{"id":66475,"date":"2024-12-08T22:51:03","date_gmt":"2024-12-08T21:51:03","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=66475"},"modified":"2024-12-08T22:51:03","modified_gmt":"2024-12-08T21:51:03","slug":"noel-aux-caraibes-classique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/noel-aux-caraibes-classique\/","title":{"rendered":"No\u00ebl aux Cara\u00efbes | Classique"},"content":{"rendered":"<p>Caribbean Beat<br \/>\nNo\u00ebl est une grande f\u00eate dans toutes les \u00eeles des Cara\u00efbes, avec beaucoup de f\u00eates, de visites et de festivit\u00e9s. Mais chaque \u00eele c\u00e9l\u00e8bre sa f\u00eate de mani\u00e8re unique, \u00e9crit Skye Hernandez. Initialement publi\u00e9 en 1996 (num\u00e9ro 22), cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en tant que classique en 2024 (num\u00e9ro 185)<\/p>\n<p>PAR SKYE HERNANDEZ  | NUM\u00c9RO 185 (NOVEMBRE\/D\u00c9CEMBRE 2024) , NUM\u00c9RO 22 (NOVEMBRE\/D\u00c9CEMBRE 1996)<\/p>\n<p>Masques grotesques, danseurs et acrobates Jonkonnu, histoires de fant\u00f4mes, musique espagnole et poivri\u00e8re\u2026 tout cela semble bien loin des chants de No\u00ebl, du gui et des ch\u00e2taignes grill\u00e9es sur un feu de bois. Pourtant, ce sont des traditions de No\u00ebl dans plusieurs \u00eeles des Cara\u00efbes o\u00f9 la naissance de J\u00e9sus-Christ est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec des cadeaux culturels de diverses origines.<\/p>\n<p>Les colons europ\u00e9ens ont apport\u00e9 le christianisme aux Cara\u00efbes, \u00e0 l&rsquo;origine aux Indiens Arawak et Cara\u00efbe, m\u00eame si peu d&rsquo;entre eux ont surv\u00e9cu pour le pratiquer. Aujourd&rsquo;hui, les coutumes europ\u00e9ennes de No\u00ebl survivent partout dans la r\u00e9gion : services du matin de No\u00ebl dans les \u00e9glises \u00e9tablies, festins le jour de No\u00ebl, wassailing ou s\u00e9r\u00e9nades, danses, distribution de cadeaux et de cartes de No\u00ebl, P\u00e8re No\u00ebl et arbres de No\u00ebl.<\/p>\n<p>Lorsque les Africains furent amen\u00e9s dans les Cara\u00efbes comme esclaves pour travailler dans les plantations de canne \u00e0 sucre, ils ajout\u00e8rent au christianisme leurs propres coutumes et, aussit\u00f4t, la f\u00eate commen\u00e7a \u00e0 \u00e9voluer et \u00e0 prendre un caract\u00e8re qui lui est propre.<\/p>\n<p>En Jama\u00efque, de redoutables duppies (fant\u00f4mes) parcouraient la campagne \u00e0 No\u00ebl, le plus l\u00e9gendaire \u00e9tant Three-Foot Horse, dont l&rsquo;approche terrifiante \u00e9tait annonc\u00e9e par le bruit de sabots irr\u00e9guliers, et Rolling Calf, qui affaiblissait le c\u0153ur des gens de la campagne lorsqu&rsquo;il passait en tra\u00eenant des cha\u00eenes le long des sentiers la nuit.<\/p>\n<p>Ces histoires remontent probablement aux plantations : les esclaves avaient pour habitude de monter dans la grande maison de la plantation le matin de No\u00ebl pour chanter une s\u00e9r\u00e9nade \u00e0 ses occupants. R\u00e9compens\u00e9s par deux ou trois jours de vacances, ils en profitaient dans leurs propres jardins, r\u00e9coltant des provisions pour se nourrir et pour les vendre entre eux au march\u00e9 de No\u00ebl.