{"id":90513,"date":"2026-05-13T12:09:52","date_gmt":"2026-05-13T16:09:52","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=90513"},"modified":"2026-05-13T12:09:52","modified_gmt":"2026-05-13T16:09:52","slug":"btp-martinique-des-credits-existent-mais-les-engagements-diminuent-le-btp-martiniquais-attend-maintenant-des-chantiers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/btp-martinique-des-credits-existent-mais-les-engagements-diminuent-le-btp-martiniquais-attend-maintenant-des-chantiers\/","title":{"rendered":"Construction Industry in Martinique. Funding Is Available, but Contracts Are on the Decline: Martinique\u2019s Construction Industry Now Awaits New Projects"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<h2><strong><em>\u201cLe BTP martiniquais a besoin d\u2019un calendrier, d\u2019une m\u00e9thode et d\u2019un flux de chantiers. Sans cela, les cr\u00e9dits resteront des chiffres et la d\u00e9tresse des entrepreneurs continuera de s\u2019aggraver.\u201d<\/em><\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h2>Les entrepreneurs du BTP ne vivent pas de lignes budg\u00e9taires. Ils vivent de chantiers, de devis sign\u00e9s, de march\u00e9s attribu\u00e9s, d\u2019\u00e9quipes mobilis\u00e9es et de situations de travaux pay\u00e9es. C\u2019est toute la difficult\u00e9 du moment en Martinique. Des cr\u00e9dits existent encore pour le logement aid\u00e9 : 15 millions d\u2019euros d\u2019autorisations d\u2019engagement LBU, 18 millions d\u2019euros de cr\u00e9dits de paiement, 605 000 euros de MPA (Ma Prime Adapt), un quota de 111 PLS et un nouveau cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t r\u00e9habilitation. Mais les engagements sont sous tension, la production reste irr\u00e9guli\u00e8re, et les entreprises continuent de regarder leurs carnets de commandes avec inqui\u00e9tude. Car entre l\u2019argent annonc\u00e9 et le chantier ouvert, il y a parfois un gouffre. Et c\u2019est dans ce gouffre que beaucoup disent aujourd\u2019hui s\u2019\u00e9puiser.<\/h2>\n<p><u>Dossier r\u00e9alis\u00e9 par Antilla \/ B\u00e2tisseurs<\/u><\/p>\n<h1><strong>Les principaux chiffres \u00e0 retenir<\/strong><\/h1>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-90517\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-13-a-12.07.07.png\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"498\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-13-a-12.07.07.png 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-13-a-12.07.07-768x478.png 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-13-a-12.07.07-150x93.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-13-a-12.07.07-450x280.png 450w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<h1>Une d\u00e9tresse entrepreneuriale qui ne rel\u00e8ve plus seulement du ressenti<\/h1>\n<p>La r\u00e9union des professionnels du BTP, organis\u00e9e le mardi 12 mai \u00e0 la Maison du BTP, \u00e0 Fort-de-France, n\u2019avait rien d\u2019un simple moment de mauvaise humeur collective. Ce qui s\u2019est exprim\u00e9 hier, <strong>c\u2019est une inqui\u00e9tude profonde sur l\u2019avenir d\u2019une fili\u00e8re qui se sent prise en \u00e9tau.<\/strong> D\u2019un c\u00f4t\u00e9, des besoins consid\u00e9rables en logements, en r\u00e9habilitation, en \u00e9quipements, en r\u00e9seaux, en entretien du patrimoine public et priv\u00e9. De l\u2019autre, des entreprises qui voient les op\u00e9rations sortir trop lentement, les prix bouger trop vite, les d\u00e9lais s\u2019allonger, les tr\u00e9soreries se tendre et les \u00e9quipes devenir difficiles \u00e0 maintenir.