{"id":90729,"date":"2026-05-20T19:08:24","date_gmt":"2026-05-20T23:08:24","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=90729"},"modified":"2026-05-20T19:08:24","modified_gmt":"2026-05-20T23:08:24","slug":"antilla-une-memoire-vivante-de-la-martinique-par-raphael-confiant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/antilla-une-memoire-vivante-de-la-martinique-par-raphael-confiant\/","title":{"rendered":"Antilla: A Living Memory of Martinique. By Rapha\u00ebl Confiant"},"content":{"rendered":"<div>\n<h2 data-start=\"57\" data-end=\"676\">\u00c0 l\u2019occasion de l&rsquo;ann\u00e9e des 45 ans d\u2019Antilla, l\u2019\u00e9crivain martiniquais <span class=\"hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline\"><span class=\"whitespace-normal\">Rapha\u00ebl Confiant<\/span><\/span> compl\u00e8te l&rsquo;article publi\u00e9 hier avec un t\u00e9moignage personnel et profond\u00e9ment incarn\u00e9 sur les d\u00e9buts du journal fond\u00e9 par <span class=\"hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline\"><span class=\"whitespace-normal\">Henri Pied et Alfred Fortun\u00e9<\/span><\/span>.<\/h2>\n<h2 data-start=\"57\" data-end=\"676\">Entre souvenirs militants, portraits de figures intellectuelles martiniquaises et \u00e9vocation des ann\u00e9es pionni\u00e8res de la presse ind\u00e9pendante aux Antilles, il retrace l\u2019aventure humaine, \u00e9ditoriale et politique d\u2019un titre qui, selon lui, a su traverser les d\u00e9cennies sans renoncer \u00e0 sa libert\u00e9 ni \u00e0 sa vocation de m\u00e9moire collective martiniquaise.<\/h2>\n<hr \/>\n<h1><b>A propos de l&rsquo;aventure-Antilla<\/b><\/h1>\n<\/div>\n<h3><strong>\u00a0 Je ne me souviens plus qui m&rsquo;avait, en 1981, propos\u00e9 de participer \u00e0 l&rsquo;aventure ANTILLA. Je revenais d&rsquo;une tout autre : celle de <i>Grif An T\u00e8<\/i>, le tout premier journal martiniquais enti\u00e8rement r\u00e9dig\u00e9 en langue cr\u00e9ole qui avait dur\u00e9 trois ans, cela \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 notre langue matricielle n&rsquo;\u00e9tait pas consid\u00e9r\u00e9e comme une vraie langue. Elle n&rsquo;\u00e9tait encore enseign\u00e9e ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ni \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 et seul l&rsquo;animateur-radio Mano lui offrait, sur les ondes de RCI, la place qu&rsquo;elle m\u00e9ritait, mais Serge Domi, Serge Harpin, T\u00e9r\u00e8z et Georges-Henri L\u00e9otin, Claude Larcher, Claude Clairicia, Franck Za\u00efre moi-m\u00eame ainsi que d&rsquo;autres d\u00e9fenseurs de notre <i>\u00ab\u00a0z\u00e9pon natirel\u00a0\u00bb, <\/i>avions d\u00e9cid\u00e9 de relever ce pari un peu fou. 52 num\u00e9ros de <i>Grif An T\u00e8 <\/i>sont parus<i>\u00a0<\/i>tout de m\u00eame !<\/strong><\/h3>\n<div>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 J&rsquo;avais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer l&rsquo;\u00e9quipe de ce nouveau journal, ANTILLA donc, parce qu&rsquo;il \u00e9manait de personnes qui \u00e9taient en rupture avec un hebdomadaire plus ancien, <i>Le Na\u00eff , <\/i>lequel, en diverses occasions avaient tourn\u00e9 en d\u00e9rision <i>Grif An T\u00e8 <\/i>et le combat pour le cr\u00e9ole. Mais quand j&rsquo;ai rencontr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le maitre d&rsquo;oeuvre d&rsquo;<i>Antilla<\/i>, Henri Pied, toutes mes pr\u00e9ventions disparurent. Je n&rsquo;avais jamais rencontr\u00e9 quelqu&rsquo;un d&rsquo;aussi modeste et profond \u00e0 la fois, un ancien de l&rsquo;OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique), qui, en 