<\/p>\n<p>Le soir, ils s\u2019habillaient de leurs plus beaux atours et revenaient sur la pelouse de la plantation. Selon Richard Dunn dans Sugar and Slaves , \u00ab ils se divisaient en groupes pour danser , certains devant les goombays, sur un ring, pour ex\u00e9cuter un bol\u00e9ro ou une sorte de danse d\u2019amour, comme on l\u2019appelle, o\u00f9 le gentleman essuyait amoureusement la sueur des visages rayonnants de leurs beaut\u00e9s noires, qui, \u00e0 leur tour, rendaient le m\u00eame service aux m\u00e9nestrels. D\u2019autres ex\u00e9cutaient une sorte de danse pyrrhique devant le batteur Ebo, commen\u00e7ant doucement et acc\u00e9l\u00e9rant progressivement leurs mouvements jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils semblent agit\u00e9s par les furies. \u00bb<\/p>\n<p>Trois cents ans plus tard, les danseurs Jonkonnu ou \u00ab mascarades \u00bb de la Jama\u00efque font toujours partie de la p\u00e9riode de No\u00ebl, surtout dans les zones rurales. Des danseurs aux costumes grotesques sont accompagn\u00e9s de musiciens jouant de la fl\u00fbte, du tambour et du tambourin ; ils vont r\u00e9clamer de l\u2019argent. Avec des noms comme Horse Head, Devil, Belly Woman, Pitchy Patchy et Actor-Boy, qui oserait leur refuser ?<\/p>\n<p>L&rsquo;origine des Jonkonnus n&rsquo;est pas claire, mais beaucoup pensent que leurs racines se situent le long de la Gold Coast en Afrique et qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 greff\u00e9es sur les festivit\u00e9s traditionnelles des esclaves le soir de No\u00ebl il y a bien longtemps. La tradition du march\u00e9 de No\u00ebl est toujours vivante, m\u00eame dans la capitale de la Jama\u00efque, o\u00f9 les enfants sont emmen\u00e9s acheter des jouets le matin de No\u00ebl. Au grand march\u00e9, le week-end avant No\u00ebl, on vend de la nourriture pour la cuisine de No\u00ebl, tout comme les esclaves vendaient autrefois les produits de leurs jardins le jour de No\u00ebl.<\/p>\n<p>\u00c0 Antigua aussi, les traditions de No\u00ebl sont principalement d\u2019origine europ\u00e9enne et africaine, les colons \u00e9cossais ayant apport\u00e9 No\u00ebl sur l\u2019\u00eele. Les coutumes du \u00ab No\u00ebl d\u2019antan \u00bb \u00e0 Antigua ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites en d\u00e9tail, notamment les Carol Trees, John Bull (Jam Bull), les Highlanders, Long Ghosts et Jumpa-Ben. Les Carol Trees \u00e9taient fabriqu\u00e9s \u00e0 partir d\u2019un b\u00e2ton avec plusieurs traverses, comme un poteau t\u00e9l\u00e9phonique ; avec des lanternes suspendues aux branches, ils \u00e9taient transport\u00e9s de maison en maison par des chanteurs de No\u00ebl, accompagn\u00e9s de la musique d\u2019un accord\u00e9on (concertina).<\/p>\n<p>En Jama\u00efque, de redoutables duppies (fant\u00f4mes) parcouraient la campagne \u00e0 No\u00ebl, le plus l\u00e9gendaire \u00e9tant Three-Foot Horse, dont l&rsquo;approche terrifiante \u00e9tait annonc\u00e9e par le bruit de sabots irr\u00e9guliers<br \/>\n\u00c0 Antigua, John Bull est un personnage grotesque inspir\u00e9 d&rsquo;un sorcier africain. Habill\u00e9 de feuilles de bananier s\u00e9ch\u00e9es et de vieux v\u00eatements, il a probablement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par des esclaves africains pour satiriser leurs ma\u00eetres britanniques : son costume ressemble beaucoup \u00e0 celui des danseurs Sensay de Guin\u00e9e qui se produisaient \u00e0 la fin de la premi\u00e8re \u00e9tape de l&rsquo;initiation au travail. Les Highlanders font partie de l&rsquo;h\u00e9ritage \u00e9cossais d&rsquo;Antigua et se produisent toujours \u00e0 No\u00ebl. Ils dansent le Highland Fling v\u00eatus d&rsquo;une sorte de kilt ; leurs masques en fil de fer et leurs fouets en cuir de vache sont bas\u00e9s sur un costume militaire \u00e9cossais.