{"id":61881,"date":"2024-08-25T22:30:56","date_gmt":"2024-08-25T21:30:56","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=61881"},"modified":"2024-08-25T22:30:56","modified_gmt":"2024-08-25T21:30:56","slug":"la-naissance-des-iles-vierges-britanniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/la-naissance-des-iles-vierges-britanniques\/","title":{"rendered":"La naissance des \u00eeles Vierges britanniques"},"content":{"rendered":"<p>Aux prises avec une histoire marqu\u00e9e par le colonialisme, les \u00eeles Vierges britanniques ont construit une identit\u00e9 nationale qui accepte le changement tout en prenant ses distances avec ses voisins.<\/p>\n<p>Par : Rob Crossan pour le site JSTOR<\/p>\n<p>On n&rsquo;associe g\u00e9n\u00e9ralement pas l&rsquo;Angleterre pluvieuse aux plages de sable blanc, aux r\u00e9cifs coralliens et aux \u00eelots tropicaux. Pourtant, les \u00eeles Vierges britanniques font partie de ce qui n&rsquo;est plus qu&rsquo;une toute petite collection de territoires britanniques d&rsquo;outre-mer qui restent fid\u00e8les \u00e0 Londres et \u00e0 la Couronne. Les \u00eeles Vierges britanniques font partie de ces territoires \u00e9parpill\u00e9s dans le monde qui ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attrait de l&rsquo;ind\u00e9pendance, pr\u00e9f\u00e9rant ne pas rompre la relation avec leur souverain colonial. Et elles sont extr\u00eamement diverses, des \u00eeles Falkland \u00e0 la pointe de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud \u00e0 l&rsquo;\u00eele des Bermudes dans l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique, en passant par le minuscule territoire de Gibraltar \u00e0 la pointe sud de l&rsquo;Espagne, entre autres.<\/p>\n<p>Pourtant, l&rsquo;histoire des \u00eeles Vierges britanniques n&rsquo;est pas enti\u00e8rement domin\u00e9e par le Royaume-Uni. En fait, le premier Europ\u00e9en \u00e0 avoir d\u00e9couvert ces \u00eeles n&rsquo;\u00e9tait pas britannique, mais italien. C&rsquo;est Christophe Colomb qui a baptis\u00e9 cet ensemble de petites \u00eeles, comme l&rsquo;expliquent Norwell Harrigan et Pearl I. Varlack dans l&rsquo;un de leurs essais historiques pionniers sur les \u00eeles, publi\u00e9 dans un num\u00e9ro de 1977 du Journal for Black Studies. Le 14 novembre 1493, rapportent-ils, Christophe Colomb a d\u00e9couvert une \u00eele qu&rsquo;il a nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Isla de la Santa Cruz\u00a0\u00bb (appel\u00e9e par les indig\u00e8nes \u00ab\u00a0Ay Ay\u00a0\u00bb, rebaptis\u00e9e par la suite \u00ab\u00a0Sainte-Croix\u00a0\u00bb par les Fran\u00e7ais). Poursuivant son voyage vers l&rsquo;ouest, il aper\u00e7oit quelques jours plus tard un ensemble d&rsquo;\u00eeles, d&rsquo;\u00eelots et de rochers (plus d&rsquo;une centaine aujourd&rsquo;hui). En l&rsquo;honneur de sainte Ursule et de ses 11 000 vierges martyres (en raison de leur nombre et, dit-on, pour exag\u00e9rer sa d\u00e9couverte aux yeux de ses m\u00e9c\u00e8nes, Ferdinand et Isabelle d&rsquo;Espagne), il leur donna le nom de \u00ab\u00a0Las Once Mil V\u00edrgines\u00a0\u00bb (les 11 000 vierges).<\/p>\n<p>Bien que leur langage soit dat\u00e9, Harrigan et Varlack saisissent le poids du colonialisme sur les \u00eeles et leurs habitants. Les si\u00e8cles qui ont suivi la \u00ab\u00a0d\u00e9couverte\u00a0\u00bb de Christophe Colomb ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par une querelle famili\u00e8re entre les puissances coloniales, notamment les N\u00e9erlandais, les Anglais, les Fran\u00e7ais, les Espagnols et les Danois, pour le contr\u00f4le de ces \u00eeles et de bien d&rsquo;autres dans les Cara\u00efbes. En 1672, ce sont les Danois qui ont pris le contr\u00f4le de quelques-unes des plus de cinquante \u00eeles du territoire des Vierges pour cr\u00e9er les Indes occidentales danoises. \u00c0 la fin du XVIIe si\u00e8cle, les Britanniques avaient repris Tortola aux Hollandais et annex\u00e9 Anegada et Virgin Gorda, tandis que les Danois avaient pris le contr\u00f4le de Saint-Thomas, Saint-Jean et Sainte-Croix.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt du transport des esclaves d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest pour travailler dans les plantations de sucre, combin\u00e9 au terrain et \u00e0 la faible pluviosit\u00e9, a fait que les domaines n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 lucratifs. L&rsquo;\u00e9mancipation des esclaves \u00e0 la suite de la loi sur l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage de 1833 et la baisse de la demande de sucre produit par les Britanniques apr\u00e8s les guerres napol\u00e9oniennes ont entra\u00een\u00e9 la faillite des propri\u00e9taires de plantations, comme l&rsquo;explique John P. Augelli dans une autre contribution pr\u00e9coce au domaine des \u00e9tudes carib\u00e9ennes, publi\u00e9e en 1956 dans la revue Geographical Review.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La chute de l&rsquo;agriculture familiale a fortement contribu\u00e9 \u00e0 rompre les liens socio-\u00e9conomiques des \u00eeles avec la Grande-Bretagne et \u00e0 les orienter vers Saint-Thomas\u00a0\u00bb, \u00e9crit Augellis. Avec l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une nouvelle \u00e9conomie bas\u00e9e principalement sur l&rsquo;agriculture de subsistance, les plantations n&rsquo;avaient rien d&rsquo;autre \u00e0 vendre qu&rsquo;un petit surplus de b\u00e9tail et un important surplus de main-d&rsquo;\u0153uvre, pour lesquels il n&rsquo;y avait gu\u00e8re de demande dans les Cara\u00efbes britanniques. M\u00eame si une demande avait exist\u00e9, elle aurait probablement \u00e9t\u00e9 largement annul\u00e9e par les inconv\u00e9nients du transport primitif et les distances relativement longues qui s\u00e9paraient les \u00eeles Vierges britanniques des autres possessions britanniques dans les Indes. En revanche, l&rsquo;\u00eele danoise de Saint-Thomas, situ\u00e9e \u00e0 moins de 30 milles, offrait l&rsquo;avantage de la proximit\u00e9, ainsi que des possibilit\u00e9s d&#8217;emploi et de vente de broussailles.