{"id":66423,"date":"2024-12-07T20:04:37","date_gmt":"2024-12-07T19:04:37","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=66423"},"modified":"2024-12-07T21:03:38","modified_gmt":"2024-12-07T20:03:38","slug":"leducation-a-la-martinique-selon-edouard-glissant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/leducation-a-la-martinique-selon-edouard-glissant\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9ducation \u00e0 la Martinique selon Edouard Glissant."},"content":{"rendered":"<p>.Texte d\u2019\u00c9douard Glissant paru dans Antilla, n\u00b01, f\u00e9vrier 1981 :<\/p>\n<p><strong>\u00c9douard Glissant :<br \/>\n\u00ab Je propose \u00e0 tous les Martiniquais l\u2019ouverture et la tenue des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Enseignement\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ladies and Gentlemen,<br \/>\nJe ne voudrais pas \u00eatre un proph\u00e8te de malheur, et il est tout \u00e0 fait certain que l\u2019enseignant martiniquais peut passer tranquillement sa vie \u00e0 enseigner dans le syst\u00e8me tel qu\u2019il existe actuellement. Mais personnellement, je ne connais ici, en Martinique, d\u2019enseignant qui soit un tant soit peu lucide que j\u2019ai vu rayonner de l\u2019exercice de son travail. Je ne vois et ne devine que lassitude, d\u00e9pression et inqui\u00e9tude sourde.<br \/>\nL\u2019enseignement tel qu\u2019il existe \u00e0 la Martinique, je vais tenter de vous en faire un tableau sous deux aspects : un aspect fonctionnel et un aspect fondamental.<br \/>\nTrois exemples inqui\u00e9tants<br \/>\nEn ce qui concerne l\u2019aspect fonctionnel, je prendrai trois cas :<br \/>\n    <strong>1.  Au niveau du CM2 :<\/strong><br \/>\nEn 1980, dans une classe de 30 \u00e9l\u00e8ves, peu importe l\u2019\u00e9tablissement, parmi ces trente \u00e9l\u00e8ves, il y a huit moyennes s\u2019\u00e9talant de 9,25 \u00e0 6,50 sur 10. Les 22 autres \u00e9l\u00e8ves vont de 0,50 \u00e0 4,25 sur 10.<br \/>\nAu cours de l\u2019ann\u00e9e, dans cette classe associative, l\u2019institutrice a demand\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves de pr\u00e9parer des dossiers sur des sujets aussi vari\u00e9s que l\u2019\u00c9gypte ancienne ou les Jeux Olympiques. Dans cette classe, par une petite investigation, j\u2019ai pu savoir qu\u2019environ huit \u00e9l\u00e8ves sur trente ont trouv\u00e9 chez leurs parents suffisamment de moyens financiers ou culturels pour satisfaire \u00e0 cette demande.<br \/>\nIl y a donc, dans cette classe de CM2, huit moyennes correctes, mais en fin d\u2019ann\u00e9e, les trente \u00e9l\u00e8ves passent en sixi\u00e8me.<br \/>\n    <strong>2.  Au niveau de la troisi\u00e8me :<\/strong><br \/>\nDans une classe d\u2019un CEG, peu importe lequel, 50 % des \u00e9l\u00e8ves sont rendus \u00e0 la vie active.<br \/>\n    <strong>3.  Au niveau des \u00e9tudes sup\u00e9rieures :<\/strong><br \/>\nUn \u00e9tablissement secondaire, qui recevait habituellement 6 ou 8 demandes de poste auxquelles il ne pouvait pas r\u00e9pondre favorablement, en a re\u00e7u cette ann\u00e9e 42. Parmi ces demandes, certaines \u00e9manaient de personnes ayant d\u00e9j\u00e0 fait une d\u00e9marche l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et \u00e9tant rest\u00e9es un an sans emploi. Ces individus, pourtant titulaires de licences, de ma\u00eetrises, de DEA, voire de dipl\u00f4mes d\u2019ing\u00e9nieurs, ne trouvent pas d\u2019issue.<br \/>\nLa tangence permanente de la langue fran\u00e7aise<br \/>\nCes trois niveaux montrent bien, lorsqu\u2019on les analyse, cet aspect fonctionnel de l\u2019Enseignement tel qu\u2019il se pr\u00e9sente \u00e0 la Martinique. Et cet aspect fonctionnel est li\u00e9 \u00e0 ce que j\u2019appelle l\u2019aspect fondamental.<br \/>\nL\u2019\u00e9tat actuel des jeunes Martiniquais scolaris\u00e9s est, il faut le dire, lamentable. Tous les enseignants le savent.