{"id":88029,"date":"2026-03-08T06:24:16","date_gmt":"2026-03-08T10:24:16","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=88029"},"modified":"2026-03-08T06:24:16","modified_gmt":"2026-03-08T10:24:16","slug":"femmes-dockers-de-fort-de-france-lhistoire-effacee-dune-modernisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/femmes-dockers-de-fort-de-france-lhistoire-effacee-dune-modernisation\/","title":{"rendered":"Femmes dockers de Fort-de-France : l\u2019histoire effac\u00e9e d\u2019une modernisation"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<h2 data-start=\"211\" data-end=\"995\"><em>\u00ab La modernisation du port n\u2019a pas seulement d\u00e9plac\u00e9 des marchandises : elle a aussi balay\u00e9 des centaines de femmes hors de l\u2019histoire visible de la Martinique. \u00bb<\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h2 data-start=\"211\" data-end=\"995\">Pendant longtemps, elles ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019activit\u00e9 portuaire de Fort-de-France. Transportant les r\u00e9gimes de bananes, assurant une part essentielle de la manutention, les femmes dockers ont fait vivre le port, les navires et une part enti\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie martiniquaise. Mais derri\u00e8re le r\u00e9cit du progr\u00e8s technique et de la modernisation du port s\u2019est jou\u00e9e une autre histoire, plus rude : celle d\u2019une \u00e9viction sociale massive, silencieuse, et profond\u00e9ment injuste.<\/h2>\n<h2 data-start=\"211\" data-end=\"995\">Dans le texte qui suit, Guy Flandrina revient sur une page trop peu racont\u00e9e de l\u2019histoire martiniquaise, o\u00f9 l\u2019industrialisation du travail a aussi signifi\u00e9 la disparition brutale de centaines d\u2019emplois f\u00e9minins, au prix de luttes sociales intenses et d\u2019un basculement durable pour de nombreuses familles.<\/h2>\n<hr \/>\n<h1><strong><span style=\"color: #800000\">Femmes victimes de mutations \u00e9conomiques<\/span> <\/strong><\/h1>\n<h2><strong>La modernisation du port de Fort-de-France, au milieu de la sixi\u00e8me d\u00e9cennie du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, aura entrain\u00e9 -apr\u00e8s de longues luttes sociales- l\u2019\u00e9viction des \u00ab\u00a0femmes dockers\u00a0\u00bb de ce site o\u00f9 elles jouaient pourtant un r\u00f4le moteur.<\/strong><\/h2>\n<p>De nombreux t\u00e9moins se souviennent encore comment, jusque dans les ann\u00e9es 1960, le chargement des bananes \u00e0 la<em> Transat<\/em> provoquait des embouteillages monstres \u00e0 Fort-de-France. Il y avait, du c\u00f4t\u00e9 Sud, une interminable procession de camions qui partait du boulevard Fran\u00e7ois REBOUL \u2500\u00e0 Sainte-Th\u00e9r\u00e8se\u2500 et qui arrivait jusqu\u2019\u00e0 la <em>Compagnie G\u00e9n\u00e9rale Transatlantique<\/em>.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-88031\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09.png\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09.png 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09-150x94.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09-450x281.png 450w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09-768x480.png 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.09-600x375.png 600w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la ville, sur tout le bord de mer, il y avait encore des camions dont la file commen\u00e7ait pr\u00e8s du Lyc\u00e9e Schoelcher. Ils stationnaient tout au long de la voie en s\u2019alignant pr\u00e8s de <em>La Fruiti\u00e8re<\/em> (b\u00e2timent actuel des Affaires Maritimes)\u00a0; l\u2019unique soci\u00e9t\u00e9 disposant d\u2019une chambre froide en Martinique. C\u2019est le port qui mettait un point final \u00e0 ce long cort\u00e8ge.<\/p>\n<p>Afin d\u2019\u00e9viter tout d\u00e9sordre sur la voie publique, un ancien militaire, M. PASTEL, r\u00e9gentait, depuis sa bicyclette, la foule des camionneurs et r\u00e9glait la file au cordeau.<\/p>\n<p>A la <em>Transat<\/em>, le bouillonnement ouvrier s\u2019organisait en un ballet incessant de femmes allant des camions aux bateaux, avec des r\u00e9gimes entiers emmaillot\u00e9s et en \u00e9quilibre sur leur t\u00eate prot\u00e9g\u00e9e par une <em>toch<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><em><strong>[1]<\/strong><\/em><\/a>.<\/p>\n<p>La fin des ann\u00e9es 1960, vient mettre un terme au r\u00e8gne, sans partage, des r\u00e9gimes entiers.