{"id":63789,"date":"2024-10-01T12:40:13","date_gmt":"2024-10-01T11:40:13","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=63789"},"modified":"2024-10-01T12:58:01","modified_gmt":"2024-10-01T11:58:01","slug":"la-solution-a-la-vie-chere-passe-par-la-refonte-du-modele-economique-actuel-par-jm-nol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/la-solution-a-la-vie-chere-passe-par-la-refonte-du-modele-economique-actuel-par-jm-nol\/","title":{"rendered":"La solution \u00e0 la vie ch\u00e8re passe par la refonte du mod\u00e8le \u00e9conomique actuel ! Par JM Nol"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<h2><em><strong>\u201cEtre conscient de la difficult\u00e9 permet de l\u2019\u00e9viter.\u201d<\/strong><\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Lao-Tseu<\/strong><\/p>\n<p><strong>La probl\u00e9matique de la vie ch\u00e8re est de nature structurelle, et donc ne peut \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e par des mesures conjoncturelles et limit\u00e9es dans le temps, telles que la baisse au demeurant illusoire des marges,la p\u00e9r\u00e9quation financi\u00e8re, la continuit\u00e9 territoriale trop co\u00fbteuse , la baisse de l&rsquo;octroi de mer et de la TVA contre productive \u00e0 moyen terme . Ce ne sont l\u00e0 que des caut\u00e8res sur une jambe de bois !<\/strong><\/p>\n<p>La probl\u00e9matique de la vie ch\u00e8re en Guadeloupe et en Martinique est l&rsquo;un des principaux facteurs de tensions sociales et \u00e9conomiques dans ces territoires. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui p\u00e8se lourdement sur le quotidien des habitants, trouve ses racines dans des dysfonctionnements structurels profonds qui n\u00e9cessitent une refonte compl\u00e8te du mod\u00e8le \u00e9conomique et social pour \u00eatre r\u00e9solus. Toute solution durable \u00e0 cette question doit passer par un changement de paradigme qui prenne en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s locales, notamment la d\u00e9pendance \u00e9conomique, les monopoles de distribution, les in\u00e9galit\u00e9s sociales et le cadre l\u00e9gislatif particulier des d\u00e9partements d&rsquo;outre-mer.La premi\u00e8re raison pour laquelle la solution \u00e0 la vie ch\u00e8re passe par une refonte structurelle tient \u00e0 la forte d\u00e9pendance \u00e9conomique des Antilles fran\u00e7aises vis-\u00e0-vis de la France m\u00e9tropolitaine. Une part importante des biens de consommation, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de nourriture, de produits manufactur\u00e9s ou m\u00eame de services, est import\u00e9e, principalement de l&rsquo;Hexagone. Cette d\u00e9pendance entra\u00eene des surco\u00fbts importants li\u00e9s au transport, mais aussi \u00e0 l&rsquo;absence de concurrence locale dans certains secteurs. En cons\u00e9quence, les prix des produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 sont souvent beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;en m\u00e9tropole. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation, il est imp\u00e9ratif de repenser la structure \u00e9conomique des \u00eeles en encourageant le d\u00e9veloppement de fili\u00e8res locales capables de produire une partie des biens consomm\u00e9s sur place. Cela suppose un soutien accru \u00e0 l&rsquo;agriculture locale, \u00e0 l&rsquo;artisanat et aux entreprises locales, mais aussi une meilleure int\u00e9gration \u00e9conomique avec les voisins carib\u00e9ens, ce qui pourrait permettre de diversifier les sources d&rsquo;approvisionnement et de r\u00e9duire les co\u00fbts.Ensuite, le mod\u00e8le de distribution monopolistique qui pr\u00e9vaut dans ces territoires est un autre facteur structurel de la vie ch\u00e8re. Une poign\u00e9e de grandes entreprises, souvent issues de groupes m\u00e9tropolitains ou d&rsquo;oligarchies locales, contr\u00f4lent les circuits d&rsquo;importation et de distribution, ce qui leur permet de fixer les prix de mani\u00e8re quasi arbitraire. Ce manque de concurrence r\u00e9elle dans certains secteurs de l&rsquo;\u00e9conomie, comme la grande distribution, freine la baisse des prix et limite le pouvoir d&rsquo;achat des consommateurs. Pour briser ce mod\u00e8le, il est n\u00e9cessaire de repenser la r\u00e9gulation du march\u00e9 et d&rsquo;encourager l&rsquo;\u00e9mergence de nouvelles entreprises locales capables de concurrencer les