{"id":78090,"date":"2025-08-11T19:15:00","date_gmt":"2025-08-11T18:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=78090"},"modified":"2025-08-11T19:15:00","modified_gmt":"2025-08-11T18:15:00","slug":"un-siecle-de-transformations-en-martinique-30-projets-qui-ont-faconne-lile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/un-siecle-de-transformations-en-martinique-30-projets-qui-ont-faconne-lile\/","title":{"rendered":"Un si\u00e8cle de transformations en Martinique : 30 projets qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019\u00eele"},"content":{"rendered":"<h2><strong>Au cours des cent derni\u00e8res ann\u00e9es, la Martinique a connu une s\u00e9rie de projets majeurs qui ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 son d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social, culturel et environnemental. De la d\u00e9partementalisation de 1946 \u00e0 l\u2019inscription des volcans et for\u00eats du Nord au Patrimoine mondial de l\u2019UNESCO, en passant par la modernisation de ses infrastructures, la valorisation de son patrimoine et la protection de ses \u00e9cosyst\u00e8mes, chaque initiative raconte un chapitre de notre histoire. \u00c0 travers 30 r\u00e9alisations embl\u00e9matiques, class\u00e9es par secteur et par ordre chronologique, se dessine le portrait d\u2019une Martinique cherchant \u00e0 concilier modernit\u00e9, identit\u00e9 et durabilit\u00e9.<\/strong><\/h2>\n<h2><strong>Commerce &amp; Industrie<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1969 \u2013 Cr\u00e9ation de la raffinerie SARA (Lamentin)<\/strong>\u00a0: Mise en service de la Soci\u00e9t\u00e9 Anonyme de Raffinerie des Antilles pour transformer et stocker des hydrocarbures. Ce projet d\u2019industrialisation visait \u00e0 s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement en carburants de la Martinique et de la r\u00e9gion antillaise, r\u00e9duisant la d\u00e9pendance aux importations directes. Son impact a \u00e9t\u00e9 majeur sur l\u2019autonomie \u00e9nerg\u00e9tique et l\u2019\u00e9conomie locale, en cr\u00e9ant des emplois industriels et en fournissant du carburant \u00e0 prix stabilis\u00e9.<\/li>\n<li><strong>1984 \u2013 Centrale thermique de Bellefontaine<\/strong>\u00a0: Ouverture de la grande centrale \u00e9lectrique du nord Cara\u00efbe, qui a fourni pendant plus de 30\u00a0ans la majorit\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 de l\u2019\u00eele . N\u00e9e pour r\u00e9pondre \u00e0 la croissance de la demande d\u2019\u00e9nergie, cette centrale au fioul a permis l\u2019industrialisation et l\u2019\u00e9lectrification massive du territoire. Son exploitation a accompagn\u00e9 le d\u00e9veloppement \u00e9conomique martiniquais d\u2019apr\u00e8s-guerre, malgr\u00e9 les enjeux environnementaux li\u00e9s aux \u00e9nergies fossiles.<\/li>\n<li><strong>1996 \u2013 Appellation d\u2019origine contr\u00f4l\u00e9e du rhum de Martinique<\/strong>\u00a0: La Martinique obtient en 1996 une AOC pour son rhum agricole, seule eau-de-vie de canne au monde dot\u00e9e de ce label. Ce projet, initi\u00e9 par les producteurs et soutenu par les autorit\u00e9s, visait \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019authenticit\u00e9 du rhum traditionnel martiniquais et \u00e0 valoriser un savoir-faire local. L\u2019AOC a renforc\u00e9 la r\u00e9putation internationale du rhum de Martinique, stimulant les exportations et l\u2019\u0153notourisme, tout en sauvegardant la qualit\u00e9 et les m\u00e9thodes de production locales.<\/li>\n<li><strong>2006 \u2013 Technopole Martinique et p\u00e9pini\u00e8re d\u2019entreprises<\/strong>\u00a0: Lancement d\u2019une technopole soutenue par la CACEM pour encourager l\u2019innovation et la diversification \u00e9conomique. En octobre\u00a02006, la p\u00e9pini\u00e8re d\u2019entreprises Chrysalia est inaugur\u00e9e comme premi\u00e8re pierre de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me technopolitain, offrant accompagnement et locaux aux porteurs de projets innovants. L\u2019initiative avait pour objectif de r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux secteurs traditionnels (agriculture, tourisme) en d\u00e9veloppant un tissu d\u2019entreprises technologiques. Son impact se mesure \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de startups locales et \u00e0 la structuration d\u2019un r\u00e9seau d\u2019innovation en Martinique.<\/li>\n<li><strong>2014 \u2013 Nouvelle centrale EDF de Bellefontaine<\/strong>\u00a0: Inaugur\u00e9e en 2014 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ancienne, la <strong>centrale thermique B<\/strong> de Bellefontaine est l\u2019un des plus gros chantiers jamais r\u00e9alis\u00e9s sur l\u2019\u00eele . Ce projet de 450\u00a0M\u20ac sur 5\u00a0ans visait \u00e0 remplacer l\u2019ancienne centrale par une installation plus puissante (220\u00a0MW) et plus efficace, pour s\u00e9curiser l\u2019alimentation \u00e9lectrique jusqu\u2019aux ann\u00e9es 2040. Dot\u00e9e de technologies modernes r\u00e9duisant de 15\u00a0% la consommation de combustible et les \u00e9missions, cette centrale illustre la volont\u00e9 d\u2019assurer la transition \u00e9nerg\u00e9tique locale tout en r\u00e9pondant \u00e0 la croissance des besoins en \u00e9lectricit\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.martinique.franceantilles.fr\/actualite\/economie\/centrale-de-bellefontaine-cest-reparti-pour-30-ans-305653.php#:~:text=Le%20directeur%20technique%20du%20groupe,%C2%BB\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00a0<\/a>. Elle a un impact strat\u00e9gique en garantissant l\u2019autonomie \u00e9lectrique de la Martinique et en am\u00e9liorant la performance environnementale de la production d\u2019\u00e9nergie.