{"id":92919,"date":"2026-07-20T19:16:45","date_gmt":"2026-07-20T23:16:45","guid":{"rendered":"https:\/\/antilla-martinique.com\/?p=92919"},"modified":"2026-07-20T19:16:45","modified_gmt":"2026-07-20T23:16:45","slug":"agir-sur-les-deux-fronts-le-debat-institutionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/agir-sur-les-deux-fronts-le-debat-institutionnel\/","title":{"rendered":"Agir sur les deux fronts.\u00a0Le d\u00e9bat institutionnel."},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c9VOLUTION INSTITUTIONNELLE<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Ce que la convergence entre Jos\u00e9 Mirande et Louis Boutrin dit \u00e0 la Martinique<\/em><\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h3><strong><i>Depuis la signature, le 1er juillet 2026, de l&rsquo;accord-cadre entre l&rsquo;\u00c9tat et la Collectivit\u00e9 territoriale de Martinique, le d\u00e9bat public s&rsquo;est enferm\u00e9 dans une alternative factice : tout attendre du futur pouvoir normatif autonome, ou tout lui refuser au nom des urgences du pr\u00e9sent. Deux voix, venues d&rsquo;horizons diff\u00e9rents, invitent \u00e0 sortir de ce faux dilemme : celle de Louis Boutrin, conseiller territorial et avocat, et celle de Jos\u00e9 Mirande, maire du Marin et conseiller territorial. \u00c0 les lire ensemble, une strat\u00e9gie se dessine \u2014 agir d\u00e8s maintenant avec les moyens du statut actuel, tout en n\u00e9gociant, au sein de la R\u00e9publique, l&rsquo;outil normatif qui manque.<\/i><\/strong><\/h3>\r\n\r\n\r\n\r\n<h3><strong>Louis Boutrin : la constance d&rsquo;une ligne<\/strong><\/h3>\r\n\r\n\r\n\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Dans une tribune qu&rsquo;il publie le jour m\u00eame de la signature, Louis Boutrin commence par dissiper un malentendu soigneusement entretenu : l&rsquo;accord-cadre n&rsquo;instaure aucun statut nouveau. Il ouvre une n\u00e9gociation. Et cette n\u00e9gociation est born\u00e9e par une garantie constitutionnelle que nul ne peut contourner : l&rsquo;article 72-4, qui interdit toute \u00e9volution institutionnelle sans que le peuple martiniquais soit appel\u00e9 \u00e0 se prononcer souverainement. Agiter le spectre d&rsquo;une autonomie impos\u00e9e \u00ab dans le dos \u00bb des Martiniquais rel\u00e8ve donc, au mieux, de la m\u00e9connaissance du droit, au pire, de la strat\u00e9gie de la peur.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Sa ligne est ancienne et n&rsquo;a pas vari\u00e9. D\u00e8s 2016, comme conseiller ex\u00e9cutif, puis devant le Congr\u00e8s des \u00e9lus en 2022, il plaidait pour doter la Martinique d&rsquo;un v\u00e9ritable pouvoir normatif autonome &#8211; l\u00e9gislatif, r\u00e9glementaire et fiscal &#8211; permettant d&rsquo;adapter les politiques publiques aux r\u00e9alit\u00e9s du territoire, tout en demeurant pleinement dans la R\u00e9publique et dans le respect des comp\u00e9tences r\u00e9galiennes de l&rsquo;\u00c9tat. Au congr\u00e8s de novembre 2023, il justifiait cette exigence par un constat t\u00eatu : malgr\u00e9 les plans de d\u00e9veloppement successifs, malgr\u00e9 les d\u00e9fiscalisations, malgr\u00e9 les masses financi\u00e8res inject\u00e9es, la pauvret\u00e9 et l&rsquo;exclusion continuent de s&rsquo;accentuer &#8211; un cinqui\u00e8me de la population vit sous le seuil de pauvret\u00e9. Il faut donc, disait-il en substance, sortir de la logique du constat pour entrer dans celle de la comp\u00e9tence exerc\u00e9e.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Le titre de sa tribune du 1er juillet vaut programme : \u00ab un peuple ne construit jamais son avenir avec la peur \u00bb. Il le construit, ajoute-t-il, avec de la lucidit\u00e9, du courage, de l&rsquo;audace et de l&rsquo;esp\u00e9rance.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3>Jos\u00e9 Mirande : la preuve par l&rsquo;acte<\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Jos\u00e9 Mirande n&rsquo;est pas un doctrinaire du statut. C&rsquo;est un gestionnaire \u2014 chef d&rsquo;entreprise pendant pr\u00e8s de quarante ans avant de conqu\u00e9rir la mairie du Marin en 2020. Son bilan municipal est pr\u00e9cis\u00e9ment la d\u00e9monstration de ce que le droit en vigueur permet d\u00e9j\u00e0 : redressement d&rsquo;une commune trouv\u00e9e en difficult\u00e9 financi\u00e8re, reprise en main du port de plaisance \u00e0 travers une soci\u00e9t\u00e9 publique locale, am\u00e9nagement du front de mer, r\u00e9novation des \u00e9coles, action r\u00e9solue contre l&rsquo;habitat insalubre. Le tout \u00e0 droit constant, sans attendre la moindre r\u00e9forme institutionnelle, avec les seuls outils du statut actuel &#8211; et une gestion rigoureuse.