monopoles en place. Cela pourrait passer par des r\u00e9formes fiscales et des incitations \u00e0 l&rsquo;entrepreneuriat, ainsi que par un encadrement plus strict des pratiques anticoncurrentielles.De plus, la question de la vie ch\u00e8re est indissociable de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des revenus et de la pr\u00e9carit\u00e9 sociale qui caract\u00e9risent la Guadeloupe et la Martinique. Les in\u00e9galit\u00e9s de revenus sont particuli\u00e8rement marqu\u00e9es dans ces territoires, avec une fracture entre les classes sociales les plus favoris\u00e9es, souvent employ\u00e9es dans la fonction publique ou dans des secteurs prot\u00e9g\u00e9s, et les classes populaires, confront\u00e9es \u00e0 un march\u00e9 de l&#8217;emploi pr\u00e9caire et \u00e0 des salaires souvent bas. Ces in\u00e9galit\u00e9s aggravent les tensions sociales et accentuent la perception d&rsquo;une \u00e9conomie injuste et in\u00e9quitable. Pour r\u00e9soudre cette question, une refonte du mod\u00e8le social est n\u00e9cessaire, avec des politiques plus ambitieuses en mati\u00e8re de redistribution des richesses, d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la formation et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances. Il est essentiel de repenser le r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat dans ces territoires, non pas uniquement comme un pourvoyeur de transferts financiers, mais comme un acteur facilitant le d\u00e9veloppement de structures \u00e9conomiques autonomes et r\u00e9silientes.En outre, les sp\u00e9cificit\u00e9s l\u00e9gislatives des d\u00e9partements d&rsquo;outre-mer, qui incluent des dispositifs tels que l&rsquo;octroi de mer ou certaines formes d&rsquo;exon\u00e9rations fiscales, contribuent \u00e0 renforcer la vie ch\u00e8re en prot\u00e9geant certains secteurs \u00e9conomiques de la concurrence ext\u00e9rieure. Bien que ces dispositifs visent \u00e0 prot\u00e9ger les industries locales, ils ont souvent pour effet pervers de maintenir des prix \u00e9lev\u00e9s en raison d&rsquo;une faible concurrence et d&rsquo;une faible incitation \u00e0 l&rsquo;innovation et \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la productivit\u00e9. La refonte du mod\u00e8le \u00e9conomique doit donc inclure une r\u00e9\u00e9valuation de ces dispositifs afin de mieux encourager la comp\u00e9titivit\u00e9 locale tout en favorisant une baisse des prix.Enfin, la question de la vie ch\u00e8re ne peut \u00eatre r\u00e9solue sans une vision \u00e0 long terme du d\u00e9veloppement durable. Les Antilles fran\u00e7aises sont confront\u00e9es \u00e0 des enjeux environnementaux majeurs, notamment li\u00e9s aux changements climatiques, \u00e0 la gestion des ressources naturelles et \u00e0 la protection de la biodiversit\u00e9. Un mod\u00e8le \u00e9conomique bas\u00e9 sur une exploitation intensive des ressources ou une d\u00e9pendance excessive aux importations est incompatible avec ces d\u00e9fis. La solution \u00e0 la vie ch\u00e8re doit donc inclure une transition vers une \u00e9conomie plus durable, bas\u00e9e sur l&rsquo;exploitation raisonn\u00e9e des ressources locales, le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables et la promotion d&rsquo;une agriculture respectueuse de l&rsquo;environnement. Ce mod\u00e8le plus durable pourrait, \u00e0 terme, r\u00e9duire les co\u00fbts pour les habitants tout en assurant une meilleure r\u00e9silience face aux crises \u00e9conomiques et climatiques \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Les Antilles fran\u00e7aises, la Guadeloupe et la Martinique, se trouvent depuis longtemps dans une situation \u00e9conomique qui, malgr\u00e9 de nombreux efforts, semble ne jamais aboutir \u00e0 des solutions satisfaisantes. \u00c0 chaque crise ou mouvement social, les m\u00eames maux sont d\u00e9nonc\u00e9s : ch\u00f4mage end\u00e9mique, in\u00e9galit\u00e9s criantes, d\u00e9pendance \u00e9conomique, vie ch\u00e8re et dysfonctionnements structurels. Mais pourquoi l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique semble-t-elle si d\u00e9ficiente dans ces territoires ? Pourquoi les politiques publiques peinent-elles \u00e0 apporter des r\u00e9ponses durables et structurantes ? Pour tenter de comprendre, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;examiner les dynamiques \u00e9conomiques sp\u00e9cifiques des Antilles