<\/p>\n<p>Les Tall Ghosts \u00e9taient d&rsquo;\u00e9normes personnages sur pilotis dont les visages masqu\u00e9s surplombaient les fen\u00eatres des \u00e9tages sup\u00e9rieurs des maisons de Market Street, provoquant la terreur chez les petits enfants ; ils \u00e9taient \u00e9galement populaires au Nouvel An. Un costume de Tall Ghost peut \u00eatre vu \u00e0 l&rsquo;Office du tourisme de Thames Street \u00e0 St John&rsquo;s.<\/p>\n<p>\u00c9galement populaire \u00e0 No\u00ebl, bien que d\u00e9sormais plus r\u00e9pandue lors du Carnaval d&rsquo;Antigua, la danse des \u00e9chasses ou Jumpa-Ben, originaire de Guin\u00e9e, de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et du B\u00e9nin, est une danse populaire. Ce personnage se d\u00e9guise sur des \u00e9chasses au son de la musique des tambours, des grosses caisses, du fifre, du triangle (ching-a-ching) et d&rsquo;un \u00ab boom pipe \u00bb fait de morceaux de tuyaux en fer. La danse des \u00e9chasses ou Kwuya est tr\u00e8s difficile \u00e0 ex\u00e9cuter et le danseur doit \u00eatre capable de d\u00e9fier la gravit\u00e9 avec un haut niveau d&rsquo;habilet\u00e9 s&rsquo;il veut rester debout.<\/p>\n<p>Au XIXe si\u00e8cle, les f\u00eates de quadrille \u00e9taient populaires dans la haute soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Antigua. Les salles n&rsquo;\u00e9taient pas d\u00e9cor\u00e9es de branches de houx, mais de brins de piment de la Jama\u00efque parfum\u00e9 (appel\u00e9 \u00ab pimento \u00bb \u00e0 Antigua et en Jama\u00efque). La feuille de laurier \u00e9tait \u00e9galement utilis\u00e9e pour la d\u00e9coration et des branches de cerisier \u00e9taient transform\u00e9es en arbres. Des danses par abonnement \u00e9taient organis\u00e9es chaque semaine, au son du violon, du tambourin et du triangle. Les boissons comprenaient du buisson de No\u00ebl ferment\u00e9, du gingembre et de la m\u00e9lasse d&rsquo;eau ; les bals de No\u00ebl \u00e9taient accompagn\u00e9s de festins de mouton, de porc, de dinde, de canard, de volaille, de pintade, de jambon, de langue, de g\u00e2teaux et de tartes.<\/p>\n<p>Il fallait confectionner une nouvelle robe pour chaque jour de ces trois jours de f\u00eate. Pour les pauvres, No\u00ebl \u00e9tait le seul moyen de se procurer de la viande de porc et des raviolis frits. Dans les rues, on offrait des compliments de saison en \u00e9change d\u2019un don : \u00ab Longue vie et prosp\u00e9rit\u00e9 ! \u00bb (sic). Des \u00e9l\u00e9ments de toutes ces coutumes survivent encore \u00e0 Antigua au XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque des plantations, No\u00ebl n\u2019\u00e9tait pas seulement une f\u00eate : c\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode tr\u00e8s s\u00e9rieuse dans les \u00eeles, et les trois jours de cong\u00e9 des esclaves faisaient toujours venir aux oreilles des ma\u00eetres des rumeurs de soul\u00e8vements, dont certaines \u00e9taient fond\u00e9es. Des recherches men\u00e9es pour le mus\u00e9e d\u2019Antigua-et-Barbuda par Desmond Nicholson, par exemple, ont permis de d\u00e9couvrir un cas dramatique datant de 1710, lorsqu\u2019un planteur nomm\u00e9 Sam Martin fut tu\u00e9 par des esclaves le 27 d\u00e9cembre parce qu\u2019il n\u2019avait pas respect\u00e9 les f\u00eates de No\u00ebl habituelles. En 1813, juste avant l\u2019abolition de l\u2019esclavage, on rapportait que \u00ab chaque No\u00ebl \u00e9tait source d\u2019inqui\u00e9tude, et la milice \u00e9tait appel\u00e9e en renfort pour emp\u00eacher les insurrections \u00bb.