<br \/>\nIl existe ce que j\u2019appelle un analphab\u00e9tisme linguistique profond, li\u00e9 \u00e0 la tangence permanente de la langue fran\u00e7aise, sans aucun moyen de la contr\u00f4ler. On peut croire, de mani\u00e8re illusoire, que c\u2019est l\u00e0 un bien et que nous n\u2019avons rien \u00e0 voir avec ce v\u00e9hicule d\u2019une culture import\u00e9e. Je ne crois pas qu\u2019il faille se r\u00e9fugier dans une solution de passivit\u00e9 en pensant que, finalement, la pratique de la langue fran\u00e7aise d\u00e9cervelle. Nous devons d\u00e9passer cette pratique, travailler et m\u00e9diter ensemble sur cet analphab\u00e9tisme linguistique.<\/p>\n<p><strong>Des \u00e9l\u00e8ves de moins en moins pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 la lutte des \u00e9tudes sup\u00e9rieures<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019absence d\u2019\u00e9mulation intellectuelle favorise un groupe passif de jeunes gens tout juste point\u00e9s pour l\u2019\u00e9migration globale. Le syst\u00e8me, en apparence \u00e9galitaire, fonctionne au b\u00e9n\u00e9fice des familles disposant de moyens financiers et culturels, seules capables de faire passer leurs enfants \u00e0 travers les goulots d\u2019\u00e9tranglement du syst\u00e8me.<br \/>\nLa d\u00e9mission g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des parents et leur ambition limit\u00e9e de simplement faire passer leurs enfants dans une classe dite sup\u00e9rieure (m\u00eame si elle est m\u00e9diocre) traduisent une consommation passive de l\u2019enseignement.<br \/>\nLes \u00e9l\u00e8ves Martiniquais, de moins en moins pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 la lutte mondiale dans les \u00e9tudes sup\u00e9rieures, souffrent de cette situation. Les march\u00e9s traditionnels de l\u2019emploi, autrefois accessibles avec des \u00e9tudes de base, sont aujourd\u2019hui satur\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>L\u2019enseignement en Martinique : des constats graves<\/strong><\/p>\n<p>La situation est d\u2019autant plus grave qu\u2019elle ne repose pas seulement sur des constats de carence ou de mauvaise adaptation. Elle repose sur une faille fondamentale dans l\u2019ensemble du syst\u00e8me.<br \/>\nLa raison principale r\u00e9side dans le fait que ce syst\u00e8me d\u2019enseignement reste encore li\u00e9, pour une large part, \u00e0 l\u2019objectif premier qu\u2019il poursuivait autrefois : assimiler. Cet objectif ne correspond plus, ni \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des Martiniquais ni \u00e0 leurs besoins actuels.<br \/>\nNous continuons \u00e0 enseigner aux enfants de la Martinique comme si nous \u00e9tions dans les ann\u00e9es cinquante ou soixante, c\u2019est-\u00e0-dire avec un contenu qui n\u2019est pas propre \u00e0 leur soci\u00e9t\u00e9 et qui ne s\u2019adresse pas r\u00e9ellement \u00e0 eux.<br \/>\nPrenons un exemple simple : la litt\u00e9rature. Les jeunes Martiniquais apprennent et r\u00e9citent par c\u0153ur des morceaux entiers de Corneille, de Racine ou de La Fontaine. Bien s\u00fbr, ces auteurs font partie du patrimoine universel, mais quelle est la signification de ces \u0153uvres pour des enfants vivant dans un pays o\u00f9 les rep\u00e8res, les sensibilit\u00e9s et les cadres culturels sont radicalement diff\u00e9rents ?<br \/>\nLe r\u00e9sultat est que ces jeunes, loin de s\u2019approprier ces enseignements pour en faire des leviers de r\u00e9flexion ou de d\u00e9passement, les subissent passivement. La transmission devient alors une imposition, et non un partage.<br \/>\nL\u2019enjeu linguistique<br \/>\nUn autre exemple concerne la langue. \u00c0 la Martinique, on enseigne le fran\u00e7ais comme si c\u2019\u00e9tait une langue \u00ab naturelle \u00bb pour tous les \u00e9l\u00e8ves. Mais ce n\u2019est pas le cas. Pour beaucoup de jeunes Martiniquais, le cr\u00e9ole est la langue maternelle, la langue de la maison, de la rue, des \u00e9changes quotidiens.<br \/>\nLe fran\u00e7ais, d\u00e8s lors, appara\u00eet non pas comme un outil d\u2019apprentissage ou de communication, mais comme une langue \u00e9trang\u00e8re, impos\u00e9e et souvent mal ma\u00eetris\u00e9e. Cette situation g\u00e9n\u00e8re des frustrations et des blocages, car les \u00e9l\u00e8ves ne se sentent pas \u00e0 l\u2019aise dans un syst\u00e8me qui ne reconna\u00eet pas leur langue premi\u00e8re.