{"id":92418,"date":"2026-07-06T04:00:53","date_gmt":"2026-07-06T08:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=92418"},"modified":"2026-07-06T05:30:20","modified_gmt":"2026-07-06T09:30:20","slug":"lutter-contre-la-vie-chere-en-transformant-en-profondeur-les-structures-economiques-par-mm-crusol-et-lafleur-bolo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/lutter-contre-la-vie-chere-en-transformant-en-profondeur-les-structures-economiques-par-mm-crusol-et-lafleur-bolo\/","title":{"rendered":"Combating the High Cost of Living Through Far-Reaching Economic Reforms. By Crusol and Lafleur-Bolo"},"content":{"rendered":"<h3>Dans cette tribune, le Pr Jean Crusol et Jean-Marc Lafleur-Bolo d\u00e9fendent l\u2019id\u00e9e que la lutte contre la vie ch\u00e8re en Martinique passe par une transformation en profondeur du mod\u00e8le \u00e9conomique. Selon eux, le financement des tr\u00e8s petites entreprises, \u00e0 travers un outil territorial comme FIL INVEST, constitue une condition essentielle pour d\u00e9velopper les fili\u00e8res locales, renforcer la production sur place et r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations.<\/h3>\n<hr \/>\n<h1>Pourquoi le financement des TPE est devenu la condition absolue du changement de mod\u00e8le<\/h1>\n<ul>\n<li><em>Tribune\u00a0du Pr Jean CRUSOL, professeur \u00e9m\u00e9rite des Universit\u00e9s<\/em><\/li>\n<li><em>Jean-Marc Lafleur-Bolo\u00a0: Consultant<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>La vie ch\u00e8re n\u2019est pas seulement un \u00e9cart \u00a0excessif des \u00a0prix et les revenus du people. C\u2019 est aussi et surtout un probl\u00e8me structurel r\u00e9curant \u00a0d\u2019une \u00e9conomie insulaire qui importe trop, produit et transforme trop peu, et surtout, finance mal ses petites et tr\u00e8s petites entreprises, agents \u00e9conomique dont\u00a0 la vocation historique est la transformation de l\u2019\u00e9conomie \u00a0martiniquaise. Ainsi, le \u00a0peuple, ses couches sociales les plus modestes qui voient se r\u00e9duire son panier de provision, alors qu\u2019il travaille dur, se r\u00e9volte!<\/strong><\/p>\n<p>Mais la vie ch\u00e8re n\u2019est pas une fatalit\u00e9 insulaire. Elle n\u2019est pas seulement le r\u00e9sultat du fret, de l\u2019octroi de mer, des marges ou de la petite taille du march\u00e9, elle est d\u2019abord le produit d\u2019une architecture \u00e9conomique qui s\u2019est fig\u00e9e : d\u00e9pendance massive aux importations provenant de sources lointaine, appareil productif insuffisamment structur\u00e9, cha\u00eenes de valeur organis\u00e9es de telle sorte que la marge se forme souvent ailleurs que dans la production locale\u2026.<\/p>\n<p>Le vrai sujet est donc : comment faire en sorte que davantage de valeur soit cr\u00e9\u00e9e, transform\u00e9e, financ\u00e9e, capt\u00e9e et r\u00e9investie sur place ? La r\u00e9ponse passe par les fili\u00e8res locales, par les circuits courts, par la mont\u00e9e en gamme, par la coop\u00e9ration carib\u00e9enne. Mais elle passe surtout par un acteur que l\u2019on invoque souvent et que l\u2019on finance trop peu : la tr\u00e8s petite entreprise.