{"id":91361,"date":"2026-06-08T06:15:19","date_gmt":"2026-06-08T10:15:19","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=91361"},"modified":"2026-06-08T06:43:30","modified_gmt":"2026-06-08T10:43:30","slug":"odyssi-sous-pression-entre-hausse-contestee-redressement-financier-et-urgence-des-reseaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/odyssi-sous-pression-entre-hausse-contestee-redressement-financier-et-urgence-des-reseaux\/","title":{"rendered":"Odyssi Under Pressure: Between a Controversial Rate Hike, Financial Turnaround, and Network Emergencies"},"content":{"rendered":"<h1 data-start=\"449\" data-end=\"537\"><span style=\"color: #056bab\"><strong data-start=\"449\" data-end=\"537\">Odyssi : Yan Monplaisir face au pari difficile de la transparence et du redressement<\/strong><\/span><\/h1>\n<h2><em>\u00c9lu pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Odyssi le 21 mai 2026, le maire de Saint-Joseph h\u00e9rite d&rsquo;une r\u00e9gie communautaire de l&rsquo;eau et de l&rsquo;assainissement plomb\u00e9e par un d\u00e9ficit de quinze millions d&rsquo;euros et un budget jug\u00e9 insinc\u00e8re par la chambre r\u00e9gionale des comptes. Comment redresser une structure que ses propres interlocuteurs ne jugent plus cr\u00e9dible ? Faut-il augmenter les tarifs apr\u00e8s dix-sept ans de gel, et \u00e0 quelles conditions ? Qui doit payer le tarif social de l&rsquo;eau, et comment financer des r\u00e9seaux v\u00e9tustes qui laissent fuir pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de l&rsquo;eau produite ? Chef d&rsquo;entreprise, Yan Monplaisir assume une feuille de route exigeante et r\u00e9pond sans d\u00e9tour sur l&rsquo;avenir d&rsquo;un service public essentiel.<\/em><\/h2>\n<p><span style=\"text-decoration: underline\"><em>Interview r\u00e9alis\u00e9e le 1er Juin.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<h2><strong>Vous prenez la pr\u00e9sidence d\u2019Odyssi dans un moment sensible. Dans quel \u00e9tat avez-vous trouv\u00e9 la r\u00e9gie, et quelle a \u00e9t\u00e9 votre premi\u00e8re surprise en d\u00e9couvrant les dossiers ?<\/strong><\/h2>\n<p>Je n\u2019ai pas vraiment eu de surprise, car je connaissais d\u00e9j\u00e0 la situation en tant qu\u2019\u00e9lu de la CACEM. Ce qui est important, c\u2019est de comprendre que nous ne pouvons pas continuer comme \u00e7a. Nous sommes sur un d\u00e9ficit de l\u2019ordre de quinze millions d\u2019euros, et cela met en p\u00e9ril la structure elle-m\u00eame, donc les gens qui y travaillent. Je comprends parfaitement la r\u00e9action de la population : beaucoup consid\u00e8rent qu\u2019il y a tellement \u00e0 faire dans cette structure qu\u2019il ne faut pas que ce soient les consommateurs qui paient le prix des erreurs du pass\u00e9. C\u2019est l\u00e9gitime, et le premier r\u00e9flexe est de dire qu\u2019il faut corriger les dysfonctionnements avant de venir chercher de l\u2019argent dans la poche des usagers. Cela \u00e9tant, c\u2019est aussi une faute de gestion que de ne pas avoir r\u00e9ajust\u00e9 les tarifs pendant dix-sept ans. Il y aura donc des mesures, dont j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 discuter avec la direction : r\u00e9duire le train des d\u00e9penses, am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de service, investir, et, parall\u00e8lement, ramener les tarifs \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique du secteur. M\u00eame apr\u00e8s cet ajustement, nos prix resteront en dessous de ceux des autres territoires de la Martinique.<\/p>\n<blockquote>\n<h2><span style=\"color: #056bab\"><strong><em>\u00ab Une entreprise qui perd quinze millions d&rsquo;euros par an ne peut pas continuer ainsi : il faut r\u00e9tablir les \u00e9quilibres. \u00bb<\/em><\/strong><\/span><\/h2>\n<\/blockquote>\n<h2><strong>De quel niveau de tarifs parle-t-on aujourd\u2019hui ?