{"id":76584,"date":"2025-07-11T10:16:14","date_gmt":"2025-07-11T09:16:14","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=76584"},"modified":"2025-07-11T10:54:56","modified_gmt":"2025-07-11T09:54:56","slug":"gerard-dorwling-carter-autonomiste-le-reniement-dun-ex-74-reponse-de-gdc-a-michel-branchi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/gerard-dorwling-carter-autonomiste-le-reniement-dun-ex-74-reponse-de-gdc-a-michel-branchi\/","title":{"rendered":"G\u00e9rard Dorwling-Carter autonomiste : Le reniement d\u2019un ex 74 (R\u00e9ponse de Gdc \u00e0 Michel Branchi)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><em><strong>Michel Brandi &#8211; mon ami -a cru n\u00e9cessaire de me \u00ab\u00a0remettre dans le droit chemin\u00a0\u00bb de la doxa autonomiste \u00a0il s&rsquo;agit de ne pas remettre en cause la pens\u00e9e dominante qui se con\u00e7oit comme un dogme intangible et intouchable. L&rsquo;autonomie c&rsquo;est une simple substitution de gouvernance, un remplacement m\u00e9canique \u00a0par les \u00e9lus des instances \u00e9tatiques de la France, hors le champ des comp\u00e9tences r\u00e9galiennes \u00a0Avec pour acquis que le projet porte en lui et \u00e0 lui tout seul une force d&rsquo;adh\u00e9sion populaire \u00a0<\/strong><\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><b>Extrait de la critique de Michel Branchi<\/b><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des diff\u00e9rences de chiffres avec l\u2019autre contradicteur de l\u2019autonomie, le raisonnement est identique : la Martinique d\u00e9pend des d\u00e9penses de l\u2019Etat fran\u00e7ais. Dorwling-Carter envisage l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019ind\u00e9pendance en \u00e9non\u00e7ant : \u201cDans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une ind\u00e9pendance, la Martinique devrait lever elle-m\u00eame l\u2019ensemble des imp\u00f4ts et taxes n\u00e9cessaires, assumer seule les cotisations sociales, et rechercher de nouveaux partenaires ext\u00e9rieurs. Or, le tissu \u00e9conomique local, la base fiscale restreinte et la d\u00e9mographie rendent cette \u00e9quation particuli\u00e8rement difficile \u00e0 r\u00e9soudre. Les recettes fiscales actuelles couvriraient \u00e0 peine 40% des besoins, laissant un d\u00e9ficit de plus d\u20191,5 milliard d\u2019euros \u00e0 compenser chaque ann\u00e9e.<br \/>\nL\u2019absence des transferts actuels impliquerait soit une hausse massive des imp\u00f4ts, soit une r\u00e9duction drastique des services publics, soit un recours incertain \u00e0 l\u2019endettement ou \u00e0 l\u2019aide internationale. Le niveau de vie et la qualit\u00e9 des services seraient directement impact\u00e9s, posant la question de la soutenabilit\u00e9<br \/>\nd\u2019un tel projet et des troubles sociaux qui en d\u00e9couleraient\u201d.<br \/>\nLa catastrophe. A noter qu\u2019il choisit l\u2019option de l\u2019ind\u00e9pendance et non de l\u2019autonomie.<br \/>\nD\u2019un c\u00f4t\u00e9 un d\u00e9ficit de 4,4 milliards d\u2019euros, de l\u2019autre un d\u00e9fi-cit de 1,5 milliard d\u2019euros.<br \/>\nEt GDC de conclure : \u201cEn d\u00e9finitive, toute r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9mancipation ou le changement de statut doit s\u2019adosser \u00e0 une analyse budg\u00e9taire honn\u00eate et compl\u00e8te. C\u2019est le pr\u00e9alable<br \/>\nindispensable \u00e0 un d\u00e9bat d\u00e9mocratique v\u00e9ritablement \u00e9clair\u00e9\u201d. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9conomiste Jean-Marie Nol, apr\u00e8s avoir demand\u00e9 : \u201cdans un monde de rapports de force incertain, la Guadeloupe a-t-elle les moyens de son autonomie ?