<\/p>\n<h2><strong>R\u00e9volution de\u2026 carton\u00a0! <\/strong><\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-88032\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.17.png\" alt=\"\" width=\"769\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.17.png 769w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.17-150x156.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.17-450x468.png 450w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.17-600x624.png 600w\" sizes=\"(max-width: 769px) 100vw, 769px\" \/>D\u00e9sormais, c\u2019est le triomphe des <em>pattes<\/em> et des <em>mains<\/em>. Les emballages ont un nouvel habillage. Les bananes voyageront, dans divers types de bo\u00eetes en carton, avant d\u2019adopter d\u00e9finitivement le mod\u00e8le <em>standardis\u00e9<\/em> avec ses 18,5 kg.<\/p>\n<p>En Martinique, \u00e0 compter de 1963, nombre de cartons destin\u00e9s au conditionnement des bananes sont fabriqu\u00e9s, \u00e0 la Zone Industrielle de La L\u00e9zarde par <em>Martinique<\/em> <em>International Paper Company<\/em>.<\/p>\n<p>Avec les divers emballages en carton qui sortent de sa cha\u00eene de fabrication, cette industrie est florissante et couvre alors quasiment 100 % des besoins de la Martinique pour les divers emballages des autres secteurs productifs.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, cette r\u00e9volution mat\u00e9rielle n\u2019est pas sans cons\u00e9quence sur les conditions de travail.<\/p>\n<h2><strong>Femmes dockers n\u00e9antis\u00e9es<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li>D\u2019abord, la manutention des r\u00e9gimes n\u2019est plus la m\u00eame, les bananes seront <em>d\u00e9patt\u00e9es<\/em> (s\u00e9paration des mains de la hampe) pour \u00eatre conditionn\u00e9es dans les cartons\u00a0et les hangars vont se f\u00e9miniser.<\/li>\n<li>Ensuite, les changements survenus dans les hangars ont aussi siffl\u00e9 la fin des ballets de b\u00e2ch\u00e9es charg\u00e9es de r\u00e9gimes bringuebal\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Les transporteurs devront aussi adapter leurs habitudes et v\u00e9hicules \u00e0 leur chargement.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Enfin, les femmes, nagu\u00e8re si nombreuses \u00e0 charger les r\u00e9gimes sur les <em>bananiers<\/em>, vont quasiment dispara\u00eetre du port avec les norias (tapis roulants) qui assurent d\u00e9sormais le chargement m\u00e9canique des cartons sur les cargos.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pourtant, certains jours on d\u00e9nombrait \u00e0 la <em>Transat <\/em>de \u00ab\u00a018 \u00e0 20 \u00e9quipes de 14 femmes attach\u00e9es au chargement des navires bananiers\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Le journal <em>Justice<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a><\/em> fournit des indications tr\u00e8s instructives quant \u00e0 l\u2019organisation du travail sur le port et sur les navires bananiers, lors de leur chargement \u00e0 quai.<\/p>\n<p>Les dockers, indique le journal, sont \u00ab\u00a0subdivis\u00e9s en deux grands groupes, les \u00e9quipes de terre et les \u00e9quipes de bord\u00a0\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_88027\" aria-describedby=\"caption-attachment-88027\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-88027\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380.jpeg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"520\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380.jpeg 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380-150x98.jpeg 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380-450x293.jpeg 450w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380-768x499.jpeg 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8380-600x390.jpeg 600w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-88027\" class=\"wp-caption-text\">Femmes chargeant les r\u00e9gimes de bananes sur les bateaux. \u00c9d. BOISEL. Col. FLANDRINA<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les premi\u00e8res se chargent de la manutention, \u00e0 terre, des colis qu\u2019elles re\u00e7oivent des camions. \u00ab\u00a0Il y a \u00e0 la Transat 13 \u00e9quipes-terre compos\u00e9es chacune de 20 femmes, soit 260 personnes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019aucuns pourraient s\u2019\u00e9tonner de la distinction faite entre femmes et hommes. Cela tient au fait qu\u2019il \u00ab\u00a0n\u2019y a pas de femmes dockers en France m\u00e9tropolitaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur indique\u00a0: \u00ab\u00a0anciennement ces \u00e9quipes \u00e9taient 30 mais l\u2019introduction des engins m\u00e9caniques, en particulier des \u2018\u2019Clarks\u2019\u2019 (chariots \u00e9l\u00e9vateurs) a occasionn\u00e9 une r\u00e9duction du nombre de femmes dans les \u00e9quipes.