<\/strong><\/h2>\n<p>Le prix est aujourd\u2019hui d\u2019environ 7,04 euros \u00e0 Espace Sud comme \u00e0 Cap Nord, alors que nous sommes \u00e0 5,64 euros sur le territoire de la CACEM. Ce n\u2019est pas r\u00e9aliste. Je le redis : je comprends la r\u00e9action de la population, mais nous allons mettre en place un v\u00e9ritable plan de r\u00e9forme. Cela demandera des efforts au personnel, il ne faut pas le cacher. Le personnel est souvent bien plus attach\u00e9 \u00e0 son entreprise qu\u2019on ne le croit, et conscient de l\u2019utilit\u00e9 de sa mission. Mais des habitudes ont \u00e9t\u00e9 prises, il existe une r\u00e9sistance au changement et \u00e0 une r\u00e9organisation efficace. Surtout, une perte de confiance g\u00e9n\u00e9rale a aggrav\u00e9 les difficult\u00e9s : le personnel, les clients, l\u2019\u00c9tat, les collectivit\u00e9s, la CACEM, les financeurs, tout le monde a perdu confiance dans cette structure. Dans ce contexte, si nous ne d\u00e9montrons pas rapidement le s\u00e9rieux de notre approche et si nous ne prenons pas les d\u00e9cisions qui s\u2019imposent, nous ne sortirons pas de cette situation.<\/p>\n<h2><strong>De combien serait l\u2019augmentation envisag\u00e9e ?<\/strong><\/h2>\n<p>Je pr\u00e9f\u00e8re parler d\u2019ajustement. La limite, pour qu\u2019il soit objectiv\u00e9, c\u2019est que nous demeurerons en dessous des prix pratiqu\u00e9s par les fermiers sur les autres territoires de la Martinique, les autres EPCI. C\u2019est le plafond. Mais cela se fera d\u00e9mocratiquement, dans le cadre d\u2019une discussion avec le conseil d\u2019administration, et r\u00e9pondra \u00e0 l\u2019ajustement n\u00e9cessaire une fois que nous aurons cr\u00e9\u00e9 des conditions de co\u00fbts d\u2019exploitation que je qualifierais de normales. L\u2019augmentation n\u2019est pas une fin en soi : si elle ne s\u2019av\u00e9rait pas n\u00e9cessaire, elle n\u2019interviendrait pas. Mais je ne peux pas consid\u00e9rer qu\u2019une entreprise, car pour moi c\u2019est une entreprise, qui supporte un d\u00e9ficit budg\u00e9taire de quinze millions d\u2019euros et des pertes d\u2019exploitation actuellement de l\u2019ordre de huit \u00e0 dix millions, puisse continuer ainsi. Il faut r\u00e9tablir les \u00e9quilibres.<\/p>\n<h2><strong>Beaucoup d\u2019usagers ont le sentiment de payer une eau ch\u00e8re, bient\u00f4t plus ch\u00e8re, tout en subissant des coupures. Un plan est-il pr\u00e9vu pour r\u00e9duire ces coupures en parall\u00e8le ?<\/strong><\/h2>\n<p>C\u2019est exactement ce que je veux dire quand je parle d\u2019investir de fa\u00e7on massive. Il faut nous r\u00e9organiser et investir. Il ne saurait \u00eatre question d\u2019augmenter les prix tout en laissant le d\u00e9ficit et le mauvais service. Le service sera am\u00e9lior\u00e9, c\u2019est un objectif clair, mais nous n\u2019y arriverons pas sans r\u00e9former la structure. La r\u00e9forme passe par un ensemble de leviers sur lesquels nous devons agir simultan\u00e9ment pour retourner la situation et offrir le service que les gens sont en droit d\u2019attendre.<\/p>\n<blockquote>\n<h3><span style=\"color: #056bab\"><strong><em>\u00ab Tout le monde a perdu confiance dans cette structure. Mon premier chantier, c&rsquo;est de la r\u00e9tablir, dans la transparence. \u00bb<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<\/blockquote>\n<h2><strong>Comment convaincre une population d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9e \u00e0 la vie ch\u00e8re de consentir \u00e0 cet effort ?<\/strong><\/h2>\n<p>Je veux d\u2019abord r\u00e9tablir la confiance. Nous avons perdu celle d\u2019une large partie du personnel et de tous nos interlocuteurs, parce qu\u2019aucune d\u00e9cision courageuse n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise depuis des ann\u00e9es. Je suis convaincu que les consommateurs savent que l\u2019eau ne peut pas \u00eatre gratuite et que les tarifs devaient \u00eatre r\u00e9ajust\u00e9s. Mais leur sentiment, c\u2019est que les efforts doivent d\u2019abord \u00eatre faits \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la structure avant de venir chercher l\u2019argent dans leur poche. Les usagers peuvent \u00eatre certains d\u2019une chose avec moi : j\u2019agirai dans la transparence. Je dirai les choses, m\u00eame difficiles \u00e0 entendre, je prendrai les d\u00e9cisions, m\u00eame difficiles \u00e0 prendre, et je remobiliserai toutes les \u00e9nergies, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur d\u2019Odyssi, pour que nous puissions marcher la t\u00eate haute, ce qui n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n<h2><strong>Les d\u00e9rives constat\u00e9es par le pass\u00e9 ont-elles aliment\u00e9 cette perte de confiance ?