<\/p>\n<p>Les chiffres donnent du poids \u00e0 ce malaise. En 2025, les logements autoris\u00e9s reculent encore de 7,9 % et les logements mis en chantier de 4 %. Les logements individuels purs baissent de 9,3 % pour les autorisations et de 15,6 % pour les mises en chantier. Le non-r\u00e9sidentiel ne compense pas cette contraction : les surfaces mises en chantier y reculent de 28,5 %. L\u2019emploi int\u00e9rimaire baisse de 22,5 % et les effectifs salari\u00e9s du BTP diminuent \u00e9galement de 4,9 %. Ces indicateurs ne d\u00e9crivent pas une simple mauvaise passe. Ils disent une fili\u00e8re qui <strong>perd de la vitesse, de la visibilit\u00e9 et de la confiance<\/strong>. <em>Sources CERC MARTINIQUE<\/em><\/p>\n<h1>Une profession qui ne demande pas seulement des aides, mais de la visibilit\u00e9<\/h1>\n<p>Il serait trop simple de r\u00e9pondre aux entrepreneurs : \u00ab les cr\u00e9dits existent, \u00e0 vous de produire \u00bb. Cette phrase serait injuste. Produire un logement, lancer une op\u00e9ration, ouvrir un chantier, ce n\u2019est pas seulement une affaire d\u2019entreprise. C\u2019est une cha\u00eene enti\u00e8re qui doit fonctionner.<\/p>\n<p>Il faut du foncier disponible, des permis, des \u00e9tudes, des r\u00e9seaux, des financements \u00e9quilibr\u00e9s, des appels d\u2019offres lanc\u00e9s au bon moment, des prix compatibles avec la r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9, des d\u00e9lais de paiement tenables, des ma\u00eetres d\u2019ouvrage capables de programmer, des collectivit\u00e9s en capacit\u00e9 d\u2019accompagner, des services instructeurs qui puissent suivre, et des bailleurs ayant les moyens humains, financiers et techniques de porter les op\u00e9rations jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<p>Quand l\u2019un de ces maillons bloque, c\u2019est l\u2019entreprise qui le ressent en dernier, mais le plus violemment. Elle a ses salari\u00e9s, ses charges, ses v\u00e9hicules, ses assurances, ses fournisseurs, ses emprunts, ses engagements. Elle ne peut pas attendre ind\u00e9finiment que les projets m\u00fbrissent. <strong>Pour elle, le temps administratif n\u2019est pas neutre. Il peut devenir une menace directe.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est pour cela que<strong> la d\u00e9tresse exprim\u00e9e par les professionnels doit \u00eatre entendue. <\/strong>Les chefs d\u2019entreprise ne demandent pas seulement une enveloppe suppl\u00e9mentaire. Ils demandent une chose plus fondamentale : savoir ce qui va r\u00e9ellement sortir. Quels programmes ? \u00c0 quelle date ? Pour quels volumes ? Avec quels lots ? Selon quels calendriers ? Avec quelles garanties de paiement ? Et avec quelle prise en compte des surco\u00fbts qui frappent aujourd\u2019hui les mat\u00e9riaux, le transport et la main-d\u2019\u0153uvre ?<\/p>\n<h1>La LBU : des cr\u00e9dits existent, mais l\u2019inqui\u00e9tude demeure<\/h1>\n<p>Dans ce climat d\u00e9j\u00e0 tendu, l\u2019inqui\u00e9tude autour de la LBU a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur. Pour les professionnels du BTP, la ligne budg\u00e9taire unique n\u2019est pas seulement un outil social. Elle est aussi un d\u00e9clencheur d\u2019activit\u00e9. Elle permet de boucler des op\u00e9rations de logement social et, derri\u00e8re elle, de mobiliser d\u2019autres financements, notamment la d\u00e9fiscalisation ou les pr\u00eats.<\/p>\n<p>Selon les acteurs de la fili\u00e8re, la LBU peut repr\u00e9senter 15 \u00e0 20 % du prix de revient d\u2019une op\u00e9ration, mais son effet de levier peut \u00eatre beaucoup plus important sur l\u2019activit\u00e9 globale. C\u2019est pourquoi toute alerte sur une baisse ou une tension de la LBU provoque imm\u00e9diatement une inqui\u00e9tude forte. Les entreprises ne regardent pas seulement le montant de la subvention. Elles regardent le volume de chantiers qui pourrait ne pas se faire.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments disponibles permettent toutefois de pr\u00e9ciser la situation martiniquaise. Pour 2026, la Martinique disposerait de 15 millions d\u2019euros en autorisations d\u2019engagement LBU et de 18 millions d\u2019euros en cr\u00e9dits de paiement. \u00c0 cela s\u2019ajoutent 605 000 euros de MPA, permettant de financer environ 100 dossiers, contre 175 000 euros en 2025. Le quota de PLS est fix\u00e9 \u00e0 111 logements, contre 104 en 2025. Un nouveau cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t r\u00e9habilitation permettrait de financer 40 % des op\u00e9rations concern\u00e9es et de prolonger l\u2019exon\u00e9ration de TFPB. C\u2019est Le nouveau cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t r\u00e9habilitation, qui peut financer jusqu\u2019\u00e0 40 % des op\u00e9rations concern\u00e9es et prolonger l\u2019exon\u00e9ration de taxe fonci\u00e8re sur les propri\u00e9t\u00e9s b\u00e2ties, TFPB, constitue un levier suppl\u00e9mentaire pour \u00e9quilibrer certains projets.