{"id":84531,"date":"2025-12-30T14:02:35","date_gmt":"2025-12-30T13:02:35","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=84531"},"modified":"2025-12-30T14:17:41","modified_gmt":"2025-12-30T13:17:41","slug":"de-lair-de-lair-par-marcellin-nadeau-depute-de-la-martinique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/de-lair-de-lair-par-marcellin-nadeau-depute-de-la-martinique\/","title":{"rendered":"AIR! AIR! By Marcellin NADEAU, Member of Parliament for Martinique"},"content":{"rendered":"<h2>\u00c0 partir de deux contributions publi\u00e9es dans <em data-start=\"153\" data-end=\"162\">Antilla<\/em> \u2014 <a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/exclusivite-antilla\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019interview de <strong data-start=\"180\" data-end=\"205\">Mireille Pierre-Louis<\/strong><\/a>, sp\u00e9cialiste des finances publiques et des Outre-mer, et <a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/reponse-critique-a-linterview-de-madame-mireille-pierre-louis-dans-antilla-par-jean-marie-nol\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la r\u00e9ponse critique de <strong data-start=\"286\" data-end=\"304\">Jean-Marie Nol<\/strong><\/a>, \u00e9conomiste et juriste en droit public, Marcellin Nadeau propose une mise en perspective des d\u00e9bats actuels sur le fonctionnement \u00e9conomique des Antilles. En confrontant ces deux lectures, il restitue les principaux arguments, les points de convergence et les divergences d\u2019analyse, tout en \u00e9largissant la r\u00e9flexion aux dimensions sociales, institutionnelles et environnementales du d\u00e9veloppement des territoires ultramarins.<\/h2>\n<h2>Une tribune qui offre des &#8211; ses &#8211; cl\u00e9s de compr\u00e9hension utiles pour appr\u00e9hender un d\u00e9bat complexe, au c\u0153ur des enjeux contemporains des Antilles.<\/h2>\n<hr \/>\n<p><strong>De l\u2019air, de l\u2019air\u00a0! Cette exhorte d\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire \u00e9crite dans la revue Tropiques en f\u00e9vrier 1944 (n\u00b010) et visant \u00e0 d\u00e9finir ce que pourrait \u00eatre une <em>\u00ab\u00a0saine politique antillaise\u00a0: ouvrir les fen\u00eatres. De l\u2019air\u00a0! De l\u2019air\u00a0! \u00bb<\/em>\u00a0\u00bb au sortir du second conflit mondial a gard\u00e9 toute son actualit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Les deux articles publi\u00e9s par la revue <em>Antilla<\/em>, l\u2019un consistant en une interview de Mireille PIERRE-LOUIS, sp\u00e9cialiste des finances publiques et des dits outre-mer, ancienne cheffe de la cellule Europe de Guyane, publi\u00e9 le 12 d\u00e9cembre 2025, et l\u2019autre d\u2019une \u00ab\u00a0r\u00e9ponse\u00a0critique\u00a0\u00bb de Jean-Marie NOL, \u00e9conomiste et juriste en droit public en Guadeloupe, publi\u00e9e le 13 d\u00e9cembre 2025, le montre \u00e9loquemment, et sont pour moi d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat r\u00e9flexif sur notre soci\u00e9t\u00e9. Et il faut remercier l\u2019hebdomadaire martiniquais d\u2019apporter, ce faisant, une contribution intellectuelle utile \u00e0 une pens\u00e9e critique et syst\u00e9mique hors de toute caricature.<\/p>\n<p>Ces deux articles am\u00e8nent en effet l\u2019\u00e9lu et le militant que je suis en qu\u00eate de sens \u00e0 les interroger tant ils sont tous les deux riches d\u2019analyses.