{"id":88690,"date":"2026-03-21T09:20:06","date_gmt":"2026-03-21T13:20:06","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=88690"},"modified":"2026-03-21T09:24:14","modified_gmt":"2026-03-21T13:24:14","slug":"approvisionnement-stocks-delais-pourquoi-carrefour-martinique-mise-sur-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/approvisionnement-stocks-delais-pourquoi-carrefour-martinique-mise-sur-marseille\/","title":{"rendered":"Approvisionnement, stocks, d\u00e9lais : pourquoi Carrefour Martinique mise sur Marseille"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<h2><em>\u201cLe temps de transit et la connectivit\u00e9 logistique sont d\u00e9cisifs pour garantir l\u2019approvisionnement\u201d<\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h3><strong>\u00c0 l\u2019occasion de la table ronde organis\u00e9e ce mardi 17 mars, avant la signature de l\u2019accord de coop\u00e9ration entre le Grand Port Maritime de la Martinique et le Grand Port Maritime de Marseille, Christophe Bermont, directeur des supermarch\u00e9s Carrefour de Martinique, a apport\u00e9 un t\u00e9moignage concret, celui d\u2019un acteur de la grande distribution directement confront\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019importation. Derri\u00e8re les rayons des magasins, il d\u00e9crit une m\u00e9canique logistique complexe, faite d\u2019arbitrages permanents, de stocks \u00e0 ma\u00eetriser, de flux \u00e0 organiser et de connexions \u00e0 s\u00e9curiser entre entrep\u00f4ts, ports et destinations ultramarines. Pour lui, Marseille occupe une place centrale dans ce dispositif, non seulement en raison de la rapidit\u00e9 des liaisons, mais aussi parce que le port permet d\u2019articuler efficacement l\u2019ensemble de l\u2019organisation logistique de Carrefour au d\u00e9part de l\u2019Hexagone.<\/strong><\/h3>\n<h2><strong>Antilla : Vous interveniez lors de cette table ronde en tant que t\u00e9moin utilisateur de la ligne maritime. Quel regard portez-vous, en tant qu\u2019acteur de la grande distribution, sur cet enjeu logistique ?<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Christophe Bermont :<\/strong> J\u2019interviens effectivement en tant que client de cette ligne, avec une pr\u00e9occupation tr\u00e8s concr\u00e8te : celle de l\u2019approvisionnement de nos magasins. Pour nous, dans la grande distribution, la logistique n\u2019est pas un sujet abstrait. Elle conditionne directement la disponibilit\u00e9 des produits pour nos clients, notre capacit\u00e9 \u00e0 bien g\u00e9rer nos stocks et, au final, la qualit\u00e9 du service que nous rendons en magasin.<\/p>\n<p>Nous avons, en r\u00e9alit\u00e9, deux grands objectifs. Le premier, c\u2019est le <strong>temps de transit<\/strong>. C\u2019est un \u00e9l\u00e9ment essentiel, parce qu\u2019il nous permet de limiter les immobilisations de stocks \u00e0 destination. C\u2019est extr\u00eamement important. Mais il y a aussi un autre point, qu\u2019on oublie parfois : un bon transit time ouvre des possibilit\u00e9s suppl\u00e9mentaires pour l\u2019assortiment. Autrement dit, cela nous permet de mettre davantage de produits \u00e0 disposition de nos clients, dans des conditions acceptables.<\/p>\n<p>Quand les d\u00e9lais sont suffisamment performants, cela nous permet m\u00eame, dans certains cas, de basculer certains produits qui transitent aujourd\u2019hui par avion vers le maritime. Et cela, dans le contexte actuel que tout le monde conna\u00eet, est un enjeu majeur. Car d\u00e9velopper l\u2019accessibilit\u00e9 aux produits par la voie maritime, dans de bonnes conditions, est un levier tr\u00e8s important pour nous.<\/p>\n<h2><strong>Vous \u00e9voquez un second objectif. Lequel ?<\/strong><\/h2>\n<p>Le second enjeu, c\u2019est celui de la <strong>connectivit\u00e9<\/strong>. Il ne suffit pas que la marchandise arrive dans un port. Il faut aussi que ce port soit bien reli\u00e9 \u00e0 nos propres circuits logistiques, \u00e0 nos entrep\u00f4ts, \u00e0 notre organisation interne. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que Marseille pr\u00e9sente un avantage d\u00e9cisif pour nous.