<\/p>\n<p>Par ailleurs, 52 op\u00e9rations repr\u00e9sentant environ 300 millions d\u2019euros dans le cadre du plan de relance du 12 f\u00e9vrier ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es sur 2025.<\/p>\n<p>Ces donn\u00e9es montrent qu\u2019il serait inexact de dire que les financements ont disparu. Mais elles ne suffisent pas \u00e0 rassurer compl\u00e8tement. Car <strong>les entreprises ne vivent pas de cr\u00e9dits inscrits ou notifi\u00e9s. Elles vivent du rythme r\u00e9el des op\u00e9rations.<\/strong><\/p>\n<h1>Le vrai malaise : l\u2019\u00e9cart entre les enveloppes et les chantiers<\/h1>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que se situe le c\u0153ur du probl\u00e8me. L\u2019\u00c9tat peut dire que les cr\u00e9dits sont l\u00e0. Les professionnels peuvent r\u00e9pondre que les chantiers, eux, ne sortent pas assez vite, pas assez r\u00e9guli\u00e8rement, pas assez clairement. Les deux affirmations peuvent \u00eatre vraies en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Un financement peut \u00eatre disponible sans produire imm\u00e9diatement de l\u2019activit\u00e9. Une op\u00e9ration peut \u00eatre financ\u00e9e mais encore bloqu\u00e9e par le foncier, les \u00e9tudes, les autorisations, les co\u00fbts ou les proc\u00e9dures. Un programme peut \u00eatre annonc\u00e9 mais ne pas encore g\u00e9n\u00e9rer d\u2019appels d\u2019offres. Une enveloppe peut \u00eatre s\u00e9curis\u00e9e mais ne pas se traduire avant plusieurs mois en commandes pour les entreprises.<\/p>\n<p>Pour les administrations et les financeurs, ce d\u00e9lai peut sembler normal. Pour une entreprise, il peut \u00eatre destructeur. Un chef d\u2019entreprise ne peut pas dire \u00e0 ses salari\u00e9s : \u00ab des cr\u00e9dits existent, mais nous attendons qu\u2019ils deviennent des march\u00e9s \u00bb. Il doit payer les salaires maintenant, entretenir le mat\u00e9riel maintenant, r\u00e9pondre aux fournisseurs maintenant, garder les comp\u00e9tences maintenant.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est cette diff\u00e9rence de temporalit\u00e9 qui nourrit la col\u00e8re et l\u2019inqui\u00e9tude. Le BTP martiniquais ne demande pas seulement des chiffres. Il demande une traduction concr\u00e8te de ces chiffres en activit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<h1>Des entreprises prises dans un effet ciseau, avec le MACF en toile de fond<\/h1>\n<p><strong>\u00c0 cette incertitude s\u2019ajoute la hausse des co\u00fbts<\/strong>. Les mat\u00e9riaux \u00e0 base de p\u00e9trole, comme les tuyaux PVC, certaines canalisations, les sols souples ou les membranes d\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 connaissent d\u00e9j\u00e0 des hausses comprises entre 10 et 20 %. Les produits sid\u00e9rurgiques, notamment les aciers, sont \u00e9galement sous tension, avec des hausses annonc\u00e9es autour de 10 %. Pour les autres mat\u00e9riaux import\u00e9s destin\u00e9s au b\u00e2timent et aux travaux publics, l\u2019impact li\u00e9 aux co\u00fbts logistiques et aux transports pourrait atteindre 4 \u00e0 5 %.<\/p>\n<p>Le ciment concentre aussi les pr\u00e9occupations. Sur les trois premiers mois de 2026, les ventes cumul\u00e9es atteignent 36 770,29 tonnes contre 38 329,04 tonnes sur la m\u00eame p\u00e9riode en 2025. En janvier, les ventes de ciment en vrac reculent de 11,01 %, et les ventes en sac de 17 %. En f\u00e9vrier, la baisse atteint 18,33 % pour le vrac et 4,71 % pour le sac. Le rebond observ\u00e9 en mars ne suffit pas \u00e0 effacer l\u2019inqui\u00e9tude, car il peut correspondre \u00e0 des op\u00e9rations anciennes arrivant \u00e0 leur terme plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un vrai red\u00e9marrage.