Le nouveau report du projet de loi de simplification de la vie économique suscite une réaction ferme du MEDEF. Dans un communiqué, l’organisation patronale alerte sur les effets négatifs de ce renvoi sans calendrier précis, qu’elle estime préjudiciable aux entreprises et, plus largement, à l’économie française. À ses yeux, ce report intervient à un moment où la lisibilité des règles et la rapidité des décisions constituent des enjeux majeurs pour l’investissement et l’emploi.
Un texte attendu, un calendrier sans cesse repoussé
Engagé depuis avril 2024, le projet de loi de simplification de la vie économique a connu un parcours parlementaire particulièrement long. En près de deux ans, il a traversé quatre gouvernements successifs, étirant son examen sur vingt-et-un mois. Selon le MEDEF, cette instabilité politique a progressivement vidé le texte de ses mesures les plus ambitieuses, réduisant sa portée initiale et alimentant l’incertitude chez les acteurs économiques.
Le nouveau report décidé dans le contexte politique actuel est perçu par l’organisation comme un signal négatif, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Le MEDEF estime que l’absence de calendrier clair renforce le sentiment d’attentisme et complique la prise de décision des chefs d’entreprise, dans un environnement déjà marqué par de fortes contraintes économiques.
Une inflation normative jugée préoccupante
Au-delà de ce texte, le MEDEF replace sa prise de position dans un constat plus large. Il souligne que, depuis plus d’une décennie, les annonces répétées de « chocs de simplification » n’ont pas permis d’enrayer l’augmentation continue des normes. Plus de 360 000 articles législatifs et réglementaires seraient aujourd’hui en vigueur, tandis que plusieurs codes ont connu une croissance rapide au cours des dix dernières années, notamment ceux de la consommation, de l’environnement, de la santé publique, du commerce et du travail.
Pour l’organisation patronale, cette accumulation de règles et la complexité administrative qui en découle constituent un frein à l’investissement et à l’activité économique. Elle estime également que l’instabilité réglementaire pèse sur l’emploi et alimente une incompréhension croissante chez les citoyens, confrontés aux effets concrets de cette complexité.
La simplification comme levier économique
Le MEDEF insiste sur le fait que la simplification n’est ni accessoire ni idéologique. Dans un contexte de finances publiques dégradées, elle est présentée comme un levier immédiat de croissance, de productivité et d’économies pour l’action publique. Différer encore ce chantier reviendrait, selon l’organisation, à se priver d’un outil susceptible d’améliorer l’efficacité économique et administrative.
Si le projet de loi initial était jugé perfectible et en deçà des attentes du monde entrepreneurial, il comportait néanmoins plusieurs mesures considérées comme utiles. Parmi elles figurent la facilitation et la sécurisation de l’implantation de grands projets, la simplification de l’accès à la commande publique et la mise en place d’un « test entreprises » destiné à évaluer en amont l’impact des nouvelles normes sur les acteurs économiques.
Un appel à relancer le débat parlementaire
Face à cette situation, le MEDEF appelle à la réinscription rapide du projet de loi à l’ordre du jour du Parlement. Cette étape est présentée comme un préalable nécessaire pour restaurer la confiance des entrepreneurs. L’organisation souligne toutefois que cette relance ne suffira pas à elle seule et plaide pour un effort plus large et plus profond.
Pour le MEDEF, la mise en œuvre d’un véritable choc de simplification constitue désormais une urgence, non seulement à l’échelle nationale, mais également européenne, afin de redonner aux entreprises un cadre plus lisible et plus favorable à leur développement.
Philippe Pied




