{"id":64026,"date":"2024-10-07T21:36:05","date_gmt":"2024-10-07T20:36:05","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=64026"},"modified":"2024-10-07T21:36:05","modified_gmt":"2024-10-07T20:36:05","slug":"creer-une-banque-de-developpement-economique-une-priorite-pour-lavenir-des-antilles-par-jm-nol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/creer-une-banque-de-developpement-economique-une-priorite-pour-lavenir-des-antilles-par-jm-nol\/","title":{"rendered":"Cr\u00e9er une Banque de D\u00e9veloppement \u00c9conomique : Une Priorit\u00e9 pour l&rsquo;Avenir des Antilles, par JM NOL"},"content":{"rendered":"<div dir=\"auto\">\n<h3>Dans un contexte o\u00f9 la vie ch\u00e8re et la d\u00e9pendance aux importations \u00e9tranglent l&rsquo;\u00e9conomie des Antilles fran\u00e7aises, Jean-Marie Nol, \u00e9conomiste, plaide pour la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle banque de d\u00e9veloppement \u00e9conomique en Guadeloupe et en Martinique. Dans cette tribune, il donne son avis sur les failles structurelles des mod\u00e8les actuels et propose une refonte en profondeur bas\u00e9e sur le d\u00e9veloppement d&rsquo;une industrie locale et une meilleure gestion des importations. Selon lui, sans une institution financi\u00e8re solide pour accompagner cette transition, les efforts visant \u00e0 transformer l&rsquo;\u00e9conomie antillaise resteront vains.<\/h3>\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 dir=\"auto\"><b><span style=\"color: #f44336\">L&rsquo;urgence de l&rsquo;heure aux Antilles est la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle banque de d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/span><\/b><\/h2>\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er une nouvelle banque de d\u00e9veloppement \u00e9conomique en Guadeloupe et en Martinique devient de plus en plus urgente dans un contexte \u00e9conomique o\u00f9 la chert\u00e9 de la vie p\u00e8se lourdement sur les habitants. En effet, les mesures actuellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, comme la r\u00e9vision de la taxation sur les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, les aides directes et indirectes au transport, le financement tr\u00e8s hasardeux de la continuit\u00e9 territoriale, ainsi que la ma\u00eetrise concert\u00e9e mais quelque peu illusoire des marges des distributeurs, ne suffisent plus. Il est crucial d&rsquo;aller au-del\u00e0 de ces premi\u00e8res actions de r\u00e9flexion pour s&rsquo;attaquer aux facteurs structurels qui aggravent cette situation, tels que les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s du transport, de l&rsquo;\u00e9nergie, de la construction et de l&rsquo;immobilier . Il devient \u00e9vident que pour apporter des r\u00e9ponses durables \u00e0 ces probl\u00e8mes, il faut imp\u00e9rativement repenser le mod\u00e8le \u00e9conomique des Antilles fran\u00e7aises. Nous n&rsquo;avons eu de cesse dans le pass\u00e9 de marteler cette \u00e9vidence dans plusieurs pr\u00e9c\u00e9dentes Tribunes. Certes les id\u00e9es contenues dans mes \u00e9crits commencent \u00e0 infuser mais malheureusement trop lentement. Le mod\u00e8le actuel, h\u00e9rit\u00e9 de la d\u00e9partementalisation, repose principalement sur les importations, ce qui expose fortement la Guadeloupe et la Martinique aux fluctuations des march\u00e9s internationaux et \u00e0 des co\u00fbts de transport exorbitants. Cette d\u00e9pendance excessive \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des importations contribue \u00e0 l&rsquo;inflation des prix, accentuant le sentiment de pr\u00e9carit\u00e9 parmi les populations locales, en particulier chez les jeunes, qui voient dans cet immobilisme \u00e9conomique un manque de perspectives d&rsquo;avenir. Ce mod\u00e8le obsol\u00e8te, incapable de r\u00e9pondre aux besoins des soci\u00e9t\u00e9s antillaises contemporaines, nourrit une contestation sociale croissante, marqu\u00e9e par des mouvements de protestation de plus en plus violents. Il est donc imp\u00e9ratif de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, davantage orient\u00e9 vers la promotion de la production locale afin de r\u00e9duire cette d\u00e9pendance et, par cons\u00e9quent, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e9conomique des territoires.