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoute d\u00e9sormais l\u2019inqui\u00e9tude li\u00e9e au m\u00e9canisme d\u2019ajustement carbone aux fronti\u00e8res, le MACF. Ce dispositif europ\u00e9en vise \u00e0 \u00e9viter que des produits import\u00e9s \u00e9chappent aux contraintes environnementales impos\u00e9es aux industriels europ\u00e9ens. Mais pour la Martinique, r\u00e9gion ultrap\u00e9riph\u00e9rique d\u00e9pendante de l\u2019importation de nombreux mat\u00e9riaux, son application soul\u00e8ve une difficult\u00e9 particuli\u00e8re. Selon les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent\u00e9s par les professionnels, le MACF pourrait peser fortement sur le clinker, composant essentiel du ciment, avec un impact direct sur le prix final des mat\u00e9riaux utilis\u00e9s dans les chantiers.<\/p>\n<p>Les acteurs du BTP ne contestent pas l\u2019objectif de d\u00e9carbonation. <strong>Ils demandent que les r\u00e8gles europ\u00e9ennes tiennent compte de la r\u00e9alit\u00e9 des r\u00e9gions ultrap\u00e9riph\u00e9riques :<\/strong> \u00e9loignement, \u00e9troitesse du march\u00e9, d\u00e9pendance aux importations, absence de production locale suffisante de certains intrants, faibles marges d\u2019absorption des surco\u00fbts. Pour une entreprise martiniquaise, une hausse sur le ciment, l\u2019acier, les produits p\u00e9trosourc\u00e9s ou les mat\u00e9riaux import\u00e9s ne se r\u00e9sume pas \u00e0 une ligne de prix. Elle peut remettre en cause l\u2019\u00e9quilibre d\u2019un devis, r\u00e9duire la marge, retarder un chantier ou rendre une op\u00e9ration plus difficile \u00e0 financer.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, les entrepreneurs se retrouvent coinc\u00e9s. Moins de visibilit\u00e9 sur les chantiers, des co\u00fbts qui montent, des devis difficiles \u00e0 tenir, des marges qui se r\u00e9duisent, des d\u00e9lais de paiement qui p\u00e8sent sur la tr\u00e9sorerie. Beaucoup ont le sentiment de devoir absorber seuls des contraintes qui les d\u00e9passent.<\/p>\n<h1>Le logement social, le LLI et le PSLA doivent devenir des moteurs de relance<\/h1>\n<p>La r\u00e9ponse ne peut donc pas \u00eatre seulement budg\u00e9taire. Elle doit \u00eatre op\u00e9rationnelle. Le logement social, le logement locatif interm\u00e9diaire, le PSLA, la r\u00e9habilitation et l\u2019adaptation de l\u2019habitat doivent devenir des leviers concrets de relance du BTP.<\/p>\n<p>Le PLS progresse l\u00e9g\u00e8rement, avec 111 logements contre 104 en 2025. Mais les livraisons des trois derni\u00e8res ann\u00e9es montrent une forte irr\u00e9gularit\u00e9 : 449 logements livr\u00e9s en 2023, 204 en 2024, puis 448 en 2025. Cette variation illustre la difficult\u00e9 du secteur : il ne suffit pas d\u2019avoir des ann\u00e9es hautes. Les entreprises ont besoin d\u2019un flux r\u00e9gulier.<\/p>\n<p>Le LLI et le PSLA, non soumis au quota PLS, peuvent aussi constituer des relais importants. Mais l\u00e0 encore, ils ne se d\u00e9velopperont pas seuls. Il faut des op\u00e9rateurs, des fonciers, des prix de sortie compatibles avec les revenus des m\u00e9nages, des montages s\u00e9curis\u00e9s et une vraie volont\u00e9 de programmation.<\/p>\n<p>La r\u00e9habilitation peut \u00e9galement jouer un r\u00f4le majeur. Elle correspond aux besoins du territoire : adaptation au vieillissement, am\u00e9lioration du parc existant, r\u00e9duction de la vacance, entretien du patrimoine. Elle mobilise souvent un tissu d\u2019entreprises et d\u2019artisans plus diffus. Mais pour devenir une r\u00e9ponse \u00e9conomique, elle doit elle aussi \u00eatre massifi\u00e9e, organis\u00e9e et programm\u00e9e.