<br \/>\nIl ne s\u2019agit pas de rejeter le fran\u00e7ais ni de pr\u00f4ner un exclusivisme cr\u00e9ole, mais de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une cohabitation \u00e9quilibr\u00e9e des deux langues, o\u00f9 chacune serait valoris\u00e9e pour ce qu\u2019elle apporte \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p><strong>Un syst\u00e8me \u00e0 repenser<\/strong><\/p>\n<p>Je propose donc \u00e0 tous les Martiniquais d\u2019ouvrir de v\u00e9ritables \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019enseignement. Il ne s\u2019agirait pas d\u2019une simple consultation, mais d\u2019un d\u00e9bat collectif, impliquant enseignants, parents, \u00e9l\u00e8ves, et toutes les forces vives de la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nCes \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux devraient avoir pour but de poser les bases d\u2019un nouveau syst\u00e8me \u00e9ducatif, adapt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 martiniquaise et tourn\u00e9 vers l\u2019avenir.<br \/>\nCela implique une refonte compl\u00e8te des programmes, pour y int\u00e9grer davantage d\u2019\u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 la culture locale, \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 la g\u00e9ographie de la r\u00e9gion. Cela suppose aussi une r\u00e9forme des m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques, pour les rendre plus interactives et participatives.<br \/>\nEn d\u2019autres termes, il ne s\u2019agit pas seulement de transmettre des savoirs, mais de former des individus capables de penser par eux-m\u00eames, de s\u2019adapter \u00e0 un monde en constante \u00e9volution, et de contribuer au d\u00e9veloppement de leur pays.<\/p>\n<p>Un enseignement enracin\u00e9 et ouvert<br \/>\nL\u2019un des principes fondamentaux de cette r\u00e9forme \u00e9ducative serait d\u2019associer enracinement et ouverture. Enracinement dans la culture martiniquaise, pour permettre aux jeunes de se reconna\u00eetre dans ce qu\u2019ils apprennent, de comprendre leur propre histoire et de valoriser leur patrimoine. Ouverture au monde, car il est essentiel que les Martiniquais puissent s\u2019inscrire dans une perspective universelle, en ma\u00eetrisant les outils et les savoirs n\u00e9cessaires pour interagir avec les autres cultures et participer pleinement aux enjeux contemporains.<br \/>\nEnracinement et ouverture ne sont pas des concepts oppos\u00e9s : ils se compl\u00e8tent. Un individu bien ancr\u00e9 dans son identit\u00e9 culturelle est mieux pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 affronter la diversit\u00e9 du monde. C\u2019est pourquoi il est n\u00e9cessaire de construire un syst\u00e8me \u00e9ducatif qui valorise simultan\u00e9ment la sp\u00e9cificit\u00e9 martiniquaise et l\u2019universalit\u00e9 des savoirs.<br \/>\nLa question des supports p\u00e9dagogiques<br \/>\nUn autre aspect crucial concerne les supports p\u00e9dagogiques. Aujourd\u2019hui, la majorit\u00e9 des manuels scolaires utilis\u00e9s en Martinique sont con\u00e7us pour des \u00e9l\u00e8ves vivant en m\u00e9tropole. Ces ouvrages ne tiennent pas compte des r\u00e9alit\u00e9s locales, qu\u2019il s\u2019agisse de la faune et de la flore, du climat, de l\u2019histoire, ou des r\u00e9f\u00e9rences culturelles.<br \/>\nIl est indispensable de cr\u00e9er des supports adapt\u00e9s, \u00e9labor\u00e9s par des \u00e9quipes d\u2019enseignants, d\u2019historiens, d\u2019\u00e9crivains, et d\u2019artistes martiniquais. Ces manuels ne doivent pas seulement transmettre des connaissances : ils doivent aussi raconter une histoire, celle de la Martinique, dans toute sa richesse et sa complexit\u00e9.