{"id":90801,"date":"2026-05-21T21:53:09","date_gmt":"2026-05-22T01:53:09","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=90801"},"modified":"2026-05-21T21:56:09","modified_gmt":"2026-05-22T01:56:09","slug":"le-22-mai-selon-aime-cesaire-relire-le-discours-de-trenelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/le-22-mai-selon-aime-cesaire-relire-le-discours-de-trenelle\/","title":{"rendered":"May 22 According to Aim\u00e9 C\u00e9saire: A Rereading of the Tr\u00e9nelle Speech"},"content":{"rendered":"<div class=\"qMYqUG_convSearchResultHighlightRoot\">\n<div class=\"\" data-turn-id-container=\"request-WEB:746c1f5d-3e8e-4ebc-915b-15f718e7b6fe-1\" data-is-intersecting=\"true\">\n<section class=\"text-token-text-primary w-full focus:outline-none has-data-writing-block:pointer-events-none [&amp;:has([data-writing-block])&gt;*]:pointer-events-auto R6Vx5W_threadScrollVars scroll-mb-[calc(var(--scroll-root-safe-area-inset-bottom,0px)+var(--thread-response-height))] scroll-mt-[calc(var(--header-height)+min(200px,max(70px,20svh)))]\" dir=\"auto\" data-turn-id=\"request-WEB:746c1f5d-3e8e-4ebc-915b-15f718e7b6fe-1\" data-turn-id-container=\"request-WEB:746c1f5d-3e8e-4ebc-915b-15f718e7b6fe-1\" data-testid=\"conversation-turn-4\" data-scroll-anchor=\"false\" data-turn=\"assistant\">\n<div class=\"text-base my-auto mx-auto pb-10 [--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-xs,calc(var(--spacing)*4))] @w-sm\/main:[--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-sm,calc(var(--spacing)*6))] @w-lg\/main:[--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-lg,calc(var(--spacing)*16))] px-(--thread-content-margin)\">\n<div class=\"[--thread-content-max-width:40rem] @w-lg\/main:[--thread-content-max-width:48rem] mx-auto max-w-(--thread-content-max-width) flex-1 group\/turn-messages focus-visible:outline-hidden relative flex w-full min-w-0 flex-col agent-turn\">\n<div class=\"flex max-w-full flex-col gap-4 grow\">\n<div class=\"min-h-8 text-message relative flex w-full flex-col items-end gap-2 text-start break-words whitespace-normal outline-none keyboard-focused:focus-ring [.text-message+&amp;]:mt-1\" dir=\"auto\" data-message-author-role=\"assistant\" data-message-id=\"af1bc67a-9ef1-4c5f-ba10-e7d1920f60d9\" data-message-model-slug=\"gpt-5-5\" data-turn-start-message=\"true\">\n<div class=\"flex w-full flex-col gap-1 empty:hidden\">\n<div class=\"markdown prose dark:prose-invert wrap-break-word w-full light markdown-new-styling\">\n<h2 data-start=\"0\" data-end=\"927\">\u00c0 l\u2019approche du 22 mai 2026, date de comm\u00e9moration de l\u2019abolition de l\u2019esclavage en Martinique, nous rouvrons dans Antilla l\u2019une de nos archives. Dans notre num\u00e9ro 1717 paru en mai 2016, nous republions l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du discours prononc\u00e9 par <span class=\"hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline\"><span class=\"whitespace-normal\">Aim\u00e9 C\u00e9saire<\/span><\/span> lors de l\u2019inauguration de la statue r\u00e9alis\u00e9e par <span class=\"hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline\"><span class=\"whitespace-normal\">Ren\u00e9-Corail KHOKHO<\/span><\/span>, Place du 22 mai \u00e0 Tr\u00e9nelle, le 22 mai 1971.<\/h2>\n<h2 data-start=\"0\" data-end=\"927\">Plus d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s cette prise de parole, et dix ans apr\u00e8s cette republication, ce texte conserve une force intacte. Dans un discours \u00e0 la fois politique, historique et m\u00e9moriel, Aim\u00e9 C\u00e9saire rappelait que l\u2019abolition ne fut pas seulement un d\u00e9cret venu de Paris, mais aussi le r\u00e9sultat d\u2019une insurrection men\u00e9e par des esclaves martiniquais refusant d\u2019attendre leur libert\u00e9. \u00c0 travers cette parole forte, il interrogeait d\u00e9j\u00e0 la mani\u00e8re dont l\u2019histoire est racont\u00e9e, transmise et comm\u00e9mor\u00e9e en Martinique.<\/h2>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"z-0 flex min-h-[46px] justify-start\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"pointer-events-none -mt-px h-px translate-y-[calc(var(--scroll-root-safe-area-inset-bottom)-14*var(--spacing))]\" aria-hidden=\"true\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-90802\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/khokho.png\" alt=\"\" width=\"531\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/khokho.png 531w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/khokho-150x226.