Lundi, en préfecture une convention a été signée par les services de l’État, les forces de l’ordre et les bailleurs sociaux. Il s’agit de renforcer la sécurité et de lutter contre le narcotrafic dans les parcs des logements sociaux.
Trois décès par balle en une nuit. Celle du 19 au 20 décembre 2025. Ce décompte funeste aura marqué les fêtes de fin d’année 2025. Deux sont morts dans une cité Ozanam à Schœlcher. Les bailleurs n’ont pas attendu le drame pour tirer la sonnette d’alarme. Dès le mois de juin, la totalité des bailleurs du département interpellent pour les services de l’État pour faire part de leurs difficultés en matière de sécurité. « Nous avons travaillé pour remettre à jour une convention qui avait un peu disparu depuis quelques années pour resserrer les liens entre les services de police et de gendarmerie et les bailleurs sociaux », indique le préfet, Étienne Desplanques. Les bailleurs pourront donc signaler en direct tout événement de sécurité dans les ensembles de logements sociaux. « Cela laisse la possibilité d’opération de contrôle dans les logements vacants mais aussi dans les garages vides utilisés parfois pour du trafic de stupéfiant et d’armes. » Cette remise à jour de la convention permet d’utiliser les nouveaux outils de la loi contre le narcotrafic. « Cette loi me donne de nouveaux pouvoirs, notamment celui de prononcer des interdictions de paraître pour les délinquants qui font du deal. C’est la possibilité d’accompagner des bailleurs sociaux dans les expulsions d’occupants qui procéderaient à du trafic de stupéfiant. Avoir un logement social est un droit mais c’est accompagner de devoirs. »

La convention engage également les bailleurs sociaux. « Cette convention va nous permettre d’avoir à nos côtés les services de l’ordre et de mettre en place des actions », précise Marlène Maugée, directrice d’agence à la Semag. Il s’agit notamment de sécuriser le parc d’habitations. « Nous avons des locataires qui ont droit à cette sécurité. » La directrice d’agence reconnaît avoir des troubles de voisinages et des problématiques d’insécurité sur une partie de son parc immobilier de 902 logements. « La commune la plus touchée est celle de Schœlcher. Aujourd’hui, les services de la gendarmerie nous accompagnent pour mettre en place des opérations pour limiter cette insécurité. Même son de cloche du côté de la Simar. « Il était important d’actualiser cette convention la dernière date de 1986. La délinquance a changé. Les bailleurs sociaux seuls, ne peuvent résoudre ce problème de délinquance de narco trafic », explique Jean-Luc Galy, directeur général de la Simar. Il poursuit : « Il y a des meurtres dans nos résidences, des phénomènes que l’on ne connaissait pas il y a 20 ans. Il y avait urgence. Elle doit être maintenue de telle sorte que nos résidences soient sécurisées. »
Focus sécuritaire sur Ducos, Rivière-Salée et Trinité
Autres signataires de la convention : les forces de polices et de gendarmerie. Le général Yvan Carbonelle, commandant de la gendarmerie en Martinique indique les moyens mis en œuvre : « Avant cette nouvelle convention, nous avions déjà des passages de patrouilles dans les quartiers dits sensibles, des contacts réguliers avec les bailleurs pour connaître leurs problèmes. Nous avions un contact privilégié avec les gardiens et enfin de par la loi un accès régulier aux communs pour mener des opérations. » Cette convention insiste sur de nouveaux éléments notamment le pouvoir d’expulsion pour des personnes qui se livreraient au trafic. « On a aussi une obligation sur certains quartiers qui ont été priorisés sur lesquels on va concentrer nos efforts à Ducos, Rivière-Salée et Trinité. »
Laurianne Nomel