<\/p>\n<h1>I. La vie ch\u00e8re est le r\u00e9sultat d\u2019un mod\u00e8le productif excentr\u00e9<\/h1>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9conomie o\u00f9 l\u2019importation domine la production, o\u00f9 la transformation locale reste faible, o\u00f9 le commerce et la logistique p\u00e8sent plus lourd que la cr\u00e9ation productive, o\u00f9 la petite entreprise reste trop souvent seule face au risque, aux difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, aux financements, qui assurent la continuit\u00e9 de la production, et aux progr\u00e8s technologiques qui permet de baisser les co\u00fbts! Elle importe les prix, les d\u00e9lais, les ruptures, les co\u00fbts de transport, les al\u00e9as ext\u00e9rieurs. Elle importe \u00e9galement une d\u00e9pendance : celle de ne pas ma\u00eetriser les segments o\u00f9 se cr\u00e9e la valeur.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est pas dans le fait de recourir \u00e0 certaines importations &#8211; une \u00eele ne peut vivre en autarcie- c\u2019est d\u2019importer sans produire suffisamment, d\u2019acheter sans aucune transformation, de consommer sans structurer les fili\u00e8res capables de retenir une part plus importante de la valeur sur le territoire. C\u2019est l\u00e0 que le d\u00e9bat sur les marges atteint sa limite. Il peut \u00eatre n\u00e9cessaire, mais il n\u2019est pas suffisant. Tant que nous ne modifierons pas la structure productive, la vie ch\u00e8re reviendra, sous une forme ou sous une autre. Elle changera de visage, mais elle gardera la m\u00eame racine.<\/p>\n<h1>II. ZEST a pos\u00e9 les fondations, il faut ouvrir maintenant le passage vers l\u2019entreprise<\/h1>\n<p>Le programme ZEST (Zone d\u2019Exp\u00e9rimentation et de Structuration Territoriale)\u00a0vise \u00e0 poser, les fondations du changement de mod\u00e8le\u00a0: Infrastructures, fili\u00e8res, clusters, \u00e9quipements, capacit\u00e9s collectives : tout cela est indispensable. Mais il faut ajouter une \u00e9vidence que l\u2019on oublie trop souvent : une infrastructure ne produit rien par elle-m\u00eame. Une fili\u00e8re ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Un cluster ne remplace pas l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Entre l\u2019investissement public structurant et la transformation r\u00e9elle du tissu \u00e9conomique, il existe un passage oblig\u00e9 : le financement des entreprises qui doivent porter cette transformation au quotidien. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce passage qui manque aujourd\u2019hui. Sans outil financier adapt\u00e9, ZEST risque de rester au milieu du gu\u00e9. Le territoire aura investi dans les conditions de la transformation, mais les entreprises les plus proches du terrain n\u2019auront pas les moyens de s\u2019en saisir. Ce serait le paradoxe le plus co\u00fbteux : b\u00e2tir l\u2019armature et laisser les forces vives sans carburant.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 ce stade que la question d\u2019un outil territorial d\u00e9di\u00e9 prend tout son sens. Il ne s\u2019agit pas d\u2019ajouter un dispositif par r\u00e9flexe administratif, mais de cr\u00e9er le chainon manquant entre la strat\u00e9gie l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Dans cet perspective un instrument comme FIL INVEST\u00a0\u00a0 peut devenir le levier que permet \u00e0 nos petite et tr\u00e8s petites entreprises de franchir les seuils de d\u00e9veloppement, de s\u00e9curiser la tr\u00e9sorerie, de financer leur \u00e9quipement, de se structurer et de tenir dans la dur\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<h1>III. Les TPE ne demandent pas l\u2019aum\u00f4ne ; elles demandent les moyens de produire<\/h1>\n<p>On parle souvent des TPE (Tr\u00e8s petites entreprises) avec sympathie, mais rarement avec s\u00e9rieux. On les c\u00e9l\u00e8bre dans les discours sur la proximit\u00e9, puis on les laisse seules face aux banques, aux retards de paiement, aux ruptures de stock, aux normes, aux co\u00fbts de transport et aux \u00e0-coups de tr\u00e9sorerie.