{"id":91402,"date":"2026-06-08T19:52:37","date_gmt":"2026-06-08T23:52:37","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=91402"},"modified":"2026-06-08T19:52:39","modified_gmt":"2026-06-08T23:52:39","slug":"a-qui-appartient-la-martinique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/a-qui-appartient-la-martinique\/","title":{"rendered":"\u00c0 qui appartient la Martinique ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Histoire de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re depuis la colonisation jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><strong>La question para\u00eet simple. Pourtant, elle touche au c\u0153ur de l\u2019histoire martiniquaise. \u00c0 qui appartient la Martinique ? Aux familles qui y vivent depuis des g\u00e9n\u00e9rations ? Aux descendants des premiers colons ? Aux h\u00e9ritiers des affranchis de 1848 ? Aux collectivit\u00e9s publiques ? Aux entreprises agricoles ? \u00c0 l\u2019\u00c9tat ?<br><\/strong><br>La r\u00e9ponse est complexe parce que la structure fonci\u00e8re martiniquaise est le produit de pr\u00e8s de quatre si\u00e8cles d\u2019histoire coloniale, \u00e9conomique et sociale.<br><br><strong>Une \u00eele d&rsquo;abord appropri\u00e9e par la colonisation<br><\/strong><br>Lorsque les Fran\u00e7ais s&rsquo;installent durablement en Martinique \u00e0 partir de 1635, la terre devient rapidement l&rsquo;enjeu central du projet colonial. La monarchie conc\u00e8de alors de vastes portions du territoire \u00e0 des colons europ\u00e9ens. La propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re se construit autour du mod\u00e8le de l&rsquo;habitation, unit\u00e9 agricole associant terres, b\u00e2timents et main-d&rsquo;\u0153uvre servile.<br><br>Aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, la concentration fonci\u00e8re s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re avec le d\u00e9veloppement du sucre. La propri\u00e9t\u00e9 est alors \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esclavage. \u00c0 la veille de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, une faible minorit\u00e9 de propri\u00e9taires contr\u00f4le l&rsquo;essentiel des terres productives de l&rsquo;\u00eele.<br><br><strong>L&rsquo;abolition de 1848 : une libert\u00e9 sans redistribution massive des terres<br><\/strong><br>L&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage constitue une rupture majeure mais ne s&rsquo;accompagne pas d&rsquo;une r\u00e9forme agraire. Les anciens esclaves acc\u00e8dent \u00e0 la libert\u00e9 mais rarement \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re. Progressivement, certains acqui\u00e8rent n\u00e9anmoins de petites parcelles, donnant naissance \u00e0 une petite propri\u00e9t\u00e9 paysanne qui marquera durablement le paysage rural martiniquais.<br><br><strong>Une concentration fonci\u00e8re qui r\u00e9siste au temps<br><\/strong><br>Au XXe si\u00e8cle, les structures h\u00e9rit\u00e9es de l&rsquo;\u00e9conomie de plantation demeurent largement visibles. Les cultures de la canne puis de la banane occupent les meilleures terres agricoles tandis que les petites exploitations se d\u00e9veloppent sur des espaces plus contraints.<br><br><strong>L&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un nouveau ph\u00e9nom\u00e8ne : l&rsquo;indivision<\/strong><br><br>Au fil des g\u00e9n\u00e9rations, les successions non r\u00e9gl\u00e9es conduisent \u00e0 la multiplication des situations d&rsquo;indivision. Une m\u00eame parcelle peut appartenir \u00e0 plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d&rsquo;h\u00e9ritiers. Aujourd&rsquo;hui, des milliers d&rsquo;hectares sont concern\u00e9s par ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<br><br><strong>\u00c0 qui appartient la terre aujourd&rsquo;hui ?<br><\/strong><br>La propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re est d\u00e9sormais r\u00e9partie entre les particuliers, les indivisions successorales, les exploitations agricoles, les entreprises priv\u00e9es, les communes, la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique, l&rsquo;\u00c9tat et plusieurs \u00e9tablissements publics.<br><br><strong>Une question qui d\u00e9passe la propri\u00e9t\u00e9<br><\/strong><br>La question \u00ab \u00c0 qui appartient la Martinique ? \u00bb ne renvoie pas uniquement aux titres de propri\u00e9t\u00e9. Elle interroge aussi les usages de la terre : qui la cultive, qui l&rsquo;habite, qui la transmet et qui d\u00e9cide de son avenir ?<br><br><strong>Un enjeu pour l&rsquo;avenir<br><\/strong><br>La question fonci\u00e8re se trouve aujourd&rsquo;hui au croisement de plusieurs d\u00e9fis majeurs : souverainet\u00e9 alimentaire, logement, installation des jeunes agriculteurs, protection de l&rsquo;environnement, adaptation au changement climatique et transmission des patrimoines familiaux.<br><br>Plus de trois si\u00e8cles apr\u00e8s les premi\u00e8res concessions coloniales, la terre demeure l&rsquo;un des principaux r\u00e9v\u00e9lateurs des rapports entre histoire, pouvoir, m\u00e9moire et d\u00e9veloppement en Martinique. La question n&rsquo;est donc pas seulement de savoir \u00e0 qui appartient la Martinique aujourd&rsquo;hui, mais aussi qui pourra en fa\u00e7onner l&rsquo;avenir demain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car si l\u2019on y regarde de plus pr\u00e8s la Martinique n\u2019appartient pas \u00e0 ceux que l\u2019on croit. Mais cet aspect de la question fera l\u2019objet d\u2019un autre Regard qu\u2019Antilla publiera prochainement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>G\u00e9rard Dorwling-Carter<br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re depuis la colonisation jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui La question para\u00eet simple. Pourtant, elle touche au c\u0153ur de l\u2019histoire martiniquaise. \u00c0 qui appartient la Martinique ? Aux familles qui y vivent depuis des g\u00e9n\u00e9rations ? Aux descendants des premiers colons ? 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