<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>Tourisme<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1969 \u2013 Ouverture du Club Med \u00ab\u00a0Les Boucaniers\u00a0\u00bb<\/strong> (Sainte-Anne)\u00a0: Inauguration du premier village vacances <strong>Club M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong> en Martinique, install\u00e9 face \u00e0 la mer des Cara\u00efbes. Ce projet, ancr\u00e9 en 1969 sur la plage des Boucaniers, a \u00e9t\u00e9 pionnier du tourisme de s\u00e9jour tout-compris sur l\u2019\u00eele. Son objectif \u00e9tait d\u2019attirer une client\u00e8le internationale en qu\u00eate d\u2019\u00e9vasion tropicale, avec h\u00e9bergement, loisirs nautiques et d\u00e9couverte culturelle inclus. L\u2019impact local a \u00e9t\u00e9 significatif\u00a0: le Club Med a dynamis\u00e9 l\u2019\u00e9conomie du sud de l\u2019\u00eele, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des emplois dans l\u2019h\u00f4tellerie, et positionn\u00e9 la Martinique comme destination phare du tourisme baln\u00e9aire dans la Cara\u00efbe.<\/li>\n<li><strong>1986 \u2013 Jardin de Balata<\/strong> (Fort-de-France)\u00a0: Ouverture au public d\u2019un jardin botanique tropical cr\u00e9\u00e9 par l\u2019horticulteur Jean-Philippe Thoze, sur les hauteurs de Fort-de-France. Commenc\u00e9 en 1982 sur une ancienne propri\u00e9t\u00e9 familiale, le jardin est inaugur\u00e9 le 19\u00a0avril\u00a01986 comme un \u00e9crin de 3\u00a0000 esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales des tropiques. Son objectif \u00e9tait de valoriser la biodiversit\u00e9 martiniquaise et d\u2019offrir aux visiteurs une exp\u00e9rience \u00e9cotouristique immersive, au c\u0153ur de la for\u00eat tropicale des Pitons du Carbet. Devenu l\u2019un des sites les plus visit\u00e9s de l\u2019\u00eele, le Jardin de Balata a eu un impact double\u00a0: sensibilisation du public \u00e0 la richesse botanique locale et cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle attraction touristique ax\u00e9e sur la nature, contribuant ainsi \u00e0 diversifier l\u2019offre touristique martiniquaise.<\/li>\n<li><strong>1992 \u2013 Terminal de croisi\u00e8re de la Pointe Simon<\/strong> (Fort-de-France)\u00a0: Construction d\u2019un appontement de 300\u00a0m en plein centre-ville pour accueillir les navires de croisi\u00e8re de grande capacit\u00e9 . Mis en service en 1992 afin de r\u00e9pondre \u00e0 la demande croissante des paquebots de croisi\u00e8re dans les Cara\u00efbes, ce quai d\u00e9di\u00e9 a pour objectif de faciliter l\u2019escale des touristes internationaux en Martinique. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 notable\u00a0: Fort-de-France est devenue une halte majeure des circuits de croisi\u00e8re, stimulant le commerce local (taxis, boutiques duty-free ) et irriguant les sites touristiques de l\u2019\u00eele (excursions vers Saint-Pierre, plages du Sud, etc.). Ce projet a ainsi renforc\u00e9 le secteur du tourisme de croisi\u00e8re, qui constitue un pilier important de l\u2019\u00e9conomie martiniquaise depuis les ann\u00e9es\u00a01990.<\/li>\n<li><strong>2017 \u2013 Record de fr\u00e9quentation touristique<\/strong>\u00a0: La Martinique bat son record historique en accueillant <strong>1,041\u00a0million<\/strong> de touristes en 2017. Ce niveau in\u00e9dit, en hausse de 16,4\u00a0% par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, est le fruit d\u2019une strat\u00e9gie de relance comprenant l\u2019essor du secteur croisi\u00e8re (d\u00e9veloppement des escales de navires suppl\u00e9mentaires apr\u00e8s les cyclones sur d\u2019autres \u00eeles ) et la diversification des march\u00e9s \u00e9metteurs. L\u2019objectif \u00e9tait de dynamiser l\u2019\u00e9conomie insulaire par une augmentation des recettes touristiques (424\u00a0millions d\u2019\u20ac en 2017 ) et de p\u00e9renniser les emplois du secteur. Ce record, avant le ralentissement conjoncturel de 2020, a eu un impact local fort\u00a0: il a confort\u00e9 l\u2019importance du tourisme comme moteur de croissance, encourag\u00e9 les investissements dans l\u2019h\u00e9bergement et les transports, et incit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles offres (tourisme d\u2019affaires, <strong>spiritourisme<\/strong> autour du rhum AOC, etc. ).