{"id":6469,"date":"2013-02-19T05:32:35","date_gmt":"2013-02-19T09:32:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.antilla-blog.com\/?p=6469"},"modified":"2017-09-20T05:52:19","modified_gmt":"2017-09-20T09:52:19","slug":"la-ferme-aquacole-de-joan-et-claude-jean-philippe-a-saint-joseph","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/la-ferme-aquacole-de-joan-et-claude-jean-philippe-a-saint-joseph\/","title":{"rendered":"La  ferme aquacole de Joan et Claude JEAN-PHILIPPE, \u00e0 Saint-Joseph\/Martinique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le 30 janvier dernier, la pr\u00e9sidente de la \u00ab commission P\u00eache et Aquaculture \u00bb du Conseil r\u00e9gional, Patricia Telle, accompagn\u00e9e entre autres de l\u2019ancien s\u00e9nateur Roger Lise, visitaient la \u00ab ferme aquacole Jean-Philippe \u00bb, au quartier Durand \u00e0 Saint-Joseph. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la barri\u00e8re d\u2019entr\u00e9e, nous abordons une descente, un chemin de pierre encadr\u00e9 de pr\u00e8s par une v\u00e9g\u00e9tation luxuriante ; puis nous traversons un joli ruisseau avant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019exploitation : une superbe oasis de verdure, o\u00f9 l\u2019on n\u2019entend que le bruit de l\u2019eau s\u2019\u00e9coulant des bassins. La m\u00e2tin\u00e9e s\u2019annon\u00e7ait bien. Elle le fut. \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Joan Jean-Philipp<\/strong>e a ses premiers contacts avec l\u2019aquaculture \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 15 ans. Il aide son p\u00e8re, Claude Jean-Philippe, \u00e0 la ferme et r\u00e9cup\u00e8re parfois des poissons, pour en faire des filets, qu\u2019il vend \u00e0 des amis et connaissances. Entre les poissons et lui, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une longue histoire\u00a0: \u00ab\u00a0Il y avait plusieurs aquariums chez mes parents\u00a0; ce n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment d\u00e9coratif mais pour faire de la reproduction par exemple.\u00a0\u00bb Le weekend et en vacances scolaires, le jeune gar\u00e7on est toujours sur l\u2019exploitation paternelle\u00a0: il aide, observe, apprend. Apr\u00e8s l\u2019obtention d\u2019un bac \u00e9conomique, Joan Jean-Philippe fait des \u00e9tudes de gestion et de commerce (\u00e0 l\u2019ex-EIAM, ndr), \u00e9poque durant laquelle il effectue des stages dans le domaine aquacole, en Jama\u00efque et aux Etats-Unis. \u00ab\u00a0Je n\u2019ai jamais v\u00e9cu \u00e7a comme une contrainte. Se lever le matin, aller sur l\u2019exploitation, c\u2019est un plaisir\u00a0\u00bb, dit-il dans un sourire,\u00a0\u00ab\u00a0j\u2019aime le contact de l\u2019eau, l\u2019\u00e9levage, c\u2019est une vraie passion\u00a0; \u00e7a m\u2019arrive de r\u00eaver de poissons, c\u2019est dire (sourire). \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019exploitation familiale a \u00e9chapp\u00e9 au fl\u00e9au de la contamination par la chlord\u00e9cone<\/strong>. Une chance inestimable, certes, mais pourquoi ? \u00ab Nous n\u2019utilisons pas l\u2019eau de la rivi\u00e8re, c\u2019est uniquement de l\u2019eau de source, qui trouve d\u2019ailleurs sa source sous le terrain \u00bb, r\u00e9pond-il, \u00ab et en amont il n\u2019y a pas d\u2019exploitations de bananes. \u00bb Et d\u2019ajouter : \u00ab On pourrait utiliser la rivi\u00e8re, pour avoir plus d\u2019eau, mais il y a C\u0153ur Bouliki en amont, et des particuliers lavent leurs voitures. Avoir des d\u00e9tergents dans l\u2019eau aurait \u00e9t\u00e9 un gros souci. \u00bb Pour Joan Jean-Philippe, le site est id\u00e9al pour l\u2019aquaculture, car b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un hectare en eau de source. Plus largement, la surface de l\u2019exploitation est de 6 hectares, dont 1 hectare de bassins (au nombre de 11 et allant de 500 \u00e0 2500 m2). Mais il est une probl\u00e9matique qui affecte la structure : l\u2019alimentation \u00e9lectrique. \u00ab La plus grande cons\u00e9quence concerne la s\u00e9curisation \u00bb, indique l\u2019aquaculteur, \u00ab l\u2019eau arrive dans les bassins, par gravitation, et avec les pr\u00e9cipitations on peut perdre du jour au lendemain toute la production (principalement de Saint-Pierre, ndr), car il n\u2019y a pas de syst\u00e8me d\u2019a\u00e9ration faute d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Cela limite automatiquement la production, et chaque intemp\u00e9rie est source d\u2019angoisse. Il faut 30 \u00e0 40 minutes pour tout perdre ; \u00e7a nous est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/127.0.0.1\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2013-02-19-\u00e0-05.28.27.