<\/p>\n<h1>Les professionnels veulent comprendre, pas seulement entendre des r\u00e9ponses<\/h1>\n<p>Le malaise actuel vient aussi d\u2019un manque de lisibilit\u00e9, m\u00eame des manifestations comme \u201cLe Salon des B\u00e2tisseurs\u201d ou \u201cLe M\u00e9choui du BTP\u201d et diverses reunions de syndicats professionnels, contribuent \u00e0 cel\u00e0. Les professionnels entendent parler de cr\u00e9dits, de quotas, de plans, de dispositifs fiscaux, de financements d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s. Mais ce qu\u2019ils veulent savoir est plus direct : o\u00f9 sont les op\u00e9rations ? Quand sortent les consultations ? Quels bailleurs lancent quoi ? Quels march\u00e9s arrivent ? Quels lots seront accessibles aux entreprises locales ? Quels d\u00e9lais de paiement seront garantis ? Quels projets sont bloqu\u00e9s et pourquoi ?<\/p>\n<p>Cette demande n\u2019est pas corporatiste. Elle est vitale pour un territoire o\u00f9 le BTP irrigue l\u2019emploi, la formation, les recettes locales, les fournisseurs, les transporteurs, les bureaux d\u2019\u00e9tudes, les architectes, les artisans et les collectivit\u00e9s. Quand le BTP ralentit, ce n\u2019est pas seulement une fili\u00e8re qui souffre. C\u2019est une partie de l\u2019\u00e9conomie martiniquaise qui se grippe.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9ponse doit donc \u00eatre collective<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat et la CTM, ne peuvent pas \u00eatre seuls responsables de tous les blocages. Les entreprises ne peuvent pas \u00eatre seules somm\u00e9es de produire. Les bailleurs, les collectivit\u00e9s, les financeurs, les op\u00e9rateurs priv\u00e9s, les intercommunalit\u00e9s, les services instructeurs et les organisations professionnelles doivent partager une m\u00eame lecture de la situation.<\/p>\n<h1>Ni proc\u00e8s, ni d\u00e9ni<\/h1>\n<p>La situation exige d\u2019\u00e9viter deux pi\u00e8ges. Le premier serait de dire que tout s\u2019effondre financi\u00e8rement, sans tenir compte des moyens r\u00e9ellement disponibles. Le second serait de dire que tout va bien parce que des financements existent.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est plus inconfortable. Des cr\u00e9dits existent, m\u00eame si les engagements sont sous tension. Des op\u00e9rations sont financ\u00e9es, mais la fili\u00e8re manque de visibilit\u00e9. Des dispositifs sont disponibles, mais leur transformation en chantiers reste trop lente ou trop irr\u00e9guli\u00e8re. Des besoins en logements sont massifs, mais la production ne suit pas toujours le rythme n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit donc pas de chercher un coupable unique. Il s\u2019agit de reconna\u00eetre une urgence : <strong>le BTP martiniquais a besoin d\u2019un calendrier, d\u2019une m\u00e9thode et d\u2019un flux de chantiers. Sans cela, les cr\u00e9dits resteront des chiffres et la d\u00e9tresse des entrepreneurs continuera de s\u2019aggraver.<\/strong><\/p>\n<h1>Une r\u00e9union v\u00e9rit\u00e9 pour passer des chiffres aux projets<\/h1>\n<p>La prochaine \u00e9tape devrait \u00eatre claire : organiser une v\u00e9ritable r\u00e9union de v\u00e9rit\u00e9 sur le logement, la construction et les chantiers \u00e0 venir en Martinique. Pas une r\u00e9union de plus pour commenter la crise, mais une table ronde op\u00e9rationnelle, autour des dossiers r\u00e9els.<\/p>\n<p>Autour de la table devraient \u00eatre r\u00e9unis les maires, les EPCI, l\u2019\u00c9tat, la DEAL, la pr\u00e9fecture et les services concern\u00e9s, la CTM, les bailleurs sociaux, les op\u00e9rateurs, les services techniques des communes, les organisations professionnelles du BTP, les financeurs et les repr\u00e9sentants des entreprises. Chaque acteur devrait venir avec ses projets, ses dossiers, ses blocages, ses calendriers, ses financements, ses besoins et ses engagements possibles.<\/p>\n<p>L\u2019objectif serait simple : voir clair. Quels projets sont pr\u00eats ? Quels projets sont bloqu\u00e9s ? Pourquoi ? Quelles op\u00e9rations peuvent sortir rapidement ? Quels freins rel\u00e8vent du foncier, des autorisations, des r\u00e9seaux, du financement, de la ma\u00eetrise d\u2019ouvrage, des co\u00fbts ou des proc\u00e9dures ? Quels chantiers peuvent \u00eatre lanc\u00e9s dans les six prochains mois ? Quels appels d\u2019offres peuvent \u00eatre programm\u00e9s ? Quels engagements chaque acteur peut-il prendre ?