<\/p>\n<p>Le No\u00ebl moderne le plus somptueux se d\u00e9roule peut-\u00eatre \u00e0 Trinit\u00e9-et-Tobago, dont l&rsquo;histoire diversifi\u00e9e et la richesse relative ont donn\u00e9 \u00e0 la f\u00eate une saveur nationale \u00e0 laquelle se joignent les grandes communaut\u00e9s non chr\u00e9tiennes. La saison commence d\u00e8s novembre, lorsque les brises plus fra\u00eeches annoncent la fin de la saison des pluies et que les poinsettias rouges \u00e9clatants et les buissons de No\u00ebl blancs en dentelle commencent \u00e0 transformer les jardins. Les chants de No\u00ebl et les chansons locales envahissent la radio et la saison des parang commence.<\/p>\n<p>Le parang, originaire du Venezuela, est la musique traditionnelle de No\u00ebl de Trinidad. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une musique entra\u00eenante de style espagnol qui demande des pas fantaisistes et des mouvements de hanches. Traditionnellement, les paranderos vont de maison en maison pour faire la s\u00e9r\u00e9nade \u00e0 leurs voisins et go\u00fbter \u00e0 la poncha crema (une version \u00e9pic\u00e9e du lait de poule), \u00e0 \u200b\u200bl&rsquo;oseille, \u00e0 la bi\u00e8re de gingembre et \u00e0 des boissons fortes comme le rhum et le whisky, ainsi qu&rsquo;\u00e0 la nourriture. Le parang est une musique contagieuse, fortement rythm\u00e9e, \u00e0 laquelle il est difficile de r\u00e9sister, et qui accompagne de nombreuses f\u00eates de fin d&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>No\u00ebl est la p\u00e9riode des f\u00eates de bureau, la haute saison du calendrier social, avec divers \u00e9v\u00e9nements de gala n\u00e9cessitant une tenue de soir\u00e9e et une tenue impeccable. Ces derniers temps, les chanteurs et les musiciens de calypson indo-trinidadiens ont ajout\u00e9 une saveur suppl\u00e9mentaire (\u00ab chutney \u00bb) au Parang. \u00ab Ah Want a Piece of Pork \u00bb de Scrunter ( ah want a piece of pork, ah want a piece of pork for mih Christmas ), accompagn\u00e9 par un groupe de parang, a invit\u00e9 tout le monde \u00e0 danser et \u00e0 manger.<\/p>\n<p>Les Trinidadiens esp\u00e8rent prendre quelques kilos pour No\u00ebl, confiants qu&rsquo;ils les perdront ensuite dans la fr\u00e9n\u00e9sie du Carnaval. Les gens rendent visite \u00e0 leurs amis et \u00e0 leur famille pendant la saison, et il faut go\u00fbter au g\u00e2teau noir de toutes les tantes et \u00e0 l&rsquo;oseille de toutes les grand-m\u00e8res, sans parler de la poncha crema de la voisine et des pastelles que pr\u00e9pare maman. Les pastelles, un cadeau de l&rsquo;h\u00e9ritage am\u00e9rindien et espagnol de Trinidad, sont des pochettes de semoule de ma\u00efs farcies de b\u0153uf hach\u00e9, tr\u00e8s \u00e9pic\u00e9es, avec des c\u00e2pres et des olives parmi les ingr\u00e9dients essentiels.