{"id":82250,"date":"2025-11-17T19:40:07","date_gmt":"2025-11-17T18:40:07","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=82250"},"modified":"2025-11-17T19:40:07","modified_gmt":"2025-11-17T18:40:07","slug":"en-amazonie-les-terres-des-descendants-desclaves-accaparees-par-de-riches-proprietaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/en-amazonie-les-terres-des-descendants-desclaves-accaparees-par-de-riches-proprietaires\/","title":{"rendered":"In the Amazon, the lands of the descendants of slaves are being seized by wealthy landowners"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"h1_17\">Reporterre<\/h1>\n<div class=\"logo-container\">\n<p class=\"legende_logo\">\u00c0 Provid\u00eancia, pr\u00e8s de Bel\u00e9m, des communaut\u00e9s fond\u00e9es il y a pr\u00e8s de 200 ans par des esclaves en fuite sont aujourd\u2019hui victimes de l&rsquo;agrobusiness. <span class=\"copyright_logo\">&#8211; \u00a9 Damien Cuviller \/ Reporterre<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"chapo\">\n<p>Pr\u00e8s de Bel\u00e9m, h\u00f4te de la <span class=\"caps\">COP30<\/span>, des communaut\u00e9s fond\u00e9es au <span class=\"caps\">XIX<\/span><sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> si\u00e8cle par des esclaves en fuite sont aujourd\u2019hui victimes d\u2019agressions, de menaces de mort et de corruption. Derri\u00e8re ces violences\u00a0: une agro-industrie d\u00e9vorante.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"texte\">\n<p class=\"indication_lieu\">\u00cele de Maraj\u00f3 (Br\u00e9sil), reportage<\/p>\n<p>L\u2019histoire est digne d\u2019un mauvais western. En 2023, Antonio Carlos Lima, dit Toninho, partait inspecter un des champs de manioc, past\u00e8ques et potirons que cultive sa communaut\u00e9 de Provid\u00eancia. Le village, situ\u00e9 \u00e0 deux heures de bateau de Bel\u00e9m sur l\u2019\u00eele de Maraj\u00f3, \u00e0 l\u2019embouchure du fleuve Amazone, fait partie de la quinzaine de quilombos de la r\u00e9gion de Salvaterra. Des communaut\u00e9s fond\u00e9es il y a pr\u00e8s de 200 ans par des esclaves d\u00e9port\u00e9s d\u2019Afrique, fuyant le travail forc\u00e9 des plantations.<\/p>\n<p>Sur le chemin, un homme a interpell\u00e9 Toninho, a pos\u00e9 une carabine sur son visage et lui a donn\u00e9 sept jours pour abandonner ce lopin de terre. Assis sur une chaise en plastique, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de sa maison, il se rem\u00e9more la suite de la sc\u00e8ne, le regard d\u00e9pit\u00e9\u00a0: <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Je lui ai dit que l\u2019affaire \u00e9tait devant les tribunaux. Il m\u2019a r\u00e9torqu\u00e9 que si je parlais encore une fois de justice, il m\u2019\u00e9claterait la cervelle.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00c0 la racine de ce d\u00e9cha\u00eenement de violence se dresse une agro-industrie \u00e0 l\u2019app\u00e9tit d\u00e9vorant. De riches propri\u00e9taires de fermes tenteraient d\u2019accaparer ces bourgs vuln\u00e9rables, pour \u00e9tendre un peu plus encore leurs cultures intensives de riz, de soja et de ma\u00efs. Y compris par la force. De nombreux r\u00e9cits semblables \u00e0 l\u2019agression racont\u00e9e par Toninho hantent ainsi les habitants, d\u00e9laiss\u00e9s par les pouvoirs publics.<\/p>\n<h2 class=\"spip\">\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>On vit dans la peur constante<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/h2>\n<p>\u00c0 quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0, dans le quilombo voisin de Ros\u00e1rio, Claudeth Sousa de Assunc\u00e3o, elle, a bien cru mourir lorsqu\u2019un tracteur a tent\u00e9 de l\u2019\u00e9craser volontairement. Elle prenait des photos pour documenter la violation d\u2019une d\u00e9cision de justice, qui interdisait l\u2019utilisation d\u2019une route, construite sur leur territoire en toute ill\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p><i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>On vit dans la peur constante<\/i>, raconte cette trentenaire, m\u00e8re de deux enfants. <i>J\u2019ai fait mettre des barreaux \u00e0 mes fen\u00eatres.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> Elle habite un village d\u2019une centaine de familles, o\u00f9 tous se connaissent, \u00e0 plus d\u2019une demi-heure de route du premier bourg.