<\/p>\n<p>Pourtant, ce sont elles qui tiennent une partie de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Dans les quartiers, dans les communes, dans l\u2019artisanat, l\u2019agroalimentaire, le num\u00e9rique, la maintenance, les services, la culture, le tourisme, elles cr\u00e9ent de l\u2019activit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 les grands op\u00e9rateurs ne vont pas toujours. Elles connaissent les besoins, les habitudes, les fragilit\u00e9s. Elles savent adapter l\u2019offre au terrain.<\/p>\n<p>Leur petite taille n\u2019est pas une faiblesse en soi. Elle peut \u00eatre une force : rapidit\u00e9, proximit\u00e9, souplesse, capacit\u00e9 d\u2019innovation. Mais cette force devient vuln\u00e9rabilit\u00e9 lorsque l\u2019entreprise ne dispose ni de fonds propres suffisants, ni d\u2019un financement adapt\u00e9, ni d\u2019une garantie capable de rassurer les pr\u00eateurs, ni d\u2019un accompagnement lui permettant de franchir des paliers.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re une TPE qui ferme, il n\u2019y a pas seulement un bilan comptable. Il y a un emploi perdu, parfois deux ou trois. Il y a un fournisseur local fragilis\u00e9. Il y a une comp\u00e9tence qui dispara\u00eet\u2026 Il y a un quartier qui perd un service. Il y a, souvent, un entrepreneur qui avait une id\u00e9e juste mais pas l\u2019outil financier pour la faire durer.<\/p>\n<h1>IV. Le financement classique ne suffira pour le changement du mod\u00e8le<\/h1>\n<p>La transformation productive ne peut pas reposer uniquement sur le cr\u00e9dit bancaire ordinaire. Ce n\u2019est pas une accusation contre les banques ; c\u2019est un constat \u00e9conomique. Le cr\u00e9dit classique finance ce qui est d\u00e9j\u00e0 lisible, d\u00e9j\u00e0 garanti, d\u00e9j\u00e0 stabilis\u00e9. Or la transformation exige souvent de financer ce qui est encore fragile, mais prometteur.<\/p>\n<p>Les TPE ont besoin de montants parfois modestes, mais d\u00e9cisifs : un \u00e9quipement, un stock, un emballage, une certification, un v\u00e9hicule, une avance de tr\u00e9sorerie, un premier recrutement, une mise aux normes. Ce sont ces petits seuils qui font basculer une activit\u00e9 de la survie vers la croissance. Et ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces seuils que les outils classiques financent trop peu.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas seulement d\u2019ouvrir un guichet suppl\u00e9mentaire. Il faut s\u00e9curiser des trajectoires. Il faut mutualiser le risque. Il faut donner aux projets viables la capacit\u00e9 de devenir bancables. Il faut accompagner l\u2019entreprise apr\u00e8s l\u2019amor\u00e7age, au moment o\u00f9 elle est le plus expos\u00e9e : quand elle commence \u00e0 grandir.<\/p>\n<p>C\u2019est ici que la n\u00e9cessit\u00e9 de FIL INVEST<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> devient incontournable. Sans un outil de financement territorial, cibl\u00e9, patient et adoss\u00e9 \u00e0 une logique de garantie, les TPE resteront prisonni\u00e8res d\u2019un angle mort : trop petites pour les financements classiques, trop importantes pour \u00eatre abandonn\u00e9es, trop utiles pour \u00eatre trait\u00e9es comme une cat\u00e9gorie r\u00e9siduelle.