{"id":64405,"date":"2024-10-18T11:40:55","date_gmt":"2024-10-18T10:40:55","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=64405"},"modified":"2024-10-18T12:04:11","modified_gmt":"2024-10-18T11:04:11","slug":"conflit-de-la-vie-chere-alea-jacta-est-par-jm-nol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/conflit-de-la-vie-chere-alea-jacta-est-par-jm-nol\/","title":{"rendered":"Conflit de la vie ch\u00e8re :\u00a0alea jacta est ! par JM Nol"},"content":{"rendered":"<h3 dir=\"auto\">Alea jacta est une locution latine signifiant \u00ab le sort en est jet\u00e9 \u00bb, ou \u00ab les d\u00e9s sont jet\u00e9s \u00bb, que Jules C\u00e9sar aurait prononc\u00e9e en se pr\u00e9parant \u00e0 franchir le Rubicon avec ses troupes, en violation de la loi romaine, pour p\u00e9n\u00e9trer sur le territoire italien.<\/h3>\n<div dir=\"auto\">C&rsquo;est une m\u00e9taphore de ce qui peut se produire en Martinique en mati\u00e8re de franchissement de ligne rouge par le RPPRAC.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Un accord historique a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 ce mercredi 16 octobre en Martinique entre la grande distribution, les \u00e9lus et l&rsquo;\u00c9tat pour abaisser les prix de 20 % en moyenne sur 6.000 \u00e0 7.000 produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 dans le secteur alimentaire de l&rsquo;\u00eele. Si cette d\u00e9cision a pu \u00eatre per\u00e7ue comme un geste de soulagement pour une partie de la population, elle n\u2019a pas suffi \u00e0 calmer les ardeurs du RPPRAC, un collectif \u00e0 l\u2019origine de la mobilisation du 1\u1d49\u02b3 septembre dernier, qui refuse de signer le protocole d\u2019accord. Le mouvement r\u00e9clame une baisse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e sur tous les produits alimentaires et a lanc\u00e9 un appel \u00e0 poursuivre la contestation et amplifier la mobilisation de masse . Ce rejet, au-del\u00e0 de sa port\u00e9e imm\u00e9diate, pourrait annoncer un regain de violences dans un contexte d\u00e9j\u00e0 fortement marqu\u00e9 par des tensions sociales, avec des \u00e9meutes, des pillages et des destructions d\u2019entreprises.Le conflit de la vie ch\u00e8re en Martinique atteint donc un nouveau point de tension. Lors de la derni\u00e8re table-ronde, deux enjeux majeurs ont cristallis\u00e9 les discussions : le diff\u00e9rentiel de prix entre la Martinique et l&rsquo;Hexagone et le nombre de produits alimentaires concern\u00e9s par les n\u00e9gociations. Si un accord a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur le premier point, le second est rest\u00e9 source de d\u00e9saccord. Le collectif RPPRAC, repr\u00e9sentant les activistes de la contestation sociale , a quitt\u00e9 les n\u00e9gociations sans signer le protocole d&rsquo;accord. Ce d\u00e9part a d\u00e9clench\u00e9 une vague de r\u00e9actions sur les r\u00e9seaux sociaux, o\u00f9 les commentaires d\u00e9sabus\u00e9s, voire haineux, pleuvent contre les principaux signataires de l&rsquo;accord, notamment l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais, la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique (CTM), la CMA CGM et les acteurs de la grande distribution. Ce refus de signature semble \u00eatre un signal clair d\u2019une relance des contestations populaires, laissant pr\u00e9sager une intensification des tensions sociales.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Cette crise d\u00e9voile ses effets les plus pernicieux : une radicalisation du discours et une polarisation des positions, au d\u00e9triment du dialogue et du consensus. Le d\u00e9bat public s\u2019enlise dans des propos virulents et d\u00e9sinhib\u00e9s, alors que la \u00ab bo\u00eete de Pandore \u00bb m\u00e9diatique des r\u00e9seaux sociaux a \u00e9t\u00e9 ouverte. Nous assistons impuissants \u00e0 une escalade verbale, une surench\u00e8re in\u00e9luctable qui \u00e9loigne toute possibilit\u00e9 de discussion constructive pour l&rsquo;instant . Les discours des diff\u00e9rents acteurs, marqu\u00e9s par une indignation affich\u00e9e, tentent