<\/p>\n<div class=\"spip_document_95734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"91\" data-legende-lenx=\"xx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/toninho_et_crislane_1.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" \/><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<div class=\"spip_doc_titre\">Toninho et sa fille Crislane n\u2019ont presque plus de terres. <i>\u00a9 Rapha\u00ebl Bernard \/ Reporterre<\/i><\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Face \u00e0 ces menaces, les deux leaders communautaires ont int\u00e9gr\u00e9 un programme de protection des d\u00e9fenseurs des droits humains, chapeaut\u00e9 par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Il faut dire que l\u2019\u00c9tat amazonien qu\u2019est le Par\u00e1 concentre \u00e0 lui seul <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/terradedireitos.org.br\/noticias\/noticias\/para-lidera-violencia-contra-defensores-de-direitos-humanos-no-brasil-com-1-a-cada-5-casos-no-pais\/24177#:~:text=O%20levantamento%20aponta%20que%20o,Bahia%20(com%2010%20casos)\" target=\"_blank\" rel=\"external noopener\" data-mrf-link=\"https:\/\/terradedireitos.org.br\/noticias\/noticias\/para-lidera-violencia-contra-defensores-de-direitos-humanos-no-brasil-com-1-a-cada-5-casos-no-pais\/24177#:~:text=O%20levantamento%20aponta%20que%20o,Bahia%20(com%2010%20casos)\">un cinqui\u00e8me<\/a> de toutes les violences perp\u00e9tr\u00e9es contre les d\u00e9fenseurs des droits humains au Br\u00e9sil. Et <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/terradedireitos.org.br\/noticias\/noticias\/para-lidera-violencia-contra-defensores-de-direitos-humanos-no-brasil-com-1-a-cada-5-casos-no-pais\/24177#:~:text=O%20levantamento%20aponta%20que%20o,Bahia%20(com%2010%20casos)\" target=\"_blank\" rel=\"external noopener\" data-mrf-link=\"https:\/\/terradedireitos.org.br\/noticias\/noticias\/para-lidera-violencia-contra-defensores-de-direitos-humanos-no-brasil-com-1-a-cada-5-casos-no-pais\/24177#:~:text=O%20levantamento%20aponta%20que%20o,Bahia%20(com%2010%20casos)\">94<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>% des victimes<\/a> sont des militants \u00e9cologistes.<\/p>\n<h2 class=\"spip\">\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Quand elle est arriv\u00e9e, son f\u0153tus \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/h2>\n<p>Sur l\u2019\u00eele de Maraj\u00f3, un homme \u2014 arriv\u00e9 sur ce territoire en 2011 \u2014 est notamment accus\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de ces violences\u00a0: Joabe Dauzacker Marques, le propri\u00e9taire des deux fermes qui envahiraient le territoire quilombola.<\/p>\n<p>Sa funeste ambition se traduit d\u00e9j\u00e0 dans le paysage. Provid\u00eancia est enti\u00e8rement encercl\u00e9 de champs ras et enti\u00e8rement d\u00e9bois\u00e9s, qu\u2019il faut traverser sur des kilom\u00e8tres pour arriver aux premi\u00e8res habitations. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Il ne nous reste plus qu\u2019une tarefa [unit\u00e9 de mesure \u00e9quivalant \u00e0 3\u00a0km\u00b2 de superficie] pour cultiver du manioc<\/i>, pr\u00e9cise Crislane Francisca Pinheiro Lima, fille de Toninho. <i>D\u00e9sormais, nous cultivons pour d\u2019autres quilombos, qui nous pr\u00eatent un peu de leurs terres.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>En une petite quinzaine d\u2019ann\u00e9es, tout leur mode de vie \u2014 bas\u00e9 sur des traditions ancestrales \u2014 a \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9. Quand ces communaut\u00e9s ne sont pas emp\u00each\u00e9es par des hommes arm\u00e9s d\u2019acc\u00e9der aux cours d\u2019eau, les pesticides prennent le relais. R\u00e9pandus sur les champs par avion ou par drone, ces produits chimiques s\u2019infiltrent jusqu\u2019\u00e0 atteindre les rivi\u00e8res\u2026 emp\u00eachant d\u00e8s lors les quilombolas de p\u00eacher ou cueillir les baies d\u2019a\u00e7a\u00ef, constituant la base de leur alimentation.<\/p>\n<div class=\"spip_document_95737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"76\" data-legende-lenx=\"xx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/tronc_on_de_route_ille_gale.