1958, avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, avec une dizaine d&rsquo;autres \u00e9tudiants pour avoir placard\u00e9 nuitamment une affiche r\u00e9clamant l&rsquo;autod\u00e9termination de notre pays. Comme ses camarades, l&rsquo;\u00e9tudiant en m\u00e9decine Henri Pied avait purg\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;une ann\u00e9e de prison \u00e0 Fresnes mais n&rsquo;en tirait aucune gloire ni ne jouait \u00e0 l&rsquo;ancien combattant face au jeunot que j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. En 40 ans d&rsquo;existence d&rsquo;<i>Antilla<\/i>, sa photo n&rsquo;est apparue qu&rsquo;une fois,une seule !, dans le journal, cela \u00e0 l&rsquo;occasion du 30\u00e8 anniversaire de ce dernier.<\/div>\n<blockquote>\n<h2><em><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0Ses \u00e9ditos, concis et toujours percutants, me bluffaient. Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui d&rsquo;ailleurs&#8230;<\/strong><\/em><\/h2>\n<\/blockquote>\n<div>\u00a0 \u00a0 \u00a0Rencontrer le directeur de publication, <strong>Alfred Fortun\u00e9,<\/strong> m&rsquo;avait \u00e9galement convaincu de participer \u00e0 l&rsquo;aventure car lui aussi faisait preuve d&rsquo;une \u00e9tonnante modestie alli\u00e9e \u00e0 une finesse d&rsquo;esprit remarquable. Sinon c\u00f4toyer au sein du comit\u00e9 de r\u00e9daction d&rsquo;<i>Antilla<\/i>\u00a0<strong>Guy Cabort-Masson,<\/strong> qui jouissait du prestige d&rsquo;avoir, lui l&rsquo;ancien de l&rsquo;\u00e9cole militaire Saint-Cyr qui avait refus\u00e9 de combattre en Alg\u00e9rie et qui, tout comme <strong>Daniel Boukman<\/strong> et la Guadeloup\u00e9en <strong>Sony Rupaire<\/strong>, avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 au bannissement du territoire fran\u00e7ais, m&rsquo;avait rempli d&rsquo;exaltation. Cabort, comme il \u00e9tait affectueusement nomm\u00e9, \u00e9tait lui aussi quelqu&rsquo;un qui ne regardait pas de haut les nouveaux venus comme moi. Tr\u00e8s vite, notre exp\u00e9rience de l&rsquo;Alg\u00e9rie nous rapprocha bien que je n&rsquo;\u00e9tais all\u00e9 vivre dans la deuxi\u00e8me patrie de Frantz Fanon, qu&rsquo;une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s Cabort, longtemps donc apr\u00e8s l&rsquo;accession \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance (1962) de celle-ci.<\/div>\n<div class=\"elementToProof\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 L&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Antilla \u00e9tait au d\u00e9part compos\u00e9e de personnalit\u00e9s au temp\u00e9rament assez diff\u00e9rent : Michel Ponnamah, f\u00e9ru de litt\u00e9rature, <strong>F\u00e9lix-Hilaire Fortun\u00e9,<\/strong> passionn\u00e9 par l&rsquo;histoire de la Martinique, <strong>Tony Delsham,<\/strong> le seul d&rsquo;entre nous \u00e0 \u00eatre un vrai journaliste au sens professionnel du terme, <strong>Patrick Chamoiseau<\/strong> qui ne savait pas encore quel avenir brillant lui r\u00e9serverait la litt\u00e9rature, le temp\u00eatueux <strong>Pierre Davidas<\/strong> qui nous initia tous \u00e0 l&rsquo;importance du combat \u00e9cologique dans une \u00eele aussi petite que la n\u00f4tre. Puis, plus tard, <strong>Guy Flandrina, Jen-Marc Pulvar, F\u00e9lix Fortun\u00e9<\/strong> (le fils d&rsquo;Hilaire), <strong>Serge M\u00e9deuf, Jean-Pierre Arsaye, Danuel Dobat (Mandib\u00e8l\u00e8)<\/strong> et tant d&rsquo;autres que j&rsquo;oublie certainement&#8230;<\/div>\n<div class=\"elementToProof\">\u00a0 \u00a0 \u00a0A l&rsquo;\u00e9poque, les ann\u00e9es 80 du si\u00e8cle dernier, l&rsquo;Internet n&rsquo;existait pas encore et la presse-papier