<\/p>\n<p>Mireille PIERRE-LOUIS et Jean-Marie NOL nous proposent en miroir une analyse des enjeux socio-\u00e9conomiques des Antilles. Leur approche est riche en contenu, et pr\u00e9sente certaines observations qui m\u00e9riteraient selon nous d\u2019\u00eatre examin\u00e9es \u00e0 travers le prisme des th\u00e8ses de Patrick VIVERET, penseur auquel je suis attach\u00e9. Ce dernier, en effet, dans ses travaux, plaide pour une red\u00e9finition des valeurs \u00e9conomiques, en mettant l&rsquo;accent sur l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9thique, de la solidarit\u00e9 et d&rsquo;un d\u00e9veloppement durable. C\u2019est \u00e0 travers cette \u00ab\u00a0grille de lecture\u00a0\u00bb que modestement j\u2019aborde pour ma part la lecture des deux articles de nos sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Car les approches de Mireille PIERRE-LOUIS et Jean-Marie NOL dans <em>Antilla<\/em> offrent une base int\u00e9ressante pour r\u00e9fl\u00e9chir aux enjeux politiques pr\u00e9sents des Antilles. Une telle d\u00e9marche permet de facto de consid\u00e9rer les Antilles non seulement comme un espace \u00e9conomique, mais comme des territoires riches en culture, en solidarit\u00e9 et en potentiel de d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<h2><strong>Double lecture<\/strong><\/h2>\n<p>Mireille PIERRE-LOUIS, \u00e0 la suite de son article dans la revue <em>Mediapart<\/em> intitul\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Laboratoire d\u2019un ultralib\u00e9ralisme d\u00e9vastateur\u00a0: les confettis de l\u2019Empire\u00a0\u00bb<\/em> a \u00e9t\u00e9 interview\u00e9e par <em>Antilla.<\/em> Elle d\u00e9nonce <em>\u00ab\u00a0un syst\u00e8me \u00e9conomique, politique pr\u00f4nant le lib\u00e9ralisme absolu, encourageant l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, l\u2019entreprise priv\u00e9e, le d\u00e9sengagement de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb<\/em>. Bref un virage ultralib\u00e9ral pris par la France ces derni\u00e8res ann\u00e9es et se d\u00e9clinant inexorablement dans les dits outre-mer. Elle met en corr\u00e9lation le <em>\u00ab\u00a0d\u00e9clin des Antilles\u00a0\u00bb<\/em> avec les <em>\u00ab\u00a0transferts de lourdes charges sociales de l\u2019\u00c9tat vers les collectivit\u00e9s territoriales lors de la d\u00e9centralisation de 2003, pour justement \u00e9viter les d\u00e9ficits excessifs de l\u2019\u00c9tat, proscrits par Bruxelles\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Elle alerte aussi sur les \u00ab\u00a0menaces cibl\u00e9es du Projet de loi de Finances pour 2026\u00a0\u00bb qui <em>\u00ab\u00a0doivent r\u00e9sonner comme un ultime avertissement pour l\u2019Outre-mer du d\u00e9sengagement de l\u2019\u00c9tat qui s\u2019appelait autrefois \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement endog\u00e8ne\u00a0\u00bb promu par l\u2019\u00c9tat en 2009\u00a0\u00bb<\/em> et aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0diff\u00e9renciation\u00a0\u00bb, en d\u00e9pit des pr\u00e9conisations non appliqu\u00e9es faites par plusieurs rapports de la Cour des comptes. Elle constate que l\u2019\u00c9tat consacre \u00e0 peine 22 MdsE sur 660 MdsE soit 3,6% du total aux dits Outre-mer, ce qui est inf\u00e9rieur \u00e0 leur poids d\u00e9mographique, et que les prestations sociales vers\u00e9es aux m\u00e9nages n\u2019y repr\u00e9sentent qu\u20191% du budget de la S\u00e9curit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>On est loin du discours et de l\u2019antienne d\u2019assistanat g\u00e9n\u00e9ralement v\u00e9hicul\u00e9s stupidement. Au contraire, dit-elle, <em>\u00ab\u00a0les prestations sociales vers\u00e9es aux m\u00e9nages, ramen\u00e9es au nombre d\u2019habitants, sont deux fois plus faibles en moyenne dans les DOM\u00a0\u00bb.<\/em> Et de d\u00e9noncer avec nous le fait que \u00ab\u00a0la vie ch\u00e8re\u00a0\u00bb est \u00a0un ph\u00e9nom\u00e8ne plus structurel que conjoncturel dont l\u2019absence de traitement de fond impliquera inexorablement \u00e0 nouveau de fortes explosions sociales dramatiques, l\u2019\u00c9tat se d\u00e9faussant de ses responsabilit\u00e9s sur des groupes oligarchiques locaux charg\u00e9s de \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb la colonialit\u00e9 \u00e0 moindre co\u00fbt pour l\u2019\u00c9tat et \u00e0 fort rendement pour eux. Il n\u2019est pas anodin que depuis 2018 le budget de l\u2019\u00c9tat pour les Antilles soit gel\u00e9 et