Muriel Palandri, Directrice générale de MAIA, la société de distribution de la coopérative CHM a prononcé un discours vibrant de bienvenue à l’occasion de la Galette des Rois organisée par la coopérative CHM/MAIA, l’ensemble des organisations de producteurs de fruits et légumes de Martinique. Ci-dessous l’intégralité de son intervention
Monsieur le Maire du Lamentin,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Madame et Monsieur les élus,
Monsieur le Président de la Chambre d’agriculture,
Mesdames et Messieurs les Présidents des Organisations de Producteurs,
Monsieur le Directeur de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt,
Chers Tous,
Je vous remercie de nous faire l’honneur et le plaisir d’être présents ce soir et de partager ce moment de convivialité.
Les vœux de santé, de bonheur et de réussite ont été largement formulés. Je fais le pari que les anges du ciel les ont assurément entendus.
Pour ma part, je veux formuler des vœux de courage.
Courage de savoir porter les épreuves de la vie, les combattre, continuer à avancer malgré leur poids, ne pas baisser les bras et surtout ne pas décrocher.
Courage de savoir neutraliser ses différends, ses déceptions, pour rechercher chez l’autre la convergence des forces positives.
Courage de savoir parier sur l’impossible et vouloir gagner la partie.
Oui, je formule pour chacun de vous des vœux de courage, mais aussi de responsabilité collective et de prospérité économique.
À ce titre, je souhaite remercier le Président de la Chambre d’agriculture, José Maurice, qui a su, avec les services de l’État et la volonté de chacun d’entre vous, mener à terme la finalisation des statuts de l’interprofession des fruits et légumes de la Martinique, baptisée AMIFEL.
C’est une étape déterminante, car aucune économie agricole ne résistera à l’addition d’intérêts individuels isolés. L’époque impose la cohérence et l’unicité dans les demandes, l’union dans l’action et la capacité à se faire entendre en ne parlant que d’une seule voix.
Nous entrons dans une année charnière avec l’application des accords du Mercosur. Même suspendus par la décision du Parlement européen de saisir la Cour européenne de justice, tôt ou tard ces accords nous frapperont en première ligne compte tenu de notre géographie.
Nous avons également à l’horizon 2027 la refonte de la PAC, qui redistribuera – espérons-le – les cartes du POSEI.
Ces échéances sont immédiates et l’interprofession arrive à point nommé.
Les statuts sont faits. L’interprofession est désormais construite et représentative. Mais il nous faut maintenant la structurer, la rendre crédible et audible.
Je formule donc le vœu que 2026 maintienne cette connexion que nous avons su trouver dans la finalisation de ces statuts, et qui se traduit ce soir par la présence des Présidentes et Présidents des organisations de producteurs.
Madame Ravier, Présidente de l’Organisation de Producteurs SICA 2M.
Monsieur Pastel, Président de la FOPAM et de l’Organisation des producteurs AVJT.
Monsieur Bélassay, Président des Melonniers, et son Directeur général Monsieur Présent.
Monsieur Plissonneau, Président de l’Organisation de producteurs MHM, et son administrateur Cyrille Necker.
Sans oublier notre hôte, Juvénal Rémir, Président de la CHM.
Synergie et technicité sont depuis trente ans le fer de lance du groupe DATEX, associé à la coopérative CHM dans MAIA.
Nous avons su construire ensemble, avec notre personnel et les représentations syndicales, un socle solide de cohésion sociale, jamais ébranlé en trente ans.
Je remercie chacun pour votre engagement, votre professionnalisme et votre présence à nos côtés.
Nous sommes ici ce soir dans le lieu qui sera demain le Marché d’Intérêt Territorial.
Je formule le vœu que ce programme territorial réponde aux préoccupations des agriculteurs, notamment par l’installation de serres productrices de plants permettant le principe d’avance sur culture afin de soulager les besoins de trésorerie pendant le cycle de production et permettre de cultiver l’intégralité des surfaces agricoles.
Là encore, c’est ensemble que nous tirerons le meilleur parti de cet outil structurant.
Je veux conclure par une conviction personnelle.
Je suis insulaire, génétiquement insulaire, et je ressens pleinement combien l’océan qui nous sépare de la France déforme nos voix, étouffe nos cris et rend peu visibles nos réalités.
Dans ce contexte insulaire, la relocalisation du pouvoir de décision au niveau local est, selon moi, une nécessité absolue. Le statu quo ne ferait que maintenir les inégalités, et tout particulièrement les inégalités agricoles, et conduirait à des tensions graves.
Aussi, je formule le vœu que la Martinique renforce son pouvoir de décision local et que l’année 2026 marque l’année du changement, de la responsabilité collective et de la prospérité économique.