<\/strong><\/h2>\n<p>Les deux sont li\u00e9s. S\u2019il y a eu des d\u00e9rives, c\u2019est sans doute parce qu\u2019il y avait du d\u00e9sordre, et s\u2019il y avait du d\u00e9sordre, c\u2019est aussi parce qu\u2019il y avait des d\u00e9rives. Ceux qui ont pu commettre des irr\u00e9gularit\u00e9s n\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre pas enclins \u00e0 souhaiter un ajustement tarifaire : le service \u00e9tant mauvais, ils ne voulaient pas cr\u00e9er de tensions suppl\u00e9mentaires avec les consommateurs. C\u2019est d\u2019ailleurs, paradoxalement, le personnel de la structure qui a d\u00e9clench\u00e9 la proc\u00e9dure d\u2019alerte. Les salari\u00e9s \u00e9taient inquiets, on ne leur donnait pas toutes les informations de mani\u00e8re transparente. Or il s\u2019est av\u00e9r\u00e9, a posteriori, que ce qu\u2019ils d\u00e9non\u00e7aient \u00e9tait pertinent. D\u2019o\u00f9 cette double perte de confiance.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-91364\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-08-a-06.03.47.png\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"632\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-08-a-06.03.47.png 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-08-a-06.03.47-768x607.png 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-08-a-06.03.47-150x119.png 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-08-a-06.03.47-450x356.png 450w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<h2>Vous prenez la pr\u00e9sidence d\u2019Odyssi dans un moment o\u00f9 la r\u00e9gie doit \u00e0 la fois restaurer sa cr\u00e9dibilit\u00e9, ma\u00eetriser ses comptes et am\u00e9liorer le service rendu aux usagers. \u00cates-vous pr\u00eat \u00e0 assumer des d\u00e9cisions difficiles, y compris si elles suscitent des critiques ?<\/h2>\n<p>Je rends service \u00e0 mon pays. Le temps d\u2019une carri\u00e8re politique, si tant est qu\u2019il ait exist\u00e9, est pass\u00e9, et je n\u2019ai jamais eu cette d\u00e9marche. J\u2019estime avoir de l\u2019exp\u00e9rience dans certains domaines et sans doute quelques comp\u00e9tences, mais surtout, ce qui a fait d\u00e9faut jusqu\u2019ici, c\u2019est le courage, et puis cet imbroglio politique. Il faut appeler un chat un chat : Odyssi en a incontestablement souffert.<\/p>\n<blockquote>\n<h3><span style=\"color: #056bab\"><strong><em>\u00ab L&rsquo;eau doit \u00eatre accessible \u00e0 tous et r\u00e9partie \u00e9quitablement. Nul ne peut se l&rsquo;approprier au d\u00e9triment des autres. \u00bb<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<\/blockquote>\n<h2><strong>Cette situation est-elle, selon vous, le fruit d\u2019un h\u00e9ritage politique ?<\/strong><\/h2>\n<p>Je pense que oui. \u00c0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on m\u00eale des contingences politiciennes, et pas m\u00eame politiques, \u00e0 la gestion, cela g\u00e9n\u00e8re une distorsion. La gestion doit reposer sur des principes de rigueur, des principes cart\u00e9siens. La politique, elle, est l\u2019art d\u2019assouplir les n\u00e9cessit\u00e9s. \u00c0 ce carrefour, on prend trop souvent la mauvaise direction et on s\u2019y ent\u00eate. On a ferm\u00e9 les yeux, on a \u00e9t\u00e9 indulgent, on a accompagn\u00e9. Autant de choses qu\u2019il ne faut pas faire quand on a des responsabilit\u00e9s de gestion.<\/p>\n<h2><strong>Vous parlez de rigueur, mais aussi de dimension humaine. Comment comptez-vous concilier les deux ?<\/strong><\/h2>\n<p>Il ne faut pas se d\u00e9connecter de l\u2019accompagnement humain. Par exemple, <strong>il va falloir r\u00e9duire les effectifs d\u2019Odyssi,<\/strong> <strong>nous n\u2019avons pas le choix.