que ce soit les Antilles qui fassent les frais du rattrapage voulu par l\u2019\u00c9tat en faveur de Mayotte, de la Guyane et de La R\u00e9union. D\u2019o\u00f9 aussi le\u00a0\u00ab\u00a0r\u00e9\u00e9quilibrage\u00a0\u00bb des investissements du groupe GBH vers Mayotte et la R\u00e9union ou encore r\u00e9cemment vers la Guyane (D\u00e9cathlon, rhums, etc.). Et, nous en sommes \u00e0 nous demander si ce repositionnement strat\u00e9gique du pouvoir fran\u00e7ais ne constitue pas l\u2019une des causes de l\u2019inexorable d\u00e9clin d\u00e9mographique des Antilles observ\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, avec Mireille PIERRE-LOUIS, nous consid\u00e9rons que l\u2019un des derniers outils majeurs qu\u2019il nous reste, c\u2019est l\u2019octroi de mer qui a permis (malgr\u00e9 les critiques qu\u2019on \u00a0lui fait) aux collectivit\u00e9s martiniquaises et guadeloup\u00e9ennes <em>\u00ab\u00a0d\u2019\u00e9viter de sombrer compl\u00e8tement, et cela dans le d\u00e9ni et la plus grande indiff\u00e9rence de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb<\/em>. De fait, nous disposons l\u00e0 d\u2019un levier fiscal qui pourrait \u00eatre plus finement utilis\u00e9. De fait aussi, l\u2019\u00c9tat devrait logiquement restituer les 600 millions d\u2019euros de TVA qu\u2019il per\u00e7oit aux Antilles et \u00a0qu\u2019il s\u2019accapare au lieu de les consacrer \u00e0 leur d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Comme on le voit, nous partageons donc certaines des approches de Mireille PIERRE-LOUIS qui m\u00e9ritent consid\u00e9ration. Et nous sommes de plus en plus inquiet devant la c\u00e9cit\u00e9 ou la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec laquelle les gouvernants fran\u00e7ais abordent les d\u00e9fis des dits Outre-mer. Au moment o\u00f9 \u00e0 l\u2019instar d\u2019Aim\u00e9 CESAIRE, il aurait fallu \u00ab\u00a0ouvrir les fen\u00eatres\u00a0: donner de l\u2019air\u00a0! de l\u2019air\u00a0!\u00a0\u00bb, nous ne constatons que le renfermement social, intellectuel et \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat local comme de l\u2019\u00c9tat central. Tout cela est de mauvais augure. Mais dans cette perspective sombre, nous lisons \u00e9galement avec int\u00e9r\u00eat l\u2019analyse critique et roborative que fait Jean-Philippe NOL.<\/p>\n<h2><strong>Une vision critique mais constructive<\/strong><\/h2>\n<p>Ce dernier voit plusieurs points de \u00ab\u00a0fragilit\u00e9\u00a0\u00bb dans la r\u00e9flexion de Mireille PIERRE-LOUIS. Le premier serait l\u2019usage du terme d\u2019\u00a0<em>\u00ab\u00a0ultralib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb<\/em> pour d\u00e9finir les maux pr\u00e9sents de nos soci\u00e9t\u00e9s dites d\u2019outre-mer, alors que celles-ci recouvreraient des <em>\u00ab\u00a0dynamiques complexes, o\u00f9 se m\u00ealent contraintes europ\u00e9ennes, choix budg\u00e9taires nationaux, rigidit\u00e9s administratives fran\u00e7aises et faiblesses structurelles propres aux \u00e9conomies antillaises\u00a0\u00bb<\/em>. Pour lui, la grille de lecture ultralib\u00e9rale ne serait pas appropri\u00e9e, pr\u00e9f\u00e9rant parler de <em>\u00ab\u00a0n\u00e9o-lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb<\/em>. Nous ne rentrerons pas dans ce d\u00e9bat d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0initi\u00e9s\u00a0\u00bb ou d\u2019experts \u00e9conomiques ici. En revanche, il est vrai qu\u2019aux Antilles 80% du PIB est issu de la d\u00e9pense publique, et que notre r\u00e9alit\u00e9 est plut\u00f4t celle d\u2019une <em>\u00ab\u00a0hyperd\u00e9pendance \u00e0 la commande publique h\u00e9ritage du syst\u00e8me colonial, qui rend le tissu \u00e9conomique vuln\u00e9rable \u00e0 la moindre contraction budg\u00e9taire\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>De fait, et cela replace \u00e0 notre avis \u00e0 leur juste valeur les critiques parfois exag\u00e9r\u00e9es de milieux \u00e9conomiques antillais d\u00e9non\u00e7ant tant\u00f4t une soci\u00e9t\u00e9 encadr\u00e9e par l\u2019\u00c9tat, alors m\u00eame que sans celui-ci et sa manne financi\u00e8re beaucoup d\u2019entreprises ne pourraient exister outre-mer. Et, tant\u00f4t, en contrepoint, la contestation par ces m\u00eames milieux d\u2019un retrait possible des aides fiscales ou sociales possible dans le PLF 2026 (LODEOM). Or, celles-ci nous paraissent contre-productives.