Neuf mois après le début du mandat de Donald Trump, la situation politique et institutionnelle aux États-Unis suscite de vives inquiétudes quant au respect des principes démocratiques et à la montée des tensions internes. Selon plusieurs observateurs, la période actuelle se caractérise par une aggravation généralisée du climat politique, où les institutions, les discours publics et les comportements partisans semblent s’enfoncer dans un cycle de défiance et de radicalisation.
Un usage contesté de la force publique
Le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs villes américaines, sans l’accord des autorités locales, marque une rupture majeure dans la pratique du pouvoir fédéral. À Chicago notamment, les forces de l’ordre ont été mobilisées comme de véritables unités militaires, descendant en rappel d’hélicoptères pour intervenir dans des zones civiles. Ces opérations, officiellement justifiées par la lutte contre la criminalité ou les troubles à l’ordre public, ont été dénoncées par plusieurs élus, dont le gouverneur républicain de l’Oklahoma, Kevin Stitt, qui a mis en garde contre une atteinte à l’autonomie des États.
Une justice instrumentalisée
Le ministère de la Justice est accusé de poursuivre les adversaires politiques du président sur instruction directe de la Maison-Blanche. Des arrestations arbitraires auraient visé des résidents légaux ou des militants exprimant des opinions critiques, soulevant des doutes sur le respect du premier amendement et de la liberté d’expression. Plusieurs juristes estiment que l’exécutif exploite les failles du système judiciaire, obéissant sélectivement aux décisions des tribunaux et retardant l’application des jugements défavorables.
Un climat intérieur de défiance
L’administration Trump est perçue comme ayant contribué à la dégradation de la confiance dans les institutions fédérales et dans la presse. La polarisation extrême du débat public alimente un sentiment d’insécurité démocratique. Des voix, autrefois accusées d’alarmisme, considèrent aujourd’hui que les craintes d’un glissement autoritaire se confirment.
Des précédents inquiétants
Les critiques redoutent que les méthodes de l’actuel président – recours à la force armée intérieure, instrumentalisation politique de la justice, rhétorique de l’ennemi intérieur – créent des précédents exploitables par ses successeurs, quelle que soit leur orientation politique. Le risque souligné est celui d’une normalisation de pratiques attentatoires à l’État de droit, qui, acceptées par opportunisme ou adhésion partisane, pourraient fragiliser durablement la démocratie américaine.
« Ce que nous jugeons acceptable aujourd’hui pourrait demain menacer les fondements mêmes de la démocratie américaine. »




