{"id":85376,"date":"2026-01-19T16:51:35","date_gmt":"2026-01-19T20:51:35","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=85376"},"modified":"2026-01-19T16:51:35","modified_gmt":"2026-01-19T20:51:35","slug":"litterature-et-sociologie-des-humanites-indispensables-par-andre-lucrece","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/litterature-et-sociologie-des-humanites-indispensables-par-andre-lucrece\/","title":{"rendered":"Literature and Sociology: Essential Humanities. By Andr\u00e9 Lucr\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<article class=\"text-token-text-primary w-full focus:outline-none [--shadow-height:45px] has-data-writing-block:pointer-events-none has-data-writing-block:-mt-(--shadow-height) has-data-writing-block:pt-(--shadow-height) [&amp;:has([data-writing-block])&gt;*]:pointer-events-auto scroll-mt-[calc(var(--header-height)+min(200px,max(70px,20svh)))]\" dir=\"auto\" data-turn-id=\"759a744d-ef18-447a-8c9d-189f4c808ec8\" data-testid=\"conversation-turn-2\" data-scroll-anchor=\"false\" data-turn=\"assistant\">\n<div class=\"text-base my-auto mx-auto [--thread-content-margin:--spacing(4)] @w-sm\/main:[--thread-content-margin:--spacing(6)] @w-lg\/main:[--thread-content-margin:--spacing(16)] px-(--thread-content-margin)\">\n<div class=\"[--thread-content-max-width:40rem] @w-lg\/main:[--thread-content-max-width:48rem] mx-auto max-w-(--thread-content-max-width) flex-1 group\/turn-messages focus-visible:outline-hidden relative flex w-full min-w-0 flex-col agent-turn\">\n<div class=\"flex max-w-full flex-col grow\">\n<div class=\"min-h-8 text-message relative flex w-full flex-col items-end gap-2 text-start break-words whitespace-normal [.text-message+&amp;]:mt-1\" dir=\"auto\" data-message-author-role=\"assistant\" data-message-id=\"4bca88e0-e496-4f69-b800-3f51e171e6b9\" data-message-model-slug=\"gpt-5-2\">\n<div class=\"flex w-full flex-col gap-1 empty:hidden first:pt-[1px]\">\n<div class=\"markdown prose dark:prose-invert w-full break-words light markdown-new-styling\">\n<h2 style=\"text-align: left\" data-start=\"65\" data-end=\"436\">Dans ce texte, <strong data-start=\"99\" data-end=\"116\">Andr\u00e9 LUCR\u00c8CE<\/strong> rend hommage \u00e0 <strong data-start=\"132\" data-end=\"150\">\u00c9mile Ollivier<\/strong>, \u00e9crivain et sociologue ha\u00eftien, et rappelle le lien fort qui existe entre la litt\u00e9rature et la sociologie. \u00c0 travers des exemples, des mythes et des r\u00e9f\u00e9rences, il montre que ces deux disciplines aident \u00e0 mieux comprendre le monde, les soci\u00e9t\u00e9s et les r\u00e9alit\u00e9s humaines d\u2019aujourd\u2019hui.<\/h2>\n<hr \/>\n<h2 class=\"p1\"><b>Litt\u00e9rature et sociologie, des humanit\u00e9s indispensables<\/b><\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Il y a quelques ann\u00e9es, j\u2019ai re\u00e7u une lettre d\u2019Emile Ollivier \u2013 \u00e9crivain et sociologue ha\u00eftien vivant au Canada &#8211; saluant g\u00e9n\u00e9reusement la sortie de mon livre <em>Soci\u00e9t\u00e9 et modernit\u00e9<\/em>, livre \u00e0 propos duquel il me posait quelques questions concernant le devenir de nos pays, engageant par l\u00e0 un dialogue que nous avons poursuivi chaque fois que l\u2019occasion nous fut donn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Je lui avais fait parvenir un texte que j\u2019avais \u00e9crit sur le mythe de la Guiablesse, mythe martiniquais, qui l\u2019avait beaucoup int\u00e9ress\u00e9 et il me faisait savoir, en r\u00e9ponse, que cela lui avait donn\u00e9 des id\u00e9es d\u2019\u00e9criture. Ce n\u2019est que plus tard que j\u2019ai compris la relation entre cette r\u00e9flexion que j\u2019avais men\u00e9e sur ce mythe et la nouvelle d\u2019Emile Ollivier intitul\u00e9e \u00ab Une nuit, un taxi \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Si j\u2019attire votre attention sur cette nouvelle parue dans son livre dont le titre est <em>Regarde, regarde les lions<\/em>, c\u2019est que nous y retrouvons l\u2019illustration du motif que j\u2019ai choisi pour rendre hommage \u00e0 Emile Ollivier, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es, \u00e0 savoir le rapport \u00e9troit qu\u2019entretiennent quelquefois ceux qui, comme Emile et comme moi-m\u00eame, sont \u00e0 la fois \u00e9crivain et sociologue.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Dans cette nouvelle o\u00f9 un chauffeur de taxi ha\u00eftien affirme avoir rencontr\u00e9, sur le Pont Jacques-Cartier \u00e0 Montr\u00e9al, le jour de la Saint Jean, une \u00e2me errante, sorte de Guiablesse moderne. L\u2019auteur \u00e9crit ceci avec son humour habituel : \u00ab Habitant depuis assez longtemps ce pays, ayant fait \u00e0 l\u2019\u00e9cole de l\u2019exil tous les apprentissages, ayant re\u00e7u maints dipl\u00f4mes, ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 de bien des honneurs et pr\u00e9sent\u00e9 comme un mod\u00e8le r\u00e9ussi de citoyen int\u00e9gr\u00e9, j\u2019ai souvent \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 la rescousse, chaque fois que les autorit\u00e9s se heurtaient \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019ordre social, l\u00e9gislatif ou simplement humain afin d\u2019aider \u00e0 limiter les d\u00e9g\u00e2ts. \u00bb Ce dont, nous martiniquais, nous avons bien besoin