<\/p>\n<p>Pour illustrer cette id\u00e9e de mesures contre-productives, on peut prendre l&rsquo;exemple des aides fiscales \u00e0 l&rsquo;investissement priv\u00e9. Politique que l&rsquo;\u00c9tat a d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle depuis 40 ans, sous forme de lois diverses et vari\u00e9es (Lois d\u2019extension et d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019Outre-mer de 1996, LOOM de 2000, Loi \u00ab\u00a0Girardin\u00a0\u00bb de 2003, LODEOM de 2009, Loi de 2013, \u00c9galit\u00e9 r\u00e9elle de 2016, etc.). Aujourd&rsquo;hui, cette d\u00e9pense fiscale, soit sous forme de r\u00e9ductions d&rsquo;imp\u00f4ts ou de d\u00e9ductions fiscales, c&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s 800 millions d&rsquo;euros par an, tous territoires confondus. Si vous mettez en face le montant d&rsquo;investissement priv\u00e9 dans les territoires, vous constatez qu&rsquo;il est insuffisant. On peut comparer le montant de l\u2019investissement par t\u00eate d&rsquo;habitant dans chaque territoire par rapport \u00e0 celui existant dans le dit Hexagone, et l&rsquo;\u00e9cart est assez substantiel. Donc, cela incite \u00e0 se dire que ces aides n&rsquo;ont pas fait d\u00e9coller l&rsquo;investissement. En r\u00e9alit\u00e9, l\u00e0 aussi, si vous creusez un peu et regardez la situation des entreprises, vous vous apercevez que ces aides agissent plut\u00f4t comme des aides au fonctionnement. Elles aident en r\u00e9alit\u00e9 les entreprises \u00e0 faire face \u00e0 leurs contraintes de fonctionnement. Elles ne servent pas \u00e0 l&rsquo;investissement. C&rsquo;est pour cela que j&rsquo;\u00e9voquais leur caract\u00e8re contre-productif. Elles ne font pas ce qu&rsquo;on en attend, et en fait, elles cr\u00e9ent une situation dont il est tr\u00e8s difficile de sortir. En r\u00e9alit\u00e9, pour d\u00e9tricoter tous ces dispositifs d\u2019aides souvent inefficaces, naturellement, on devrait les arr\u00eater. Mais si vous les arr\u00eatez, vous cr\u00e9ez des difficult\u00e9s financi\u00e8res pour beaucoup d&rsquo;entreprises. Donc, c&rsquo;est extr\u00eamement compliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Un second point de \u00ab\u00a0fragilit\u00e9\u00a0\u00bb relev\u00e9 dans le propos de Mireille PIERRE-LOUIS serait celui de <em>\u00ab\u00a0fatalisme \u00e9conomique\u00a0\u00bb<\/em> affirmant que sans l\u2019\u00c9tat rien ne pourrait se faire \u00e9conomiquement, \u00e9vacuant selon M. NOL une r\u00e9flexion sur les causes profondes de la d\u00e9pendance\u00a0: <em>\u00ab\u00a0\u00e9troitesse des march\u00e9s, co\u00fbts de production \u00e9lev\u00e9s, normes import\u00e9es de l\u2019Hexagone, fiscalit\u00e9 complexe, barri\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, monopoles de fait et capitalisme de rente d\u00e9coulant du pass\u00e9 colonial\u00a0\u00bb<\/em>. Pour M. NOL, le probl\u00e8me n\u2019est donc pas tant celui de <em>\u00ab\u00a0trop de lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb<\/em> qui \u00e9toufferait les \u00e9conomies antillaises que d\u2019absence de v\u00e9ritables conditions de march\u00e9 concurrentiel. Nous le rejoignons l\u00e0 sur ce point, et partageons avec lui l\u2019id\u00e9e que les dispositifs complexes comme ceux de la LODEOM doivent \u00eatre pass\u00e9s au scanner de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique. Trop souvent, ils sont en effet d\u00e9voy\u00e9s, mal calibr\u00e9s, inefficaces et