de d\u00e9signer des coupables, de nommer les causes de la crise, sans pour autant proposer de r\u00e9elles solutions notamment en mati\u00e8re de pistes de financement des mesures suppl\u00e9mentaires . ET comme d&rsquo;habitude le contexte va bifurquer vers l&rsquo;\u00e9motionnel. Les \u00e9motions, bien qu\u2019utiles pour s\u2019adapter \u00e0 un environnement en mutation, deviennent ici un facteur de d\u00e9s\u00e9quilibre. Elles refl\u00e8tent une perception biais\u00e9e de la situation, o\u00f9 les enjeux politiques et \u00e9conomiques sont interpr\u00e9t\u00e9s de mani\u00e8re erron\u00e9e.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Ce conflit pose une question fondamentale : qu\u2019est-ce que la politique en Martinique aujourd\u2019hui ? Est-elle encore guid\u00e9e par une vision prospective \u00e0 long terme, ou ne se nourrit-elle plus que de l\u2019urgence et de la dictature du pr\u00e9sentisme , exacerb\u00e9e par la convergence des crises soci\u00e9tale, sociale et \u00e9conomique ? Loin des id\u00e9aux, la politique semble d\u00e9sormais se jouer en Martinique \u00e0 deux niveaux : dans la rue et dans les coulisses de la strat\u00e9gie de l\u2019\u00c9tat et de la CTM .<\/div>\n<div dir=\"auto\">Ce qui se passe dans la rue, bien au-del\u00e0 des violences, \u00e9meutes et destructions d\u2019entreprises, comme r\u00e9cemment observ\u00e9 en Nouvelle-Cal\u00e9donie, est un reflet de la d\u00e9sillusion g\u00e9n\u00e9rale. La population martiniquaise, par l\u2019\u00e9ducation id\u00e9ologique et politique du pass\u00e9 de l&rsquo;\u00e8re du negre fondamental et l\u2019organisation de ses actions contemporaine , modifie peu \u00e0 peu la fen\u00eatre d&rsquo;Overton, cette all\u00e9gorie qui d\u00e9signe l\u2019ensemble des id\u00e9es accept\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. Ce processus r\u00e9v\u00e8le que des revendications autrefois marginales deviennent peu \u00e0 peu centrales dans les discussions politiques.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Cependant, l\u2019autre face de la politique en Martinique se joue dans les coulisses, domin\u00e9e par la strat\u00e9gie \u00e9tatique. L\u2019\u00c9tat, conscient des enjeux \u00e9conomiques et sociaux, semble man\u0153uvrer en arri\u00e8re-plan, influen\u00e7ant largement le cours des \u00e9v\u00e9nements. Les crises que traverse l\u2019\u00eele, bien qu\u2019aliment\u00e9es par des facteurs locaux, sont souvent aggrav\u00e9es par des d\u00e9cisions prises au niveau national. La gestion de la crise de la vie ch\u00e8re, per\u00e7ue par certains comme chaotique, laisse penser que l\u2019\u00c9tat pourrait avoir une strat\u00e9gie \u00e0 long terme, mais cette derni\u00e8re \u00e9chappe encore \u00e0 la population martiniquaise.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Ainsi, la politique en Martinique appara\u00eet comme un th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;ombres complexe, o\u00f9 se confrontent en coulisse des forces divergentes. La rue exprime la col\u00e8re d\u2019une population exc\u00e9d\u00e9e par les in\u00e9galit\u00e9s sociales et les difficult\u00e9s \u00e9conomiques, tandis que l\u2019\u00c9tat tire les ficelles, semblant contr\u00f4ler \u00e0 distance une situation qui lui \u00e9chappe pourtant de plus en plus. Ce dualisme, entre l\u2019apparence de pouvoir local de la CTM et la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une d\u00e9pendance \u00e9conomique structurelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la m\u00e9tropole, nourrit un climat de frustration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La fen\u00eatre d\u2019Overton se d\u00e9place peu \u00e0 peu, les revendications pour une autonomie accrue ou une refonte du mod\u00e8le \u00e9conomique gagnent en l\u00e9gitimit\u00e9, mais elles se heurtent encore \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des finances publiques martiniquaises, largement tributaires des transferts publics de l&rsquo;\u00c9tat.