<\/p>\n<p>Tout ceci n&rsquo;est qu&rsquo;un entra\u00eenement pour le grand d\u00e9jeuner du jour de No\u00ebl. La dinde est au centre de l&rsquo;attention, farcie de chapelure et d&rsquo;abats assaisonn\u00e9s, bien que beaucoup de gens pr\u00e9f\u00e8rent une farce \u00e0 base de b\u0153uf hach\u00e9 pour la rendre un peu plus riche. Le jambon est un incontournable, et m\u00eame les personnes qui ne mangent pas de porc le tol\u00e9reront sur leur table et l&rsquo;offriront aux invit\u00e9s affam\u00e9s de jambon. Le poulet et le r\u00f4ti de b\u0153uf sont compl\u00e9t\u00e9s par des pastelles, des l\u00e9gumes, une tarte aux macaronis, des pommes de terre et d&rsquo;autres salades.<\/p>\n<p>Les jeunes de Trinit\u00e9-et-Tobago \u00ab font \u00e9clater du bambou \u00bb \u2014 leurs explosions artisanales sont fabriqu\u00e9es \u00e0 partir de bambou et de carbure<br \/>\nCe repas complet est le point central des r\u00e9unions de famille. Le jour de No\u00ebl est principalement consacr\u00e9 \u00e0 la famille, avec des amis qui viennent tout au long des f\u00eates apporter des cadeaux et go\u00fbter aux d\u00e9lices. La plupart des chr\u00e9tiens s&rsquo;assurent d&rsquo;aller \u00e0 la messe, m\u00eame si c&rsquo;est le seul moment de l&rsquo;ann\u00e9e, soit \u00e0 minuit la veille de No\u00ebl, soit t\u00f4t le matin de No\u00ebl.<\/p>\n<p>Le d\u00e9cor de No\u00ebl est important, il faut donc nettoyer soigneusement la maison, installer et d\u00e9corer le sapin \u00e0 temps, accrocher ou rassembler les cartes de v\u0153ux de No\u00ebl dans un endroit bien en vue. Les maisons sont repeintes, ne serait-ce que l&rsquo;ext\u00e9rieur, et de nouveaux rideaux, meubles et appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers sont ajout\u00e9s, dans la mesure o\u00f9 le budget le permet (m\u00eame si No\u00ebl est une p\u00e9riode o\u00f9 les gens font beaucoup trop d&rsquo;efforts). La saison se termine par les grandes f\u00eates de la nuit du Nouvel An, suivies de la somnolence \u00e9puis\u00e9e du jour de l&rsquo;An.<\/p>\n<p>La plupart des \u00eeles c\u00e9l\u00e8brent No\u00ebl de la m\u00eame mani\u00e8re aujourd&rsquo;hui, mais avec leurs propres plats et coutumes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. \u00c0 la Barbade, par exemple, outre la dinde et le jambon, la sp\u00e9cialit\u00e9 est le jug-jug, un plat \u00e0 base de viande hach\u00e9e, de ma\u00efs et de pois d&rsquo;Angole (gungo). Ce plat a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par des colons \u00e9cossais nostalgiques qui avaient besoin d&rsquo;un substitut tropical au haggis.<\/p>\n<p>Pour les Jama\u00efcains et les Guyanais, le jambon est un incontournable, mais ils ne se sentent pas oblig\u00e9s de manger de la dinde : ils pr\u00e9f\u00e8rent le poulet. Les Jama\u00efcains servent du poulet jerk \u00e9pic\u00e9 et il est probable que l&rsquo;on serve \u00e9galement du curry de ch\u00e8vre, surtout si la famille est nombreuse. En Guyane et \u00e0 Tobago, on peut abattre une ch\u00e8vre, un mouton ou une vache pour nourrir une famille nombreuse. Le chow mein et le riz frit sont tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s en Guyane ; le porc \u00e0 l&rsquo;ail, introduit par les Portugais, est populaire \u00e0 Antigua et \u00e0 Trinidad, o\u00f9 il est un incontournable pour la communaut\u00e9 portugaise.