ont un effet pervers amputant toute initiative, voire favorisent des postures de rente. Qu&rsquo;a fait l&rsquo;\u00c9tat ? Qu&rsquo;ont fait les autorit\u00e9s face \u00e0 ces situations ? La strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 de compenser ce que l&rsquo;on a analys\u00e9 comme des handicaps par des transferts de revenus, des transferts fiscaux, sociaux, au b\u00e9n\u00e9fice des m\u00e9nages et des entreprises. Mais la difficult\u00e9 de cette pratique, c&rsquo;est que cela ne s&rsquo;est pas traduit par l&rsquo;\u00e9mergence de capacit\u00e9s de production suffisantes, de taux d&rsquo;investissement suffisants et de la cr\u00e9ation de valeur ajout\u00e9e qui soient de nature \u00e0 permettre une croissance endog\u00e8ne. C&rsquo;est une croissance qui reste toujours tir\u00e9e par la consommation et cette consommation continue d&rsquo;\u00eatre aliment\u00e9e par beaucoup de ces transferts.<\/p>\n<p>Au total, quand on regarde toutes les mesures qui ont \u00e9t\u00e9 prises, leur accumulation dans la dur\u00e9e, on est oblig\u00e9 de constater qu&rsquo;elles manquent de pertinence, qu&rsquo;elles ne sont pas efficaces, qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas forc\u00e9ment produit les effets attendus, voire qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 ou qu&rsquo;elles sont contre-productives, qu&rsquo;elles sont devenues des freins ou des sources de rigidit\u00e9, des freins \u00e0 l&rsquo;innovation et \u00e0 la concurrence. Donc, il s\u2019agit l\u00e0 du cadrage global. C&rsquo;est important de faire ce constat, ce diagnostic, parce qu&rsquo;en creux, vous pouvez identifier les leviers pour casser cette dynamique. Et on a envie de dire \u00e0 tous nos lib\u00e9raux patent\u00e9s\u00a0: chiche\u00a0! Allez-y\u00a0! Ayez le courage de remettre en cause ce qu\u2019il convient d\u2019appeler une \u00e9conomie de connivence et de rente.<\/p>\n<h2><strong>Une \u00e9cologie \u00e9mancipatrice et humaine<\/strong><\/h2>\n<p>A l\u2019aune de cette double lecture critique et instructive, nous rejoignons les th\u00e8ses de cette autrice et de cet auteur, expos\u00e9es dans le magazine <em>Antilla. <\/em>En effet, nous ne pouvons qu\u2019\u00eatre en phase avec \u00a0l\u2019id\u00e9e exprim\u00e9e par l\u2019un comme par l\u2019autre que nos soci\u00e9t\u00e9s dites ultramarines ne sont utilis\u00e9es que comme <em>\u00ab\u00a0variables d\u2019ajustement budg\u00e9taire et politique\u00a0\u00bb<\/em>. Il y a d\u2019\u00e9vidence de la part du pouvoir \u00ab\u00a0colonial\u00a0\u00bb une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9vitement des march\u00e9s \u00e9conomiques et financiers qui d\u00e9cident arbitrairement des priorit\u00e9s territoriales et des politiques publiques. C\u2019est pourquoi les Antilles ne peuvent \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9es uniquement \u00e0 travers le prisme de la croissance \u00e9conomique. Et c\u2019est pourquoi leurs th\u00e8ses devraient int\u00e9grer avec profit une approche plus holistique, prenant en compte les dimensions culturelles et identitaires qui fa\u00e7onnent la vie des habitant-e-s. Patrick VIVERET nous offre, dans ses r\u00e9flexions, l\u2019id\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie au service de l\u2019homme. Il propose de d\u00e9passer le simple calcul \u00e9conomique pour consid\u00e9rer les impacts sociaux et environnementaux des d\u00e9cisions \u00e9conomiques. Une <em>\u00ab\u00a0g\u00e9o-\u00e9cologie humaniste\u00a0\u00bb<\/em> qui nous incite \u00e0 explorer comment les dynamiques \u00e9conomiques affectent la coh\u00e9sion sociale et la culture antillaises.