<\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, beaucoup d\u2019\u00e9quipes ne contiennent que 15 dockers\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Quant aux \u00e9quipes de bord, il en existe 16 \u00ab\u00a0compos\u00e9es chacune de 11 femmes, soit 176 travailleurs. Chaque \u00e9quipe de bord comprend un chef de panneau qui dirige l\u2019op\u00e9ration d\u2019embarquement ou de d\u00e9barquement, deux treuillistes qui actionnent les treuils et huit femmes de cale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce sont donc tous ces emplois qui seront remis en cause par la \u00ab\u00a0modernisation\u00a0\u00bb du port de Fort-de-France, telle que pr\u00e9vue par la Chambre de Commerce. Le journal communiste pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0surtout au Quai Ouest o\u00f9 des engins m\u00e9caniques, en particulier des engins \u00e0 cr\u00e9maill\u00e8res sont appel\u00e9s \u00e0 les remplacer\u00a0\u00bb. Les auteurs de l\u2019enqu\u00eate pressentent que la m\u00e9canisation aura pour cons\u00e9quence le \u00ab\u00a0ch\u00f4mage de plus de mille ouvri\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Cette menace sur l\u2019emploi ne sera pas sans entra\u00eener des troubles sociaux.<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi, \u00ab\u00a0le mercredi 5 juin (1957), les dockers ont cess\u00e9 le travail pendant 3 heures (\u2026). L\u2019arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 \u00e0 cent pour cent, immobilisant deux bateaux\u00a0: le <em>Carbet<\/em> et un bananier\u00a0<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur explique les raisons de cette gr\u00e8ve\u00a0: \u00ab\u00a0Par suite de l\u2019emploi des machines sur le port, les \u00e9quipes de terre qui comprenaient 30 hommes ont \u00e9t\u00e9 successivement r\u00e9duites \u00e0 20, puis \u00e0 15 hommes, contrairement aux accords paritaires existants. Mercredi les patrons d\u00e9cid\u00e8rent de r\u00e9duire \u00e0 nouveau les \u00e9quipes et de les ramener \u00e0 10 hommes (\u2026)\u00a0<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>\u00bb<\/p>\n<p>Les tensions entre les dockers et les employeurs de la Transat sont de plus en plus vives. Les r\u00e9unions visant \u00e0 trouver des compromis se terminent sans aucun accord. Les dockers r\u00e9clament d\u00e9sormais un salaire horaire de 130,35 F (Cf. Tableau : <em>Les salaires sur le port<\/em>).<\/p>\n<p>Les employeurs et l\u2019administration pr\u00e9fectorale jugent cette \u00ab\u00a0revendication juste\u00a0\u00bb mais, disent-ils\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0nous ne pouvons pas la satisfaire\u00a0\u00bb. Ils ajoutent\u00a0: qu\u2019ils n\u2019ont\u00a0pu \u00ab\u00a0accorder l\u2019augmentation de 11 F. (109 \u00e0 120 F.) que gr\u00e2ce \u00e0 la suppression de certaines taxes sur le co\u00fbt de la manutention\u00a0\u00bb. Il n\u2019en faudra pas plus pour encore \u00e9largir le foss\u00e9 d\u2019incompr\u00e9hension qui s\u00e9pare les deux parties.<\/p>\n<p>Les dockers exigent d\u00e8s lors que l\u2019augmentation qu\u2019ils r\u00e9clament parte du jour de la suppression desdites taxes. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s mille h\u00e9sitations, mille calculs, les patrons acceptent cette proposition dans la mesure o\u00f9 les dockers donnent leur accord pour 120 F. au lieu de 130 F.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le jeudi 13, les dockers se r\u00e9unissent en Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la Maison des Syndicats afin que leurs leaders (R. LAURENCE, secr\u00e9taire du syndicat des dockers et V. LAMON, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union D\u00e9partementale des syndicats) fassent le point sur les n\u00e9gociations de la commission paritaire. Les personnes pr\u00e9sentes d\u00e9cident de \u00ab\u00a0percevoir le nouveau salaire de 120 F. mais de se battre pour l\u2019obtention des 130 F. par des arr\u00eats de travail limit\u00e9s\u00a0<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les dockers ne tarderont pas \u00e0 mettre en \u0153uvre cette d\u00e9cision.