Les données économiques récentes sur la Martinique et la Guadeloupe (2023–2025) de l’INSEE, du CEROM, IEDOM interpellent.
Ces données expliquent les difficultés rencontrées par de nombreux entrepreneurs en Martinique et en Guadeloupe quin ne relèvent pas de parcours individuels isolés. Elles s’inscrivent dans un cadre économique marqué par un pouvoir d’achat contraint, une croissance faible, un chômage élevé et des marchés étroits. Les données disponibles confirment que l’acte d’entreprendre dans les Outre-mer s’exerce dans un environnement structurellement plus exigeant que dans l’Hexagone.
Une croissance fragile et peu tirée par le privé
En Guadeloupe, l’activité économique s’est contractée d’environ 1 % en 2023, après le rebond post-Covid, traduisant une demande intérieure atone et un essoufflement de l’investissement. En Martinique, la croissance avoisine 1 % en 2024, mais elle repose principalement sur la consommation publique, tandis que l’investissement privé recule nettement.
Un pouvoir d’achat structurellement contraint
Le PIB par habitant demeure nettement inférieur à la moyenne nationale : autour de 28 000 à 29 000 euros en Martinique, à un niveau comparable en Guadeloupe. À cette donnée s’ajoute – onle sait – un coût de la vie plus élevé qu’en métropole, ce qui réduit fortement la capacité de consommation des ménages et limite les débouchés des entreprises locales.
Un chômage durablement élevé
Le taux de chômage reste toujours très supérieur à la moyenne nationale. Il avoisine 12 à 13 % en Martinique et près de 18 % en Guadeloupe, contre environ 7 % dans l’Hexagone. Cette situation pèse directement sur la demande intérieure et fragilise l’ensemble du tissu économique local.
Un entrepreneuriat sous pression
Les créations d’entreprises marquent le pas, notamment en Martinique, où l’INSEE observe un repli récent. Ce ralentissement traduit à la fois la prudence des porteurs de projets et la difficulté à sécuriser financement et trésorerie dans des secteurs jugés risqués, comme le commerce, la culture ou le textile.
Des coûts spécifiques aux Outre-mer
Transport, énergie, stockage, dépendance aux importations : les coûts fixes sont plus élevés dans les économies insulaires. Les entreprises engagent souvent leurs dépenses bien avant d’avoir sécurisé leurs ventes, avec peu de marges de manœuvre pour absorber les chocs conjoncturels.
Une question stratégique pour les territoires
Ces données posent une question centrale pour la Martinique et la Guadeloupe : comment favoriser un entrepreneuriat durable dans un contexte de marchés étroits et de contraintes structurelles fortes ? Sans simplification réelle, sans rapidité d’intervention publique et sans sécurisation minimale du risque entrepreneurial, la diversification économique et la création de valeur locale resteront fragiles.
Qui toutefois peut raisonnablement espérer que le gouvernement empêtré dans des difficultés budgétaires incommensurables va se préoccuper de ces questions qui relèvent toutefois de la survie de nos territoires.
Gérard Dorwling-Carter.





Un commentaire
Le niveau de confiance est de plus en plus bas, rendant difficile le financement des projets dans les secteurs porteurs comme l’agriculture et le tourisme. La Guadeloupe a mis plus de 25 ans pour construire un nouvel hôtel d’une centaine de chambres.