<\/p>\n<p>L\u2019autrice et l\u2019auteur \u00e9voquent, bri\u00e8vement, les d\u00e9fis environnementaux auxquels font face les Antilles, mais leur traitement est souvent anecdotique. Il est pour nous essentiel et au c\u0153ur de notre approche politique et \u00e9conomique. Dans le contexte du bouleversement climatiques et des catastrophes naturelles, cette approche \u00ab\u00a0durable\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0soutenable\u00a0\u00bb est essentielle. Patrick VIVERET insiste sur son importance, sur la mise en exergue d\u2019une \u00e9conomie circulaire et de pratiques durables, qui pourraient offrir des solutions innovantes aux probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques des territoires dits d&rsquo;outre-mer. Les Antilles, avec leur biodiversit\u00e9 unique, ont besoin d\u2019un nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui pr\u00e9serve les ressources naturelles tout en favorisant l\u2019\u00e9conomie locale. Mireille PIERRE-LOUIS et Jean-Marie NOL pourraient avec profit selon nous int\u00e9grer des principes de durabilit\u00e9 dans leurs analyses, en s&rsquo;inspirant des id\u00e9es de Patrick VIVERET sur l&rsquo;\u00e9thique de l\u2019\u00e9conomie, en int\u00e9grant la dimension de la solidarit\u00e9 entre les Peuples des Antilles et leurs diasporas. Il met en avant l&rsquo;importance des liens communautaires et de la solidarit\u00e9 comme leviers de d\u00e9veloppement. Les Antilles, face \u00e0 des d\u00e9fis communs, pourraient tirer profit d&rsquo;une coop\u00e9ration renforc\u00e9e entre leurs diff\u00e9rentes \u00eeles, ainsi qu&rsquo;avec la diaspora antillaise \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. La solidarit\u00e9 doit en effet \u00eatre au c\u0153ur de toute strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Mireille PIERRE-LOUIS et Jean-Marie NOL apportent ainsi une contribution significative \u00e0 la compr\u00e9hension des enjeux antillais. Avec eux, nous croyons que les d\u00e9fis auxquels font face les \u00e9conomies dites d&rsquo;outre-mer n\u00e9cessitent des solutions innovantes et diversifi\u00e9es, la construction d\u2019un nouveau mod\u00e8le \u00e9conomique. En s&rsquo;appuyant sur une vision holistique, les chercheurs\/ses pourraient non seulement enrichir leur analyse, mais aussi proposer des pistes de r\u00e9flexion qui r\u00e9pondent aux attentes des populations comme des Politiques. En pla\u00e7ant l&rsquo;humain au c\u0153ur des pr\u00e9occupations, Patrick VIVERET nous offre un cadre. Aux chercheurs et aux Politiques de le remplir\u2026<\/p>\n<h2><strong>Pistes pour un nouveau mod\u00e8le \u00e9conomique<\/strong><\/h2>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\"><strong>Nous en retirons plusieurs enseignements.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, le <strong>d\u00e9sengagement de l&rsquo;\u00c9tat et l\u2019omnipr\u00e9sence des oligopoles<\/strong> dans les r\u00e9gions dites d\u2019outre-mer fran\u00e7aises est un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe qui m\u00e9rite une analyse approfondie, tant sur le plan historique qu&rsquo;\u00e9conomique. Ce d\u00e9sengagement a des implications significatives sur le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique de ces territoires. Et nous sommes favorables \u00e0 une lib\u00e9ration des \u00e9nergies par l\u2019outil que constituerait une loi antitrust de nature \u00e0 faire sauter le verrou de la concentration du march\u00e9 (nous la d\u00e9poserons dans les premiers jours de l\u2019ann\u00e9e 2026). Rien de r\u00e9volutionnaire l\u00e0\u00a0: une telle loi existe par exemple en Suisse qui n\u2019est pas \u00e0 notre connaissance un r\u00e9gime de type castriste. Cette \u00ab\u00a0respiration\u00a0\u00bb devrait s\u2019accompagner d\u2019un retour des investissements cibl\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s de l\u2019\u00c9tat, avec la mise en \u0153uvre de vraies politiques publiques, d\u00e9velopp\u00e9es en subsidiarit\u00e9 avec les collectivit\u00e9s. C\u2019est en effet ce d\u00e9sengagement de l&rsquo;\u00c9tat qui a permis aux oligopoles de se renforcer dans des secteurs cl\u00e9s tels que l&rsquo;agroalimentaire, le transport et l&rsquo;\u00e9nergie. Cette concentration a entra\u00een\u00e9 une hausse des prix et une diminution de la concurrence. Par exemple, dans les Antilles, le secteur de la distribution est domin\u00e9 par quelques grandes entreprises, ce qui limite les choix des consommateurs et impacte n\u00e9gativement le pouvoir d&rsquo;achat. Il faut sortir de cet <em>\u00ab\u00a0\u00e9touffement\u00a0\u00bb<\/em> que le Ministre d\u2019\u00c9tat, Manuel VALLS, a tr\u00e8s justement soulign\u00e9.