fran\u00e7aises, mais aussi de s&rsquo;interroger sur la mani\u00e8re dont la macro\u00e9conomie est appliqu\u00e9e dans ces territoires ultra-marins.La premi\u00e8re caract\u00e9ristique fondamentale de l&rsquo;\u00e9conomie guadeloup\u00e9enne et martiniquaise est leur d\u00e9pendance \u00e0 la m\u00e9tropole. Les deux \u00eeles fonctionnent largement sur le mod\u00e8le d&rsquo;une \u00e9conomie de rente, o\u00f9 l&rsquo;essentiel des revenus provient de transferts publics de l&rsquo;\u00c9tat. Ces transferts prennent la forme de subventions, de salaires pour les fonctionnaires, mais aussi de programmes sociaux qui visent \u00e0 compenser une production \u00e9conomique locale insuffisante. En effet, les structures productives locales sont faibles, marqu\u00e9es par une forte d\u00e9pendance aux importations et un tissu industriel r\u00e9duit. La production agricole, bien qu&rsquo;historiquement centrale avec des monocultures comme la banane ou la canne \u00e0 sucre, est en d\u00e9clin. Cette situation place les territoires dans une d\u00e9pendance extr\u00eame vis-\u00e0-vis de l&rsquo;ext\u00e9rieur, notamment de la France hexagonale, rendant ainsi leur \u00e9conomie vuln\u00e9rable aux fluctuations des politiques publiques et des march\u00e9s internationaux.Dans ce contexte, l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique classique, telle qu&rsquo;elle est enseign\u00e9e et pratiqu\u00e9e dans des \u00e9conomies de march\u00e9 plus autonomes, semble mal s&rsquo;appliquer. Les outils standards de la macro\u00e9conomie, qui cherchent \u00e0 mod\u00e9liser les interactions entre production, consommation, inflation et ch\u00f4mage, perdent de leur pertinence dans une \u00e9conomie o\u00f9 les flux financiers sont essentiellement externes. Les indicateurs \u00e9conomiques, tels que le PIB, le taux de ch\u00f4mage ou le niveau d&rsquo;inflation, ne refl\u00e8tent qu&rsquo;une partie de la r\u00e9alit\u00e9. Par exemple, le ch\u00f4mage dans ces territoires d\u00e9passe r\u00e9guli\u00e8rement les 15 \u00e0 20 %, un chiffre qui en Europe continentale serait synonyme de crise, mais qui dans les Antilles perd de sa signification lorsqu&rsquo;une part importante de la population vit de revenus sociaux ou d&rsquo;une \u00e9conomie informelle. Ainsi, l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique classique \u00e9choue \u00e0 saisir la complexit\u00e9 des dynamiques \u00e9conomiques locales et des solutions alternatives doivent \u00eatre envisag\u00e9es pour adapter cette grille de lecture aux sp\u00e9cificit\u00e9s de ces r\u00e9gions.Un autre facteur expliquant la faiblesse de l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique en Guadeloupe et Martinique r\u00e9side dans la structure sociale. Ces territoires sont marqu\u00e9s par de profondes in\u00e9galit\u00e9s, \u00e0 la fois historiques et actuelles, qui rendent toute tentative d&rsquo;analyse \u00e9conomique plus difficile. Les in\u00e9galit\u00e9s de revenus entre les natifs des \u00eeles et les m\u00e9tropolitains install\u00e9s localement sont flagrantes, tout comme les \u00e9carts entre le secteur public et le secteur priv\u00e9. Le poids des fonctionnaires, qui repr\u00e9sentent une proportion \u00e9lev\u00e9e des emplois dans ces \u00eeles, fausse la perception des probl\u00e9matiques \u00e9conomiques locales. Tandis qu&rsquo;une partie de la population b\u00e9n\u00e9ficie de la stabilit\u00e9 de l&#8217;emploi public et des salaires souvent plus \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;en m\u00e9tropole, une autre partie est confront\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 et \u00e0 des difficult\u00e9s croissantes \u00e0 joindre les deux bouts. Cela g\u00e9n\u00e8re un sentiment d&rsquo;injustice et d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9, qui se traduit r\u00e9guli\u00e8rement par des mouvements sociaux violents, comme les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales ou les \u00e9meutes. Les tensions sociales deviennent ainsi un indicateur \u00e9conomique \u00e0 part enti\u00e8re, souvent oubli\u00e9 par les analyses macro\u00e9conomiques traditionnelles.La question du co\u00fbt de la vie est un autre \u00e9l\u00e9ment qui \u00e9chappe souvent \u00e0 l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique classique. La vie en Guadeloupe et en Martinique est nettement plus ch\u00e8re qu&rsquo;en France m\u00e9tropolitaine, notamment en raison de la d\u00e9pendance aux importations. Les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, comme la nourriture, les carburants ou les mat\u00e9riaux de construction, sont majoritairement import\u00e9s, entra\u00eenant des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires li\u00e9s au transport. Alors le combat contre la vie ch\u00e8re est -t-il mission impossible ?