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La question de la vie ch\u00e8re, qui cristallise les tensions depuis des mois, a pris une dimension symbolique dans une Martinique en proie \u00e0 une col\u00e8re populaire grandissante. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne va bien au-del\u00e0 des revendications \u00e9conomiques, touchant aux fondements m\u00eames du contrat social et interrogeant la gestion locale des affaires publiques. Le sentiment d\u2019abandon, notamment parmi les jeunes g\u00e9n\u00e9rations, alimente un malaise identitaire qui s\u2019exprime de mani\u00e8re de plus en plus violente. Dans ce contexte, la posture des intellectuels Antillais et des \u00e9lites locales appara\u00eet \u00e9trangement silencieuse. Alors que la crise actuelle interpelle profond\u00e9ment sur les rouages de notre humanit\u00e9, \u00e0 la crois\u00e9e de questionnements \u00e9thiques et m\u00e9taphysiques, peu de voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour tenter d\u2019apporter une analyse lucide et de proposer des solutions viables \u00e0 long terme. Les r\u00e9centes destructions massives d\u2019entreprises en sont une cons\u00e9quence directe, affectant durablement l\u2019\u00e9quilibre socio-\u00e9conomique de l\u2019\u00eele.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La vacuit\u00e9 du d\u00e9bat, en particulier sur les r\u00e9seaux sociaux, participe d&rsquo;une d\u00e9gradation de la r\u00e9flexion publique, o\u00f9 les propos outranciers masquent les v\u00e9ritables enjeux. En r\u00e9alit\u00e9, la Martinique, tout comme la Guadeloupe, se trouve face \u00e0 un probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9 qui touche aux in\u00e9galit\u00e9s sociales, \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 des couches populaires, \u00e0 la paup\u00e9risation croissante de la classe moyenne et \u00e0 la d\u00e9liquescence d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique obsol\u00e8te. Ce constat est partag\u00e9 par beaucoup, mais les r\u00e9ponses tardent \u00e0 \u00e9merger, et la d\u00e9fiance envers les \u00e9lites politiques locales qui n&rsquo;ont rien vu venir de la contestation et col\u00e8re populaire ne fait qu\u2019amplifier cette crise.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&rsquo;un des principaux facteurs expliquant cette crise de la vie ch\u00e8re est sans conteste la perte de l\u00e9gitimit\u00e9 des \u00e9lites, confront\u00e9es \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019activisme et du populisme. En Guadeloupe comme en Martinique, les mouvements citoyens et syndicalistes, souvent englu\u00e9s dans une id\u00e9ologie pass\u00e9iste et des revendications identitaires, peinent \u00e0 proposer un v\u00e9ritable projet de soci\u00e9t\u00e9. Ces deux \u00eeles semblent prisonni\u00e8res d\u2019un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement datant du d\u00e9but de la d\u00e9partementalisation, un mod\u00e8le inadapt\u00e9 aux d\u00e9fis de notre \u00e9poque, \u00e0 savoir la r\u00e9volution num\u00e9rique, l\u2019intelligence artificielle , le changement climatique et la transition \u00e9cologique. Pourtant, la r\u00e9flexion sur l\u2019avenir \u00e9conomique de ces territoires n\u00e9cessite une remise en question profonde. Elle passe par une r\u00e9forme structurelle qui, malheureusement, tarde \u00e0 venir.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La fuite des cerveaux, autrefois un probl\u00e8me circonscrit, prend aujourd\u2019hui des proportions inqui\u00e9tantes. Les jeunes les plus qualifi\u00e9s partent en France hexagonale ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, abandonnant leur terre natale \u00e0 un personnel politique per\u00e7u comme d\u00e9pass\u00e9. Dans ce contexte, une frange marginalis\u00e9e de la jeunesse, d\u00e9nu\u00e9e de rep\u00e8res, devient de plus en plus vuln\u00e9rable. Plus grave encore, les \u00e9lites antillaises, form\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, ne souhaitent pas revenir, contribuant ainsi \u00e0 l\u2019appauvrissement du tissu \u00e9conomique et intellectuel local.