<\/p>\n<p>Mais en ce qui a trait \u00e0 un d\u00e9veloppement de la production locale sur les bases actuelles du mod\u00e8le \u00e9conomique est \u00e0 notre avis une chim\u00e8re et l&rsquo;on court \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec m\u00eame en cas de refonte du syst\u00e8me du POSEI pour favoriser la diversification.Il est en effet crucial de reconna\u00eetre que la production locale en Guadeloupe et en Martinique, limit\u00e9e par des contraintes g\u00e9ographiques, climatiques et de ressources, ne pourra jamais suffire \u00e0 couvrir les besoins de la population et \u00e0 concurrencer les grands march\u00e9s internationaux. Par cons\u00e9quent, une strat\u00e9gie plus pragmatique serait d\u2019envisager l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles, notamment en provenance d\u2019Am\u00e9rique du Nord, d\u2019Am\u00e9rique du Sud ou m\u00eame de la Cara\u00efbe. Ces mati\u00e8res premi\u00e8res, une fois transform\u00e9es localement, permettraient de d\u00e9velopper une industrie agroalimentaire capable de produire des biens \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e et de r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations m\u00e9tropolitaines.<\/p>\n<p>Ce mod\u00e8le pr\u00e9sente plusieurs avantages. D\u2019une part, en se fournissant en mati\u00e8res premi\u00e8res sur des march\u00e9s plus proches g\u00e9ographiquement, les territoires r\u00e9duiraient les co\u00fbts d\u2019importation et les d\u00e9lais d\u2019acheminement. L&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et du Sud, en particulier, disposent de grandes capacit\u00e9s de production agricole, souvent \u00e0 des prix plus comp\u00e9titifs que ceux des produits europ\u00e9ens. D\u2019autre part, l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res permettrait aux industries locales de contr\u00f4ler la transformation, d\u2019adapter les produits aux besoins sp\u00e9cifiques de la population et de d\u00e9velopper des cha\u00eenes de valeur locales. Cela stimulerait l\u2019emploi et l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique tout en r\u00e9duisant les co\u00fbts des produits alimentaires sur le march\u00e9 local.Un autre aspect essentiel de cette strat\u00e9gie repose sur le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences et d\u2019infrastructures locales pour accueillir ces mati\u00e8res premi\u00e8res et les transformer efficacement. Cela implique un investissement dans des infrastructures de transformation agroalimentaire, mais aussi la formation de la main-d&rsquo;\u0153uvre locale dans les techniques de transformation, de conditionnement et de distribution. Ces industries agroalimentaires locales pourraient produire des denr\u00e9es alimentaires sp\u00e9cifiques aux go\u00fbts et aux besoins des populations locales, tout en assurant une plus grande ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des fluctuations du march\u00e9 international.Cependant, pour que ce mod\u00e8le fonctionne, il est n\u00e9cessaire de lever plusieurs obstacles, notamment les contraintes normatives europ\u00e9ennes qui r\u00e9gissent l\u2019importation et la production alimentaire dans les territoires d\u2019outre-mer.