<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>Environnement<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1976 \u2013 Cr\u00e9ation du Parc Naturel R\u00e9gional de Martinique<\/strong>\u00a0: Le 9\u00a0septembre\u00a01976 est cr\u00e9\u00e9 le PNR de Martinique, couvrant les\u00a02\/3 de l\u2019\u00eele. N\u00e9 de la volont\u00e9 de concilier d\u00e9veloppement \u00e9conomique et protection des richesses naturelles, ce parc r\u00e9gional vise \u00e0 pr\u00e9server la biodiversit\u00e9 exceptionnelle de l\u2019\u00eele tout en valorisant le patrimoine culturel martiniquais. Son origine s\u2019inscrit dans le mouvement national de cr\u00e9ation des Parcs Naturels R\u00e9gionaux, avec l\u2019appui des collectivit\u00e9s locales. L\u2019objectif principal \u00e9tait de mettre en place un outil de planification et d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement, impliquant 32\u00a0communes dans une d\u00e9marche de d\u00e9veloppement durable. L\u2019impact du PNRM a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant\u00a0: prise de conscience \u00e9cologique accrue de la population, protection des \u00e9cosyst\u00e8mes sensibles (for\u00eats, mangroves, littoraux) et cr\u00e9ation d\u2019activit\u00e9s \u00e9cotouristiques (sentiers, mus\u00e9es de la nature) contribuant \u00e0 l\u2019\u00e9conomie verte de la Martinique.<\/li>\n<li><strong>1976 \u2013 R\u00e9serve Naturelle de la Presqu\u2019\u00eele de la Caravelle<\/strong>\u00a0: Parall\u00e8lement au PNR, l\u2019\u00c9tat classe en 1976 la presqu\u2019\u00eele de la Caravelle en <strong>R\u00e9serve Naturelle Nationale<\/strong>. Cette r\u00e9serve de 422\u00a0hectares prot\u00e8ge une mosa\u00efque de milieux (savane aride, mangrove, for\u00eat s\u00e8che) abritant de nombreuses esp\u00e8ces end\u00e9miques ou rares. L\u2019origine du projet vient des scientifiques locaux qui tiraient la sonnette d\u2019alarme sur la d\u00e9gradation de ce site unique. L\u2019objectif \u00e9tait de sauvegarder un patrimoine naturel embl\u00e9matique tout en permettant des activit\u00e9s p\u00e9dagogiques et de recherche. Le statut de r\u00e9serve a eu un impact important\u00a0: il garantit la conservation \u00e0 long terme de la Caravelle, en limitant l\u2019urbanisation anarchique et en encadrant la fr\u00e9quentation du public, et il sert de laboratoire \u00e0 ciel ouvert pour l\u2019\u00e9tude de la biodiversit\u00e9 antillaise.<\/li>\n<li><strong>1995 \u2013 R\u00e9serve des \u00eelets de Sainte-Anne<\/strong>\u00a0: Cr\u00e9ation d\u2019une r\u00e9serve naturelle nationale englobant les \u00eelets et r\u00e9cifs au large de Sainte-Anne, dans le sud de la Martinique. Cette r\u00e9serve marine, cog\u00e9r\u00e9e par le Parc Naturel et l\u2019ONF, vise \u00e0 prot\u00e9ger les \u00e9cosyst\u00e8mes littoraux fragiles (barri\u00e8re de corail, herbiers sous-marins, oiseaux marins) menac\u00e9s par la surfr\u00e9quentation et la pollution. Son origine provient de la pression touristique croissante sur des sites comme les \u00eelets Hardy, Perc\u00e9 ou le c\u00e9l\u00e8bre \u00eelet Chevalier. En instituant cette r\u00e9serve, l\u2019objectif \u00e9tait de concilier la pr\u00e9servation du milieu marin avec un \u00e9co-tourisme responsable (plong\u00e9e, excursion r\u00e9glement\u00e9e). L\u2019impact se traduit par le maintien de la biodiversit\u00e9 c\u00f4ti\u00e8re (comme la nidification des sternes) et la sensibilisation du public aux bonnes pratiques environnementales, tout en assurant aux p\u00eacheurs locaux une ressource halieutique p\u00e9renne gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des zones prot\u00e9g\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>2008 \u2013 Plan Chlord\u00e9cone<\/strong>\u00a0: Face \u00e0 la <strong>pollution massive<\/strong> des sols par le pesticide chlord\u00e9cone h\u00e9rit\u00e9 des ann\u00e9es\u00a01970-90, le gouvernement lance en 2008 un plan d\u2019action sp\u00e9cifique pour la Martinique et la Guadeloupe. Annonc\u00e9 par le Premier ministre lors de sa visite aux Antilles en janvier\u00a02008, ce plan Chlord\u00e9cone\u00a02008-2010 (suivi de plans\u00a0II, III et IV jusqu\u2019en 2027) a pour objectifs de prot\u00e9ger les populations (suivi sanitaire des personnes expos\u00e9es, filtration de l\u2019eau potable), de d\u00e9polluer progressivement les terres contamin\u00e9es et de soutenir les agriculteurs en conversion. Son origine r\u00e9side dans la prise de conscience tardive de l\u2019ampleur du scandale sanitaire et environnemental du chlord\u00e9cone, un insecticide pourtant interdit d\u00e8s 1993. L\u2019impact de ce plan est majeur localement\u00a0: il a permis de structurer la recherche scientifique sur la d\u00e9pollution, de mettre en place des fili\u00e8res agricoles s\u00e9curis\u00e9es (label \u201cZ\u00e9ro Chlord\u00e9cone\u201d en 2019 ) et d\u2019initier un d\u00e9bat public sur les responsabilit\u00e9s et la r\u00e9paration pour les populations touch\u00e9es. Malgr\u00e9 tout, la pollution reste pr\u00e9sente pour des <strong>dizaines d\u2019ann\u00e9es<\/strong>, posant un d\u00e9fi de d\u00e9veloppement durable pour la Martinique.