<\/p>\n<p>Dans le cadre des <em>\u201cRendez-vous du BTP\u201d,<\/em> <strong>le magazine B\u00e2tisseurs pourrait contribuer \u00e0 organiser une telle rencontre, en lien avec les acteurs publics et priv\u00e9s concern\u00e9s<\/strong>. Mais une telle initiative ne peut avoir de sens que si elle re\u00e7oit le feu vert et l\u2019implication des principaux d\u00e9cideurs : \u00c9tat, pr\u00e9fecture, DEAL, CTM, EPCI, communes, bailleurs et organisations professionnelles.<\/p>\n<p>Car aujourd\u2019hui, la question n\u2019est plus seulement de savoir si les cr\u00e9dits existent. Ils existent, m\u00eame si la tension sur les engagements inqui\u00e8te. La question est de savoir comment la Martinique transforme ces moyens en logements, en march\u00e9s, en emplois et en activit\u00e9 r\u00e9elle.<\/p>\n<h2><strong>Le BTP martiniquais ne demande pas qu\u2019on lui dise que tout ira bien. Il demande qu\u2019on lui montre, dossier par dossier, ce qui va ENFIN sortir et quand.<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Philippe Pied<\/strong><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px\"><strong><u>Editor's Note<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px\"><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 apr\u00e8s avoir suivi la conf\u00e9rence organis\u00e9e par les professionnels du BTP d\u2019hier, confront\u00e9 les chiffres pr\u00e9sent\u00e9s avec les donn\u00e9es disponibles de la CERC, de l\u2019\u00c9tat, de la CTM et des documents publics consultables, notamment les sources gouvernementales relatives au logement, aux finances publiques et aux textes applicables.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px\"><em>Compte tenu du nombre important de donn\u00e9es, de dispositifs et de sigles mobilis\u00e9s, certains chiffres peuvent n\u00e9cessiter des pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires ou des mises \u00e0 jour. Si une erreur ou une approximation s\u2019est gliss\u00e9e dans cette synth\u00e8se, je m\u2019en excuse par avance et je la corrigerais naturellement d\u00e8s r\u00e9ception d\u2019\u00e9l\u00e9ments v\u00e9rifi\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px\"><em>Comme le rappelle l\u2019adage, <strong>errare humanum est<\/strong>. L\u2019objectif de cet article n\u2019est pas de d\u00e9signer un responsable unique, mais de contribuer \u00e0 une lecture plus claire d\u2019une situation complexe, afin que les professionnels du BTP, les bailleurs, les collectivit\u00e9s et les services de l\u2019\u00c9tat puissent avancer sur une base partag\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px\">","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cLe BTP martiniquais a besoin d\u2019un calendrier, d\u2019une m\u00e9thode et d\u2019un flux de chantiers. Sans cela, les cr\u00e9dits resteront des chiffres et la d\u00e9tresse des entrepreneurs continuera de s\u2019aggraver.\u201d Les entrepreneurs du BTP ne vivent pas de lignes budg\u00e9taires. Ils vivent de chantiers, de devis sign\u00e9s, de march\u00e9s attribu\u00e9s, d\u2019\u00e9quipes mobilis\u00e9es et de situations de<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":90515,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":"","rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-90513","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90513","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=90513"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90513\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":90519,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90513\/revisions\/90519"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/90515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=90513"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=90513"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=90513"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}