Lundi matin, la cour d’appel de Fort-de-France a fait sa rentrée lors de son audience solennelle. L’occasion pour le premier président de tirer un bilan judiciaire de l’année 2025.
En ce lundi matin, la salle de la cour d’appel de Fort-de-France est trop petite pour le public. Certains assisteront à l’audience debout. La sonnerie tonitruante de la cour d’appel résonne. D’un même mouvement, la salle se lève. Les magistrats de la cour d’appel entrent en scène. Ce lundi matin se déroule l’audience solennelle. Traditionnellement, elle rassemble les magistrats durant la première quinzaine du mois de janvier. C’est donc sous la houlette du premier président de la cour d’appel, Laurent Sabatier que s’est déroulée la séance.
L’occasion pour la bâtonnière, Pascaline Jean-Joseph de prendre la parole. « Le devoir de déplaire dans une société qui change de façon dangereuse. » Elle évoque la surcharge du travail du barreau « toujours dans l’intérêt des Martiniquais. Cela rejaillit sur notre justice notamment sur le barreau. » Pascaline Jean-Joseph met en avant la santé mentale. « Elle n’est pas suffisamment prise en compte dans notre île. La justice doit souvent régler des problèmes qui ne devraient pas se régler devant la justice. Les tribunaux sont engorgés. Nous sommes 219 avocats mobilisés sur de nombreux fronts. »

Pour ouvrir une nouvelle année judiciaire, le procureur général Patrice Cambérou entame : « En 2025, la justice a été au cœur des débats. On s’attaque à l’indépendance des magistrats. En Martinique, la justice est rendue avec le même professionnalisme à quelques milliers de kilomètres de l’Hexagone. » Patrice Cambérou souligne une année riche en réformes et des engagements croissants contre la lutte du crime organisé et le blanchiment. « Nous ne devons pas nous centrer sur le narco trafic. Nous devons lutter contre toutes les violences. »

Plus d’un millier de violences intra familiales sont traitées chaque année par les instances Il explique néanmoins que 44 tonnes de cocaïne ont été judiciarisées en 2025 contre 29 en 2024. « Nos ports antillo-guyanais jouent un rôle central dans le trafic. On ne brade pas la sécurité des ports pour l’économie de marché. » Le procureur général note aussi l’augmentation de la circulation des armes à feu. Une prolifération des armes qui ne vont pas toujours dans le contexte du narco trafic. Il salue le travail de construction d’un réseau caribéen de coopération opérationnelle et technique judiciaire: 6 extraditions en 2025 contre 0 en 2024. « La justice ne peut pas marcher seule. Elle doit être accompagnée par les citoyens et les magistrats. »

Le premier président Laurent Sabatier dresse un bilan positif de l’exercice 2025 malgré la perte d’effectif. « Les effectifs de la cour d’appel de Fort-de-France sont parmi les plus anciens de France. Ma satisfaction porte sur un point fondamental, malgré l’accroissement de l’activité nous avons répondu positivement tout en rendant une justice de qualité et dans des délais respectables pour l’ensemble de la population martiniquaise quels que soient les contentieux. » Il poursuit : « le gouvernement a fait en cinq ans ce qui n’a pas été fait en 50 ans. 50 années d’inertie de nos gouvernements successifs qui a consisté à ne pas donner à la justice les moyens de sa politique. Aujourd’hui nous sommes dans une phase de rattrapage. Les engagements qui ont été pris par le ministère de la Justice ont été parfaitement respectés. » Laurent Sabatier rappelle que la Martinique disposera de trois magistrats supplémentaires pour notamment renforcer la direction interrégionale spécialisée de Fort-de-France qui lutte contre le narcotrafic.
Laurianne Nomel




