Première Sainte-Lucienne à accéder au poste de gouverneur du district 7030 du Rotary, Soraya Warner-Gustave pilote un réseau de 76 clubs répartis dans 17 pays de la Caraïbe. De la jeunesse aux aînés, de la paix à l’éducation, elle défend une vision humaniste et transversale du service, convaincue que l’engagement local peut influer durablement sur le monde.
Soraya Warner-Gustave, gouverneur du district 7030. Bien qu’elle soit de Sainte-Lucie son mandat couvre 17 pays de la Caraïbe. Cette zone compte 76 rotary clubs. Première femme Sainte Lucienne à accéder à la fonction, Soraya Warner-Gustave entend laisser une empreinte durable. « L’objectif du rotary est de rendre service à la communauté. L’organisation est à multiples facettes. Nous nous considérons comme une association mutuelle car nous prônons le développement de nos membres. Mais nous sommes axés sur le service également donc nous voulons rendre à la communauté à travers le monde. » Le rotary prend soin de ses membres pour qu’eux-mêmes le rendent à la communauté. Pour ce faire, le rotary s’intéresse à la jeunesse. « Nous avons des programmes jeunesse de 6 à 30 ans. Nous sommes concentrés à développer l’esprit civique afin d’en faire des citoyens globaux. » Afin d’illustrer ce sens du service rotarien, la gouverneure évoque l’intérêt de l’association pour le soutien aux mères et leurs enfants, la paix, la sensibilisation sanitaire, l’eau et l’éducation.

« Tous ces thèmes sont transversaux et permettent de toucher chaque citoyen du monde. » Le rotary club est bien conscient de la crise sécuritaire qui touche la Caraïbe gangrenée par le trafic de stupéfiants et d’armes. « Cette situation n’est pas singulière à la Martinique, on la retrouve dans toute la Caraïbe. Des jeunes se retrouvent en position vulnérable. Nous encourageons nos clubs à s’impliquer et à chercher à créer du lien à travers le mentorat ou des activités périscolaires. En venant en aide aux plus démunis, on influence le cours du monde. Nous essayons d’améliorer ainsi la société. »Pourtant, c’est par la maison de retraite OMASS du Lamentin que la gouverneur Soraya Warner-Gustave a entamé sa visite martiniquaise. « Bien que l’on ait un axe fort sur la jeunesse, nous ne délaissons pas nos aînés. Ce sont les garants de notre héritage, un héritage qui nous guide. Nous encourageons nos clubs à aider nos aînés. C’est un de nos buts premier. » Cet échange est au cœur même de la philosophie du rotary. « Nous rendons service parce que c’est la juste chose à faire. Il s’agit de notre façon d’appréhender les choses. Cela tient à certains Rotariens de rendre ce qui leur a été donné mais pas uniquement. L’objectif ultime est de servir la communauté au sens large. »

Le médecin coordonnateur, Patrick Habib témoigne de l’impact qu’a eu le rotary club sur la maison de retraite. « Contrairement à ce qu’on pourrait penser les Ehpad sont très pauvres. On a besoin de toutes les bonnes volontés. Le rotary en est une. Le rotary contribue à aider l’OMASS dans son entreprise pour les personnes âgées. » Ces actions de soutien s’inscrivent très visiblement sur le mur de la structure à l’entrée. Une plaque commémore les actes du club depuis 1997 : équipement de salle d’esthétique, d’activité physique, la plantation de palmier, la vidéothèque, grand carbet. Régulièrement, presque annuellement, le club collabore avec la maison de retraite. « Pour nous ce sont des bienfaiteurs », conclut le médecin.
Laurianne Nomel