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" \/><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<div class=\"spip_doc_titre\">Tron\u00e7on d\u2019une route ill\u00e9gale \u00e0 Provid\u00eancia. <i>\u00a9 Rapha\u00ebl Bernard \/ Reporterre<\/i><\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>\u00c0 Provid\u00eancia, les habitants estiment que m\u00eame sans consommer les aliments contamin\u00e9s, ces pesticides nuisent gravement \u00e0 leur sant\u00e9. Le 4\u00a0mars 2024, en fin de journ\u00e9e, le village a notamment \u00e9t\u00e9 brusquement envahi par une forte odeur chimique. Se retrancher aussit\u00f4t dans les maisons n\u2019y changea rien\u00a0: migraines et diarrh\u00e9es s\u2019invit\u00e8rent dans la communaut\u00e9.<\/p>\n<p><i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Cinq jours apr\u00e8s cet \u00e9pisode, une voisine enceinte a commenc\u00e9 \u00e0 saigner sans explication<\/i>, se souvient Crislane, d\u2019un ton rageur. <i>On a appel\u00e9 une ambulance, mais deux heures plus tard\u2026 toujours rien.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> La d\u00e9cision fut alors prise d\u2019emmener la victime \u00e0 Bel\u00e9m, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un v\u00e9hicule pr\u00eat\u00e9 par les villageois d\u2019un quilombo adjacent. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Quand elle est arriv\u00e9e, son f\u0153tus de cinq mois \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, poursuit-elle. Les examens toxicologiques ayant eu lieu qu\u2019une vingtaine de jours plus tard, le lien direct avec l\u2019\u00e9pandage des pesticides n\u2019a pu \u00eatre prouv\u00e9 officiellement.<\/p>\n<h2 class=\"spip\">Une corruption en l\u2019absence de l\u2019\u00c9tat<\/h2>\n<p>Dans cette lutte, les quilombolas ne peuvent compter sur l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat. Leur seule fa\u00e7on d\u2019obtenir l\u2019expulsion de Joabe Dauzacker Marques serait de recevoir la reconnaissance officielle de la d\u00e9limitation de leur territoire. Un processus engag\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019Institut national de la colonisation et de la r\u00e9forme agraire (Incra)\u00a0: d\u00e8s 2013 pour les habitants de Provid\u00eancia, et 2007 pour ceux de Rosario. En vain, pour les uns comme pour les autres.<\/p>\n<p><i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>C\u2019est un processus extr\u00eamement bureaucratique<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, confirme \u00e0 <i>Reporterre<\/i> un fonctionnaire f\u00e9d\u00e9ral actif dans la r\u00e9gion. Par peur de repr\u00e9sailles, il a souhait\u00e9 pr\u00e9server son anonymat. Il y a tout juste quelques semaines, son \u00e9quipe a d\u00fb s\u2019extirper d\u2019une autre localit\u00e9 du Par\u00e1 \u2014 chahut\u00e9e par un conflit comparable, apr\u00e8s que des agriculteurs les ont pris \u00e0 partie.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, Joabe Dauzacker Marques, lui, profite d\u2019une certaine connivence avec Valentim Lucas de Oliveira, maire de Salvaterra, municipalit\u00e9 dont d\u00e9pendent les quilombos menac\u00e9s. L\u2019\u00e9dile en question lui a notamment c\u00e9d\u00e9 un terrain arguant que l\u2019espace, o\u00f9 se trouvait auparavant une usine de transformation d\u2019ananas, \u00e9tait vacant depuis dix ans. Une collusion qu\u2019il essaie m\u00eame d\u2019\u00e9tendre aux villageois eux-m\u00eames depuis plusieurs ann\u00e9es. Contact\u00e9s par <i>Reporterre<\/i>, ni Joabe Dauzacker Marques ni la mairie de Salvaterra n\u2019ont donn\u00e9 suite \u00e0 nos sollicitations.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Le but est de coopter ceux qui leur r\u00e9sistent<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Les d\u00e9fenseurs de cet agrobusiness n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 manipuler les habitants pour arriver \u00e0 leurs fins. En 2020, Manuel Vasconcelos de Assombrado, octog\u00e9naire alors \u00e0 la t\u00eate d\u2019une association du quilombo souffrait de douleurs \u00e0 la prostate. Son \u00e9tat n\u00e9cessitant une hospitalisation \u00e0 Bel\u00e9m, les fr\u00e8res ont pris \u00e0 leur charge les frais de transport et de soins. En \u00e9change de quoi<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>? Rien, ou presque. Juste une petite signature au bas d\u2019un papier.