<\/p>\n<p>La situation financi\u00e8re actuelle de la France rend effectivement difficile la mise en \u0153uvre de mesures co\u00fbteuses, pour lutter contre la vie ch\u00e8re comme celles envisag\u00e9es pour la Martinique et potentiellement applicables pour l&rsquo;ensemble des territoires d&rsquo;outre-mer . Ainsi , L&rsquo;\u00c9tat pourrait tenter de financer ces mesures en r\u00e9allouant des ressources \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du budget la mission outre-mer . Cela impliquerait des choix difficiles, notamment des r\u00e9ductions dans d&rsquo;autres domaines (sant\u00e9 , \u00e9ducation, social , aides \u00e9conomiques, etc ) pour financer ces nouvelles mesures. Mais le gouvernement doit \u00e9galement tenir compte des tensions sociales importantes dans les territoires d&rsquo;outre-mer. La crise de 2009 en Martinique, Guadeloupe et d&rsquo;autres territoires avait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 les dangers d&rsquo;une mauvaise gestion de ce type de crise. Mais ne pas r\u00e9pondre aux revendications pourrait exacerber les tensions sociales et entra\u00eener des perturbations \u00e9conomiques encore plus co\u00fbteuses \u00e0 court -moyen -long terme. Cependant \u00e0 tr\u00e8s court terme, cela semble mission impossible. La marge de man\u0153uvre financi\u00e8re de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais est tr\u00e8s limit\u00e9e dans le contexte actuel. Il sera difficile de financer des mesures co\u00fbteuses comme la suppression de la TVA, la mise en \u0153uvre de la continuit\u00e9 territoriale ou la p\u00e9r\u00e9quation pour le fret maritime sans aggraver encore le d\u00e9ficit public ou la dette.\u00a0 Toutefois ceci para\u00eet impossible en un court laps de temps, aussi je crains fort des grincements de dents et des craquements propices \u00e0 de nouvelles turbulences au niveau du front de la lutte des activistes et syndicats. Cette situation accentue l&rsquo;impression d&rsquo;une \u00e9conomie dysfonctionnelle et g\u00e9n\u00e8re une frustration sociale immense. Pourtant, cette r\u00e9alit\u00e9 est rarement prise en compte de mani\u00e8re ad\u00e9quate dans les analyses \u00e9conomiques, qui se concentrent sur des agr\u00e9gats tels que l&rsquo;inflation sans tenir compte de la sp\u00e9cificit\u00e9 des structures de co\u00fbts locales. Le m\u00e9canisme de formation des prix est ici crucial et devrait \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 plus syst\u00e9matiquement dans l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique.En parall\u00e8le, la dynamique d\u00e9mographique des deux \u00eeles vient complexifier la situation. La Guadeloupe et la Martinique subissent un ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9peuplement, notamment parmi les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, qui pr\u00e9f\u00e8rent s&rsquo;installer en m\u00e9tropole o\u00f9 les perspectives d&#8217;emploi sont plus favorables. Ce \u00ab\u00a0brain drain\u00a0\u00bb affaiblit encore davantage le potentiel productif local et exacerbe la d\u00e9pendance aux transferts publics. Dans un tel contexte, les politiques publiques peinent \u00e0 jouer leur r\u00f4le de levier \u00e9conomique. Les plans de relance, bas\u00e9s sur des investissements en infrastructures ou sur des aides \u00e0 l&#8217;emploi, ne peuvent fonctionner de mani\u00e8re optimale lorsque les comp\u00e9tences locales sont en fuite et que la main-d&rsquo;\u0153uvre qualifi\u00e9e est absente.Par ailleurs, la surrepr\u00e9sentation des petites entreprises et des tr\u00e8s petites entreprises dans le tissu \u00e9conomique local constitue un frein suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;analyse et \u00e0 la mise en \u0153uvre de solutions macro\u00e9conomiques. Ces entreprises, souvent informelles, \u00e9voluent dans un environnement de faible concurrence, domin\u00e9 par quelques grandes entreprises ou des monopoles, notamment dans le secteur de la grande distribution. