Ce qui marque en Martinique, c’est la pluralité, le métissage, la créolisation. Tout, sauf simple, uniforme, homogène. Cette réalité frappe l’œil de l’observateur des constructions humaines que sont l’architecture et l’urbanisme. Ici, la petite maison en bois dialogue avec l’immeuble moderniste massif, la ligne droite rencontre la courbe, les hauteurs se juxtaposent, les matériaux s’hybrident. Rien de figé.
Dans les quartiers populaires des communes de l’île s’ouvre devant nos yeux, une histoire sociale de la Martinique. Ces quartiers ponctués de balcons et de jalousies, d’impasses et d’escaliers tortueux, d’extensions spontanées et de patios intérieurs, souvent fleuris, racontent une manière de vivre, le passé et, évidemment, l’ampleur de la tâche. Il y a les difficultés, parfois plus que cela, et parler d’architecture, la toile de fond de nos vies humaines, n’est évidemment pas de jeter le voile sur la dureté de certaines réalités et encore moins tirer la terrible corde de la nostalgie, car nous savons ce qu’elle fait vibrer.
Nous connaissons aussi la fierté d’appartenir à un lieu, un pays, une île, une ville, un quartier et le regard, quand il est accompagné, comprend la valeur des choses. C’est le sens des Journées européennes du Patrimoine, qui ne se limitent pas à la célébration du patrimoine classique, et qui emprunteront, cette année, le chemin des quartiers de Texaco, de Volga, de Dillon, de Trénelle…
Johan-Hilel Hamel
Directeur des affaires culturelle
Martinique
édition septembre 2025