<\/p>\n<h1>V. FIL INVEST : pas une aide de plus, une infrastructure financi\u00e8re territoriale<\/h1>\n<p>Il faut changer les mots. FIL INVEST ne doit pas \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme une subvention de plus, ni comme une faveur accord\u00e9e aux petites entreprises. Ce serait l\u2019affaiblir avant m\u00eame de le lancer. FIL INVEST doit \u00eatre pens\u00e9 comme une infrastructure financi\u00e8re territoriale : un outil qui rend possible ce que le march\u00e9 ne finance pas spontan\u00e9ment, mais dont le territoire a besoin pour changer de mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Son r\u00f4le doit \u00eatre clair : financer les investissements utiles\u00a0; garantir une part du risque pour rendre les projets bancables\u00a0; accompagner les dirigeants dans la gestion, la qualit\u00e9, le passage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle. S\u00e9curiser les trajectoires pour \u00e9viter qu\u2019un choc de tr\u00e9sorerie ou un retard de paiement ne d\u00e9truise une entreprise viable.<\/p>\n<p>Un tel outil ne doit pas distribuer indistinctement de l\u2019argent. Il doit s\u00e9lectionner, suivre, \u00e9valuer. Il doit cibler les entreprises capables de contribuer \u00e0 une fili\u00e8re, de cr\u00e9er de la valeur locale, de produire mieux, d\u2019embaucher, de r\u00e9duire une d\u00e9pendance, de renforcer un circuit court. La rigueur est la condition de sa l\u00e9gitimit\u00e9. Mais la rigueur ne doit pas servir d\u2019alibi \u00e0 l\u2019inaction. La Martinique n\u2019a pas seulement besoin d\u2019un diagnostic suppl\u00e9mentaire. Elle a besoin d\u2019un instrument. Le temps des constats est pass\u00e9 ; celui du financement de la transformation doit commencer\u00a0!<\/p>\n<h1>VI. Une intervention publique se l\u00e9gitime, parce qu\u2019elle corrige une d\u00e9faillance<\/h1>\n<p>Certains objecteront que l\u2019action publique ne doit pas remplacer le march\u00e9. Ils auront raison\u00a0! Mais pr\u00e9cis\u00e9ment : il ne s\u2019agit pas de remplacer le march\u00e9. Il s\u2019agit de corriger une d\u00e9faillance de march\u00e9 clairement identifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Quand les co\u00fbts d\u2019instruction sont trop \u00e9lev\u00e9s au regard de petits montants, quand les garanties manquent, quand le risque n\u2019est pas mutualis\u00e9, quand les projets utiles restent hors financement faute d\u2019outils adapt\u00e9s, le march\u00e9 ne suffit pas. Le laisser seul d\u00e9cider, c\u2019est accepter que la transformation productive reste bloqu\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019intervention publique locale est l\u00e9gitime si elle respecte trois conditions : \u00eatre cibl\u00e9e, \u00eatre compl\u00e9mentaire, \u00eatre \u00e9valu\u00e9e. Cibl\u00e9e sur les TPE qui peuvent structurer les fili\u00e8res. Compl\u00e9mentaire des dispositifs existants et de la Collectivit\u00e9 Territoriale de Martinique. \u00c9valu\u00e9e sur des r\u00e9sultats concrets : survie des entreprises, emplois, chiffre d\u2019affaires, effet de levier bancaire, valeur ajout\u00e9e locale.<\/p>\n<p>Dans cette logique, les collectivit\u00e9s ne se substituent pas \u00e0 l\u2019initiative priv\u00e9e. Elles rendent possible ce que le march\u00e9, seul, ne sait pas encore financer. Elles ne distribuent pas une aum\u00f4ne ; elles construisent les conditions d\u2019une \u00e9conomie moins d\u00e9pendante.<\/p>\n<h1>VII. La Cara\u00efbe avance, la Martinique doit y prendre sa place<\/h1>\n<p>La transformation martiniquaise ne peut plus se penser dans un t\u00eate-\u00e0-t\u00eate exclusif avec l\u2019Hexagone. La Cara\u00efbe avance. La CARICOM se structure. Les march\u00e9s r\u00e9gionaux se recomposent. Les voisins produisent, commercent, innovent, n\u00e9gocient. La Martinique ne peut pas rester spectatrice.