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le sentiment d\u2019impuissance grandissant des intellectuels est l\u2019un des sympt\u00f4mes les plus pr\u00e9occupants de cette crise. Incapables de donner du sens \u00e0 une population d\u00e9sempar\u00e9e, ils laissent la place \u00e0 des activistes et des syndicalistes qui d\u00e9tournent les frustrations populaires vers des cibles identitaires, notamment les b\u00e9k\u00e9s, figures embl\u00e9matiques du pouvoir \u00e9conomique dans la grande distribution. Ce glissement vers une stigmatisation ethnique, en remplacement de la traditionnelle lutte des classes, renforce les divisions au sein de la soci\u00e9t\u00e9 martiniquaise.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Il est alors l\u00e9gitime de se poser une question cruciale : quel projet de soci\u00e9t\u00e9 pour la Martinique en 2024 ?<\/div>\n<div dir=\"auto\">En 1946, la d\u00e9partementalisation avait permis d\u2019unir la population autour d\u2019un objectif clair : l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits avec la m\u00e9tropole. Aujourd\u2019hui, ce mod\u00e8le semble \u00e9puis\u00e9, et le personnel politique local, jug\u00e9 incomp\u00e9tent par de nombreux observateurs, ne semble pas en mesure d\u2019initier une nouvelle dynamique. L\u2019apparence du pouvoir politique en Martinique, notamment depuis la cr\u00e9ation de la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique (CTM), masque mal l\u2019absence de r\u00e9els leviers financiers et \u00e9conomiques pour impulser un d\u00e9veloppement endog\u00e8ne et durable.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La derni\u00e8re table ronde sur la vie ch\u00e8re, per\u00e7ue par certains comme un \u00e9chec de la gestion de crise, symbolise cette impuissance. L\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, principal acteur financier, semble vouloir se d\u00e9sengager, laissant la gestion des affaires locales \u00e0 la CTM. Ce transfert de responsabilit\u00e9, qui pourrait \u00eatre vu comme une avanc\u00e9e vers une autonomie accrue, soul\u00e8ve n\u00e9anmoins une question centrale : l\u2019autonomie sans moyens est-elle viable ?<\/div>\n<div dir=\"auto\">La r\u00e9alit\u00e9 financi\u00e8re martiniquaise est sans appel. D\u00e9pendante des transferts publics de l\u2019\u00c9tat, l&rsquo;\u00eele ne peut se permettre une autonomie sans un soutien budg\u00e9taire massif. La r\u00e9duction des aides publiques et des subventions, d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9e avec la baisse de 250 millions d\u2019euros du budget de la mission outre-mer, ainsi que la rigueur budg\u00e9taire au niveau de l&rsquo;ensemble des minist\u00e8res, menace directement la survie de nombreuses entreprises et la stabilit\u00e9 des services publics. Cette situation pourrait plonger la Martinique dans une r\u00e9cession profonde, alimentant un cycle de crises \u00e9conomiques, sociales et politiques.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le vote r\u00e9cent de la CTM, demandant le retrait des CRS venus en renfort, illustre la tension croissante entre l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais et les autorit\u00e9s locales. Serge Letchimy, pr\u00e9sident de la CTM, a publiquement critiqu\u00e9 les propos du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur Bruno Retailleau, exacerbant de fait une situation d\u00e9j\u00e0 explosive. Derri\u00e8re ce geste symbolique qui pourrait s&rsquo;apparenter \u00e0 une certaine forme de forfanterie se cache une r\u00e9alit\u00e9 inqui\u00e9tante : la Martinique, malgr\u00e9 ses revendications d\u2019autonomie voire d&rsquo;ind\u00e9pendance, reste enti\u00e8rement d\u00e9pendante des finances publiques fran\u00e7aises. Cette d\u00e9pendance rend toute tentative d\u2019affirmation locale vaine si elle n\u2019est pas accompagn\u00e9e de r\u00e9formes structurelles profondes et d\u2019un soutien financier cons\u00e9quent.