<\/strong><\/p>\n<p>En effet, le lundi 17 et le mardi 18 juin 1957, le port de Fort-de-France sera paralys\u00e9 pendant plusieurs heures. Divers bateaux en font les frais\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La Courbe, Troarn, Tanger, Hercules, Nina, Atlantic Oc\u00e9an, Fort Richepanse, Hy\u00e8res, Occulis<\/em> et <em>Cavalaire<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>La riposte patronale ne se fera pas attendre\u00a0: d\u00e8s le lundi, ils \u00ab\u00a0r\u00e9duisent la journ\u00e9e de travail de 3 heures\u00a0<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>On ne peut gu\u00e8re parler de \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb sociaux car, d\u00e9sormais, chaque camp rend coup pour coup.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-88030\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39.png\" alt=\"\" width=\"1298\" height=\"1136\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39.png 1298w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-150x131.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-450x394.png 450w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-1200x1050.png 1200w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-768x672.png 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-600x525.png 600w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Capture-decran-2026-03-08-a-06.05.39-900x788.png 900w\" sizes=\"(max-width: 1298px) 100vw, 1298px\" \/><\/p>\n<h2><strong>Bras de fer, menace de plomb\u2026<\/strong><\/h2>\n<p>Le mercredi 19 juin, \u00ab\u00a0les dockers font un arr\u00eat de travail de 8 \u00e0 10 heures. A 11 heures, les patrons arr\u00eatent le travail et effectuent la paie\u00a0\u00bb. Fin de la partie\u00a0? Loin de l\u00e0\u00a0! Fin seulement de cette journ\u00e9e de travail car le bras de fer se durcit. Le m\u00eame jour les patrons font tenir une lettre aux syndicats. Ils se disent \u00ab\u00a0dans l\u2019obligation de proc\u00e9der, \u00e0 compter d\u2019aujourd\u2019hui 13 heures, \u00e0 l\u2019embauche des seuls \u00e9l\u00e9ments syndiqu\u00e9s ou non qui s\u2019engageront \u00e0 travailler normalement\u00a0<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Bien \u00e9videmment, les syndicats consid\u00e8rent cela comme une provocation et \u00ab\u00a0une rupture de la convention collective\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le bras de fer semble se muer en menace de plomb\u2026<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A 13 heures, les portes principales de la Transat sont ferm\u00e9es. La police investit la Transat. L\u2019arm\u00e9e est requise pour d\u00e9charger le \u2018\u2019Troarn\u2019\u2019. Le chef de la manutention invite les dockers \u00e0 s\u2019embaucher mais sous la condition de ne pas revendiquer les 130 francs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les dockers font bloc et refusent de reprendre le travail dans les conditions propos\u00e9es. Ce sont les soldats qui s\u2019att\u00e8lent \u00e0 la t\u00e2che. Des \u00ab\u00a0contrema\u00eetres et les marins du <em>Troarn<\/em> actionnent les treuils et font les chefs de panneau\u00a0<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Au terme de ces 10 jours de gr\u00e8ve, syndicats et patrons de la Transat s\u2019asseyent de nouveau autour de la table de n\u00e9gociation. \u00ab\u00a0Les patrons se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 donner les 130,45 F. si les dockers acceptent un nouveau contrat collectif (\u2026)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les dockers pr\u00e9cisent \u00ab\u00a0qu\u2019aucune sanction pour fait de gr\u00e8ve ne sera autoris\u00e9e\u00a0\u00bb. Le principe d\u2019un accord semble acquis sur \u00ab\u00a0(\u2026) l\u2019acceptation des 122 F. par les dockers (13 F. d\u2019augmentation)\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u00e0 une d\u00e9cision \u00ab\u00a0toute provisoire et valable pour la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude du contrat collectif propos\u00e9. Leur revendication reste 130,45 F.\u00a0<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, ces acquis des hommes est une victoire en demi-teinte.<\/p>\n<h2><strong>Femmes victimes collat\u00e9rales<\/strong><\/h2>\n<p>Nous l\u2019avons dit, les femmes dockers des Antilles sont une sp\u00e9cificit\u00e9 dans les ports fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Si l\u2019on observe le tableau, relatif \u00e0 la grille des salaires sur le port de Fort-de-France, l\u2019on remarque que ceux des hommes de terre sont identiques \u00e0 ceux des femmes.<\/p>\n<p>C\u2019est dire si le travail qu\u2019elles fournissent est cons\u00e9quent !