<\/li>\n<li><strong>2023 \u2013 Volcans et for\u00eats de Martinique au Patrimoine mondial<\/strong>\u00a0: Le 16\u00a0septembre\u00a02023, l\u2019UNESCO inscrit les \u00ab\u00a0volcans et for\u00eats de la Montagne Pel\u00e9e et des Pitons du Nord\u00a0\u00bb sur la liste du Patrimoine mondial naturel <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Parc_naturel_r%C3%A9gional_de_la_Martinique#:~:text=\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00a0<\/a>. Ce projet de candidature, port\u00e9 de longue date par le Parc Naturel et la Collectivit\u00e9 territoriale, visait \u00e0 faire reconna\u00eetre la <strong>valeur universelle exceptionnelle<\/strong> des \u00e9cosyst\u00e8mes martiniquais (volcan actif de la Pel\u00e9e, pitons du Carbet, biodiversit\u00e9 end\u00e9mique riche). L\u2019objectif \u00e9tait double\u00a0: renforcer la protection de ces sites naturels contre d\u2019\u00e9ventuelles d\u00e9gradations et booster un tourisme durable haut de gamme fond\u00e9 sur la nature. L\u2019impact de l\u2019inscription est consid\u00e9rable\u00a0: fiert\u00e9 et visibilit\u00e9 internationale accrues pour la Martinique, obligations de conservation renforc\u00e9es, et opportunit\u00e9s de financements et de retomb\u00e9es touristiques pour les communes du Nord. Ce classement consacre la Martinique comme <strong>\u201c\u00eele-nature\u201d<\/strong> d\u2019exception sur la sc\u00e8ne mondiale.<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>Social &amp; Soci\u00e9t\u00e9<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1946 \u2013 D\u00e9partementalisation de la Martinique<\/strong>\u00a0: Le 19\u00a0mars\u00a01946, la loi n\u00b046-451 transforme la Martinique (ainsi que la Guadeloupe, la Guyane et La R\u00e9union) de colonie en <strong>d\u00e9partement fran\u00e7ais d\u2019outre-mer<\/strong>. Issue d\u2019une proposition des d\u00e9put\u00e9s martiniquais (Aim\u00e9 C\u00e9saire et L\u00e9opold Bissol) vot\u00e9e \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 par le Parlement, cette r\u00e9forme historique avait pour objectif de conf\u00e9rer aux Martiniquais la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise pleine et enti\u00e8re, avec \u00e9galit\u00e9 des droits sociaux et politiques. L\u2019impact local a \u00e9t\u00e9 immense\u00a0: mise en place progressive de la protection sociale m\u00e9tropolitaine (s\u00e9curit\u00e9 sociale, allocations), d\u00e9veloppement des infrastructures publiques (\u00e9coles, routes, h\u00f4pitaux) financ\u00e9es par l\u2019\u00c9tat, mais aussi int\u00e9gration politique renforc\u00e9e \u00e0 la R\u00e9publique. La d\u00e9partementalisation a ainsi amorc\u00e9 de profonds changements socio-\u00e9conomiques (\u00e9ducation de masse, exode rural, am\u00e9lioration du niveau de vie), tout en posant plus tard la question de l\u2019adaptation du mod\u00e8le fran\u00e7ais aux r\u00e9alit\u00e9s antillaises.<\/li>\n<li><strong>1961 \u2013 Service Militaire Adapt\u00e9 (SMA)<\/strong>\u00a0: Mise en place du SMA en Martinique, dispositif militaire d\u2019insertion socioprofessionnelle cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative du g\u00e9n\u00e9ral N\u00e9mo et du Premier ministre Michel Debr\u00e9 en 1961. Exp\u00e9riment\u00e9 d\u2019abord aux Antilles-Guyane pour r\u00e9pondre \u00e0 une grave crise du ch\u00f4mage des jeunes, le SMA propose une formation de 6 \u00e0 12\u00a0mois alliant instruction militaire, apprentissage d\u2019un m\u00e9tier et remise \u00e0 niveau scolaire. L\u2019objectif \u00e9tait de resocialiser les jeunes en \u00e9chec et de faciliter leur acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi gr\u00e2ce \u00e0 une discipline et un encadrement structurants. En Martinique, le 1er bataillon SMA s\u2019est implant\u00e9 au Lamentin (quartier Chalon) et a form\u00e9 des dizaines de milliers de volontaires depuis sa cr\u00e9ation. L\u2019impact social est reconnu\u00a0: le SMA a permis l\u2019insertion professionnelle de nombreux jeunes \u00e9loign\u00e9s du march\u00e9 du travail (avec un taux d\u2019emploi durable notable \u00e0 la sortie) et constitue aujourd\u2019hui encore un acteur majeur de la lutte contre le ch\u00f4mage des 18-25\u00a0ans et de la pr\u00e9vention de l\u2019exclusion sociale.<\/li>\n<li><strong>1977 \u2013 Ouverture du campus universitaire de Schoelcher<\/strong>\u00a0: \u00c0 la rentr\u00e9e\u00a01977, la Martinique se dote de son premier campus universitaire, implant\u00e9 \u00e0 Schoelcher et financ\u00e9 par l\u2019\u00c9tat. Ce projet s\u2019inscrit dans la cr\u00e9ation de l\u2019Universit\u00e9 des Antilles et de la Guyane (UAG, d\u00e9cret de 1982), mais le centre universitaire de Schoelcher fonctionnait d\u00e9j\u00e0 en tant que campus de Lettres et Sciences Humaines d\u00e8s 1977-1978<u>.<\/u>. L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019offrir aux \u00e9tudiants martiniquais la possibilit\u00e9 de poursuivre des \u00e9tudes sup\u00e9rieures sur place, sans avoir \u00e0 \u00e9migrer syst\u00e9matiquement vers la m\u00e9tropole, et de former localement une \u00e9lite intellectuelle et professionnelle. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 structurant\u00a0: augmentation spectaculaire du nombre de dipl\u00f4m\u00e9s du sup\u00e9rieur dans l\u2019\u00eele, \u00e9mergence d\u2019une recherche universitaire martiniquaise (laboratoires de droit, \u00e9conomie, histoire, agronomie\u2026), et ancrage de la Martinique dans un r\u00e9seau d\u2019\u00e9changes acad\u00e9miques carib\u00e9ens et internationaux. L\u2019Universit\u00e9, avec son extension dans les d\u00e9cennies suivantes (UFR de sciences exactes en Guadeloupe, puis autonomie de l\u2019Universit\u00e9 des Antilles), est devenue un pilier du d\u00e9veloppement et de la promotion sociale locale.