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/khokho-450x678.png 450w\" sizes=\"(max-width: 531px) 100vw, 531px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;angle d&rsquo;attaque de C\u00e9saire est pos\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res lignes : il existe, dit-il, deux Sch\u0153lcher. Celui de la cinqui\u00e8me R\u00e9publique, brandi par les officiels \u00ab v\u00e9ritables imposteurs \u00bb pour faire pi\u00e8ce aux partis de gauche, et le vrai Sch\u0153lcher, celui que C\u00e9saire revendique. Le premier est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les pr\u00e9fets, g\u00e9n\u00e9raux et amiraux, mais sans le peuple. Le second, dans ses propres \u00e9crits, reconnaissait la part prise par les \u00ab combattants de l&rsquo;ombre et de la nuit \u00bb : marrons et insurg\u00e9s. Cette distinction n&rsquo;est pas un point d&rsquo;\u00e9rudition. Elle est l&rsquo;armature de tout le discours, et conditionne ce qui se joue \u00e0 Tr\u00e9nelle ce jour-l\u00e0 : la comm\u00e9moration d&rsquo;une \u00e9mancipation conquise, non re\u00e7ue.<\/p>\n<blockquote>\n<h2><strong><em>\u00ab Une libert\u00e9 non pas octroy\u00e9e mais arrach\u00e9e de haute lutte. Une \u00e9mancipation non pas conc\u00e9d\u00e9e mais conquise. \u00bb<\/em><\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h2><strong>Quatre insurrections, une v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>Pour d\u00e9montrer son propos, C\u00e9saire fait parler Sch\u0153lcher lui-m\u00eame, citant son d\u00e9compte des r\u00e9voltes martiniquaises au XIXe si\u00e8cle : 1811, 1822, 1823, 1831. Quatre insurrections en trente ans, dont la conjuration g\u00e9n\u00e9rale de 1831 \u00ab \u00e9clate au cri de la libert\u00e9 et la mort \u00bb. De cette statistique, C\u00e9saire tire une th\u00e8se philosophique : depuis qu&rsquo;il y a r\u00e9union d&rsquo;hommes, les opprim\u00e9s n&rsquo;ont jamais rien obtenu des oppresseurs que par la force. Cette loi d&rsquo;airain, le maire de Fort-de-France refuse d&rsquo;en exempter l&rsquo;histoire coloniale. Dans cette histoire, dit-il, il n&rsquo;y a place \u00ab ni pour l&rsquo;idylle, ni pour la bucolique, ni pour les nuits du 4 ao\u00fbt \u00bb. La violence reste, ici comme ailleurs, l&rsquo;accoucheuse de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<h2><strong><em>\u00ab Depuis qu&rsquo;il y a r\u00e9union d&rsquo;hommes, les opprim\u00e9s n&rsquo;ont jamais rien obtenu des oppresseurs que par la force. \u00bb<\/em><\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-90803 alignleft\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/statue.jpg\" alt=\"\" width=\"367\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/statue.jpg 367w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/statue-150x327.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 367px) 100vw, 367px\" \/><\/p>\n<h2><strong>Pourquoi 1848 ne suffisait pas<\/strong><\/h2>\n<p>Vient alors la d\u00e9monstration technique, presque calendaire, du discours. Le d\u00e9cret du 4 mars 1848 institue une commission. Celui du 27 avril pr\u00e9voit l&rsquo;abolition deux mois apr\u00e8s promulgation locale. C\u00e9saire fait le compte : un mois pour que le texte parvienne aux colonies, deux mois encore avant qu&rsquo;il soit applicable. On arrive \u00e0 ao\u00fbt, juste \u00e0 temps pour les planteurs, qui suppliaient la commission de reculer l&rsquo;abolition \u00ab pour laisser \u00e0 la r\u00e9colte le temps de s&rsquo;achever \u00bb. Pire encore, la R\u00e9publique glisse \u00e0 la r\u00e9action d\u00e8s mai 1848 : massacres d&rsquo;ouvriers par le g\u00e9n\u00e9ral Cavaignac en juin, ambiance forcen\u00e9e \u00e0 Paris. Dans un tel climat, la loi d&rsquo;\u00e9mancipation aurait, selon C\u00e9saire, pu \u00eatre \u00ab tenue pour lettre morte, sinon purement et simplement abrog\u00e9e \u00bb. \u00c0 ses yeux, le 22 mai 1848 a tout simplement emp\u00each\u00e9 ce reflux.<\/p>\n<h2><strong>L&rsquo;arr\u00eat\u00e9 Rostoland du 23 mai<\/strong><\/h2>\n<p>Pendant que ministres et directeurs de l&rsquo;Int\u00e9rieur multiplient les appels \u00e0 la patience &#8211; \u00ab confiance dans les blancs \u00bb, \u00ab confiance dans les noirs \u00bb, \u00ab patience, esp\u00e9rance, union, ordre et travail \u00bb -, la population esclave de Saint-Pierre, dit C\u00e9saire, d\u00e9cide autrement. Elle a attendu deux si\u00e8cles, et jure de ne pas attendre une seconde de plus. Le 22 mai 1848, la ville se soul\u00e8ve, l&rsquo;habitation des Abbayes est incendi\u00e9e, les combats font 35 morts. Le gouverneur Rostoland comprend cette fois ce qu&rsquo;il faut comprendre. D\u00e8s le lendemain, son arr\u00eat\u00e9 du 23 mai 1848 stipule, en son article premier, que \u00ab l&rsquo;esclavage est aboli \u00e0 partir de ce jour \u00e0 la Martinique \u00bb. Ce que Paris repoussait \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9, Saint-Pierre l&rsquo;a obtenu en vingt-quatre heures.