\u201d, il avertit : \u201cL\u2019id\u00e9e d\u2019un changement statutaire vers l\u2019article 74 de la Constitution, pro-messe d\u2019une autonomie accrue, est agit\u00e9e comme un rem\u00e8de aux maux structurels de la soci\u00e9t\u00e9 guadeloup\u00e9enne. Mais cetteaspiration se heurte \u00e0 un mur de r\u00e9alit\u00e9s financi\u00e8res, \u00e9cono miques et sociales. L\u2019exigence de plus de responsabilit\u00e9s locales est louable en apparence. Elle traduit une volont\u00e9 de s\u2019\u00e9manciper, de se prendre en main, de sortir de l\u2019ombre de la tutelle post coloniale parisienne. Mais cette ambition, sans un<br \/>\nprojet \u00e9conomique solide, sans vision claire, sans moyens budg\u00e9taires\u00a0durables, risque de se transformer en impasse\u201d.<br \/>\nIl ne vient pas \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ces pourfendeurs de l\u2019autonomie que les transferts publics pourraient \u00eatre utilis\u00e9s dans une autre logique :<br \/>\nAlimenter un autre type de croissance et construire progressivement moins de d\u00e9pendance. Un mode de d\u00e9veloppement endog\u00e8ne. .<br \/>\nOr la crise de la vie ch\u00e8re a d\u00e9montr\u00e9 r\u00e9cemment que, pour<br \/>\nla r\u00e9soudre, il faut changer de mod\u00e8le \u00e9conomique et social, ce qui implique de pouvoir d\u00e9tenir les leviers du d\u00e9veloppement et donc un changement de statut.<br \/>\nL\u2019impasse, c\u2019est aujourd\u2019hui que nous la vivons. La voie trac\u00e9e en 1971 par la Convention du Morne-Rouge nous para\u00eet toujours actuelle. En l\u2019adaptant au temps pr\u00e9sent, bien s\u00fbr.<br \/>\nMichel Branchi<\/p>\n<h3><strong>La r\u00e9ponse de G\u00e9rard Dorwling-Carter<\/strong><\/h3>\n<p><strong>R\u00e9ponse \u00e0 la critique : une coh\u00e9rence dans la lucidit\u00e9<\/strong><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Je prends acte de la critique formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de mon analyse. Elle m\u2019impute un reniement, voire un revirement id\u00e9ologique, en opposant mes mises en garde budg\u00e9taires \u00e0 l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019autonomie ou \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Ce serait, selon ses termes, le discours d\u2019un \u201cex-74\u201d ralli\u00e9 \u00e0 une forme d\u2019orthodoxie gestionnaire, effray\u00e9 par les chiffres et fig\u00e9 dans une logique de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais<\/strong><\/em>.<\/p><\/blockquote>\n<h2><b>Mais que dit r\u00e9ellement mon propos ?<\/b><\/h2>\n<p>Je ne fais que poser, avec rigueur, les termes d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle il serait irresponsable de se soustraire : toute option de souverainet\u00e9 \u2014 qu\u2019elle soit autonomie \u00e9largie ou ind\u00e9pendance \u2014 exige un examen sinc\u00e8re, chiffr\u00e9, sans fard ni incantation, de ses implications \u00e9conomiques, fiscales et sociales. Cela n\u2019a rien d\u2019un reniement. Bien au contraire : c\u2019est la condition m\u00eame de l&rsquo;obtention d&rsquo;une \u00a0adh\u00e9sion \u00a0populaire, fond\u00e9e sur la lucidit\u00e9 et non sur l\u2019illusion.<\/p>\n<blockquote><p><em>Ce que je d\u00e9fends, c\u2019est une d\u00e9marche politique exigeante, qui ne se satisfait plus des slogans ni des r\u00e9p\u00e9titions rituelles \u2014 qu\u2019elles viennent de \u201cpourfendeurs de l\u2019autonomie\u201d ou de ceux qui, depuis 50 ans, \u201calimentent un autre type de croissance\u201d sans jamais en d\u00e9tailler les leviers, les co\u00fbts ni les calendriers.