<\/p>\n<p>Les g\u00e2teaux de No\u00ebl vont du g\u00e2teau aux fruits noirs, souvent appel\u00e9 black bake, au g\u00e2teau aux fruits bruns plus clairs, sans sucre br\u00fbl\u00e9 ni brunissement ; tous deux sont agr\u00e9ment\u00e9s de rhum ou de vin. Dans la plupart des \u00eeles, l&rsquo;oseille rouge fonc\u00e9 est une boisson de No\u00ebl sans alcool, fabriqu\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une plante qui produit ses fruits \u00e0 cette p\u00e9riode de l&rsquo;ann\u00e9e ; mais en Jama\u00efque, c&rsquo;est une liqueur alcoolis\u00e9e forte, pr\u00e9par\u00e9e avec du rhum blanc jama\u00efcain et sirot\u00e9e avec beaucoup de pr\u00e9caution par les prudents.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9ball\u00e9 les cadeaux et d\u00e9vor\u00e9 le repas de No\u00ebl, les Barbadiens se retirent au Queen&rsquo;s Park pour le concert annuel du Police Band, tandis que les Jama\u00efcains se pr\u00e9parent \u00e0 faire la f\u00eate toute la nuit. Les jeunes de Trinit\u00e9-et-Tobago \u00ab font \u00e9clater du bambou \u00bb : leurs explosions artisanales sont fabriqu\u00e9es \u00e0 partir de bambou et de carbure.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode de No\u00ebl dure plus longtemps dans les \u00eeles fran\u00e7aises, o\u00f9 les festivit\u00e9s se poursuivent jusqu&rsquo;au 6 janvier, jour des Rois Mages, comm\u00e9morant la venue des Rois Mages. C&rsquo;est le jour o\u00f9 les habitants de toutes les \u00eeles retirent leur sapin de No\u00ebl, m\u00eame dans les \u00eeles o\u00f9 cette date n&rsquo;a pas d&rsquo;importance.<\/p>\n<p>Si vous \u00eates dans les Cara\u00efbes \u00e0 No\u00ebl, impr\u00e9gnez-vous de l&rsquo;atmosph\u00e8re festive, de la bonne humeur, des f\u00eates et des visites, de l&rsquo;ambiance chaleureuse qui r\u00e8gne dans l&rsquo;air. Impr\u00e9gnez-vous des chants de No\u00ebl, qu&rsquo;ils soient en espagnol, en hindi, en patois ou en anglais : ils parlent tous de bonne fortune, de sant\u00e9, de bonheur et de bons moments.<\/p>\n<p>Et savourez l&rsquo;\u00e9ventail unique de coutumes de No\u00ebl de cette r\u00e9gion, certaines d&rsquo;entre elles issues de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord contemporaine, d&rsquo;autres d&rsquo;origine beaucoup plus profonde et sombre. Ces \u00eeles, qui ne voient jamais de houx ou de gui, de rennes ou de neige (et qui ne leur manquent certainement pas), ont cr\u00e9\u00e9 leurs propres traditions dont vous pourrez profiter.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caribbean Beat No\u00ebl est une grande f\u00eate dans toutes les \u00eeles des Cara\u00efbes, avec beaucoup de f\u00eates, de visites et de festivit\u00e9s. Mais chaque \u00eele c\u00e9l\u00e8bre sa f\u00eate de mani\u00e8re unique, \u00e9crit Skye Hernandez. Initialement publi\u00e9 en 1996 (num\u00e9ro 22), cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en tant que classique en 2024 (num\u00e9ro 185) PAR SKYE<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":66487,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[1373],"tags":[],"class_list":["post-66475","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-caraibe"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66475"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66475\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/66487"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66475"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}