<\/strong> Mais on ne peut pas le faire brutalement : nous accompagnerons la transition par les d\u00e9parts \u00e0 la retraite, ce qui prendra du temps. Nous mettrons aussi en place un tarif social de l\u2019eau, pour que les plus d\u00e9munis y aient acc\u00e8s et ne soient pas p\u00e9nalis\u00e9s par le r\u00e9ajustement. Mais un tarif social, cela signifie que quelqu\u2019un doit payer, et ce n\u2019est pas \u00e0 Odyssi de le faire. C\u2019est une d\u00e9cision politique, et son co\u00fbt doit \u00eatre support\u00e9 par l\u2019instance qui fait ce choix, c\u2019est-\u00e0-dire la CACEM. Je veux que les personnes aux revenus modestes ne soient pas p\u00e9nalis\u00e9es dans l\u2019achat d\u2019eau, car chacun a le droit d\u2019avoir de l\u2019eau. Mais on ne peut pas subventionner l\u2019eau pour tout le monde, syst\u00e9matiquement. Comment expliquer que, dans d\u2019autres parties de la Martinique, des m\u00e9nages aux revenus parfois plus faibles paient un certain prix, et qu\u2019on m\u2019explique que ce ne serait pas possible sur le territoire de la CACEM ? Ce n\u2019est pas d\u00e9fendable.<\/p>\n<h2><strong>Quel est le calendrier de cet ajustement, et qui d\u00e9cide r\u00e9ellement ?<\/strong><\/h2>\n<p>Il faut rappeler qu\u2019il y a un pr\u00e9sident, mais que les d\u00e9cisions sont prises par le conseil d\u2019administration, \u00e0 la majorit\u00e9. Le pr\u00e9sident propose, puis le texte est soumis au vote. Nous allons proposer un plan de redressement. Un projet existait d\u00e9j\u00e0 avant mon arriv\u00e9e, sous la pr\u00e9sidence de Daniel Chomet, et m\u00eame avant, sous celle d\u2019Yvon Pacquit, et il pr\u00e9voyait d\u00e9j\u00e0 une augmentation. Simplement, personne n\u2019a eu le courage de le dire. Nous avons d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ajust\u00e9 les tarifs pour les entreprises depuis juillet 2025.<\/p>\n<p>The <strong>nouvelle tarification r\u00e9sultera du plan de redressement en cours d\u2019\u00e9laboration.<\/strong> Le moment d\u00e9pendra de la mise en place de la tarification sociale, c\u2019est-\u00e0-dire des modalit\u00e9s permettant de donner de l\u2019eau aux personnes dans le besoin. Compte tenu des d\u00e9lais de vote et de mise \u00e0 disposition budg\u00e9taire, par exemple via la CACEM, ce sera vraisemblablement sur le <strong>dernier trimestre de cette ann\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<h2><strong>Comment se compose ce conseil d\u2019administration ?<\/strong><\/h2>\n<p>Il compte vingt-trois membres : des maires, des personnalit\u00e9s qualifi\u00e9es choisies par les diff\u00e9rentes instances, des repr\u00e9sentants des consommateurs et de quelques structures parapubliques. <strong>Les d\u00e9cisions se prennent \u00e0 la majorit\u00e9<\/strong>. Le pr\u00e9sident propose au regard du plan arr\u00eat\u00e9 en concertation avec la direction, il argumente, et les administrateurs d\u00e9cident. Je suis moi-m\u00eame administrateur, je voterai donc, et j\u2019esp\u00e8re que chacun prendra ses responsabilit\u00e9s. Car le dernier budget a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par le pr\u00e9fet en d\u00e9s\u00e9quilibre de quinze millions d\u2019euros. Nous ne pouvons pas continuer ainsi : pour voter un budget, il faut qu\u2019il soit \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre. Si l\u2019ajustement des tarifs s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire et que des \u00e9lus s\u2019y opposent, il leur faudra trouver d\u2019autres moyens de r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre. Nous, nous chercherons \u00e0 r\u00e9duire autant que possible le montant de cet ajustement, mais il y a des r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<h2><strong>La Martinique d\u00e9bat d\u2019une gestion et d\u2019une tarification uniques de l\u2019eau. Le S\u00e9nat a adopt\u00e9 en mars une habilitation en ce sens. Qu\u2019en pensez-vous ?<\/strong><\/h2>\n<p>Distinguons les choses. La CTM a vot\u00e9, \u00e0 <strong>l\u2019unanimit\u00e9<\/strong> <strong>des pr\u00e9sents,<\/strong> une d\u00e9marche visant \u00e0 dessaisir les maires et les EPCI de leur comp\u00e9tence sans v\u00e9ritablement les consulter, en demandant une loi d\u2019habilitation pour transf\u00e9rer cette comp\u00e9tence, vraisemblablement vers la CTM, qui serait l\u2019autorit\u00e9 organisatrice. Cela n\u2019a pas de sens et c\u2019est antid\u00e9mocratique. On n\u2019a consult\u00e9 ni l\u2019association des maires, ni les maires, ni r\u00e9ellement les EPCI. Il y a eu un entretien avec les pr\u00e9sidents d\u2019EPCI, mais sans qu\u2019on formule explicitement qu\u2019une autorit\u00e9 unique serait confi\u00e9e \u00e0 la CTM. Seule Cap Nord a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9e, \u00e0 la demande du s\u00e9nateur Guillaume Chevrollier, rapporteur du texte, et a marqu\u00e9 son d\u00e9saccord. Ce s\u00e9nateur de l\u2019Hexagone demandait une r\u00e9ponse sous quinzaine, en pleine campagne des municipales. Voil\u00e0 pour l\u2019aspect juridique.