r\u00e9gnait en ma\u00eetre. Les jeunes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne savent pas ce qu&rsquo;est vivre dans un monde o\u00f9 le smartphone, les SMS, les-emails, Facebook, Instagram, Tik Tok et consorts n&rsquo;occupaient pas l&rsquo;essentiel de nos existences. <i>Antilla, <\/i>quoique d\u00e9pourvu de moyens financiers (hormis une pr\u00e9cieuse publicit\u00e9 hebdomadaire pour le cin\u00e9ma Elis\u00e9e), s&rsquo;imposa tr\u00e8s vite dans le paysage m\u00e9diatique. J&rsquo;avais pour ma part ouvert une dizaine de points de vente en Guadeloupe et notre journal commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre connu en Guyane. Nous nous m\u00eemes \u00e0 publier des num\u00e9ros sp\u00e9ciaux (<i>Antilla-Kr\u00e9yol, Antilla-Sport<\/i>etc.) mais toujours sans aucun soutien d&rsquo;organismes de publicit\u00e9 et devant faire face, comme tout journal, \u00e0 divers proc\u00e8s comme celui que la communaut\u00e9 juive avait intent\u00e9 contre Pierre Davidas. Il fallait \u00e9galement payer nos deux secr\u00e9taires (Eliane et Jacqueline), la fabrication du journal \u00e0 l&rsquo;imprimerie Absalon (aujourd&rsquo;hui disparue) et surtout le d\u00e9poser dans les principaux points de vente de la Martinique, chose dont s&rsquo;acquittait avec une abn\u00e9gation et une t\u00e9nacit\u00e9 sans faille <strong>Valentine Hellenis.<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementToProof\">\u00a0 \u00a0 Je me souviens des tables lumineuses sur lesquelles nous faisions la maquette du journal, aid\u00e9 de nos secr\u00e9taires. Maquette qu&rsquo;il fallait porter \u00e0 l&rsquo;imprimerie au plus tard le vendredi soir (me semble-t-il) pour qu&rsquo;il puisse para\u00eetre le mardi. Nous nous y collions tous, dans la bonne humeur, en particulier compris Henri Pied jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 il nous annon\u00e7a qu&rsquo;on pouvait faire la maquette sur&#8230;ordinateur. \u00c9tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque peu port\u00e9 sur les innovations technologiques et n&rsquo;ayant jusque-l\u00e0 utilis\u00e9 que la machine \u00e0 \u00e9crire (\u00e9lectrique tout de m\u00eame !), cela m&rsquo;avait braqu\u00e9 mais Henri Pied avait eu raison. L&rsquo;ordinateur all\u00e9geait notre travail et nos charges, contribuant ainsi \u00e0 p\u00e9renniser <i>Antilla.\u00a0<\/i><\/div>\n<div class=\"elementToProof\"><i>\u00a0 \u00a0 \u00a0<\/i>Si un chercheur ou n&rsquo;importe quel citoyen veut conna\u00eetre dans le d\u00e9tail l&rsquo;histoire des principaux \u00e9v\u00e9nements qui ont secou\u00e9 la Martinique au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es, il peut se rendre aux Archives territoriales ou \u00e0 la Biblioth\u00e8que Schoelcher : les luttes \u00e9cologiques de l&rsquo;Assaupamar \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait dirig\u00e9 par Garcin Malsa, Pierre Davidas, Pascal Tourbillon, Henri Louis-R\u00e9gis, Maguy Laur\u00e9at et tant d&rsquo;autres ; les actions de l&rsquo;Alliance R\u00e9volutionnaire Cara\u00efbe lorsque qu&rsquo;une trentaine d&rsquo;attentats avaient secou\u00e9 notre \u00eele ; les \u00e9lections houleuses, \u00e0 Fort-de-France \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Aim\u00e9 C\u00e9saire, Michel Renard, Max Elis\u00e9e etc&#8230; ; les luttes syndicales men\u00e9es par la CGTM, la CSTM, la CDMT etc.. ; le combat pour la valorisation de la langue cr\u00e9ole autour de Jean Bernab\u00e9 et du GEREC ; les crises \u00e9conomiques \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition etc&#8230;<\/div>\n<blockquote>\n<h3><em>\u00a0 \u00a0 <strong>L&rsquo;honneur d&rsquo;Antilla est de n&rsquo;avoir jamais accept\u00e9 d&rsquo;\u00eatre mis sous la coupe d&rsquo;aucun parti politique, fut-il \u00ab\u00a0nationaliste\u00a0\u00bb et d&rsquo;avoir ouvert ses colonnes \u00e0 toutes les opinions tout en veillant \u00e0 garder le cap, celui de la dignit\u00e9 martiniquaise.