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La Martinique est donc \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. La population, exc\u00e9d\u00e9e par la vie ch\u00e8re et l\u2019immobilisme politique, pourrait \u00eatre tent\u00e9e par des solutions radicales. Si l\u2019\u00c9tat et la CTM ne r\u00e9agissent pas rapidement en proposant un plan d\u2019action coh\u00e9rent, il est \u00e0 craindre que les tensions politiques, sociales et \u00e9conomiques ne s\u2019aggravent. La Martinique risque alors de sombrer dans une crise encore plus profonde, compromettant son avenir sur tous les plans.La Martinique est donc \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la population r\u00e9clame des r\u00e9ponses claires et imm\u00e9diates aux probl\u00e8mes quotidiens, notamment sur la question de la vie ch\u00e8re. De l\u2019autre, l\u2019\u00c9tat semble h\u00e9sitant \u00e0 accorder plus de libert\u00e9 politique et \u00e9conomique \u00e0 l\u2019\u00eele, tout en louvoyant en coulisse pour obliger le peuple \u00e0 accepter l&rsquo;autonomie. Tout en sachant que sans un soutien financier massif, l\u2019autonomie locale resterait illusoire. Face \u00e0 cette situation, les prochains mois seront d\u00e9terminants pour l\u2019avenir politique, social et \u00e9conomique de la Martinique. Sans un retour au dialogue et un renforcement des m\u00e9canismes de concertation, la crise risque de s\u2019aggraver, alimentant la d\u00e9fiance envers les institutions et exacerbant les divisions au sein de la soci\u00e9t\u00e9 martiniquaise.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Si les discussions sur le nombre de produits alimentaires concern\u00e9s par les baisses de prix n&rsquo;ont pas abouti, cela pourrait bien \u00eatre le pr\u00e9lude \u00e0 une remise en cause plus large du mod\u00e8le de gouvernance locale. Il devient imp\u00e9ratif de repenser en profondeur la mani\u00e8re dont l\u2019\u00c9tat et la CTM abordent les crises \u00e9conomiques et sociales. Ce conflit, \u00e0 l\u2019image d\u2019une fracture plus profonde, montre que la population martiniquaise aspire \u00e0 autre chose : un projet de soci\u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9, adapt\u00e9 aux d\u00e9fis contemporains, et qui d\u00e9passe les clivages partisans et les querelles identitaires.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La question centrale reste donc la suivante : la Martinique pourra-t-elle, \u00e0 travers ses \u00e9lites politiques et \u00e9conomiques, trouver les ressources pour construire un avenir plus stable et \u00e9quitable, ou continuera-t-elle de naviguer dans un cadre de d\u00e9pendance et de frustration ? Seul un v\u00e9ritable sursaut politique, coupl\u00e9 \u00e0 une gestion \u00e9conomique optimale et adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s locales, permettra d&rsquo;\u00e9viter une d\u00e9gradation encore plus profonde de la situation actuelle.<\/div>\n<div dir=\"auto\">\n<blockquote>\n<h2 dir=\"auto\"><em><b><span style=\"color: #2196f3\">\u00ab\u00a0Al\u00e9 aw&rsquo; s\u00e9 taw, vir\u00e9 a s\u00e9 ta mwen\u00a0\u00bb<\/span><\/b><\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Traduction litt\u00e9rale : L&rsquo;aller est \u00e0 toi, le retour est pour moi<\/div>\n<div dir=\"auto\">Fais des gorges chaudes ( goj&rsquo; en kw\u00e9yol), je t&rsquo;attends au tournant.<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Moralit\u00e9\u00a0 : certaines fanfaronnades devant les autres, peuvent rappeler que le retour de b\u00e2ton n&rsquo;est pas \u00e0 exclure et peut \u00eatre encore plus fort demain .<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\"><b>Jean marie Nol \u00e9conomiste\u00a0<\/b><\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alea jacta est une locution latine signifiant \u00ab le sort en est jet\u00e9 \u00bb, ou \u00ab les d\u00e9s sont jet\u00e9s \u00bb, que Jules C\u00e9sar aurait prononc\u00e9e en se pr\u00e9parant \u00e0 franchir le Rubicon avec ses troupes, en violation de la loi romaine, pour p\u00e9n\u00e9trer sur le territoire italien. 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