<\/p>\n<p>Chez Carrefour, nous avons une organisation par grands univers de produits. Nos magasins sont structur\u00e9s autour de six grands d\u00e9partements. Trois rel\u00e8vent de l\u2019alimentaire : les produits de consommation, le libre-service frais et les produits traditionnels. Trois autres concernent le non-alimentaire : le textile, le multim\u00e9dia et le bazar.<\/p>\n<p>Or, tous nos produits secs de grande consommation, qui repr\u00e9sentent environ <strong>40 % de notre chiffre d\u2019affaires,<\/strong>\u00a0s\u2019inscrivent dans cette organisation. Sur les produits import\u00e9s depuis l\u2019Hexagone, une part importante part de Marseille. Cela repr\u00e9sente \u00e0 peu pr\u00e8s <strong>25 % de ce que nous vendons dans nos magasins et que nous importons depuis la France hexagonale<\/strong>. Pour la Martinique, cela repr\u00e9sente environ <strong>2 300 conteneurs EVP<\/strong>. Ce sont donc des volumes loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeables.<\/p>\n<h2><strong>En quoi Marseille est-il particuli\u00e8rement adapt\u00e9 \u00e0 cette organisation ?<\/strong><\/h2>\n<p>Le grand avantage de Marseille, c\u2019est sa proximit\u00e9 avec les entrep\u00f4ts Carrefour et, plus largement, sa capacit\u00e9 \u00e0 nous connecter \u00e0 l\u2019ensemble de notre dispositif logistique. Carrefour dispose d\u2019une cartographie logistique tr\u00e8s structur\u00e9e, avec des entrep\u00f4ts sp\u00e9cialis\u00e9s : certains pour les liquides, d\u2019autres pour les produits frais, d\u2019autres pour l\u2019\u00e9picerie, avec parfois m\u00eame des sp\u00e9cialisations r\u00e9gionales suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de Marseille, aux Arcs, \u00e0 environ 140 kilom\u00e8tres, nous avons un entrep\u00f4t Carrefour qui met \u00e0 disposition l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de notre assortiment alimentaire. C\u2019est un point tr\u00e8s important. Concr\u00e8tement, nos marchandises destin\u00e9es \u00e0 la Martinique partent de ces entrep\u00f4ts, puis sont achemin\u00e9es vers nos propres installations \u00e0 <strong>Port-Saint-Louis-du-Rh\u00f4ne<\/strong>, o\u00f9 sont r\u00e9alis\u00e9es les op\u00e9rations d\u2019assemblage avant exp\u00e9dition.<\/p>\n<p>Vu de l\u2019ext\u00e9rieur, on pourrait croire qu\u2019il suffit que la marchandise soit charg\u00e9e dans un port et exp\u00e9di\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est beaucoup plus complexe. Il faut une r\u00e9ponse organisationnelle pr\u00e9cise \u00e0 la probl\u00e9matique de connexion entre les sites logistiques, les ports et les destinations finales. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette continuit\u00e9 que Marseille nous permet d\u2019assurer.<\/p>\n<h2><strong>Cette organisation suppose donc une m\u00e9canique logistique particuli\u00e8rement fine ?<\/strong><\/h2>\n<p>Absolument. Notre vrai enjeu est de faire partir la marchandise tout en respectant nos exigences de flux. Et ces flux sont eux-m\u00eames de deux natures.<\/p>\n<p>Nous avons d\u2019abord un <strong>flux stock\u00e9<\/strong>, qui concerne les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 forte rotation. Ces produits sont stock\u00e9s \u00e0 destination, en Martinique, chez un prestataire, avant d\u2019\u00eatre redistribu\u00e9s vers nos magasins.<\/p>\n<p>Et nous avons ensuite le <strong>cross-docking<\/strong>, qui concerne les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 plus faible rotation. Celles-ci sont command\u00e9es aupr\u00e8s des entrep\u00f4ts Carrefour, agr\u00e9g\u00e9es, puis consolid\u00e9es dans les conteneurs avec le flux stock\u00e9 afin d\u2019\u00eatre exp\u00e9di\u00e9es vers la Martinique.<\/p>\n<p>Cela montre bien que ce que le client voit en magasin &#8211; un produit disponible dans un rayon &#8211; est le r\u00e9sultat d\u2019une organisation tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e en amont. Rien n\u2019arrive \u201csimplement\u201d. Il y a des arbitrages, des regroupements, des contraintes de volumes, des choix de flux. Et c\u2019est tout cela qui conditionne \u00e9galement nos choix portuaires. Ce n\u2019est donc pas uniquement une question de dur\u00e9e de transport. Le sujet de la connectivit\u00e9 est tout aussi d\u00e9terminant.