aujourd\u2019hui, nous qui d\u00e9couvrons chaque jour, par radio et journaux, au petit matin un relev\u00e9 de cadavres cribl\u00e9s de fl\u00e8ches f\u00e9roces pendant nos nuits pour reprendre le vocabulaire th\u00e9ologique et litt\u00e9raire de Racine et de Pascal du XVII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Il y a l\u00e0, en r\u00e9alit\u00e9, une d\u00e9finition commune, une d\u00e9finition du sociologue et de l\u2019\u00e9crivain : d\u00e9codeur d\u2019humanit\u00e9 aidant \u00e0 limiter les d\u00e9g\u00e2ts en allant au plus pr\u00e8s de la v\u00e9rit\u00e9 des choses. Seule diff\u00e8re la m\u00e9thode. Le passage par la fiction caract\u00e9rise g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019\u00e9crivain qui met les mots au service de la cause, mais tous deux travaillent sur le r\u00e9el. Ce r\u00e9el est fait essentiellement d\u2019existences humaines confront\u00e9es au monde et \u00e0 son instabilit\u00e9. Mais ce r\u00e9el-l\u00e0 est forc\u00e9ment masqu\u00e9 par quelque chose qui, en partie, l\u2019engendre gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e8nement f\u00e9cond de la langue. C\u2019est pour cette raison que Val\u00e9ry, dans un texte majeur, d\u00e9finit lui-m\u00eame la soci\u00e9t\u00e9 comme \u00ab l\u2019empire des fictions \u00bb. En effet, la soci\u00e9t\u00e9, ne pouvant asseoir son ordre uniquement par des forces contraignantes, invente des fictions toutes aussi puissantes au point que certaines deviennent r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">\u00ab L\u2019ordre, dit Val\u00e9ry, exige donc l\u2019action de choses absentes, et r\u00e9sulte de l\u2019\u00e9quilibre des instincts par des id\u00e9aux. (\u2026). Les rites, les formes, les coutumes, accomplissent le dressage des animaux humains, r\u00e9priment ou mesurent leurs mouvements imm\u00e9diats. \u00bb Nous sommes donc, s\u2019agissant de la soci\u00e9t\u00e9, quelques fois dans des logiques fictionnelles auxquelles on a recours. Ecrivains et sociologues s\u2019attachent \u00e0 la construction ou \u00e0 l\u2019analyse du visible, afin de r\u00e9v\u00e9ler les existences substantielles qui sont devenues r\u00e9alit\u00e9s. C\u2019est aux citoyens de construire une civilisation dans la soci\u00e9t\u00e9 humaine qui est la n\u00f4tre, afin de se d\u00e9barrasser du ressentiment et de pratiquer une r\u00e9ceptivit\u00e9 cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Parmi les premiers \u00e0 avoir tent\u00e9, au demeurant malgr\u00e9 lui et avec quelques craintes, de concevoir une synth\u00e8se de la litt\u00e9rature et de la sociologie, il y a un homme proche de Tropiques et de C\u00e9saire en particulier : Michel Leiris. Sa tentative s\u2019exprime dans le texte intitul\u00e9 \u00ab Le sacr\u00e9 dans la vie quotidienne \u00bb, dans le passage du <em>nous \u00e0 ce je<\/em>, si pris\u00e9 du roman fran\u00e7ais de notre \u00e9poque dont on ne sait s\u2019il porte vraiment son nom, tant il rel\u00e8ve de l\u2019intimit\u00e9. Suivra alors <em>L\u2019\u00c2ge d\u2019homme<\/em>, un livre o\u00f9 Michel Leiris s\u2019expliquera sur sa tentative. Il y reviendra notamment dans le texte publi\u00e9 plus tard en quelque sorte en pr\u00e9face, \u00ab De la litt\u00e9rature consid\u00e9r\u00e9e comme une tauromachie \u00bb, celle-ci, la litt\u00e9rature, n\u2019\u00e9tant pas seulement un doux loisir, mais aussi un r\u00e9v\u00e9lateur de notre r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Il s\u2019agit de bien comprendre cette chose essentielle : c\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de la litt\u00e9rature ou de la sociologie, nous sommes amen\u00e9s \u00e0 construire une vision d\u2019ensemble du monde. Il faut avoir \u00e0 l\u2019esprit que dans la vie sociale, tout \u00ab un \u00e9difice d\u2019enchantements \u00bb peut faire son \u0153uvre. C\u2019est ce qui nous permet alors d\u2019esp\u00e9rer de la vie et d\u2019orienter l\u2019action humaine dans la prise de conscience de ce qui enrichit notre humanit\u00e9. Sinon, c\u2019est le chaos g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la d\u00e9civilisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><strong> Andr\u00e9 LUCRECE<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ce texte, Andr\u00e9 LUCR\u00c8CE rend hommage \u00e0 \u00c9mile Ollivier, \u00e9crivain et sociologue ha\u00eftien, et rappelle le lien fort qui existe entre la litt\u00e9rature et la sociologie. \u00c0 travers des exemples, des mythes et des r\u00e9f\u00e9rences, il montre que ces deux disciplines aident \u00e0 mieux comprendre le monde, les soci\u00e9t\u00e9s et les r\u00e9alit\u00e9s humaines d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":85377,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-85376","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-latribune"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85376","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=85376"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85376\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/85377"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=85376"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=85376"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=85376"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}