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Et pourtant, lorsque ce pragmatique monte \u00e0 la tribune de la pl\u00e9ni\u00e8re de la CTM consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution statutaire, son langage rejoint celui de Boutrin. Il part d&rsquo;un constat sans complaisance : la Martinique demeure d\u00e9pendante sur les plans budg\u00e9taire, normatif et diplomatique. Il plaide pour une relation nouvelle avec la France &#8211; ni rupture, ni repli -construite \u00e9tape par \u00e9tape, dans le respect du droit et lenvers la R\u00e9publique, mais assumant pleinement la responsabilit\u00e9 de gouverner, de d\u00e9cider pour soi-m\u00eame, d&rsquo;\u00e9chouer parfois, et surtout de r\u00e9ussir par soi-m\u00eame. Sa formule r\u00e9sume toute la d\u00e9marche : \u00ab Nous avons h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un statut. Mais nous pouvons \u00e9crire un destin. \u00bb<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<blockquote>\r\n<h2><strong><em>G\u00e9rer comme si le pouvoir normatif ne devait jamais arriver ; le n\u00e9gocier comme si tout en d\u00e9pendait.<\/em><\/strong><\/h2>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><strong>Deux fronts, une seule strat\u00e9gie<\/strong><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Rapproch\u00e9es, ces deux positions dessinent moins une convergence de circonstance qu&rsquo;une v\u00e9ritable doctrine d&rsquo;action. Elle tient en deux fronts, qu&rsquo;il faut tenir simultan\u00e9ment.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Le premier front est celui du pr\u00e9sent. Le statut actuel n&rsquo;est pas le carcan vide que certains d\u00e9crivent. L&rsquo;article 73 de la Constitution offre le m\u00e9canisme des habilitations : la loi du 30 juin 2026, qui habilite la Collectivit\u00e9 \u00e0 fixer des r\u00e8gles en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9nergie, d&rsquo;eau et d&rsquo;assainissement, vient d&rsquo;en administrer la preuve. La CTM dispose de comp\u00e9tences importantes ; les communes et les intercommunalit\u00e9s \u00e9galement. L&rsquo;exemple du Marin d\u00e9montre que la bonne gestion n&rsquo;attend pas la r\u00e9forme : elle est possible ici et maintenant. Une part de nos difficult\u00e9s pourrait relever &#8211; \u00e0 bien y regarder &#8211;\u00a0 moins du statut lui-m\u00eame que de l&rsquo;usage incomplet que nous en faisons. Nous devons\u00a0 exploiter ces marges, pour \u00e9viter\u00a0 d\u2019offrir un argument gratuit \u00e0 ceux qui contestent la capacit\u00e9 martiniquaise \u00e0 exercer davantage de pouvoirs.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Le second front est celui de l&rsquo;avenir. Car le premier front rencontre vite ses limites structurelles. L&rsquo;habilitation de l&rsquo;article 73 demeure un instrument pr\u00e9caire : proc\u00e9dure lourde, champ \u00e9troitement d\u00e9limit\u00e9, dur\u00e9e limit\u00e9e, renouvellement suspendu au bon vouloir du Parlement. La collectivit\u00e9 y l\u00e9gif\u00e8re, en quelque sorte, par procuration &#8211; et \u00e0 titre temporaire. Or le d\u00e9calage entre la norme nationale et les r\u00e9alit\u00e9s martiniquaises n&rsquo;est pas temporaire : il est structurel, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la vie ch\u00e8re, de l&rsquo;\u00e9nergie, du foncier ou des transports. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;exigence d&rsquo;un pouvoir normatif autonome, p\u00e9renne et juridiquement s\u00e9curis\u00e9 &#8211; vot\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par le Congr\u00e8s des \u00e9lus le 8 octobre 2025, confirm\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par l&rsquo;Assembl\u00e9e de Martinique le 24 octobre, et d\u00e9sormais inscrite dans le processus de n\u00e9gociation ouvert par l&rsquo;accord-cadre du 1er juillet 2026.