<\/strong> <\/em><\/h3>\n<\/blockquote>\n<div>J&rsquo;y ai travaill\u00e9 une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es de ma vie et je dois beaucoup \u00e0 Henri Pied, Fernand Fortun\u00e9, Tony Delsham, Guy Cabort-Masson et quelques autres. La vie et certaines divergences ont fait que je m&rsquo;en suis \u00e9cart\u00e9 tout en continuant \u00e0 le lire et \u00e0 le recommander autour de moi. Cela jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui o\u00f9 il est devenu un journal en ligne tout en conservant une \u00e9dition-papier. Je me suis souvent inqui\u00e9t\u00e9 de sa p\u00e9rennit\u00e9 et je ne savais pas que le <i>ti-bolonm <\/i>espi\u00e8gle, qui parfois s&rsquo;immis\u00e7ait dans notre comit\u00e9 de r\u00e9daction, prendrait un jour la rel\u00e8ve. Il s&rsquo;agit de Philippe Pied, l&rsquo;un des fils d&rsquo;Henri.<\/div>\n<div>\u00a0 \u00a0Il en a fait un magazine un peu moins id\u00e9ologique, plus ouvert sur la r\u00e9alit\u00e9 actuelle, mais qui conserve vaille que vaille sa ligne de d\u00e9part : celle qui consiste \u00e0 soutenir et \u00e0 valoriser toutes les initiatives qui vont dans le sens d&rsquo;un Martinique martiniquaise sans pour autant s&rsquo;enferrer dans le nombrilisme. Hormis, <i>Justice, <\/i>le journal du PCM (Parti Communiste Martiniquais) qui a f\u00eat\u00e9 ses 100 ans et qui, lui aussi, s&rsquo;est consid\u00e9rablement modernis\u00e9, tous les autres journaux martiniquais ont disparu : <i>Le Na\u00eff, Aujourd&rsquo;hui Dimanche, R\u00e9volution Socialiste, Le Progressiste <\/i>etc&#8230; Ou alors certains sont pass\u00e9s en ligne, sur Internet donc, pas <i>Antilla <\/i>qui conserve une \u00e9dition-papier \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son \u00e9dition en ligne. Sauf que d&rsquo;un clic de souris n&rsquo;importe quel organisme malveillant ou hacker peut les supprimer ! Vous cliquez dessus et \u00e7a vous dit : <em>\u00ab\u00a0La page que vous demandez n&rsquo;existe plus\u00a0\u00bb<\/em>. Or, \u00e0 moins d&rsquo;un gigantesque incendie aux Archives Territoriales ou \u00e0 la Biblioth\u00e8que Sch\u0153lcher, les journaux-papier, eux, seront toujours l\u00e0.<\/div>\n<blockquote>\n<h2>\u00a0 \u00a0<i>Misi\u00e9 Filip, pa moli, boug ! Pa ladj\u00e9 ! <\/i><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h3><strong>Tu es encore jeune et tu as le temps de pr\u00e9parer la rel\u00e8ve. <i>Antilla <\/i>est l&rsquo;un des principaux piliers de notre m\u00e9moire collective. Il a d\u00e9sormais 45 ans mais il peut, il doit, vivre encore aussi longtemps.<\/strong><\/h3>\n<div><em>Rapha\u00ebl Confiant<\/em><\/div>\n<h3><span style=\"color: #800000\"><strong>NDLR : Tous commentaires, article, tribune&#8230;sur cette p\u00e9riode, sur Antilla, sur la presse et les m\u00e9dias sont les bienvenues. Vous pouvez les envoyer \u00e0 : philippepied@gmail.com<\/strong><\/span><\/h3>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion de l&rsquo;ann\u00e9e des 45 ans d\u2019Antilla, l\u2019\u00e9crivain martiniquais Rapha\u00ebl Confiant compl\u00e8te l&rsquo;article publi\u00e9 hier avec un t\u00e9moignage personnel et profond\u00e9ment incarn\u00e9 sur les d\u00e9buts du journal fond\u00e9 par Henri Pied et Alfred Fortun\u00e9. 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