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6470\" alt=\"Capture d\u2019\u00e9cran 2013-02-19 \u00e0 05.28.27\" src=\"http:\/\/127.0.0.1\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2013-02-19-\u00e0-05.28.27.jpg\" width=\"751\" height=\"557\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Investissements et travaux sont donc imp\u00e9ratifs<\/strong>\u00a0: qu\u2019impliquent-ils\u00a0? \u00ab\u00a0On a un compteur \u00e9lectrique, en limite de propri\u00e9t\u00e9, il faut le faire arriver sur l\u2019exploitation, dans un local technique que nous devons mettre en place\u00a0\u00bb, explique Joan Jean-Philippe, \u00ab\u00a0on a plus de 350 m\u00e8tres de c\u00e2ble \u00e0 faire passer \u2013 en souterrain et en a\u00e9rien \u2013 et l\u2019ordre de prix est \u00e0 hauteur de 50 euros le m\u00e8tre. Et puis il faut des engins, pour creuser des tranch\u00e9es, cr\u00e9er un syst\u00e8me s\u00e9curis\u00e9, avec des gaines etc. \u00bb Un investissement de 50 \u00e0 60.000 euros. Heureusement pour les deux aquaculteurs, une bonne nouvelle est tomb\u00e9e ce matin-l\u00e0\u00a0: un engagement r\u00e9gional \u00e0 hauteur de 50% de ce montant. \u00ab\u00a0Dans la p\u00e9riode actuelle, les banques ne suivent pas forc\u00e9ment\u00a0\u00bb, indique Joan Jean-Philippe, \u00ab\u00a0cette garantie de participation nous permettra d\u2019avancer.\u00a0\u00bb Des travaux qui, une fois r\u00e9alis\u00e9s, devraient aussi permettre d\u2019accro\u00eetre, cons\u00e9quemment, la production. \u00ab\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 cette \u00e9lectricit\u00e9, et \u00e0 des a\u00e9rateurs oxyg\u00e9nant les bassins, on peut augmenter la production par 10 dans les 4 ans \u00e0 venir. Aujourd\u2019hui on est \u00e0 5 tonnes, mais on peut arriver, \u00e9tape par \u00e9tape, \u00e0 50 tonnes.\u00a0\u00bb\u00a0Un soutien financier plus que bienvenu en somme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>A \u00e9couter le jeune aquaculteur, nombre d\u2019espoirs sont fond\u00e9s quant \u00e0 l\u2019avenir du secteur<\/strong>. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le Japonais, le Martiniquais est le 2\u00e8me consommateur au monde de poisson par habitant\u00a0\u00bb, indique-t-il, \u00ab\u00a0et en aquaculture on ne d\u00e9passe pas les 100 tonnes\u00a0import\u00e9es en Martinique. Donc Il y a de la place. \u00bb A l\u2019origine, la ferme \u00e9tait une structure de production\u00a0: \u00ab\u00a0On achetait les alevins dans une \u00e9closerie, et on les faisait\u00a0grossir. Nous \u00e9tions des \u2018grossisseurs\u2019 et on passait par une structure de commercialisation \u00bb. Cependant, avec les difficult\u00e9s qu\u2019a connu la profession, ces exploitants ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de monter une \u00e9closerie (dont le but \u00e9tait aussi de fournir la profession, mais l\u2019apparition du chlord\u00e9cone chez leurs principaux clients en a d\u00e9cid\u00e9 autrement)\u00a0; \u00e9closerie qui aujourd\u2019hui n\u2019est donc pas rentable, mais qui permet d\u2019avoir des alevins en temps voulu (\u00ab\u00a0si nous avons besoin de poissons pour le 15 f\u00e9vrier par exemple, nous les aurons, mais il ne faut pas de retard sur les cycles\u00a0de production \u00bb, pr\u00e9cise l\u2019aquaculteur). Ces alevins grossissent dans les grands bassins, sont transf\u00e9r\u00e9s dans des bacs de commercialisation, puis sont livr\u00e9s aux clients. Ecloseur, grossisseur, commercial, des activit\u00e9s diff\u00e9rentes, et qui pour Joan Jean-Philippe ont des cons\u00e9quences regrettables quand elles sont men\u00e9es par une seule entit\u00e9. \u00ab\u00a0Quand on fait les trois, forc\u00e9ment on ne les fait pas comme il faut \u00bb, dit-il en effet, \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9al pour nous serait de se consacrer seulement au grossissement, quitte \u00e0 acheter les alevins autre part, et d\u2019avoir une structure qui r\u00e9cup\u00e8re la production.