<\/p>\n<p>Pourtant, les femmes dockers seront les premi\u00e8res victimes de la \u00ab\u00a0modernisation\u00a0\u00bb dudit port.<\/p>\n<p>La m\u00e9canisation du quai Ouest pour le conditionnement de la banane aura eu comme cons\u00e9quence la perte de leur emploi pour un nombre de femmes, estim\u00e9es \u00e0 huit cents.<\/p>\n<p>L\u2019Union D\u00e9partementale de la Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale du Travail (U.D.C.G.T.) consid\u00e8re, dans une motion de protestation, ces licenciements comme \u00ab le fruit d\u2019une\u00a0 combinaison entre manutentionnaires, exportateurs de banane et Chambre de Commerce \u00bb. Ce \u00ab plan a \u00e9t\u00e9 rendu applicable, a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des Ponts et Chauss\u00e9es (faisant office d\u2019inspecteur du Travail), par un t\u00e9l\u00e9gramme minist\u00e9riel <a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_88025\" aria-describedby=\"caption-attachment-88025\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-88025\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381.jpeg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"534\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381.jpeg 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381-150x100.jpeg 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381-450x300.jpeg 450w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381-768x513.jpeg 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_8381-600x401.jpeg 600w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-88025\" class=\"wp-caption-text\">Chargement d\u2019un bananier Photo Rose-Rosette Col. FLANDRINA<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans l\u2019analyse qu\u2019il fait de ce qu\u2019il consid\u00e8re comme un mauvais coup port\u00e9 aux femmes-dockers, m\u00e8res de pr\u00e8s de \u00ab\u00a01.500 enfants\u00a0\u00bb, R. LAURENCE soutient que leur licenciement est \u00ab\u00a0bien plus facile que de t\u00e2cher d\u2019obtenir une r\u00e9duction du co\u00fbt exag\u00e9r\u00e9 du fret impos\u00e9 par la Compagnie G\u00e9n\u00e9rale Transatlantique\u00a0<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Lors de la r\u00e9union paritaire, du jeudi 20 juin 1957, la question du ch\u00f4mage des femmes\/dockers licenci\u00e9es est mise sur la table des n\u00e9gociations. \u00ab\u00a0Les patrons se sont d\u00e9clar\u00e9s incomp\u00e9tents, n\u2019ayant aucune responsabilit\u00e9 dans ce licenciement\u00a0\u00bb. Ils acceptent tout de m\u00eame le principe d\u2019une r\u00e9union le lendemain eu \u00e9gard \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019importance sociale\u00a0\u00bb du sujet. Le vendredi 21 donc, l\u2019Inspecteur en chef des Ponts et Chauss\u00e9es, un repr\u00e9sentant de la Transat, un repr\u00e9sentant de l\u2019Administration pr\u00e9fectorale et des repr\u00e9sentants des dockers se retrouvent afin d\u2019\u00e9tudier le probl\u00e8me de l\u2019indemnisation, voire du r\u00e9embauchage des femmes\/dockers.<\/p>\n<p>Mais, lors de cette rencontre, il s\u2019av\u00e8re que personne n\u2019est responsable de ce licenciement massif. \u00ab\u00a0La Transat d\u00e9clare qu\u2019on lui a impos\u00e9 la location des hangars du Quai Ouest (\u2026)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019Administration soutient qu\u2019elle a \u00ab\u00a0re\u00e7u des ordres minist\u00e9riels\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 la Chambre de Commerce (absente \u00e0 cette r\u00e9union), elle \u00ab\u00a0avait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9tendu que n\u2019ayant jamais employ\u00e9 des femmes dockers, elle n\u2019a pas \u00e0 les connaitre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour sa part, la d\u00e9l\u00e9gation des dockers \u00ab\u00a0a r\u00e9affirm\u00e9 tr\u00e8s nettement qu\u2019elle n\u2019admettrait jamais comme d\u00e9finitif le licenciement des femmes\u00a0<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Mais l\u2019Histoire est pass\u00e9e par l\u00e0 et la technologie a supplant\u00e9 d\u00e9finitivement le travail de transport des bananes sur les t\u00eates de ces courageuses femmes.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du commerce de la banane entre les Antilles et l\u2019Europe aura provoqu\u00e9 l\u2019\u00e9viction radicale de la gent f\u00e9minine de l\u2019aire portuaire par la m\u00e9canisation des t\u00e2ches.