<\/p>\n<p>Comme pour la d\u00e9rogation r\u00e9cemment obtenue dans le secteur des mat\u00e9riaux de construction, il serait indispensable de g\u00e9n\u00e9raliser ces assouplissements \u00e0 d&rsquo;autres secteurs cl\u00e9s, comme celui de l\u2019agroalimentaire. En adaptant les normes aux r\u00e9alit\u00e9s locales, la Guadeloupe et la Martinique pourraient plus facilement acc\u00e9der aux march\u00e9s de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles de proximit\u00e9 et d\u00e9velopper leur capacit\u00e9 de production locale sans \u00eatre p\u00e9nalis\u00e9es par des exigences r\u00e9glementaires inadapt\u00e9es.Ce processus pourrait \u00eatre soutenu par des organismes tels que la COFACE et Business France, qui pourraient s\u00e9curiser les \u00e9changes et attirer des investissements dans le d\u00e9veloppement d\u2019une industrie agroalimentaire locale. La cr\u00e9ation d\u2019une cha\u00eene de valeur locale performante, int\u00e9grant \u00e0 la fois l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res et leur transformation sur place, constituerait un levier pour r\u00e9duire les co\u00fbts de production et rendre les territoires plus comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 r\u00e9gional. Ce mod\u00e8le, tout en s\u2019appuyant sur des ressources agricoles \u00e9trang\u00e8res, permettrait \u00e0 la Guadeloupe et \u00e0 la Martinique de se doter d\u2019une industrie \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e, assurant ainsi une plus grande autonomie \u00e9conomique tout en r\u00e9pondant aux besoins alimentaires des populations locales. La probl\u00e9matique de la g\u00e9n\u00e9ralisation des importations en Guadeloupe et en Martinique, en lien avec la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper une industrie agroalimentaire locale, requiert une strat\u00e9gie complexe, int\u00e9grant des m\u00e9canismes financiers et commerciaux sp\u00e9cifiques. \u00c0 cet \u00e9gard, la COFACE (Compagnie Fran\u00e7aise d\u2019Assurance pour le Commerce Ext\u00e9rieur) et Business France peuvent jouer un r\u00f4le d\u00e9terminant.<\/p>\n<p>La COFACE, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019assurance-cr\u00e9dit et la gestion des risques \u00e0 l\u2019export, pourrait soutenir la r\u00e9orientation des importations en facilitant l&rsquo;acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res en provenance des march\u00e9s plus proches, notamment en Am\u00e9rique du Nord et du Sud. Actuellement, les importations depuis la m\u00e9tropole sont co\u00fbteuses en raison des longues distances et des co\u00fbts logistiques \u00e9lev\u00e9s. La COFACE pourrait proposer des garanties sp\u00e9cifiques pour s\u00e9curiser les \u00e9changes avec des partenaires commerciaux dans ces r\u00e9gions voisines. En assurant les entreprises locales contre les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019importation, elle rendrait plus viable l\u2019approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 des co\u00fbts comp\u00e9titifs. De plus, la COFACE pourrait jouer un r\u00f4le d&rsquo;interm\u00e9diaire pour identifier des fournisseurs fiables dans ces r\u00e9gions et pour s\u00e9curiser les transactions \u00e0 long terme, r\u00e9duisant ainsi les incertitudes li\u00e9es aux importations depuis l\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>Business France, l&rsquo;agence nationale d\u00e9di\u00e9e au d\u00e9veloppement international des entreprises fran\u00e7aises, peut de son c\u00f4t\u00e9 contribuer en promouvant les Antilles fran\u00e7aises comme des plateformes de transformation industrielle dans les Cara\u00efbes. L\u2019agence pourrait aider \u00e0 attirer des investissements directs \u00e9trangers (IDE) et \u00e0 nouer des partenariats avec des entreprises nord et sud-am\u00e9ricaines qui voient un potentiel dans le d\u00e9veloppement d\u2019une industrie agroalimentaire locale. En promouvant ces r\u00e9gions comme des zones de production strat\u00e9gique dans la r\u00e9gion, Business France pourrait aider \u00e0 construire un r\u00e9seau d\u2019approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res tout en favorisant l&rsquo;exportation des produits finis \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e vers d&rsquo;autres march\u00e9s, notamment dans les Cara\u00efbes et l&rsquo;Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p>En combinant leurs expertises, la COFACE et Business France peuvent contribuer \u00e0 la mise en place d\u2019un tissu \u00e9conomique plus robuste en Guadeloupe et en Martinique. La COFACE s\u00e9curiserait les flux d\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res