<\/li>\n<li><strong>1984 \u2013 H\u00f4pital Pierre Zobda-Quitman (Fort-de-France)<\/strong>\u00a0: Le 12\u00a0mars\u00a01984, le nouvel h\u00f4pital de La Meynard ouvre ses portes et r\u00e9cup\u00e8re l\u2019ensemble des lits de l\u2019ancien H\u00f4pital Civil du centre-ville (qui ferme alors d\u00e9finitivement). Ce centre hospitalier moderne, par la suite rebaptis\u00e9 du nom du m\u00e9decin martiniquais Pierre Zobda-Quitman, a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour devenir l\u2019\u00e9tablissement de r\u00e9f\u00e9rence du nord de l\u2019\u00eele, avec plus de 800\u00a0lits et des services de pointe. Son objectif \u00e9tait d\u2019am\u00e9liorer consid\u00e9rablement l\u2019offre de soins pour la population\u00a0: plateaux techniques sp\u00e9cialis\u00e9s (chirurgie, r\u00e9animation, radioth\u00e9rapie), capacit\u00e9s d\u2019hospitalisation accrues et regroupement des comp\u00e9tences m\u00e9dicales. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 crucial sur la sant\u00e9 publique martiniquaise\u00a0: meilleure prise en charge des patients localement (r\u00e9duction des \u00e9vacuations sanitaires vers la France), d\u00e9veloppement de la formation m\u00e9dicale locale (internat, aujourd\u2019hui CHU) et am\u00e9lioration des indicateurs de sant\u00e9 au fil du temps. Ce projet a marqu\u00e9 une \u00e9tape cl\u00e9 de la modernisation sanitaire de la Martinique, malgr\u00e9 les d\u00e9fis budg\u00e9taires et de gestion qu\u2019a connu l\u2019h\u00f4pital par la suite.<\/li>\n<li><strong>2015 \u2013 Cr\u00e9ation de la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique (CTM)<\/strong>\u00a0: \u00c0 l\u2019issue des \u00e9lections de d\u00e9cembre\u00a02015, la Martinique remplace son Conseil r\u00e9gional et son Conseil g\u00e9n\u00e9ral par une collectivit\u00e9 territoriale unique entr\u00e9e en fonction le 1\u1d49\u02b3\u00a0janvier\u00a02016 . Ce projet institutionnel avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rendum local en janvier\u00a02010, puis ent\u00e9rin\u00e9 par les lois du 27\u00a0juillet\u00a02011 . L\u2019objectif de la CTM \u00e9tait de simplifier le millefeuille administratif et de renforcer l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action publique en fusionnant deux niveaux de d\u00e9cision en un seul, comp\u00e9tent pour l\u2019ensemble des mati\u00e8res d\u00e9partementales et r\u00e9gionales (transports, action sociale, d\u00e9veloppement \u00e9conomique, \u00e9ducation, etc.). Son impact se fait sentir dans la gouvernance de l\u2019\u00eele\u00a0: meilleure coordination des politiques publiques, \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle potentielles et affirmation d\u2019une identit\u00e9 politique martiniquaise unifi\u00e9e sur la sc\u00e8ne nationale. Les d\u00e9buts de la CTM ont cependant \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par des d\u00e9fis de transition (fusion des personnels, harmonisation des proc\u00e9dures ) et des attentes fortes de la population quant aux am\u00e9liorations concr\u00e8tes en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement et de services.<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>Infrastructures &amp; Transport (BTP)<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1950 \u2013 A\u00e9roport de Fort-de-France (Le\u00a0Lamentin)<\/strong>\u00a0: Inaugur\u00e9 en 1950, l\u2019a\u00e9roport du Lamentin est le premier a\u00e9roport civil de Martinique, construit apr\u00e8s-guerre pour ouvrir l\u2019\u00eele au trafic a\u00e9rien international . G\u00e9r\u00e9 initialement par l\u2019\u00c9tat, il passe sous concession de la Chambre de Commerce en 1965 pour financer son expansion . L\u2019objectif originel \u00e9tait de d\u00e9senclaver la Martinique en r\u00e9duisant drastiquement le temps de trajet vers la m\u00e9tropole (les premiers vols transatlantiques duraient ~12\u00a0heures au lieu des 15\u00a0jours de bateau). L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant\u00a0: acc\u00e9l\u00e9ration des \u00e9changes humains et \u00e9conomiques (d\u00e9veloppement du tourisme de masse, facilitation de l\u2019\u00e9migration martiniquaise vers la France), et ancrage de la Martinique comme hub r\u00e9gional (liaisons inter-\u00eeles dans les Cara\u00efbes). L\u2019a\u00e9roport, modernis\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises (nouvelles a\u00e9rogares fret en 1993 et passagers en\u00a01995, allongement de piste pour accueillir les jets), est aujourd\u2019hui l\u2019a\u00e9roport international Aim\u00e9-C\u00e9saire, accueillant pr\u00e8s de 1,9\u00a0million de passagers en 2024.<\/li>\n<li><strong>1979 \u2013 Port de Fort-de-France\u00a0: \u00e8re de la conteneurisation<\/strong>\u00a0: En\u00a01979, le port de commerce de Fort-de-France accueille son premier navire porte-conteneurs, marquant le passage \u00e0 la conteneurisation du fret maritime. Sous l\u2019impulsion de la Chambre de Commerce (CCIM) qui obtient la concession portuaire en 1953 et investit dans de nouveaux quais, le port se dote \u00e0 la fin des ann\u00e9es\u00a070 d\u2019infrastructures adapt\u00e9es aux conteneurs. L\u2019objectif \u00e9tait de moderniser la logistique d\u2019import-export de l\u2019\u00eele \u2013 jusqu\u2019alors fond\u00e9e sur des cargos conventionnels \u2013 pour gagner en efficacit\u00e9 et r\u00e9duire les co\u00fbts de transport. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positif sur l\u2019\u00e9conomie martiniquaise\u00a0: forte hausse du trafic de marchandises dans les ann\u00e9es\u00a01980 (le port traite aujourd\u2019hui plus de 150\u00a0000\u00a0EVP par an) fiabilisation de l\u2019approvisionnement de l\u2019\u00eele (90\u00a0% des biens entrant en Martinique transitent par le port et capacit\u00e9 \u00e0 exporter davantage de produits locaux. La conteneurisation a ainsi ins\u00e9r\u00e9 la Martinique dans le commerce maritime mondial et a n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019agrandissement continu des installations portuaires jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/li>\n<li><strong>1989 \u2013 Ach\u00e8vement de la Rocade de Fort-de-France<\/strong>\u00a0: Apr\u00e8s pr\u00e8s de 15\u00a0ans de travaux \u00e9chelonn\u00e9s, la route D\u00a041 dite <em>\u00ab\u00a0Rocade\u00a0\u00bb<\/em> contournant Fort-de-France est achev\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980. Lanc\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970 mais retard\u00e9 par des h\u00e9sitations budg\u00e9taires , ce chantier d\u2019envergure a n\u00e9cessit\u00e9 de percer les mornes et de traverser des zones urbaines denses, notamment le quartier de Tr\u00e9nelle, dans un contexte g\u00e9otechnique difficile (pentes instables, risque sismique) . L\u2019objectif \u00e9tait de d\u00e9sengorger le centre-ville de Fort-de-France en cr\u00e9ant une voie express reliant directement le sud (Lamentin) et le nord de l\u2019\u00eele sans passer par les rues \u00e9troites de la capitale. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment ressenti par les usagers : r\u00e9duction des embouteillages chroniques, gain de temps consid\u00e9rable pour des milliers de travailleurs pendulaires et meilleure distribution du trafic vers les communes p\u00e9riph\u00e9riques. La Rocade a structur\u00e9 l\u2019urbanisation du centre de la Martinique, favorisant l\u2019essor de zones d\u2019activit\u00e9 en banlieue et am\u00e9liorant l\u2019accessibilit\u00e9 des p\u00f4les \u00e9conomiques (a\u00e9roport, port, zones industrielles). Elle reste aujourd\u2019hui un axe vital, bien que souvent satur\u00e9 aux heures de pointe.<\/li>\n<li><strong>2004 \u2013 Terminal \u00e0 conteneurs de la Pointe-des-Grives<\/strong>\u00a0: Ouvert en juin\u00a02004, ce nouveau terminal portuaire en baie de Fort-de-France est enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 au trafic des conteneurs. Il comprend un quai de 450\u00a0m avec de grands portiques de manutention, et a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour augmenter la capacit\u00e9 du port et accueillir des navires plus imposants. Son origine tient \u00e0 la saturation progressive des quais historiques proches du centre-ville et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9loigner les activit\u00e9s de fret des zones urbaines. L\u2019objectif \u00e9tait \u00e9galement d\u2019am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 logistique de la Martinique en r\u00e9duisant les temps de chargement et d\u00e9chargement, et en pr\u00e9parant l\u2019arriv\u00e9e de porte-conteneurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. En\u00a02017, une extension du terminal a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e pour faire face \u00e0 l\u2019augmentation du trafic. L\u2019impact de ce projet se traduit par une meilleure efficacit\u00e9 du commerce ext\u00e9rieur martiniquais (la Pointe-des-Grives traite l\u2019essentiel des 70\u00a0% de marchandises import\u00e9es consomm\u00e9es localement) et par la lib\u00e9ration d\u2019espaces \u00e0 vocation touristique dans le port intra-muros (qui se concentre d\u00e9sormais sur les croisi\u00e8res et le yachting).<\/li>\n<li><strong>2018 \u2013 Transport en Commun en Site Propre (TCSP)<\/strong>\u00a0: Le 13\u00a0ao\u00fbt\u00a02018, la Martinique met en service sa premi\u00e8re ligne de <strong>BHNS<\/strong> (Bus \u00e0 Haut Niveau de Service) entre Fort-de-France et Le\u00a0Lamentin. Ce r\u00e9seau de bus articul\u00e9s circulant sur des voies r\u00e9serv\u00e9es (typiquement appel\u00e9 <em>TCSP<\/em>) avait pour objectif de proposer une alternative fiable et rapide \u00e0 la voiture individuelle dans l\u2019agglom\u00e9ration centre. N\u00e9 dans les ann\u00e9es\u00a02000 mais longtemps retard\u00e9, le projet a abouti \u00e0 la construction d\u2019infrastructures d\u00e9di\u00e9es (voies propres, stations modernes, p\u00f4le d\u2019\u00e9change multimodal \u00e0 Carr\u00e8re). L\u2019impact attendu est une am\u00e9lioration de la mobilit\u00e9 urbaine\u00a0: le TCSP offre une fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e et un temps de trajet ma\u00eetris\u00e9 entre les principaux p\u00f4les (centre de Fort-de-France, a\u00e9roport, zones d\u2019emploi du Lamentin). Bien qu\u2019encore en d\u00e9ploiement, il a commenc\u00e9 \u00e0 changer les habitudes de d\u00e9placement de certains usagers et pose les bases d\u2019un r\u00e9seau de transport en commun structurant pour l\u2019\u00eele. Ce projet, inscrit dans une logique de d\u00e9veloppement durable, vise \u00e0 r\u00e9duire les congestions routi\u00e8res et la pollution automobile, tout en \u00e9tant vitrine d\u2019une Martinique modernisant ses \u00e9quipements au niveau des standards europ\u00e9ens.