{"id":82722,"date":"2025-11-27T09:35:18","date_gmt":"2025-11-27T08:35:18","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=82722"},"modified":"2025-11-27T10:17:02","modified_gmt":"2025-11-27T09:17:02","slug":"vraiment-il-ny-a-pas-de-travail-en-guadeloupe-et-martinique-le-grand-malentendu-une-tribune-de-jm-nol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/vraiment-il-ny-a-pas-de-travail-en-guadeloupe-et-martinique-le-grand-malentendu-une-tribune-de-jm-nol\/","title":{"rendered":"Honestly, There Are No Jobs in Guadeloupe and Martinique: The Big Misunderstanding! An op-ed by JM.NOL"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un mantra collectif qui masque une r\u00e9alit\u00e9 complexe<br \/>Dire qu\u2019il n\u2019y a pas de travail en Guadeloupe est devenu une sorte de mantra collectif, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec fatalisme et rarement interrog\u00e9. Pourtant, ce \u00ab grand malentendu \u00bb masque une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus complexe o\u00f9 se m\u00ealent h\u00e9ritages culturels, repr\u00e9sentations biais\u00e9es de l\u2019\u00e9conomie, comportements sociaux et transformations profondes du march\u00e9 du travail.<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0Le ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9 \u2013 pr\u00e8s de 18 % \u2013 et la faible participation des jeunes et des seniors ne suffisent pas \u00e0 expliquer le paradoxe d\u2019un territoire qui affirme manquer d\u2019emplois alors que des entrepreneurs \u00e9trangers y cr\u00e9ent chaque ann\u00e9e de nouvelles activit\u00e9s dans des secteurs o\u00f9 les Guadeloup\u00e9ens sont peu pr\u00e9sents.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><b>Une participation au march\u00e9 du travail exceptionnellement faible<\/b><br \/>Le premier facteur de cette confusion est le taux tr\u00e8s bas de participation au march\u00e9 du travail. \u00c0 peine 55 % des jeunes de 18 \u00e0 25 ans travaillent, et les seniors y sont tout aussi peu ins\u00e9r\u00e9s. Cette absence massive n\u2019est pas un choix collectif mais un sympt\u00f4me d\u2019un rapport au travail brouill\u00e9 par l\u2019histoire sociale et \u00e9conomique de l\u2019\u00eele.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une perception biais\u00e9e de l\u2019\u00e9conomie<br \/><\/strong>Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, l\u2019entreprise est trop souvent per\u00e7ue comme un lieu d\u2019exploitation plut\u00f4t que de cr\u00e9ation de richesses. La compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9conomie n\u2019est pas un luxe r\u00e9serv\u00e9 aux experts : c\u2019est une condition de la d\u00e9mocratie, un moyen d\u2019\u00e9clairer les choix publics et d\u2019\u00e9viter que les discours simplistes n\u2019occupent le vide laiss\u00e9 par l\u2019absence de p\u00e9dagogie \u00e9conomique.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les faits contredisent le mythe : le travail existe<br \/><\/strong>La prolif\u00e9ration de petites entreprises cr\u00e9\u00e9es par des entrepreneurs ha\u00eftiens, chinois ou m\u00e9tropolitains prouve que des niches \u00e9conomiques existent bel et bien. Tourisme, commerce, services : des activit\u00e9s prosp\u00e8rent, mais la pr\u00e9sence locale y reste limit\u00e9e. Cela pose une question d\u00e9rangeante : pourquoi des \u00e9trangers parviennent-ils \u00e0 entreprendre l\u00e0 o\u00f9 tant de Guadeloup\u00e9ens h\u00e9sitent encore ?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des m\u00e9tiers essentiels d\u00e9sert\u00e9s<br \/><\/strong>L\u2019agriculture peine \u00e0 recruter ; le BTP manque de main-d\u2019\u0153uvre ; les m\u00e9tiers techniques et manuels souffrent d\u2019un d\u00e9ficit d\u2019attractivit\u00e9. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9v\u00e8le un profond d\u00e9calage entre les besoins \u00e9conomiques du territoire et les repr\u00e9sentations sociales dominantes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une relation difficile au travail<br \/><\/strong>La Guadeloupe conna\u00eet beaucoup plus d\u2019arr\u00eats maladie que l\u2019Hexagone, davantage de conflits sociaux et une insatisfaction au travail plus forte. Le travail est trop souvent per\u00e7u comme une source de tensions plut\u00f4t que comme un espace d\u2019\u00e9panouissement ou de progr\u00e8s social.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><b>Un d\u00e9sajustement entre aspirations sociales et r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique<\/b><br \/>Le sentiment qu\u2019il n\u2019y a pas de travail d\u00e9coule aussi d\u2019un d\u00e9salignement massif : les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s cherchent des emplois administratifs ou publics devenus rares, tandis que des m\u00e9tiers essentiels mais moins valoris\u00e9s restent vacants.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>X\u00e9nophobie, d\u00e9magogie et faux coupables<br \/><\/strong>Dans cette confusion, certains discours accusent l\u2019\u00e9tranger d\u2019occuper des emplois \u00ab vol\u00e9s \u00bb. Ces r\u00e9cits rassurants masquent les m\u00e9canismes \u00e9conomiques r\u00e9els et emp\u00eachent un d\u00e9bat serein sur les besoins du territoire.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un changement de regard indispensable<br \/><\/strong>La Guadeloupe dispose d\u2019atouts consid\u00e9rables : jeunesse dynamique, diaspora entreprenante, diversit\u00e9 culturelle. Mais elle doit changer de regard sur le travail et reconna\u00eetre qu\u2019il ne dispara\u00eet pas ; il change.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La jeunesse dipl\u00f4m\u00e9e face au risque de d\u00e9classement<br \/><\/strong>La focalisation quasi exclusive sur la fonction publique constitue d\u00e9sormais un danger. La robotisation et l\u2019intelligence artificielle transformeront rapidement les t\u00e2ches administratives et r\u00e9duiront encore les opportunit\u00e9s. Pendant ce temps, des secteurs essentiels manquent de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une jeunesse non dipl\u00f4m\u00e9e en rupture<br \/><\/strong>Faute de perspectives, une partie des jeunes non dipl\u00f4m\u00e9s bascule dans l\u2019\u00e9conomie informelle. Dans les secteurs p\u00e9nibles mais essentiels, les postes sont d\u00e9sormais occup\u00e9s massivement par des travailleurs ha\u00eftiens, plus disponibles et plus endurants.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Repenser la culture du travail<br \/><\/strong>Le v\u00e9ritable enjeu n\u2019est pas l\u2019absence d\u2019emplois, mais la perte d\u2019attractivit\u00e9 des m\u00e9tiers essentiels. Revaloriser les m\u00e9tiers techniques et manuels, renforcer la formation, encourager l\u2019initiative : telle est la cl\u00e9 d\u2019une transformation durable.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Conclusion<\/strong><br \/>L\u2019avenir de la Guadeloupe d\u00e9pendra de sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9concilier aspirations et r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques, \u00e0 valoriser l\u2019ensemble des m\u00e9tiers, et \u00e0 reconstruire une culture du travail comme levier de dignit\u00e9 et d\u2019\u00e9mancipation.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean-Marie Nol, \u00e9conomiste et juriste en droit public<br \/><\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Un mantra collectif qui masque une r\u00e9alit\u00e9 complexeDire qu\u2019il n\u2019y a pas de travail en Guadeloupe est devenu une sorte de mantra collectif, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec fatalisme et rarement interrog\u00e9. 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