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le des enseignants<br \/>\nEnfin, une r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9ducatif passe n\u00e9cessairement par une r\u00e9flexion sur le r\u00f4le des enseignants. Ces derniers ne sont pas de simples transmetteurs de savoirs : ils sont des passeurs, des guides, et parfois m\u00eame des mod\u00e8les pour leurs \u00e9l\u00e8ves.<br \/>\nIl est essentiel de leur offrir une formation adapt\u00e9e, qui prenne en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles, linguistiques, et sociales de la Martinique. Cette formation devrait inclure des modules sur la p\u00e9dagogie interculturelle, l\u2019enseignement bilingue (cr\u00e9ole-fran\u00e7ais), et l\u2019histoire locale.<br \/>\nDe plus, les enseignants doivent \u00eatre mieux soutenus dans leur mission. Cela signifie des moyens mat\u00e9riels accrus, mais aussi une valorisation de leur m\u00e9tier, tant sur le plan symbolique que financier.<br \/>\n Une r\u00e9flexion collective et participative<br \/>\nPour mener \u00e0 bien cette transformation \u00e9ducative, il est imp\u00e9ratif de mobiliser l\u2019ensemble des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 martiniquaise. Parents, enseignants, \u00e9tudiants, chercheurs, d\u00e9cideurs politiques, et membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile doivent \u00eatre invit\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 une r\u00e9flexion collective.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Enseignement, propos\u00e9s par \u00c9douard Glissant, auraient \u00e9t\u00e9vun cadre id\u00e9al pour amorcer ce dialogue. Ces assises publiques et participatives aurait permis d\u2019\u00e9changer des id\u00e9es, de poser un diagnostic commun et de proposer des solutions adapt\u00e9es. Il ne s\u2019agissait pas seulement de critiquer l\u2019existant, mais de construire ensemble un projet ambitieux et visionnaire pour l\u2019\u00e9ducation en Martinique.<br \/>\nLes priorit\u00e9s strat\u00e9giques<br \/>\nParmi les priorit\u00e9s identifi\u00e9es, plusieurs axes n\u00e9cessitent encore de nos jours, une attention particuli\u00e8re :<br \/>\n    1.  La ma\u00eetrise des langues :<br \/>\nLa question linguistique reste au c\u0153ur des pr\u00e9occupations. Le bilinguisme cr\u00e9ole-fran\u00e7ais doit \u00eatre vu comme une richesse et non comme un obstacle. D\u00e8s la maternelle, les \u00e9l\u00e8ves doivent \u00eatre expos\u00e9s \u00e0 des m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques qui valorisent leur langue maternelle tout en leur permettant d\u2019acqu\u00e9rir une ma\u00eetrise solide du fran\u00e7ais. Par ailleurs, l\u2019apprentissage des langues internationales, notamment l\u2019anglais et l\u2019espagnol, doit \u00eatre renforc\u00e9 pour pr\u00e9parer les jeunes Martiniquais \u00e0 \u00e9voluer dans un contexte globalis\u00e9. C\u2019est un effort a \u00e9t\u00e9 fait concernant l\u2019apprentissage du Cr\u00e9ole, nous ne savons pas si nos \u00e9l\u00e8ves re\u00e7oivent un enseignement en anglais en espagnol et en langue international suffisant.<\/p>\n<pre><code>2.  Les sciences et les technologies :\n<\/code><\/pre>\n<p>Les fili\u00e8res scientifiques et technologiques doivent \u00eatre repens\u00e9es pour r\u00e9pondre aux besoins locaux tout en s\u2019alignant sur les avanc\u00e9es internationales. L\u2019introduction de projets pratiques et d\u2019approches interdisciplinaires, en lien avec les sp\u00e9cificit\u00e9s martiniquaises (biodiversit\u00e9, \u00e9nergies renouvelables, ressources marines, etc.), pourrait encourager l\u2019innovation et l\u2019entrepreneuriat.<\/p>\n<pre><code>3.  La valorisation de la culture martiniquaise :\n<\/code><\/pre>\n<p>L\u2019\u00e9ducation doit jouer un r\u00f4le central dans la pr\u00e9servation et la transmission du patrimoine culturel. Cela inclut l\u2019int\u00e9gration dans les programmes scolaires d\u2019\u0153uvres litt\u00e9raires, musicales, et artistiques issues de la culture antillaise. Par exemple, l\u2019\u00e9tude des auteurs tels qu\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire, \u00c9douard Glissant, ou encore Patrick Chamoiseau devrait \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, tout comme l\u2019apprentissage des rythmes et des danses traditionnelles.