<\/p>\n<blockquote>\n<h2><strong><em>\u00ab Le n\u00e8gre n&rsquo;est plus l&rsquo;objet, il est le sujet. Il ne re\u00e7oit plus la libert\u00e9, il la prend. \u00bb<\/em><\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h2><strong>La statue, le sujet et l&rsquo;objet<\/strong><\/h2>\n<p>La derni\u00e8re partie du discours est consacr\u00e9e \u00e0 Ren\u00e9-Corail. C\u00e9saire compare trois statues : celle qui tr\u00f4ne devant le Palais de justice de Fort-de-France, o\u00f9 une jeune fille lib\u00e9r\u00e9e envoie un baiser \u00e0 son lib\u00e9rateur Sch\u0153lcher ; le bronze de la mairie, o\u00f9 un n\u00e8gre tordu de douleur voit la France lui rompre les fers ; et l&rsquo;oeuvre de Tr\u00e9nelle. Les deux premi\u00e8res sont d&rsquo;inspiration europ\u00e9enne : elles glorifient le lib\u00e9rateur blanc, l&rsquo;esclave y est receveur. La statue de Ren\u00e9-Corail, elle, montre une combattante martiniquaise, larme \u00e0 la main, brandissant une arme \u00ab comme ses anc\u00eatres la sagaie \u00bb. Pour C\u00e9saire, ce d\u00e9placement est d\u00e9cisif : \u00ab le n\u00e8gre n&rsquo;est plus l&rsquo;objet, il est le sujet \u00bb. Seul un artiste martiniquais pouvait, dit-il, porter cette vision. Cette inversion iconographique est aussi politique : elle cong\u00e9die le r\u00e9cit paternaliste pour installer celui de l&rsquo;insurrection.<\/p>\n<h2><strong>Trois rues, trois symboles<\/strong><\/h2>\n<p>Le discours s&rsquo;ach\u00e8ve sur deux d\u00e9cisions municipales que C\u00e9saire profite de l&rsquo;inauguration pour rendre publiques. La place sur laquelle se tient la statue devient officiellement Place du 22 mai. Et la rue qui y m\u00e8ne depuis Tr\u00e9nelle prend le nom de G\u00e9rard Nouvet, jeune lyc\u00e9en tomb\u00e9 sous les coups de la police lors du voyage de Pierre Messmer en Martinique. Ce choix, C\u00e9saire l&rsquo;inscrit dans le \u00ab long martyrologue \u00bb du peuple martiniquais. La place se trouve ainsi au confluent de trois axes : la rue Jean-Jacques Rousseau (la pens\u00e9e r\u00e9volutionnaire), le boulevard Patrice Lumumba (l&rsquo;action anticolonialiste), et la rue G\u00e9rard Nouvet (la jeunesse martyre). Trois rues, trois symboles, qui r\u00e9sument \u00e0 eux seuls la trajectoire d&rsquo;un peuple. Le discours se termine sur un cri qui n&rsquo;a pas vieilli : \u00ab Vive la Martinique ! \u00bb<\/p>\n<h2><strong>Une grille de lecture toujours active<\/strong><\/h2>\n<p>Le discours de Tr\u00e9nelle reste une grille de lecture pour comprendre comment la Martinique se souvient de son histoire. \u00c0 l&rsquo;approche du 22 mai 2026, relire Aim\u00e9 C\u00e9saire revient \u00e0 se demander quelle place le r\u00e9cit officiel laisse, aujourd&rsquo;hui encore, \u00e0 celles et ceux qui prirent les armes pour cesser d&rsquo;attendre. La question d\u00e9passe la comm\u00e9moration. Elle interroge le pr\u00e9sent.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/DISCOURS-22-MAI-TRENELLE-CESAIRE.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00c9L\u00c9CHARGEZ ICI LE DISCOURS AU COMPLET<\/a><\/h2>\n<p style=\"text-align: center\"><em><strong>Discours r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 sur le site : www.interventions-democratiques.fr<\/strong><\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/DISCOURS-22-MAI-TRENELLE-CESAIRE.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-90805 size-full\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-21-a-21.45.29.png\" alt=\"\" width=\"569\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-21-a-21.45.29.png 569w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-21-a-21.45.29-150x211.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-21-a-21.45.29-450x633.png 450w\" sizes=\"(max-width: 569px) 100vw, 569px\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019approche du 22 mai 2026, date de comm\u00e9moration de l\u2019abolition de l\u2019esclavage en Martinique, nous rouvrons dans Antilla l\u2019une de nos archives. 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