po\u00e8te\u00a0 dans l\u2019ordre de l\u2019Anthologie, celui des dates de naissance. Derni\u00e8re pr\u00e9cision, quelques rares po\u00e8tes ont propos\u00e9 une version bilingue (fran\u00e7ais-cr\u00e9ole) qui sera \u00e9videmment reprise. Si la po\u00e9sie dite doudouiste est d\u00e9sormais r\u00e9cus\u00e9e, on pourra quand m\u00eame juger inimitable la musique d\u2019un bel alexandrin.<\/p>\n<p><em><strong>Michel HERLAND<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong><u>Drasta Hou\u00ebl<\/u> (1868-1949)<\/strong><\/p>\n<p>Elle semble sortie \u2013 toute sculpt\u00e9e de la lave \u2013 Son cou a le poli \u2013 d\u2019une colonne d\u2019\u00e9b\u00e8ne \u2013 o\u00f9, ainsi qu\u2019une guirlande \u2013 s\u2019enroule son corail<\/p>\n<p><em>Les vies l\u00e9g\u00e8res\u00a0: \u00e9vocations antillaises<\/em> (1916)<\/p>\n<p><strong><u>Victor Duquesnay<\/u> (1872-1920)<\/strong><\/p>\n<p>Comme au bord des \u00e9tangs, le soir, de lourds oiseaux<\/p>\n<p>Gagnent, silencieux, leurs nids dans les roseaux<\/p>\n<p><em>Les Martiniquaises<\/em> (1903)<\/p>\n<p><strong><u>Daniel Thaly<\/u> (1879-1950)<\/strong><\/p>\n<p>La Capresse aux yeux noirs est onduleuse et belle<\/p>\n<p><em>Le Jardin des tropiques<\/em> (1911)<\/p>\n<p><strong><u>Ren\u00e9 Maran<\/u> (1887-1960)<\/strong><\/p>\n<p>Je n\u2019apporte mes soins qu\u2019au noir appareillage<\/p>\n<p>O\u00f9, les membres \u00e0 poste, et cap droit au ponant,<\/p>\n<p>Je partirai sans bruit pour mon dernier voyage<\/p>\n<p><em>Le Livre du souvenir<\/em> (1958)<\/p>\n<p><strong><u>Gilbert Gratiant<\/u> (1895-1985)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Joseph, il y a une \u00e9lection, dimanche pour un d\u00e9put\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mon tafia est bon\u00a0; voici une belle gourde\u00a0; les n\u00e8gres ne sont pas ingrats<\/p>\n<ul>\n<li>Joseph ni l\u2019\u00e9lection dimanche pou d\u00e9put\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>Tafia-moi bon, mi an bel goude\u00a0; n\u00e8gg pas ingrat<\/p>\n<p><em>Fables cr\u00e9oles et autres \u00e9crits<\/em> (1996)<\/p>\n<p><strong><u>Marie-Magdeleine Carbet<\/u> (1902-1995)<\/strong><\/p>\n<p>Sous la visi\u00e8re en cuir crasseux,<\/p>\n<p>Les doigts coutur\u00e9s de ger\u00e7ures<\/p>\n<p>Crisp\u00e9s sur le litron de bleu<\/p>\n<p><em>Viens voir ma ville<\/em> (1963)<\/p>\n<p><strong><u>\u00c9tienne L\u00e9ro<\/u> (1909-1939)<\/strong><\/p>\n<p>On ne ferme pas l\u2019accord\u00e9on des journ\u00e9es<\/p>\n<p><em>L\u00e9gitime D\u00e9fense<\/em> (1932)<\/p>\n<p><strong><u>Aim\u00e9 C\u00e9saire<\/u> (1913-2008)<\/strong><\/p>\n<p>Faites de moi l\u2019ex\u00e9cuteur de ces \u0153uvres hautes<\/p>\n<p><em>Notes on a Return to My Native Land<\/em> (1956)<\/p>\n<p><strong><u>Joseph Zobel<\/u> (1913-2006)<\/strong><\/p>\n<p>Mon pays<\/p>\n<p>plus charnellement \u00e0 moi<\/p>\n<p>que m\u00e8re et que fils<\/p>\n<p><em>Incantation pour un retour au pays natal<\/em> (1965)<\/p>\n<p><strong><u>Georges Desportes<\/u> (1921-2016)<\/strong><\/p>\n<p>une d\u00e9composition lente de mangroves<\/p>\n<p>s\u2019\u00e9teignant comme flammes \u00e0 la fi\u00e8vre des marais<\/p>\n<p><em>Sous l\u2019\u0153il fixe du soleil<\/em> (1961)<\/p>\n<p><strong><u>\u00c9douard Glissant<\/u> (1928-2011)<\/strong><\/p>\n<p>et il y eut la froide nue fleur de l\u2019avant, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les voiliers, quittant le vent, rentraient dans l\u2019horizon d\u2019argile et de rames<\/p>\n<p><em>Le Sel noir<\/em> (1960)<\/p>\n<p><strong><u>Alfred Melon-Degras<\/u> (1931-1960)<\/strong><\/p>\n<p>la molle avalanche des flocons de l\u2019ennui<\/p>\n<p><em>Soleils de toute libert\u00e9<\/em> (1980)<\/p>\n<p><strong><u>Daniel Boukman<\/u> (1936-2024)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>en dessous du grand vent pr\u00e9sence obstin\u00e9e l\u2019arbre demeure<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>anba gran van py\u00e9bwa \u2013 a la i la<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Chiktay paw\u00f2l<\/em> (1994)<\/p>\n<p><strong><u>Joseph