<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>Culture &amp; Patrimoine<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li><strong>1972 \u2013 Lancement du Festival culturel de Fort-de-France<\/strong>\u00a0: Sous l\u2019impulsion du maire Aim\u00e9 C\u00e9saire, la ville de Fort-de-France organise en ao\u00fbt\u00a01972 la premi\u00e8re \u00e9dition de son festival culturel annuel. Cet \u00e9v\u00e9nement pluridisciplinaire (th\u00e9\u00e2tre, danse, musique, arts visuels) visait \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer l\u2019identit\u00e9 martiniquaise et carib\u00e9enne, tout en invitant des artistes du monde entier. L\u2019origine du projet vient de la volont\u00e9 de C\u00e9saire de \u00ab\u00a0mettre la culture \u00e0 la port\u00e9e de tous\u00a0\u00bb et de faire de sa capitale un phare culturel r\u00e9gional. L\u2019objectif \u00e9tait de cr\u00e9er un espace d\u2019\u00e9changes et de rencontres artistiques pour la population, tout en stimulant la cr\u00e9ation locale (troupes de th\u00e9\u00e2tre, ballets folkloriques, groupes de musique traditionnelle). 50\u00a0ans plus tard, le Festival de Fort-de-France est l\u2019un des plus anciens des Cara\u00efbes, et son impact a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable\u00a0: il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de nombreux talents martiniquais, ancr\u00e9 la pratique des arts dans la vie locale, et contribu\u00e9 au rayonnement de Fort-de-France en tant que \u00ab\u00a0capitale culturelle\u00a0\u00bb de la Cara\u00efbe, attirant un public y compris international lors des \u00e9ditions successives.<\/li>\n<li><strong>1975 \u2013 Fondation du Centre Martiniquais d\u2019Action Culturelle (CMAC)<\/strong>\u00a0: Cr\u00e9\u00e9 en 1975 sous l\u2019\u00e9gide du Conseil G\u00e9n\u00e9ral et avec l\u2019appui de l\u2019\u00c9tat , le CMAC est une structure associative charg\u00e9e de la diffusion et de la cr\u00e9ation artistiques en Martinique. Son origine r\u00e9pondait \u00e0 un besoin d\u2019organisation professionnelle du spectacle vivant et du cin\u00e9ma, afin de compl\u00e9ter l\u2019action municipale de Fort-de-France. Le CMAC a tr\u00e8s t\u00f4t mis\u00e9 sur l\u2019ouverture sur la Cara\u00efbe et la formation dans les arts (stages, partenariats) . L\u2019objectif \u00e9tait de doter la Martinique d\u2019une institution capable de programmer r\u00e9guli\u00e8rement des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des concerts, des ballets, d\u2019organiser des festivals (comme <em>Francofolies<\/em> or <em>Biennales de danse<\/em>), et de soutenir la cr\u00e9ation locale via des r\u00e9sidences. L\u2019impact du CMAC a marqu\u00e9 l\u2019histoire culturelle de l\u2019\u00eele\u00a0: il a professionnalis\u00e9 le secteur artistique, permis aux Martiniquais de voir chez eux des \u0153uvres du monde entier, et obtenu en 1998 le label national de <strong>Sc\u00e8ne nationale<\/strong> gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019excellence de son projet . En\u00a02015, le CMAC a fusionn\u00e9 avec l\u2019Atrium pour former Tropiques-Atrium, poursuivant ainsi son \u0153uvre de d\u00e9mocratisation culturelle.<\/li>\n<li><strong>1976 \u2013 Cr\u00e9ation du SERMAC (Fort-de-France)<\/strong>\u00a0: Aim\u00e9 C\u00e9saire inaugure en 1976 le <strong>Service Municipal d\u2019Action Culturelle<\/strong> de Fort-de-France, dispositif novateur pour l\u2019\u00e9poque visant \u00e0 offrir aux habitants des quartiers populaires un acc\u00e8s direct \u00e0 la pratique artistique. Sous la direction d\u2019Yvan Lab\u00e9jof puis de Jean-Paul C\u00e9saire, le SERMAC a mis en place des ateliers gratuits de th\u00e9\u00e2tre, de danse, de musique, d\u2019arts plastiques dans divers centres culturels de quartier. L\u2019objectif \u00e9tait autant l\u2019animation socio-culturelle (occuper la jeunesse, valoriser les traditions comme le b\u00e8l\u00e8, le tambour, la langue cr\u00e9ole) que l\u2019\u00e9mergence de cr\u00e9ateurs martiniquais. Le SERMAC a \u00e9galement pilot\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements majeurs comme le <strong>Carnaval de Fort-de-France<\/strong> ou la Journ\u00e9e de la Folklore. Son impact a \u00e9t\u00e9 profond dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes locaux, int\u00e9gr\u00e9 les pratiques culturelles dans le quotidien des Foyalais, et servi de mod\u00e8le \u00e0 d\u2019autres collectivit\u00e9s d\u2019outre-mer. Encore actif aujourd\u2019hui, le SERMAC reste un pilier de la politique culturelle municipale, incarnant la d\u00e9mocratisation de la culture ch\u00e8re \u00e0 C\u00e9saire.