en minimisant les risques commerciaux, tandis que Business France favoriserait l\u2019investissement et l\u2019int\u00e9gration des entreprises locales dans les cha\u00eenes de valeur mondiales. Ensemble, elles permettraient d\u2019all\u00e9ger la d\u00e9pendance aux importations m\u00e9tropolitaines, tout en facilitant la cr\u00e9ation d\u2019une petite industrie agroalimentaire locale. Ce nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement passerait \u00e9galement par une g\u00e9n\u00e9ralisation des d\u00e9rogations obtenues pour certains secteurs, comme cela a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 le cas pour les mat\u00e9riaux de construction. Les restrictions li\u00e9es aux normes europ\u00e9ennes constituent un frein majeur \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une industrie locale capable de transformer des mati\u00e8res premi\u00e8res import\u00e9es. Il devient indispensable d&rsquo;\u00e9largir ces d\u00e9rogations \u00e0 d&rsquo;autres secteurs, notamment celui de l\u2019alimentation et des produits manufactur\u00e9s, afin de permettre l&rsquo;importation de biens adapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s tropicales et \u00e0 des co\u00fbts moindres. En facilitant ainsi l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res issues des march\u00e9s proches g\u00e9ographiquement et en soutenant le d\u00e9veloppement d&rsquo;une industrie locale, ces territoires pourraient non seulement r\u00e9duire leur d\u00e9pendance aux importations mais aussi cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e localement.<\/p>\n<p>L\u2019objectif serait donc de construire une \u00e9conomie plus int\u00e9gr\u00e9e et r\u00e9siliente, avec des entreprises locales capables de produire des biens \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e pour les march\u00e9s int\u00e9rieurs et r\u00e9gionaux de la cara\u00efbe. Cela devrait \u00eatre l&rsquo;objectif et le but ultime de grand hub maritime en Guadeloupe et Martinique. L&rsquo;importation de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 moindre co\u00fbt, combin\u00e9e \u00e0 une production locale optimis\u00e9e, pourrait transformer la Guadeloupe et la Martinique en v\u00e9ritables hubs agroalimentaires des Cara\u00efbes. Cela offrirait des perspectives de croissance \u00e9conomique, tout en r\u00e9solvant partiellement la probl\u00e9matique de la chert\u00e9 de la vie et du manque de perspectives pour les jeunes. L&rsquo;implication de la COFACE et de Business France dans ce processus pourrait ainsi \u00eatre un levier d\u00e9terminant pour r\u00e9orienter et dynamiser le mod\u00e8le \u00e9conomique de ces territoires. Dans ce nouveau cadre , la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle banque de d\u00e9veloppement \u00e9conomique des Antilles fran\u00e7aises appara\u00eet comme une solution strat\u00e9gique. Certes, des exp\u00e9riences pass\u00e9es, comme celles de la SODEGA, de la SODEMA et de la SODERAG, ont \u00e9chou\u00e9 en raison de facteurs politiques et financiers, notamment sous la pression de l&rsquo;Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement. Toutefois, ces \u00e9checs qui n&rsquo;ont jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une \u00e9valuation, ne doivent pas nous dissuader de relancer ce projet, cette fois avec l&rsquo;appui d&rsquo;acteurs solides tels que la Banque Publique d&rsquo;Investissement et la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts. Il est essentiel de r\u00e9habiliter ces m\u00e9canismes de soutien \u00e9conomique pour accompagner la transition vers un mod\u00e8le plus autonome, capable de stimuler la production locale et d&rsquo;att\u00e9nuer l&rsquo;impact des co\u00fbts d&rsquo;importation.