Polius<\/u> (1942-2013)<\/strong><\/p>\n<p>Comme une d\u00e9tresse de canne \u00e0 sucre<\/p>\n<p>Sur l\u2019esp\u00e9rance qui se givre<\/p>\n<p><em>Bonheur de poche<\/em> (1968)<\/p>\n<p><strong><u>Jos\u00e9 Le Moigne<\/u> (1944-)<\/strong><\/p>\n<p>sous l\u2019arc de mes os<\/p>\n<p>s\u2019\u00e9chappent des trac\u00e9es<\/p>\n<p><em>Des villes par-dessus les saisons<\/em> (1993)<\/p>\n<p><strong><u>Roger Parsemain<\/u> (1944-)<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9pis, autos et escaliers<\/p>\n<p>Le tropique crev\u00e9 d\u2019all\u00e9es<\/p>\n<p><em>L\u2019\u0152uvre\u00a0 des volcans<\/em> (2009)<\/p>\n<p><strong><u>Joby Bernab\u00e9<\/u> (1945-)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Un bain de d\u00e9livrance<\/li>\n<\/ul>\n<p>et d\u2019une eau sans \u00e9gale une parole enceinte<\/p>\n<ul>\n<li>an pawol bon pou k\u00f2 kon an ban d\u00e9mar\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>an pawol ko p\u00f2t\u00e9 pi bon dlo ki p\u00e9ni<\/p>\n<p><em>D\u00e9mar\u00e9\u00a0: anges de terre br\u00fbl\u00e9e<\/em> (2007)<\/p>\n<p><strong><u>Serge Goudin-Th\u00e9bia<\/u> (1945-2013)<\/strong><\/p>\n<p>sauter \u00e0 la figure de la vie<\/p>\n<p>entrer en r\u00e9sonance, l\u2019oreille au ventre<\/p>\n<p><em>L\u2019A\u00e9rolithe<\/em> (1991)<\/p>\n<p><strong><u>Jo\u00ebl Beuze<\/u> (1946-)<\/strong><\/p>\n<p>La derni\u00e8re pellet\u00e9e jet\u00e9e \u00e0 la mort a mis mon c\u0153ur en cataracte<\/p>\n<p><em>Ferments d\u2019ombre\u00a0: paroles de roman<\/em> (1979)<\/p>\n<p><strong><u>Monchoachi<\/u> (1946-)<\/strong><\/p>\n<p>Bocant\u00e9 splendeur contre l\u2019ombre de l\u2019ombre<\/p>\n<p><em>mis\u00e9r\u00e9r\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Bocant\u00e9 f\u00eate et d\u2019abondance (eh oui!)<\/p>\n<p>contre travaux forc\u00e9e <em>\u00e9 \u00e9<\/em><\/p>\n<p>et d\u00e9solation<\/p>\n<p><em>c\u00e9 dil\u00e9r\u00e9 \u00e7a<\/em><\/p>\n<p><em>L\u00e9mist\u00e9<\/em> (2012)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><u>Suzanne Dracius<\/u> (1951)<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons des pass\u00e9s qui marquent<\/p>\n<p>Et aussi un pr\u00e9sent qui claque<\/p>\n<p>Un pass\u00e9 de marques<\/p>\n<p><em>Exquise d\u00e9r\u00e9liction m\u00e9tisse<\/em> (2008)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><u>\u00c9liane Marqu\u00e8s-Larade<\/u> (1957-)<\/strong><\/p>\n<p>La mer a pris sa source dans tes yeux sans vague<\/p>\n<p>Gare au transport des sens d\u2019un accueil glutineux<\/p>\n<p><em>Les oiseaux en enfer<\/em> (1985)<\/p>\n<p><strong><u>\u00c9ric P\u00e9zo<\/u> (1963-)<\/strong><\/p>\n<p>Certains glissent au milieu des doigts de graviers<\/p>\n<p>Plant\u00e9s dans les c\u00f4tes du chemin-dimanche<\/p>\n<p>Chats-plumes \u00e0 sept yeux qui voient tout<\/p>\n<p><em>Passeurs de rives<\/em> (2003)<\/p>\n<p><strong><u>Nicole Cage<\/u> (1965-)<\/strong><\/p>\n<p>Pauvre soleil<\/p>\n<p>Qui ne sait faire autrement que nous si violemment aimer<\/p>\n<p>Que nous si ardemment br\u00fbler<\/p>\n<p>Que nous si tendrement bailler l\u2019ocre de la terre, la teinte am\u00e8re du caf\u00e9<\/p>\n<p><em>D\u2019\u00eeles je suis<\/em> (2012)<\/p>\n<p><strong><u>Han\u00e9ta V\u00e9t\u00e9-Congolo<\/u> (1973-)<\/strong><\/p>\n<p>et si le vert le glaive haut devant la basse semence du serpent<\/p>\n<p><em>Avoir et \u00eatre\u00a0: ce que j\u2019ai, ce que je suis<\/em> (2009)<\/p>\n<p><strong><u>Jean-Marc Rosier<\/u> (1976-)<\/strong><\/p>\n<p>Mais les \u00e2mes grenades jet\u00e9es soupirent des ranc\u0153urs rances<\/p>\n<p>Urban\u00eeles (2015)<\/p>\n<p>G\u00e9rard Lamoureux, <em>Cent ans de po\u00e9sie en Martinique \u2013 Une anthologie \u2013 1903-2017<\/em>, Le Gosier, 2019, 194 p.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2019, G\u00e9rard Lamoureux, directeur des \u00c9ditions Long-Cours en Guadeloupe, a publi\u00e9 une anthologie remarquable intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Cent ans de po\u00e9sie en Martinique\u00a0\u00bb. 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