<\/p>\n<p>On ne va pas changer la taille des territoires, mais on peut peut-\u00eatre faire en sorte que les r\u00e8gles du jeu en mati\u00e8re de commerce ou de fonctionnement des march\u00e9s soient plus transparentes.<\/p>\n<p>Il y a des rigidit\u00e9s sur les march\u00e9s des biens, sur le march\u00e9 du travail. Le march\u00e9 du travail est assez embl\u00e9matique. Vous avez des taux de ch\u00f4mage qui varient entre 15% et 35%, alors que la moyenne dite hexagonale est un peu sup\u00e9rieure \u00e0 7%. \u00c0 une exception pr\u00e8s, qui est la Polyn\u00e9sie o\u00f9 l\u2019on a un taux de ch\u00f4mage qui est de l&rsquo;ordre de 8 % aujourd&rsquo;hui, avec comme corollaire un syst\u00e8me compl\u00e8tement ind\u00e9pendant du syst\u00e8me fran\u00e7ais en mati\u00e8re de protection sociale et de protection contre le ch\u00f4mage. Donc, ce sont des r\u00e8gles du jeu tr\u00e8s diff\u00e9rentes, \u00e0 la fois plus efficaces en termes de cr\u00e9ation d\u2019emplois et plus protectrices des ch\u00f4meuses et des ch\u00f4meurs. Si on enl\u00e8ve la Polyn\u00e9sie, dans tous les autres territoires, vous avez des taux de ch\u00f4mage massifs. Et en m\u00eame temps, une vraie difficult\u00e9 pour beaucoup d&rsquo;entreprises dans beaucoup de secteurs \u00e0 recruter. Il y a donc une action \u00e0 mener \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p>Ensuite, l\u2019autrice et l\u2019auteur de ces deux articles observent justement que la r\u00e9duction de l&rsquo;intervention de l&rsquo;\u00c9tat a conduit \u00e0 une <strong>d\u00e9pendance accrue vis-\u00e0-vis des importations<\/strong>, rendant les \u00e9conomies locales vuln\u00e9rables aux fluctuations des march\u00e9s internationaux. Cette d\u00e9pendance est particuli\u00e8rement visible dans les secteurs alimentaires, o\u00f9 une grande partie des produits provient de la dite m\u00e9tropole ou d&rsquo;autres pays, augmentant ainsi la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique des habitant-e-s. Nous devons avoir comme priorit\u00e9 la souverainet\u00e9 agro-alimentaire. Recr\u00e9er une fili\u00e8re industrielle. Et l\u2019outil qu\u2019est l\u2019octroi de mer doit nous y aider.<\/p>\n<p>Pourquoi cette priorit\u00e9\u00a0? Parce que le retrait de l&rsquo;\u00c9tat a exacerb\u00e9 les in\u00e9galit\u00e9s sociales. Les populations les plus vuln\u00e9rables, souvent marginalis\u00e9es, souffrent d&rsquo;un acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l&#8217;emploi. L&rsquo;absence de politiques publiques adapt\u00e9es, fond\u00e9es sur le \u00ab\u00a0d\u00e9senveloppement\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> et l\u2019autonomie, a \u00e9galement conduit \u00e0 des taux de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9s, en particulier chez les jeunes, limitant les perspectives d&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Bref, nous devons sortir de cette spirale de colonialit\u00e9. De cet h\u00e9ritage de la colonie, de ce que l&rsquo;on appelait le pacte colonial, dans lequel en fait la m\u00e9tropole avait le monopole de la relation avec la colonie. On a encore des traces de cet Exclusif colonial et cela conditionne \u00e9norm\u00e9ment les structures \u00e9conomiques. Puis, vous avez un enjeu plus large d&rsquo;investissement. Il faut am\u00e9liorer la connectivit\u00e9 portuaire. On parle souvent d&rsquo;\u00eeles, mais m\u00eame en Guyane, qui est le seul territoire qui ne soit pas une \u00eele, l&rsquo;approvisionnement se fait par le port. Plus de 90 % des approvisionnements en biens passent par la voie maritime. C\u2019est l\u00e0 que tout se joue. Donc, si vous voulez que ces biens arrivent dans des conditions de prix, de co\u00fbts qui peuvent \u00eatre absorb\u00e9s localement, il y a un enjeu tr\u00e8s fort sur tout ce qui concerne les op\u00e9rations maritimes en mer et sur le port.