<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"color: #056bab\"><em><strong>Sur le fond, rien ne garantit qu\u2019une autorit\u00e9 unique soit plus performante que les trois EPCI actuels. En Guadeloupe, l\u2019autorit\u00e9 unique mise en place par le pr\u00e9fet en 2021 est une catastrophe, c\u2019est dans toute la presse.<\/strong><\/em><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 unique des transports en est un autre exemple. Nous sommes par ailleurs plus proches des consommateurs. Les \u00e9lus de la CTM sont \u00e9lus \u00e0 la proportionnelle et ne rendent pas compte directement \u00e0 une population donn\u00e9e, alors que les maires, eux, sont en premi\u00e8re ligne. Demain, si cela ne fonctionne pas, comme pour les transports, les \u00e9lus de proximit\u00e9 diront que ce n\u2019est pas de leur fait, mais de celui de la CTM. Aujourd\u2019hui, ils ont plus de mal \u00e0 se d\u00e9fausser. Enfin, si le l\u00e9gislateur a confi\u00e9 cette comp\u00e9tence d\u2019abord aux maires, puis aux EPCI, c\u2019est bien parce que c\u2019est le bon niveau.<\/p>\n<h2><strong>Vous opposez-vous donc \u00e0 toute mutualisation ?<\/strong><\/h2>\n<p>Pas du tout. <strong>Ce que<\/strong> <strong>j\u2019approuve, c\u2019est la cr\u00e9ation d\u2019une autorit\u00e9 unique de gestion de la ressource<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire de la production. Mettre en commun toutes les usines de production et les points de pr\u00e9l\u00e8vement dans une structure qui revendrait l\u2019eau aux trois EPCI \u00e0 un prix unique. Car il existe une grande disparit\u00e9 dans les co\u00fbts de production : pour prendre un extr\u00eame, la source de Morestin produit \u00e0 environ huit centimes le m\u00e8tre cube, tandis que l\u2019usine de Viv\u00e9 serait autour de cinquante-cinq centimes. Entre les deux, on trouve les unit\u00e9s de Durand, de Rivi\u00e8re Blanche, de Saint-Joseph ou de Didier, autour de vingt centimes. Cette disparit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e8s et \u00e0 la nature de la ressource. Un prix unique de vente aux fermiers serait beaucoup plus \u00e9quitable. Cette autorit\u00e9 unique de production aurait la charge de r\u00e9partir la ressource, plus \u00e9quitablement, et l\u2019on ne verrait plus certains pr\u00e9f\u00e9rer rejeter l\u2019eau dans la nature plut\u00f4t que de la mettre \u00e0 disposition de leurs voisins.<\/p>\n<h2><strong>Certains estiment que le probl\u00e8me de l\u2019eau rel\u00e8ve davantage de la gouvernance que du manque de moyens. Partagez-vous ce diagnostic ?<\/strong><\/h2>\n<p>J\u2019en suis convaincu, ce n\u2019est pas un probl\u00e8me de moyens. L\u2019argent existe : l\u2019\u00c9tat est pr\u00eat \u00e0 aider, des pr\u00e9l\u00e8vements sont op\u00e9r\u00e9s sur les factures des consommateurs, vingt centimes revers\u00e9s aux EPCI, d\u2019autres sommes pr\u00e9lev\u00e9es pour le compte de l\u2019Office de l\u2019eau, et il y a d\u2019importantes subventions du FEDER, de l\u2019\u00c9tat ou des collectivit\u00e9s mobilisables. <strong>Il n\u2019y a donc pas de probl\u00e8me d\u2019argent ni r\u00e9ellement de ressource. Il y a un probl\u00e8me de r\u00e9partition de la ressource, car une partie du territoire a de l\u2019eau et une autre n\u2019en a pas, et un probl\u00e8me de r\u00e9seaux : leur qualit\u00e9, leur rendement. <\/strong>Cela n\u00e9cessite de gros investissements.<\/p>\n<h2><strong>On dit qu\u2019il n\u2019y a pas de probl\u00e8me d\u2019argent, et pourtant rien ne se fait. Pourquoi ?