<\/li>\n<li><strong>1990 \u2013 Saint-Pierre, Ville d\u2019Art et d\u2019Histoire<\/strong>\u00a0: Un si\u00e8cle apr\u00e8s son \u00e9ruption tragique de 1902, l\u2019ancienne capitale martiniquaise Saint-Pierre re\u00e7oit en 1990 le label \u00ab\u00a0Ville d\u2019Art et d\u2019Histoire\u00a0\u00bb du Minist\u00e8re de la Culture. Ce classement reconna\u00eet la richesse du patrimoine architectural et m\u00e9moriel de la \u00ab\u00a0Petite Paris des Antilles\u00a0\u00bb en ruines (th\u00e9\u00e2tre, cachot de Cyparis, \u00e9glise du Fort, etc.) et engage la ville dans une d\u00e9marche active de pr\u00e9servation et de valorisation. L\u2019origine du projet provient de la mobilisation d\u2019historiens et d\u2019\u00e9lus locaux pour sauver les vestiges de Saint-Pierre, menac\u00e9s par l\u2019oubli et l\u2019urbanisation. L\u2019objectif du label \u00e9tait de doter Saint-Pierre de moyens pour restaurer ses sites (cr\u00e9ation du mus\u00e9e volcanologique en\u00a01933, puis r\u00e9nov\u00e9) et d\u2019attirer un tourisme culturel autour de son histoire unique. L\u2019impact s\u2019est traduit par des chantiers de consolidation des ruines, la mise en place de circuits de visite et d\u2019outils p\u00e9dagogiques, ainsi qu\u2019une revitalisation de la fiert\u00e9 patrimoniale des Pierrotins. Malgr\u00e9 des difficult\u00e9s \u00e9conomiques, Saint-Pierre, labellis\u00e9e \u00ab\u00a0Plus Beaux D\u00e9tours de France\u00a0\u00bb, reste un lieu de m\u00e9moire national de la catastrophe de\u00a01902, et le label a contribu\u00e9 \u00e0 maintenir vivante cette identit\u00e9 et \u00e0 poser la candidature du site pour l\u2019UNESCO \u00e0 l\u2019avenir.<\/li>\n<li><strong>1995 \u2013 Inauguration de l\u2019Atrium (Fort-de-France)<\/strong>\u00a0: Au c\u0153ur de Fort-de-France, la salle de spectacle <strong>l\u2019Atrium<\/strong> ouvre dans les ann\u00e9es\u00a01994-1995 en tant qu\u2019infrastructure culturelle majeure de la Martinique . Ce th\u00e9\u00e2tre moderne de pr\u00e8s de 900\u00a0places, \u00e9quip\u00e9 \u00e9galement d\u2019une salle de cin\u00e9ma et d\u2019espaces d\u2019exposition, est le fruit d\u2019un partenariat entre la ville et le d\u00e9partement pour doter l\u2019\u00eele d\u2019un \u00e9quipement \u00e0 la hauteur des productions nationales et internationales. L\u2019objectif \u00e9tait de disposer d\u2019un lieu adapt\u00e9 aux grandes tourn\u00e9es et aux cr\u00e9ations locales ambitieuses, favorisant la diffusion de la culture au plus grand nombre. D\u00e8s 1995, le CMAC d\u00e9m\u00e9nage dans ses murs et cohabite avec la r\u00e9gie de l\u2019Atrium , non sans tensions initiales, mais posant les bases d\u2019une mutualisation. L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positif\u00a0: l\u2019Atrium a accueilli en deux d\u00e9cennies des centaines de spectacles de haut niveau (du th\u00e9\u00e2tre classique aux concerts de zouk, en passant par la danse contemporaine), fid\u00e9lisant un large public martiniquais. Devenu Tropiques-Atrium, Sc\u00e8ne nationale en\u00a02015, ce lieu embl\u00e9matique a permis une professionnalisation accrue du spectacle vivant local et a inscrit Fort-de-France sur la carte des grandes sc\u00e8nes culturelles ultramarines.<\/li>\n<li><strong>2020 \u2013 La yole martiniquaise, patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019UNESCO<\/strong>\u00a0: Le 17\u00a0d\u00e9cembre\u00a02020, l\u2019UNESCO inscrit la <strong>yole ronde de Martinique<\/strong> sur sa liste du Patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019humanit\u00e9. Ce projet, initi\u00e9 par le Yole Club et les autorit\u00e9s culturelles, visait \u00e0 faire reconna\u00eetre la valeur patrimoniale de cette embarcation traditionnelle \u00e0 voile, de sa construction en bois sans quille jusqu\u2019aux techniques de navigation avec \u00e9quilibreurs (<em>bwa dress\u00e9<\/em>). L\u2019objectif \u00e9tait aussi de prot\u00e9ger et transmettre ce savoir-faire unique aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, alors que les yoles sont au c\u0153ur d\u2019une pratique sportive identitaire (le Tour de Martinique des yoles rondes chaque \u00e9t\u00e9 depuis 1985). L\u2019impact de l\u2019inscription a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable engouement populaire et une fiert\u00e9 pour toute la Martinique\u00a0: des formations ont \u00e9t\u00e9 mises en place pour les charpentiers de marine, le sponsoring autour des yoles s\u2019est renforc\u00e9, et cette reconnaissance internationale a offert une vitrine au patrimoine martiniquais au-del\u00e0 de ses fronti\u00e8res. La yole, d\u00e9sormais labellis\u00e9e par l\u2019UNESCO, symbolise la r\u00e9silience et la convivialit\u00e9 du peuple martiniquais, et ce projet a contribu\u00e9 \u00e0 p\u00e9renniser une tradition s\u00e9culaire tout en la faisant rayonner mondialement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours des cent derni\u00e8res ann\u00e9es, la Martinique a connu une s\u00e9rie de projets majeurs qui ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 son d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social, culturel et environnemental. 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