<\/p>\n<pre><code>4.  L\u2019insertion professionnelle :\n<\/code><\/pre>\n<p>Une r\u00e9forme \u00e9ducative ne peut ignorer les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. Il est crucial de d\u00e9velopper des passerelles entre l\u2019\u00e9cole et le monde du travail, en cr\u00e9ant des fili\u00e8res adapt\u00e9es aux besoins du march\u00e9 local et r\u00e9gional. Les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s doivent \u00eatre accompagn\u00e9s dans leur insertion professionnelle, notamment par des stages, des mentorats, et des formations continues. D\u00e9p\u00f4t ont \u00e9t\u00e9 fait en ce sens, mais tout cela manque de perspective.<\/p>\n<p>Une vision \u00e0 long terme<br \/>\nL\u2019ambition d\u2019une telle r\u00e9forme est de donner aux jeunes Martiniquais les outils n\u00e9cessaires pour devenir des citoyens \u00e9panouis et engag\u00e9s, capables de contribuer au d\u00e9veloppement de leur soci\u00e9t\u00e9 tout en s\u2019inscrivant dans une perspective globale. Cela ne peut se faire sans un changement profond des mentalit\u00e9s.<br \/>\n\u00c9douard Glissant appelait \u00e0 une \u00ab r\u00e9volution dans la mentalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des Martiniquais \u00bb. Cette r\u00e9volution ne peut na\u00eetre que d\u2019une prise de conscience collective, port\u00e9e par une volont\u00e9 commune de b\u00e2tir un avenir meilleur.<br \/>\nLe r\u00f4le des institutions et des partenaires internationaux<br \/>\nLa mise en \u0153uvre de ces transformations n\u00e9cessitera un soutien institutionnel fort. L\u2019\u00c9tat, les collectivit\u00e9s locales, et les organismes internationaux devraient travailler main dans la main pour garantir les moyens financiers, techniques, et humains indispensables.<br \/>\nEn parall\u00e8le, la Martinique doit renforcer ses partenariats avec les pays voisins de la Cara\u00efbe et des Am\u00e9riques. Ces collaborations permettront non seulement d\u2019\u00e9changer des bonnes pratiques, mais aussi de mutualiser les ressources et de cr\u00e9er des opportunit\u00e9s pour les jeunes.<\/p>\n<p>Un appel \u00e0 l\u2019action imm\u00e9diate<br \/>\nComme le soulignait Glissant, il y a 50 ans, il  est urgent de commencer d\u00e8s maintenant. Chaque retard pris dans cette transformation \u00e9ducative n\u2019a  fait qu\u2019aggraver les in\u00e9galit\u00e9s et compromettre l\u2019avenir des g\u00e9n\u00e9rations qui se sont succ\u00e9d\u00e9 depuis .<br \/>\nL\u2019\u00e9ducation est la cl\u00e9 du d\u00e9veloppement. Elle est aussi la condition premi\u00e8re de l\u2019\u00e9mancipation, individuelle et collective. Il appartient donc \u00e0 chaque Martiniquais, \u00e0 chaque institution, et \u00e0 chaque organisation de se mobiliser pour faire de ce projet une r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nG\u00e9rard Dorwling-Carter<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>.Texte d\u2019\u00c9douard Glissant paru dans Antilla, n\u00b01, f\u00e9vrier 1981 : \u00c9douard Glissant : \u00ab Je propose \u00e0 tous les Martiniquais l\u2019ouverture et la tenue des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Enseignement\u2026 \u00bb Mesdames, Messieurs, Je ne voudrais pas \u00eatre un proph\u00e8te de malheur, et il est tout \u00e0 fait certain que l\u2019enseignant martiniquais peut passer tranquillement sa<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":66429,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-66423","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66423","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66423"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66423\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/66429"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66423"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66423"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66423"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}