<\/p>\n<p>Il y a surtout la question de la <strong>transition \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong>. C&rsquo;est un levier qui peut \u00eatre extr\u00eamement important parce que cela peut \u00eatre un facteur de r\u00e9duction des co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie et en m\u00eame temps de cr\u00e9ation d&#8217;emplois. Pens\u00e9e depuis la m\u00e9tropole, elle emp\u00eache la cr\u00e9ation d\u2019une fili\u00e8re industrielle dans les dits Outre-mer. Car le statut de zone non interconnect\u00e9e n\u2019est pas une donn\u00e9e immanente, c\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019une politique. A nous de penser notre production et notre consommation \u00e9nerg\u00e9tique de fa\u00e7on autonome, \u00e0 \u00e9chelle humaine, l\u00e0 encore en mettant au c\u0153ur de notre r\u00e9flexion la gestion des risques majeurs.<\/p>\n<p>Et puis, la derni\u00e8re id\u00e9e qui me para\u00eet importante, c&rsquo;est celle de la production agricole, de biens et de produits de consommation courante, animale et v\u00e9g\u00e9tale. <strong>De la souverainet\u00e9 agro-alimentaire.<\/strong> C&rsquo;est anormal qu&rsquo;un certain nombre de territoires, pour satisfaire les besoins locaux, soient oblig\u00e9s de faire venir massivement de l&rsquo;ext\u00e9rieur ce qui est de nature \u00e0 satisfaire les besoins de consommation locale. Cela soul\u00e8ve \u00e9norm\u00e9ment de sujets, \u00e9videmment, puisqu\u2019il s\u2019agit, encore une fois, de \u00a0d\u00e9tricoter une organisation qui trouve ses racines dans une histoire assez ancienne, insuffisamment connue, mais assez ancienne. Donc, cela prend du temps. Et mon message, c&rsquo;est surtout de dire qu\u2019on conna\u00eet les pistes, mais qu\u2019il faut juste \u00eatre pers\u00e9v\u00e9rant et maintenir l&rsquo;action dans la dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Alors, comment en sort-on ? Je crois que c&rsquo;est une d\u00e9marche d&rsquo;ensemble. \u00c0 mon sens, il n\u2019existe pas de baguette magique, il n&rsquo;y a pas une seule mesure qui suffira. C&rsquo;est toute une d\u00e9marche, tout un cadre. Quand je mentionne toutes ces pistes, cela ne veut pas dire que rien n&rsquo;est fait. Mais c&rsquo;est juste pour souligner qu&rsquo;\u00e0 mon sens, c&rsquo;est bien l\u00e0 qu&rsquo;il faut mettre l&rsquo;accent. Et pour que \u00e7a marche, il faut \u00eatre tr\u00e8s pers\u00e9v\u00e9rant, p\u00e9dagogique. Et, pour reprendre l\u2019antienne d\u2019Aim\u00e9 CESAIRE\u00a0: \u00ab\u00a0<em>donner de l\u2019air\u00a0! De l\u2019air\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Marcellin NADEAU<\/strong><\/p>\n<p><em>D\u00e9put\u00e9 de la Martinique<\/em><\/p>\n<p><em>Conseiller Territorial<\/em><\/p>\n<p><strong><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf. Marcellin NADEAU et Pascal MARGUERITTE, Nous sommes la Nature\u00a0! Ecologie, colonialit\u00e9 et libert\u00e9 des peuples, \u00e9ditions Idem, Paris 2024.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 partir de deux contributions publi\u00e9es dans Antilla \u2014 l\u2019interview de Mireille Pierre-Louis, sp\u00e9cialiste des finances publiques et des Outre-mer, et la r\u00e9ponse critique de Jean-Marie Nol, \u00e9conomiste et juriste en droit public, Marcellin Nadeau propose une mise en perspective des d\u00e9bats actuels sur le fonctionnement \u00e9conomique des Antilles. 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