<\/strong><\/h2>\n<p>Dans le cas d\u2019Odyssi, c\u2019est purement technique. Odyssi ne peut plus \u00eatre financ\u00e9e parce qu\u2019elle n\u2019est plus cr\u00e9dible. L\u2019Office de l\u2019eau, qui finance une bonne partie des investissements, refuse de financer Odyssi, car celle-ci lui doit vingt millions d\u2019euros. Ces vingt millions ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s par Odyssi sur les factures, mais cet argent n\u2019est pas le sien : Odyssi n\u2019est que collecteur, et il aurait d\u00fb revenir directement \u00e0 l\u2019Office de l\u2019eau. L\u2019Office dit donc, \u00e0 juste titre, que nous lui devons d\u00e9j\u00e0 vingt millions et se demande comment il pourrait nous financer davantage. L\u2019\u00c9tat, lui, parle de gabegie. Et les financiers se demandent comment on les rembourserait, puisque nous ne parvenons d\u00e9j\u00e0 pas \u00e0 payer les charges courantes<strong>. Odyssi n\u2019est plus bancable.<\/strong><\/p>\n<h2><strong>Votre objectif est donc de rendre Odyssi de nouveau bancable ?<\/strong><\/h2>\n<p>Sch\u00e9matiquement, oui. Quand nous aurons restaur\u00e9 la confiance, quand nos interlocuteurs auront compris que nous prenons le probl\u00e8me \u00e0 bras-le-corps et que nous prenons maintenant des d\u00e9cisions incontournables, ils seront \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Avec eux, nous pourrons b\u00e2tir un programme de financement des investissements sur plusieurs ann\u00e9es. C\u2019est un cercle vertueux : ces investissements am\u00e9lioreront les rendements et nous perdrons moins d\u2019eau dans la nature. <strong>Aujourd\u2019hui, quand on met deux litres dans le r\u00e9seau, il en arrive \u00e0 peu pr\u00e8s un seul chez le consommateur.<\/strong> Cette eau perdue, nous la payons en production et en transformation de l\u2019eau brute en eau potable, et cela g\u00e9n\u00e8re des insuffisances et des coupures chez l\u2019usager. Car lorsque l\u2019eau se perd, il faut en produire davantage, et en p\u00e9riode de car\u00eame, quand la ressource est r\u00e9duite, nous n\u2019avons pas assez de production pour alimenter r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<h2><strong>Chiffrons les besoins. Combien faudrait-il pour r\u00e9soudre, notamment, le probl\u00e8me des canalisations sur le territoire de la CACEM ?<\/strong><\/h2>\n<p>Il y a d\u2019abord un plan d\u2019urgence sur les compteurs : beaucoup ne fonctionnent pas, ne d\u00e9bitent pas normalement ou ne sont pas en t\u00e9l\u00e9rel\u00e8ve. Rien que pour les <strong>compteurs, c\u2019est environ quinze millions d\u2019euros<\/strong>. Pour la <strong>remise en \u00e9tat des r\u00e9seaux<\/strong>, pas leur reconstruction, mais le traitement des portions o\u00f9 les fuites sont trop importantes, il faudra au moins <strong>dix millions d\u2019euros par an pendant plusieurs ann\u00e9es<\/strong>. Au total, sur la CACEM, l\u2019ensemble des investissements des dix prochaines ann\u00e9es tournera, si l\u2019on veut un bon r\u00e9sultat, autour de quinze millions d\u2019euros par an, soit <strong>cent cinquante millions d\u2019euros sur dix ans<\/strong>. Avec des ajustements, et la situation devrait s\u2019assainir progressivement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-91363\" src=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/monplaisir-Yann.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/monplaisir-Yann.jpg 800w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/monplaisir-Yann-768x512.jpg 768w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/monplaisir-Yann-150x100.jpg 150w, https:\/\/antilla-martinique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/monplaisir-Yann-450x300.jpg 450w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<h2><strong>Vous \u00eates maire de Saint-Joseph. Cette exp\u00e9rience de terrain vous donne-t-elle une vision diff\u00e9rente de la gestion de l\u2019eau ?