<\/p>\n<p>Illettr\u00e9, Manuel accepta. Le document, que <i>Reporterre<\/i> a pu consulter, d\u00e9clarait entre autres que la route tant d\u00e9cri\u00e9e avait soi-disant \u00e9t\u00e9 construite <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>en partenariat<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> avec le quilombo. Il disculpait en outre les exploitants de toute entrave \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux cours d\u2019eau. \u00c0 force de protestation, les quilombolas ont depuis r\u00e9ussi \u00e0 invalider la signature de ce document. Celui-ci n\u2019est qu\u2019un exemple parmi tant d\u2019autres des pi\u00e8ges tendus par l\u2019agro-industrie, assurent-ils.<\/p>\n<div class=\"spip_document_95733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"88\" data-legende-lenx=\"xx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/eliete_1.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"949\" \/><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<div class=\"spip_doc_titre\">Eliete d\u00e9nonce le chantage auquel elle a d\u00fb faire face. <i>\u00a9 Rapha\u00ebl Bernard \/ Reporterre<\/i><\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Eliete, la m\u00e8re de Claudete, peut en t\u00e9moigner\u00a0: <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Il y a deux ans, j\u2019ai souffert d\u2019une s\u00e9v\u00e8re h\u00e9morragie. J\u2019avais un fibrome<\/i>, dit-elle, \u00e0 l\u2019ombre des grands arbres tr\u00f4nant au c\u0153ur du village. <i>Joabe l\u2019a su, et m\u2019a offert 5\u00a0000 reais [817\u00a0euros environ], que j\u2019ai poliment refus\u00e9.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> Toninho, lui, affirme s\u2019\u00eatre vu offrir 100\u00a0000 reais, soit plus de 16\u00a0000 euros, ainsi qu\u2019une moto pour abandonner son combat.<\/p>\n<p><i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Les agriculteurs profitent de l\u2019absence de l\u2019\u00c9tat pour remplacer les services publics, dans le but de coopter ceux qui leur r\u00e9sistent<\/i>, d\u00e9plore aupr\u00e8s de <i>Reporterre<\/i> le fonctionnaire anonyme, fort de plus de dix ans d\u2019exp\u00e9rience. <i>Si ces territoires b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019une reconnaissance l\u00e9gale, les politiques publiques pourraient s\u2019y appliquer.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Presque seuls contre tous, les quilombolas n\u2019ont pas pour autant l\u2019intention de baisser les bras. Ces prochains jours, Claudete interviendra lors de la <span class=\"caps\">COP<\/span> des peuples, un contre-sommet organis\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 civile en parall\u00e8le des grandes n\u00e9gociations climatiques. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Une occasion unique<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> de d\u00e9noncer les violences dont les siens sont victimes devant des d\u00e9l\u00e9gations venues du monde entier, se r\u00e9jouit-elle, un bol d\u2019a\u00e7a\u00ef dans le creux de la main.<\/p>\n<p>Quelques m\u00e8tres plus loin, des villageois s\u2019affairent au potager communautaire tandis que d\u2019autres participent \u00e0 un atelier de couture r\u00e9cemment mis en place. Dans les traces de leurs descendants, tous refusent d\u2019abdiquer\u00a0: <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Notre simple existence est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9sistance<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, lance une femme, sourire aux l\u00e8vres<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Reporterre \u00c0 Provid\u00eancia, pr\u00e8s de Bel\u00e9m, des communaut\u00e9s fond\u00e9es il y a pr\u00e8s de 200 ans par des esclaves en fuite sont aujourd\u2019hui victimes de l&rsquo;agrobusiness. &#8211; \u00a9 Damien Cuviller \/ Reporterre Pr\u00e8s de Bel\u00e9m, h\u00f4te de la COP30, des communaut\u00e9s fond\u00e9es au XIXe si\u00e8cle par des esclaves en fuite sont aujourd\u2019hui victimes d\u2019agressions, de<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":82251,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[200],"tags":[],"class_list":["post-82250","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-ecologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82250","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82250"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82250\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/82251"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}