<\/p>\n<p>Le statut des \u00eeles Vierges britanniques en tant que partenaire junior du groupe des \u00eeles Vierges a \u00e9t\u00e9 ciment\u00e9 en 1917 lorsque les \u00c9tats-Unis ont achet\u00e9 les \u00eeles danoises pour 25 millions de dollars et les ont rebaptis\u00e9es \u00ab\u00a0\u00eeles Vierges am\u00e9ricaines\u00a0\u00bb. Les \u00eeles britanniques sont devenues de plus en plus d\u00e9pendantes de leurs compatriotes coloniaux, allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 adopter le dollar comme monnaie propre en 1959.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le schisme entre les sections am\u00e9ricaine et britannique des \u00eeles Vierges est loin d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des points de friction politique et culturelle les plus br\u00fblants du monde.<br \/>\nLa d\u00e9cennie qui a suivi a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par d&rsquo;immenses changements aux \u00eeles Vierges britanniques. De l&rsquo;obtention d&rsquo;un degr\u00e9 limit\u00e9 d&rsquo;autonomie en 1967 \u00e0 l&rsquo;immigration \u00e0 grande \u00e9chelle en provenance d&rsquo;autres \u00eeles des Cara\u00efbes et du Royaume-Uni, les \u00eeles se sont rapidement d\u00e9barrass\u00e9es de leur aspect pr\u00e9industriel stagnant. W. Errol Bowen a saisi cette \u00e9volution dans son article de 1976 intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Development, Immigration and Politics in a Pre-Industrial Society\u00a0\u00bb (D\u00e9veloppement, immigration et politique dans une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9industrielle) : A Study of Social Change in the British Virgin Islands in the 1960s\u00a0\u00bb (D\u00e9veloppement, immigration et politique dans une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9industrielle : \u00e9tude du changement social dans les \u00eeles Vierges britanniques dans les ann\u00e9es 1960), \u00e9crit presque en m\u00eame temps que la transformation des \u00eeles.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune banque en 1960, \u00e9crit Bowen, il y avait quatre grandes banques internationales en 1969,<\/p>\n<p>en 1969, il y avait quatre grandes banques internationales. Le service d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e9tait \u00e9tendu \u00e0 l&rsquo;ensemble de Tortola et il existait un service t\u00e9l\u00e9phonique efficace avec num\u00e9rotation directe, non seulement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00eele, mais aussi avec les \u00eeles Vierges am\u00e9ricaines. Alors qu&rsquo;au d\u00e9but de la d\u00e9cennie, toutes les marchandises destin\u00e9es \u00e0 Tortola devaient \u00eatre d\u00e9charg\u00e9es \u00e0 Saint-Thomas ou \u00e0 Porto Rico, Road Town b\u00e9n\u00e9ficiait d\u00e9sormais d&rsquo;un service de transport maritime direct en provenance de Miami, New York et Londres. \u00c0 la fin de la d\u00e9cennie, les \u00eeles \u00e9taient \u00e9galement desservies par trois pistes d&rsquo;atterrissage, et m\u00eame si les a\u00e9roports \u00e9taient encore assez primitifs, ceux desservant Tortola et Anegada \u00e9taient suffisamment longs pour permettre l&rsquo;utilisation de turbopropulseurs. \u00c0 la fin de la d\u00e9cennie, les sp\u00e9culateurs fonciers \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, essayant d&rsquo;arracher aux habitants des \u00eeles Vierges des terres qui appartenaient \u00e0 certaines familles depuis 150 ans.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le schisme entre les sections am\u00e9ricaine et britannique des \u00eeles Vierges n&rsquo;est pas l&rsquo;un des points de friction politique et culturelle les plus br\u00fblants de la plan\u00e8te. Pourtant, comme le montrent les paroles de \u00ab\u00a0De Test\u00a0\u00bb, une chanson populaire des ann\u00e9es 1990 dans le genre soca, les effets de l&rsquo;esclavage, du post-colonialisme et des st\u00e9r\u00e9otypes sur les \u00eeles Vierges britanniques ont eu un impact sur la population locale.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux prises avec une histoire marqu\u00e9e par le colonialisme, les \u00eeles Vierges britanniques ont construit une identit\u00e9 nationale qui accepte le changement tout en prenant ses distances avec ses voisins. Par : Rob Crossan pour le site JSTOR On n&rsquo;associe g\u00e9n\u00e9ralement pas l&rsquo;Angleterre pluvieuse aux plages de sable blanc, aux r\u00e9cifs coralliens et aux \u00eelots<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":61882,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[1373],"tags":[],"class_list":["post-61881","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-caraibe"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61881","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61881"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61881\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61882"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61881"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61881"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61881"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}