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, coupl\u00e9 \u00e0 un acc\u00e8s limit\u00e9 au financement et \u00e0 un march\u00e9 restreint, complique la t\u00e2che des \u00e9conomistes et des d\u00e9cideurs publics qui cherchent \u00e0 appliquer des mod\u00e8les de croissance ou de d\u00e9veloppement \u00e9conomique reposant sur des structures plus classiques.Face \u00e0 ce constat, que faire ? Il appara\u00eet \u00e9vident que les solutions \u00e9conomiques pour les Antilles doivent sortir des sch\u00e9mas traditionnels d&rsquo;analyse macro\u00e9conomique. Les sp\u00e9cificit\u00e9s locales doivent \u00eatre prises en compte de mani\u00e8re plus syst\u00e9matique, notamment la d\u00e9pendance aux importations, la structure sociale in\u00e9galitaire, la fuite des cerveaux et la centralit\u00e9 des transferts publics. L&rsquo;\u00e9conomie de rente, dans laquelle ces territoires sont enferm\u00e9s, doit \u00eatre repens\u00e9e, non pas simplement \u00e0 travers des transferts toujours plus importants de l\u2019\u00c9tat, mais en mettant en place des strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement local adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain. Cela passe par une relance de l&rsquo;agriculture, un soutien plus marqu\u00e9 aux entreprises locales, une meilleure formation des jeunes et des investissements dans des secteurs porteurs comme le tourisme ou les \u00e9nergies renouvelables.En d\u00e9finitive, la faiblesse de l&rsquo;analyse macro\u00e9conomique en Guadeloupe et Martinique r\u00e9side dans l&rsquo;incapacit\u00e9 des outils traditionnels \u00e0 rendre compte de la complexit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s locales. Ces territoires, situ\u00e9s \u00e0 la crois\u00e9e des influences fran\u00e7aises, carib\u00e9ennes et mondiales, n\u00e9cessitent une approche plus fine et plus adapt\u00e9e, qui tienne compte de leur histoire, de leur g\u00e9ographie et de leur soci\u00e9t\u00e9. Tant que cette approche ne sera pas d\u00e9velopp\u00e9e, les crises sociales et les violences continueront d&rsquo;\u00eatre les sympt\u00f4mes d&rsquo;une \u00e9conomie en souffrance, incapable de trouver son \u00e9quilibre dans les sch\u00e9mas classiques de la macro\u00e9conomie.En d\u00e9finitive , la vie ch\u00e8re en Guadeloupe et en Martinique est le r\u00e9sultat d&rsquo;un ensemble de facteurs structurels, li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9pendance \u00e9conomique, aux monopoles de distribution, aux in\u00e9galit\u00e9s sociales et au cadre l\u00e9gislatif particulier des d\u00e9partements d&rsquo;outre-mer. Toute solution durable \u00e0 cette question doit imp\u00e9rativement passer par une refonte profonde du mod\u00e8le \u00e9conomique et social actuel. Cette refonte doit viser \u00e0 renforcer l&rsquo;autonomie \u00e9conomique des territoires, \u00e0 promouvoir la concurrence, \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s et \u00e0 favoriser une transition vers un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement plus durable. Sans une transformation radicale des structures en place, les Antilles fran\u00e7aises continueront de faire face \u00e0 une \u00e9conomie d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et \u00e0 des tensions sociales r\u00e9currentes, aliment\u00e9es par le poids insupportable de la vie ch\u00e8re<\/p>\n<p><strong>Jean marie Nol \u00e9conomiste\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cEtre conscient de la difficult\u00e9 permet de l\u2019\u00e9viter.\u201d Lao-Tseu La probl\u00e9matique de la vie ch\u00e8re est de nature structurelle, et donc ne peut \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e par des mesures conjoncturelles et limit\u00e9es dans le temps, telles que la baisse au demeurant illusoire des marges,la p\u00e9r\u00e9quation financi\u00e8re, la continuit\u00e9 territoriale trop co\u00fbteuse , la baisse de l&rsquo;octroi<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":63791,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-63789","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63789","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63789\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/63791"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}