{"id":78058,"date":"2025-08-12T00:48:26","date_gmt":"2025-08-11T23:48:26","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=78058"},"modified":"2025-08-12T00:48:26","modified_gmt":"2025-08-11T23:48:26","slug":"janvier-2010-en-martinique-deux-referendums-un-choix-contraint","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/janvier-2010-en-martinique-deux-referendums-un-choix-contraint\/","title":{"rendered":"Janvier 2010 en Martinique : deux r\u00e9f\u00e9rendums, un choix contraint."},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h2><strong>En janvier 2010, la Martinique a v\u00e9cu en deux semaines un encha\u00eenement institutionnel in\u00e9dit : deux r\u00e9f\u00e9rendums successifs, deux questions diff\u00e9rentes, deux r\u00e9ponses oppos\u00e9es. Le premier, le 10 janvier, portait sur un changement de r\u00e9gime constitutionnel : quitter l\u2019article 73 de la Constitution pour l\u2019article 74, c\u2019est-\u00e0-dire passer d\u2019un r\u00e9gime d\u2019identit\u00e9 l\u00e9gislative \u00e0 un r\u00e9gime d\u2019autonomie encadr\u00e9e. La r\u00e9ponse fut nette : pr\u00e8s de 79 % des votants rejet\u00e8rent cette perspective qui avait \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e en congr\u00e8s par les \u00e9lus.\u00a0<\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 peine le temps de dig\u00e9rer ce verdict que, d\u00e8s le 24 janvier, les \u00e9lecteurs \u00e9taient rappel\u00e9s aux urnes. Cette fois, il ne s\u2019agissait plus d\u2019autonomie, mais d\u2019organisation interne : fusionner le Conseil g\u00e9n\u00e9ral et le Conseil r\u00e9gional en une seule collectivit\u00e9 territoriale, tout en restant dans le cadre de l\u2019article 73. Le \u00ab oui \u00bb l\u2019emporta avec 68 % des suffrages exprim\u00e9s. Ainsi naissait, cinq ans plus tard, la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique (CTM).<\/p>\n<h3><b>Une d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle, un tempo impos\u00e9<\/b><\/h3>\n<p>Ce second r\u00e9f\u00e9rendum n\u2019est pas sorti du chapeau d\u2019un \u00e9lu local. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de l\u2019\u00e9poque, Nicolas Sarkozy &#8211; pour la forme &#8211; sur proposition du Gouvernement, apr\u00e8s consultation des \u00e9lus martiniquais, conform\u00e9ment aux articles 72-4 et 73 de la Constitution.<\/p>\n<p>Mais le calendrier interroge. Deux semaines seulement s\u00e9paraient la consultation sur l\u2019autonomie et celle sur la collectivit\u00e9 unique. Un d\u00e9lai si court qu\u2019il laissait peu d\u2019espace au d\u00e9bat public, \u00e0 la r\u00e9flexion collective, \u00e0 la p\u00e9dagogie institutionnelle.<\/p>\n<p>Ce tempo a donn\u00e9 le sentiment d\u2019un choix \u00ab rattrap\u00e9 \u00bb, comme si l\u2019\u00c9tat avait voulu sauver une r\u00e9forme institutionnelle co\u00fbte que co\u00fbte, apr\u00e8s le camouflet de l\u2019article 74. Une\u00a0 telle d\u00e9marche, m\u00eame juridiquement l\u00e9gitime, appara\u00eet comme politiquement exp\u00e9ditive.<\/p>\n<h3>Un consentement clair\u2026 mais dans un contexte satur\u00e9<\/h3>\n<p>Certes, la victoire du \u00ab oui \u00bb au second scrutin ne souffre pas d\u2019ambigu\u00eft\u00e9. Mais la campagne \u00e9lectorale, imbriqu\u00e9e dans celle du premier r\u00e9f\u00e9rendum, s\u2019est jou\u00e9e sur fond de lassitude citoyenne et de d\u00e9bats techniques peu accessibles. La question de la fusion des collectivit\u00e9s territoriales, bien qu\u2019importante, a \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9e par le refus pr\u00e9alable de l\u2019autonomie, comme si l\u2019issue \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pli\u00e9e.<\/p>\n<blockquote><p><strong>La d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle de maintenir un second r\u00e9f\u00e9rendum aussi rapidement a eu pour effet de limiter la possibilit\u00e9 d\u2019un large \u00e9change d\u00e9mocratique. Les arguments pour et contre la collectivit\u00e9 unique sont rest\u00e9s cantonn\u00e9s aux cercles militants ou institutionnels, sans v\u00e9ritable appropriation populaire.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<h2><strong>Une le\u00e7on pour l\u00e0 encore<\/strong><\/h2>\n<blockquote><p><strong>Cet \u00e9pisode interroge sur la mani\u00e8re de concevoir la d\u00e9mocratie r\u00e9f\u00e9rendaire. Consulter le peuple est un acte fort, mais encore faut-il lui laisser le temps de s\u2019informer, de d\u00e9battre, de se projeter. Sinon, le risque est grand que le scrutin ne refl\u00e8te qu\u2019un r\u00e9flexe de circonstance, et non un choix pleinement \u00e9clair\u00e9.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>La Martinique de 2010 n\u2019a pas choisi l\u2019autonomie, mais elle a accept\u00e9 de transformer ses institutions. Quinze ans plus tard, il est permis de se demander si le calendrier pr\u00e9cipit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque n\u2019a pas r\u00e9duit la port\u00e9e de ce second \u00ab oui \u00bb, en l\u2019inscrivant davantage dans une logique de rattrapage que dans un v\u00e9ritable projet partag\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p><strong>La le\u00e7on est simple : le respect du suffrage universel ne tient pas seulement \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 du vote, mais aussi \u00e0 la qualit\u00e9 du dialogue\u00a0 d\u00e9mocratique qui le pr\u00e9c\u00e8de.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Et cela, aucun d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel, f\u00fbt-il sign\u00e9 par Nicolas Sarkozy, ne devrait pouvoir y \u00e9chapper. Encore moins les \u00e9lus, une fois vot\u00e9e la proposition de r\u00e9forme d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion de la nouvelle d\u00e9marche initi\u00e9e pour l&rsquo;obtention d\u2019un pouvoir l\u00e9gislatif autonome.<\/p>\n<p><b>G\u00e9rard Dorwling-Carter<\/b><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; En janvier 2010, la Martinique a v\u00e9cu en deux semaines un encha\u00eenement institutionnel in\u00e9dit : deux r\u00e9f\u00e9rendums successifs, deux questions diff\u00e9rentes, deux r\u00e9ponses oppos\u00e9es. Le premier, le 10 janvier, portait sur un changement de r\u00e9gime constitutionnel : quitter l\u2019article 73 de la Constitution pour l\u2019article 74, c\u2019est-\u00e0-dire passer d\u2019un r\u00e9gime d\u2019identit\u00e9 l\u00e9gislative \u00e0 un<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":78059,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[922],"tags":[],"class_list":["post-78058","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-le-regard-de-gdc"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78058","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78058"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78058\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/78059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78058"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78058"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78058"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}