<\/em><\/p>\n<p>Il ne suffit pas de dire que les transferts publics doivent \u00eatre \u201cr\u00e9orient\u00e9s\u201d : encore faut-il dire comment, par qui, dans quel cadre juridique, avec quels impacts sur les services publics et le niveau de vie des Martiniquais. \u00c0 ce jour, ni l\u2019\u00c9tat ni les forces autonomistes n\u2019ont produit de projet \u00e9conomique rigoureux, budg\u00e9tairement soutenable et socialement mobilisateur.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14px;color: #333333\">Or c\u2019est cela que j\u2019appelle de mes v\u0153ux. Non pour entretenir la d\u00e9pendance, mais au <b>contraire pour faire prendre conscience des conditions concr\u00e8tes de l\u2019\u00e9mancipation<\/b>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14px;color: #333333\"> The<b> souverainet\u00e9 ne se d\u00e9cr\u00e8te pas : elle se pr\u00e9pare. <\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14px;color: #333333\">Et cette pr\u00e9paration suppose de dire que l\u2019exercice de la responsabilit\u00e9 s\u2019accompagne de renoncements, de transferts de charges, de ruptures symboliques, de pertes d\u2019avantages \u2014 mais aussi de gains en dignit\u00e9, en initiative et en pouvoir d\u2019agir. <b>C\u2019est ce discours de v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il faut avoir le courage de porter.<\/b><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p><b>\u2013 <\/b><\/p>\n<p>La crise de la vie ch\u00e8re, la d\u00e9gradation des services publics, les in\u00e9galit\u00e9s structurelles crient la n\u00e9cessit\u00e9 de rompre avec le mod\u00e8le actuel. Mais pour passer d\u2019une \u00e9conomie de comptoir \u00e0 une \u00e9conomie souveraine, il faut un plan, une m\u00e9thode, un chiffrage, un consensus. Sinon, on se condamne \u00e0 l\u2019errance ou au d\u00e9senchantement.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit donc pas de clore le d\u00e9bat. Mais d\u2019en \u00e9lever le niveau. <b>En sortant des postures, en affrontant les chiffres, en construisant pas \u00e0 pas ce que pourrait \u00eatre une autonomie assum\u00e9e et ma\u00eetris\u00e9e<\/b>. C\u2019est cela que portait, en 1971, la Convention du Morne-Rouge.<br \/>\nc&rsquo;est ce que nous n&rsquo;avons pas fait \u00e0 l&rsquo;occasion des r\u00e9f\u00e9rendums qui ont \u00e9t\u00e9 catastrophiques pour nos id\u00e9es de dignit\u00e9 et de responsabilit\u00e9.<br \/>\n<b>C\u2019est cela qu\u2019il faut r\u00e9actualiser. Non pas par nostalgie, mais pour que le r\u00eave d\u2019\u00e9mancipation ne reste pas une abstraction.<\/b><\/p>\n<p><b>G\u00e9rard Dorwling-Carter<\/b><\/p>\n<p>Autonomiste, lucide et engag\u00e9<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Brandi &#8211; mon ami -a cru n\u00e9cessaire de me \u00ab\u00a0remettre dans le droit chemin\u00a0\u00bb de la doxa autonomiste \u00a0il s&rsquo;agit de ne pas remettre en cause la pens\u00e9e dominante qui se con\u00e7oit comme un dogme intangible et intouchable. L&rsquo;autonomie c&rsquo;est une simple substitution de gouvernance, un remplacement m\u00e9canique \u00a0par les \u00e9lus des instances \u00e9tatiques<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":76596,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-76584","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76584\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/76596"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}