\u00a0\u00bb En Martinique il y a une vingtaine de fermes aquacoles, majoritairement marines, dont 3 ou 4 en eau douce. Pour Joan Jean-Philippe, la profession n\u2019est pas assez organis\u00e9e, notamment sur l\u2019approvisionnement en intrants, majoritairement import\u00e9s. \u00ab\u00a0Le fournisseur local ne produit pas d\u2019aliments pour poissons\u00a0; nous avons un aliment de qualit\u00e9 venant de la m\u00e9tropole, mais pour r\u00e9duire les co\u00fbts il faut faire venir un container plein. Donc avoir la capacit\u00e9 de stocker et d\u2019utiliser ces aliments dans un temps pr\u00e9cis, car ils sont p\u00e9rissables\u00a0\u00bb, indique l\u2019aquaculteur. Et d\u2019ajouter\u00a0: \u00ab\u00a0On est oblig\u00e9s de se regrouper, mais que tout le monde ait la tr\u00e9sorerie au moment voulu est tr\u00e8s difficile. On a eu une rupture d\u2019aliments pendant huit mois, car certains n\u2019avaient pas la tr\u00e9sorerie, et avec des cons\u00e9quences terribles. On a d\u00fb rationner, donc la croissance des poissons a \u00e9t\u00e9 diminu\u00e9e, et on ne l\u2019a jamais r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e. Parfois certains n\u2019ont pas la tr\u00e9sorerie, d\u2019autres n\u2019ont pas le besoin, difficile d\u2019harmoniser tout \u00e7a. Et l\u2019alimentation repr\u00e9sente 60% des charges. \u00bb Avant la production de \u00ab\u00a0Saint-Pierre\u00a0\u00bb, l\u2019exploitation produisait des \u00e9crevisses, jusqu\u2019en 2011-2012. \u00ab\u00a0On a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s quant \u00e0 leur croissance. Nous pensons que c\u2019est d\u00fb aux g\u00e9niteurs, on a une certaine consanguinit\u00e9 et le temps de grossissement est multipli\u00e9 par deux pour le m\u00eame r\u00e9sultat. On a une rentabilit\u00e9 nulle, donc on a momentan\u00e9ment arr\u00eat\u00e9 la production. \u00bb Et ce Saint-Pierre alors\u00a0? Est-ce le poisson du futur\u00a0? L\u2019aquaculteur est formel\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais \u00e0 un colloque international, en d\u00e9cembre dernier, dans les 5 ans \u00e0 venir ce sera la 1\u00e8re production en aquaculture\u00a0\u00bb, lance-t-il avec assurance, \u00ab\u00a0en Martinique le march\u00e9 est pr\u00e9sent mais il n\u2019y a pas assez de produits, donc des march\u00e9s qu\u2019on ne peut pas atteindre, comme les h\u00f4tels, les cantines scolaires \u2013 et c\u2019est un produit riche en om\u00e9ga 3, en phosphore, etc. Le mois dernier j\u2019ai eu un contact avec un bateau de croisi\u00e8re pr\u00eat \u00e0 prendre du poisson, mais la production ne suit pas\u2026 Et il n\u2019y a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 fournir pendant un mois et puis arr\u00eater, \u00e7a n\u2019a pas de sens. \u00bb En ce d\u00e9but 2013, que peut-on souhaiter \u00e0 la ferme Jean-Philippe\u00a0? \u00ab\u00a0De perdurer, que les deux producteurs soient toujours passionn\u00e9s (a priori pas de risque du contraire, ndr) et surtout qu\u2019ils aient la sant\u00e9.\u00a0\u00bb Et Joan Jean-Philippe d\u2019ajouter\u00a0aussit\u00f4t : \u00ab\u00a0Et de contribuer, avec les autres aquaculteurs, \u00e0 r\u00e9duire l\u2019importation.\u00a0\u00bb Une ambition de plus pour le secteur. Mike Irasque.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 30 janvier dernier, la pr\u00e9sidente de la \u00ab commission P\u00eache et Aquaculture \u00bb du Conseil r\u00e9gional, Patricia Telle, accompagn\u00e9e entre autres de l\u2019ancien s\u00e9nateur Roger Lise, visitaient la \u00ab ferme aquacole Jean-Philippe \u00bb, au quartier Durand \u00e0 Saint-Joseph. 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