<\/p>\n<p>En outre, d&rsquo;autres leviers existent pour soutenir cette dynamique. L&rsquo;une des mesures urgentes \u00e0 envisager est la r\u00e9vision des normes d&rsquo;importation impos\u00e9es aux territoires ultramarins. Si ces normes ont pour objectif de prot\u00e9ger la sant\u00e9 des consommateurs europ\u00e9ens et de garantir que les produits respectent des standards \u00e9lev\u00e9s en termes de qualit\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire et d&rsquo;impact environnemental, elles deviennent particuli\u00e8rement contraignantes pour les territoires \u00e9loign\u00e9s comme la Guadeloupe et la Martinique. L&rsquo;importation depuis la m\u00e9tropole est extr\u00eamement co\u00fbteuse en raison des distances, et les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et environnementales locales exigeraient des normes mieux adapt\u00e9es. Une premi\u00e8re avanc\u00e9e a \u00e9t\u00e9 obtenue avec la d\u00e9rogation sur les mat\u00e9riaux de construction, qui permet \u00e0 ces territoires d&rsquo;importer des mat\u00e9riaux depuis leurs r\u00e9gions voisines. Cette mesure a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e car elle reconna\u00eet enfin que l&rsquo;\u00e9loignement g\u00e9ographique justifie un traitement diff\u00e9rent pour les territoires ultramarins. En permettant d&rsquo;importer des produits plus adapt\u00e9s aux conditions tropicales, moins chers et plus rapidement disponibles, cette d\u00e9rogation constitue un soulagement important pour le secteur de la construction.<\/p>\n<p>Cependant, cette d\u00e9rogation reste limit\u00e9e aux mat\u00e9riaux de construction, alors que d&rsquo;autres secteurs, tout aussi essentiels, continuent de souffrir des restrictions li\u00e9es aux normes europ\u00e9ennes. Il devient donc indispensable d&rsquo;envisager une g\u00e9n\u00e9ralisation de ces d\u00e9rogations \u00e0 d&rsquo;autres secteurs, tels que l&rsquo;alimentation et les produits manufactur\u00e9s, pour all\u00e9ger les co\u00fbts et faciliter l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des produits essentiels pour la population. Une telle d\u00e9marche contribuerait \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance de ces territoires vis-\u00e0-vis des importations m\u00e9tropolitaines et favoriserait des \u00e9changes plus fluides avec les r\u00e9gions voisines, souvent mieux plac\u00e9es pour r\u00e9pondre aux besoins sp\u00e9cifiques des \u00e9conomies antillaises.I<\/p>\n<p>l appara\u00eet donc que, pour sortir de l&rsquo;impasse actuelle, il est urgent de transformer en profondeur le mod\u00e8le \u00e9conomique des Antilles fran\u00e7aises. Cela passe par la mise en place de m\u00e9canismes adapt\u00e9s \u00e0 leurs r\u00e9alit\u00e9s sp\u00e9cifiques, en commen\u00e7ant par la cr\u00e9ation d&rsquo;une banque de d\u00e9veloppement des Antilles capable de soutenir la production locale et de stimuler une dynamique \u00e9conomique interne. Parall\u00e8lement, la r\u00e9vision des normes d&rsquo;importation et la mise en \u0153uvre de d\u00e9rogations pour d&rsquo;autres secteurs strat\u00e9giques permettront de r\u00e9duire les co\u00fbts et d&rsquo;apporter des r\u00e9ponses imm\u00e9diates \u00e0 la chert\u00e9 de la vie. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une r\u00e9ponse \u00e0 la crise \u00e9conomique actuelle, mais d&rsquo;un changement de cap n\u00e9cessaire pour construire un avenir plus durable pour la production locale et plus prosp\u00e8re pour les citoyens de nos\u00a0 territoires ultramarins.<\/p>\n<blockquote>\n<h3 dir=\"auto\"><em><b><span style=\"color: #2196f3\">\u201cL\u2019\u00e9conomie est fille de la sagesse et d\u2019une raison \u00e9clair\u00e9e : elle sait se refuser le superflu, pour se m\u00e9nager le n\u00e9cessaire.\u201d jean &#8211; Baptiste Say \u00e9conomiste<\/span><\/b><\/em><\/h3>\n<\/blockquote>\n<div dir=\"auto\"><b>Jean marie Nol \u00e9conomiste\u00a0<\/b><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un contexte o\u00f9 la vie ch\u00e8re et la d\u00e9pendance aux importations \u00e9tranglent l&rsquo;\u00e9conomie des Antilles fran\u00e7aises, Jean-Marie Nol, \u00e9conomiste, plaide pour la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle banque de d\u00e9veloppement \u00e9conomique en Guadeloupe et en Martinique. 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