<\/p>\n<h2><strong>Marseille joue-t-il aussi un r\u00f4le important pour d\u2019autres familles de produits, notamment le textile ?<\/strong><\/h2>\n<p>Oui, tout \u00e0 fait. Nous importons \u00e9galement depuis Marseille des marchandises textiles. Et le textile a une particularit\u00e9 : pour les marques propres, nous devons g\u00e9rer des stocks li\u00e9s \u00e0 des logiques de saisonnalit\u00e9. Or, ces saisons ne correspondent pas toujours \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de nos territoires ultramarins.<\/p>\n<p>Nous devons donc acheter ce que l\u2019on appelle le \u201cgrand import\u201d, le stocker \u00e0 Marseille, puis le faire partir progressivement, au fil de l\u2019eau, vers nos diff\u00e9rentes destinations. Quand je parle de destinations, je parle des Antilles, mais aussi de La R\u00e9union.<\/p>\n<p>Nous combinons donc les d\u00e9parts de marchandises alimentaires et ceux du textile. C\u2019est cet ensemble qui repr\u00e9sente environ <strong>2 000 \u00e0 2 300 conteneurs pour les Antilles<\/strong>. Si l\u2019on inclut la Guadeloupe et la Guyane, nous atteignons environ <strong>4 300 conteneurs<\/strong>. Pour la zone Oc\u00e9an Indien nous sommes \u00e0 pr\u00e8s de <strong>10 000 Evp <\/strong>dont <strong>7500 pour La R\u00e9union<\/strong>.<\/p>\n<p>On voit donc bien l\u2019importance de Marseille dans notre fonctionnement global, non seulement pour la Martinique, mais aussi pour l\u2019ensemble de nos territoires desservis.<\/p>\n<h2><strong>Au fond, qu\u2019est-ce que ce t\u00e9moignage dit de la place strat\u00e9gique de Marseille pour Carrefour Martinique ?<\/strong><\/h2>\n<p>Il dit que Marseille n\u2019est pas simplement un point de d\u00e9part maritime. C\u2019est un maillon central de notre cha\u00eene logistique. Ce port nous permet de r\u00e9pondre \u00e0 nos imp\u00e9ratifs de d\u00e9lai, de stock, de regroupement des marchandises et de connexion avec nos entrep\u00f4ts.<\/p>\n<p>C\u2019est cette combinaison qui nous permet d\u2019assurer l\u2019essentiel de ce que nous importons. Et quand on parle d\u2019approvisionnement, il faut toujours garder en t\u00eate qu\u2019il s\u2019agit, au bout du compte, de garantir \u00e0 nos clients l\u2019acc\u00e8s aux produits, dans les meilleures conditions possibles.<\/p>\n<h2><strong>Un dernier mot sur les conditions d\u2019exploitation portuaire ?<\/strong><\/h2>\n<p>Oui. Sans revenir sur les aspects techniques d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s par d\u2019autres intervenants, je dirais simplement qu\u2019il y a aussi, pour nous, un \u00e9l\u00e9ment de stabilit\u00e9 \u00e0 prendre en compte. Globalement, l\u2019exposition aux mouvements sociaux appara\u00eet moindre sur le port de Marseille. Et pour un distributeur, cette r\u00e9gularit\u00e9 compte aussi. Car chaque rupture, chaque retard, chaque al\u00e9a a des cons\u00e9quences directes sur l\u2019approvisionnement et sur la disponibilit\u00e9 des produits en magasin.<\/p>\n<blockquote>\n<h2><em>Au fond, notre priorit\u00e9 reste toujours la m\u00eame : s\u00e9curiser les flux pour mieux servir nos clients.<\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<p><em>Propos recueillis par Roland Dorival.<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cLe temps de transit et la connectivit\u00e9 logistique sont d\u00e9cisifs pour garantir l\u2019approvisionnement\u201d \u00c0 l\u2019occasion de la table ronde organis\u00e9e ce mardi 17 mars, avant la signature de l\u2019accord de coop\u00e9ration entre le Grand Port Maritime de la Martinique et le Grand Port Maritime de Marseille, Christophe Bermont, directeur des supermarch\u00e9s Carrefour de Martinique, a<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":88688,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":null,"rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-88690","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88690"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88690\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88688"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}