<\/strong><\/h2>\n<p>Oui, et c\u2019est m\u00eame par l\u00e0 que tout a commenc\u00e9. Si je me suis int\u00e9ress\u00e9 au dossier de l\u2019eau et que j\u2019en ai mesur\u00e9 peu \u00e0 peu la complexit\u00e9, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que je suis maire de Saint-Joseph. Il y a deux ou trois ans, lors d\u2019une p\u00e9riode de s\u00e9cheresse, certains de mes administr\u00e9s sont rest\u00e9s plusieurs semaines sans eau, tandis que d\u2019autres r\u00e9gions \u201cs\u00e8ches\u201d, ne subissaient aucune coupure. J\u2019ai trouv\u00e9 cela aberrant, d\u2019autant que l\u00e0 o\u00f9 l\u2019eau abondait, ce n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 que se trouvait la ressource. J\u2019ai alors compris le poids historique des fermiers dans l\u2019organisation de la distribution et de la production, un poids dominant jusqu\u2019\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment, avec des complicit\u00e9s locales. C\u2019est pourquoi j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 une occupation symbolique de l\u2019usine de Rivi\u00e8re Blanche. Non pour priver les autres d\u2019eau, mais <strong>pour exiger une r\u00e9partition \u00e9quitable de la ressource, <\/strong>pour que les habitants de Saint-Joseph ne soient pas priv\u00e9s d\u2019eau au profit d\u2019autres, alors que celui qui tenait la vanne \u00e9tait le client de celui qui d\u00e9tenait l\u2019eau.<\/p>\n<h2><strong>Cela renvoie-t-il \u00e0 une certaine id\u00e9e de la solidarit\u00e9 entre Martiniquais ?<\/strong><\/h2>\n<p>Absolument. Prenez la source de Morestin, au Morne-Rouge : on \u00e9value d\u2019ailleurs son potentiel, car elle pourrait produire bien davantage. Ce qu\u2019elle produit d\u00e9j\u00e0 suffit \u00e0 alimenter une bonne partie de la Martinique, au point que, lorsque la conduite arrive \u00e0 Case-Pilote, on rejette une partie de l\u2019eau dans la nature, alors qu\u2019\u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres, les travaux de connexion \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 faits, des gens n\u2019ont pas d\u2019eau. <strong>Nous, Martiniquais, ne devons plus raisonner ainsi. Je souhaite qu\u2019on tourne le dos \u00e0 cette mani\u00e8re de faire. L\u2019eau doit \u00eatre accessible \u00e0 tous et r\u00e9partie \u00e9quitablement.<\/strong> S\u2019il y en a en quantit\u00e9, chacun en profite ; s\u2019il faut la rationner, que ce soit \u00e9quitablement. Chacun doit faire un effort, du centre, du sud ou du nord, et nul ne peut s\u2019approprier l\u2019eau au d\u00e9triment des autres.<\/p>\n<h2><strong>Odyssi doit-elle rester un simple gestionnaire de l\u2019eau, ou peut-elle devenir un acteur majeur de la transition \u00e9cologique, par l\u2019assainissement et la r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es ?<\/strong><\/h2>\n<p>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 le cas. L\u2019assainissement est essentiel sur le plan environnemental, m\u00eame si les usagers s\u2019en plaignent moins, car ils en sont moins directement affect\u00e9s. La qualit\u00e9 de l\u2019eau sur le territoire de la CACEM n\u2019est que rarement mise en cause par des dysfonctionnements de l\u2019assainissement, ce qui signifie qu\u2019il fonctionne relativement bien. C\u2019est important de le souligner. Nous d\u00e9tenons d\u00e9j\u00e0 cette comp\u00e9tence. On le voit avec le traitement des boues : Odyssi s\u2019est vu proposer une hausse sensible de son co\u00fbt, ce qui nous conduira \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre capacit\u00e9 \u00e0 traiter nous-m\u00eames nos boues.<\/p>\n<h2><strong>Les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse risquent de se multiplier avec le changement climatique. Comment s\u2019y pr\u00e9parer ?<\/strong><\/h2>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui me conduit \u00e0 dire qu\u2019il faut investir massivement. Nous allons construire des r\u00e9servoirs suppl\u00e9mentaires pour augmenter notre capacit\u00e9 de stockage, notamment du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019unit\u00e9 de production de Didier, sur les hauteurs de Sch\u0153lcher. Il faudra aussi acc\u00e9der \u00e0 de nouvelles ressources, c\u2019est ce que nous faisons avec des forages pour r\u00e9cup\u00e9rer une partie de l\u2019eau de la nappe phr\u00e9atique. L\u2019un fonctionne d\u00e9j\u00e0, un autre sera mis en service prochainement. Il y a \u00e9galement un forage au Lamentin que j\u2019ai demand\u00e9 d\u2019\u00e9tudier : son eau pose des probl\u00e8mes de qualit\u00e9, on y retrouve certains produits chimiques d\u2019origine agricole. Impropre \u00e0 la consommation sans traitement lourd, elle pourrait servir d\u2019eau brute pour des usages industriels, sur les zones d\u2019activit\u00e9, par exemple pour la SARA, gros consommateur, ou le lavage des camions. Tout cela ne n\u00e9cessite pas une eau potable. Nous allons donc \u00e9tudier le co\u00fbt et l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une liaison partant de la plaine du Lamentin et desservant cette zone jusqu\u2019\u00e0 Rivi\u00e8re-Roche.