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">L&rsquo;essentiel est dans l&rsquo;articulation : chaque front renforce l&rsquo;autre. Bien g\u00e9rer aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est b\u00e2tir la cr\u00e9dibilit\u00e9 qui l\u00e9gitimera demain le transfert normatif &#8211; le redressement du Marin vaut, \u00e0 cet \u00e9gard, plaidoyer. R\u00e9ciproquement, le pouvoir normatif autonome viendra p\u00e9renniser et s\u00e9curiser ce que l&rsquo;habilitation ne permet aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;\u00e0 titre pr\u00e9caire et r\u00e9vocable. Attendre le grand soir institutionnel pour se mettre au travail serait une d\u00e9mission ; refuser tout \u00e9largissement normatif au motif que la gestion devrait d&rsquo;abord faire ses preuves serait condamner cette gestion elle-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;impuissance, en la privant des leviers dont elle a besoin.<\/span><\/h3>\r\n\r\n\r\n\r\n<h3><strong>Au sein de la R\u00e9publique, au-del\u00e0 de la querelle statutaire<\/strong><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">Ni Boutrin ni Mirande ne posent la question en termes de sortie de la R\u00e9publique. La n\u00e9gociation ouverte le 1er juillet se d\u00e9roule dans un cadre d&rsquo;\u00c9tat de droit, sous la double garantie de la consultation populaire de l&rsquo;article 72-4 et de la pr\u00e9servation des comp\u00e9tences r\u00e9galiennes. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui permet &#8211; enfin &#8211; de d\u00e9passer la querelle statutaire : cette guerre de tranch\u00e9es entre l&rsquo;article 73 et l&rsquo;article 74, entre assimilation et autonomie, qui paralyse le d\u00e9bat martiniquais depuis des d\u00e9cennies et nourrit toutes les peurs. La question pertinente n&rsquo;est plus \u00ab quel article de la Constitution ? \u00bb, mais \u00ab quels pouvoirs, pour quelles politiques publiques, avec quelles garanties ? \u00bb. Le d\u00e9placement est d\u00e9cisif : on passe d&rsquo;un d\u00e9bat identitaire et anxiog\u00e8ne \u00e0 un d\u00e9bat fonctionnel, apais\u00e9 et v\u00e9rifiable.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><span style=\"font-weight: normal\">La convergence entre le juriste militant et le maire gestionnaire n&rsquo;a rien d&rsquo;anecdotique. Elle indique la seule strat\u00e9gie raisonnable pour la p\u00e9riode qui s&rsquo;ouvre : les mains dans le pr\u00e9sent, le regard sur l&rsquo;avenir. Utiliser jusqu&rsquo;\u00e0 la corde les moyens du statut actuel &#8211; habilitations, comp\u00e9tences existantes, exemplarit\u00e9 de gestion &#8211; et, dans le m\u00eame mouvement, n\u00e9gocier avec exigence l&rsquo;outil normatif qui fait d\u00e9faut. C&rsquo;est \u00e0 cette double condition que la responsabilit\u00e9 cessera d&rsquo;\u00eatre un slogan pour devenir une pratique. Et qu&rsquo;un peuple qui a h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un statut pourra, effectivement, \u00e9crire un destin.<\/span><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3><em><strong>G\u00e9rard Dorwling-Carter.\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\r\n<h3>\r\n\r\n<\/h3>\r\n<h3>\u00a0<\/h3>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9VOLUTION INSTITUTIONNELLE Ce que la convergence entre Jos\u00e9 Mirande et Louis Boutrin dit \u00e0 la Martinique Depuis la signature, le 1er juillet 2026, de l&rsquo;accord-cadre entre l&rsquo;\u00c9tat et la Collectivit\u00e9 territoriale de Martinique, le d\u00e9bat public s&rsquo;est enferm\u00e9 dans une alternative factice : tout attendre du futur pouvoir normatif autonome, ou tout lui refuser<\/p>","protected":false},"author":33,"featured_media":92921,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":"","rank_math_focus_keyword":"","rank_math_title":"","rank_math_description":"","rank_math_canonical_url":"","rank_math_robots":"","rank_math_facebook_title":"","rank_math_facebook_description":"","rank_math_twitter_title":"","rank_math_twitter_description":""},"categories":[922],"tags":[],"class_list":["post-92919","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-le-regard-de-gdc"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92919"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92922,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92919\/revisions\/92922"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/92921"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antilla-martinique.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}