<\/p>\n<p>Mais l\u2019ouverture r\u00e9gionale ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Pour s\u2019ins\u00e9rer dans les cha\u00eenes de valeur carib\u00e9ennes, il faut des entreprises capables de produire avec r\u00e9gularit\u00e9, qualit\u00e9, volume et fiabilit\u00e9. Il faut des produits transform\u00e9s, des services exportables, des marques, des normes ma\u00eetris\u00e9es, une logistique organis\u00e9e. L\u00e0 encore, tout ram\u00e8ne au financement.<\/p>\n<p>Nous ne gagnerons pas la bataille du moins ch\u00e8re\u00a0! Nous pouvons gagner celle de la qualit\u00e9, de la fiabilit\u00e9, de la norme, de l\u2019identit\u00e9, de la valeur ajout\u00e9e. Mais cette bataille exige des entreprises solides. Et les entreprises solides ne naissent pas seulement de bonnes id\u00e9es : elles naissent aussi d\u2019un financement patient, adapt\u00e9 et s\u00e9curis\u00e9.<\/p>\n<p>FIL INVEST est donc aussi un outil de positionnement r\u00e9gional. Il doit aider les TPE martiniquaises \u00e0 devenir assez robustes pour ne pas fl\u00e9chir face \u00e0 la concurrence carib\u00e9enne, mais pour y entrer avec leurs propres forces.<\/p>\n<h1>La transformation a un prix , il faut choisir de la financer<\/h1>\n<p>La vie ch\u00e8re p\u00e8se sur les m\u00e9nages parce que notre mod\u00e8le \u00e9conomique produit trop peu de valeur locale et d\u00e9pend trop fortement de cha\u00eenes qu\u2019il ne ma\u00eetrise pas. C\u2019est cela qu\u2019il faut changer. Et ce changement ne viendra pas seulement d\u2019un discours sur les fili\u00e8res, ni d\u2019un programme d\u2019infrastructures, ni d\u2019un appel abstrait \u00e0 la production locale.<\/p>\n<p>Il viendra des entreprises qui, chaque jour, peuvent transformer une ressource, cr\u00e9er un service, raccourcir une cha\u00eene, employer localement, r\u00e9pondre \u00e0 un besoin, tenir un savoir-faire. Ces entreprises existent. Elles sont l\u00e0. Mais elles ne peuvent pas porter seules une transformation qui d\u00e9passe leurs moyens financiers.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi FIL INVEST n\u2019est pas seulement utile, mais n\u00e9cessaire. Sans un tel outil, nous demanderons aux TPE de transformer le mod\u00e8le sans leur donner les moyens de le faire\u00a0; nous continuerons \u00e0 parler de relocalisation sans financer les ceux qui relocalisent. Nous parlerons de circuits courts sans financer ceux qui les organisent. Nous pr\u00e9tendrons faire de la coop\u00e9ration \u00a0r\u00e9gionale sans financer les entreprises capables d\u2019y prendre part.<\/p>\n<p>ZEST a pos\u00e9 une ambition territoriale. FIL INVEST constituer son bras \u00e9conomique. La Martinique n\u2019a plus le luxe de s\u00e9parer les infrastructures, les fili\u00e8res et le financement des entreprises. Si l\u2019on veut vraiment sortir de la vie ch\u00e8re par la transformation du mod\u00e8le \u00e9conomique, alors il faut financer celles et ceux qui peuvent le faire\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Est un dispositif territorial de financement et de garantie d\u2019accompagnement des TPE. Il s\u2019agit d\u2019un levier de financement permettant aux petites entreprises de transformer les ambition de ZEST en production locale, emplois, valeur ajout\u00e9e\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette tribune, le Pr Jean Crusol et Jean-Marc Lafleur-Bolo d\u00e9fendent l\u2019id\u00e9e que la lutte contre la vie ch\u00e8re en Martinique passe par une transformation en profondeur du mod\u00e8le \u00e9conomique. 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