<\/p>\n<p>Le militant communiste G. MAUVOIS<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, dans une tribune appelant \u00e0 d\u00e9fendre les femmes dockers,<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a> soutient\u00a0: \u00ab\u00a0Quand la Transat remplace par des machines des centaines de femmes dockers, ces femmes-l\u00e0, si rien n\u2019est fait pour elles, retourneront parmi leurs enfants dans leurs cases du Morne Pichevin, de Sainte-Th\u00e9r\u00e8se, de La Folie ou de Crozanville pour connaitre une mis\u00e8re absolue (\u2026) dont rien ne permet de pr\u00e9voir le terme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019auteur ajoute pertinemment\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<h3><em>\u00ab\u00a0Ces femmes ne seront d\u2019ailleurs pas les seules victimes de leur licenciement. Car l\u2019argent qui ne sera plus pay\u00e9 en salaires \u00e0 ces centaines de travailleurs sera de l\u2019argent perdu \u00e9galement pour les petits commer\u00e7ants, les petits artisans (couturi\u00e8res, cordonniers etc\u2026) que les dockers font vivre\u00a0\u00bb.<\/em><\/h3>\n<\/blockquote>\n<p>A cette m\u00eame \u00e9poque, les navires d\u00e9sertent la darse pour rejoindre le Quai Ouest. Au d\u00e9but des ann\u00e9e 1970, ils abandonneront ce lieu, lui pr\u00e9f\u00e9rant le quai de l\u2019Hydrobase.<\/p>\n<p>Les femmes retourneront \u00e0 leur foyer ou rejoindront les organisations de luttes pour que d\u2019aucuns entendent ce que disait STENDHAL\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<h3><em>\u00a0\u00bb L&rsquo;admission des femmes \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 parfaite serait la marque la plus s\u00fbre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain \u00ab\u00a0.<\/em><\/h3>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Guy FLANDRINA. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Extrait du livre: \u00ab\u00a0SICA de Fonds Saint-Jacques, un mod\u00e8le collectiviste Martiniquais \u00bb, Guy FLANDRINA. \u00c9DITION SCITEP 2020.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Tissu enroul\u00e9 en spirale et pos\u00e9 sous la charge\u00a0; destin\u00e9 \u00e0 amortir les chocs sur le cr\u00e2ne durant le transport.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> T\u00e9moignage de Raymond SOREL, ex g\u00e9rant de la Compagnie Franco-Antillaise (CFA.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Justice, N\u00b0 20, 16 mai 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Justice, N\u00b0 23, 6 juin 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Ibidem.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Justice N\u00b0 25, 20 juin 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Ibidem.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Ibid.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Ibid.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Ibid.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Justice N\u00b0 27, 04 juillet 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Justice N\u00b0 28, 11 juillet 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Justice N\u00b0 31, 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Justice N\u00b0 22, 30 mai 1957.<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Homme politique et \u00e9crivain n\u00e9 (le 28 janvier 1922) \u00e0 Fort-de-France. Il d\u00e9c\u00e8de le 04 d\u00e9cembre 2018 au Carbet (Martinique).<\/em><\/li>\n<li><em><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Justice N\u00b0 28, 11 juillet 1957.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La modernisation du port n\u2019a pas seulement d\u00e9plac\u00e9 des marchandises : elle a aussi balay\u00e9 des centaines de femmes hors de l\u2019histoire visible de la Martinique. \u00bb Pendant longtemps, elles ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019activit\u00e9 portuaire de Fort-de-France. Transportant les r\u00e9gimes de bananes, assurant une part essentielle de la manutention, les femmes dockers<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":88033,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-88029","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88029","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88029"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88029\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88033"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88029"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88029"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88029"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}