<\/p>\n<h2><strong>\u00c0 la fin de votre mandat, quel bilan aimeriez-vous que les Martiniquais dressent de votre action ? Que serait, pour vous, une r\u00e9ussite ?<\/strong><\/h2>\n<p>Une r\u00e9ussite, ce serait que les Martiniquais se disent que tout est possible, mais que tout passe par l\u2019effort, par la v\u00e9rit\u00e9, par la transparence, et par un mot que nous devrions avoir \u00e0 l\u2019esprit, surtout lorsqu\u2019on aime son pays et qu\u2019on exige le respect <strong>: la responsabilit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Si, au terme de ce mandat, j\u2019ai d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019en \u00e9tant responsables, les Martiniquais peuvent se prendre en main et assurer leur avenir, j\u2019aurai le sentiment d\u2019avoir servi ce pour quoi je me suis battu presque toute ma vie : dire aux gens qu\u2019il ne faut pas s\u2019installer dans la victimisation, mais qu\u2019il faut s\u2019assumer. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 lorsqu\u2019un haut responsable de l\u2019administration m\u2019a dit que l\u2019on ne pouvait tout de m\u00eame pas nous confier l\u2019usine de Rivi\u00e8re Blanche, vu la mani\u00e8re dont Odyssi est g\u00e9r\u00e9e. Cela signifie que nous sommes per\u00e7us comme incapables, comme des assist\u00e9s, et que nous en sommes nous-m\u00eames responsables, par nos postures et nos renoncements. Si nous n\u2019assumons pas nos responsabilit\u00e9s, on ne nous respecte pas.<\/p>\n<p><em>Interview by Philippe Pied<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px\"><strong><em><span style=\"color: #ff0000\">A noter<\/span> que le 6 juin, le Comit\u00e9 citoyen du Sud de Martinique a publi\u00e9 <a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/communique-eau-le-comite-citoyen-du-sud-refuse-que-les-usagers-paient-le-prix-des-derives-dodyssi\/\">une lettre ouverte adress\u00e9e \u00e0 Yan Monplaisir,<\/a> pr\u00e9sident d\u2019Odyssi. Le CCSM y d\u00e9nonce l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une hausse pouvant atteindre 40 % du prix de l\u2019eau et de l\u2019assainissement, estimant que les usagers ne doivent pas payer les cons\u00e9quences des erreurs de gestion pass\u00e9es. L\u2019association demande le renoncement \u00e0 toute hausse tant que des r\u00e9formes structurelles, un plan d\u2019urgence sur les fuites, davantage de transparence et une concertation avec les usagers n\u2019auront pas \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s. <a href=\"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/communique-eau-le-comite-citoyen-du-sud-refuse-que-les-usagers-paient-le-prix-des-derives-dodyssi\/\">VOIR LE COMMUNIQU\u00c9 DU CCSM<\/a><\/em><\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Odyssi : Yan Monplaisir face au pari difficile de la transparence et du redressement \u00c9lu pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Odyssi le 21 mai 2026, le maire de Saint-Joseph h\u00e9rite d&rsquo;une r\u00e9gie communautaire de l&rsquo;eau et de l&rsquo;assainissement plomb\u00e9e par un d\u00e9ficit de quinze millions d&rsquo;euros et un budget jug\u00e9 insinc\u00e8re par la chambre r\u00e9gionale des<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":91362,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":"","rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-91361","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91361","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91361"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91361\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":91383,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91361\/revisions\/91383"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/91362"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91361"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91361"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91361"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}