« Agir ensemble, sans céder ni à la résignation ni à la facilité. »
L’appel à l’unité et à l’action collective
Hier 29 janvier, la Tour Lumina a accueilli les vœux communs portés par quatre grandes associations économiques de Martinique. Contact Entreprises, Entreprises & Environnement, Réseau Entreprendre Martinique et AMPI ont choisi de s’exprimer d’une seule voix pour ouvrir l’année 2026.
Leurs présidents : Jean‑Yves Bonnaire pour Contact Entreprises, Stéphane Abramovici pour Entreprises & Environnement, Jean‑Max Léonard pour Réseau Entreprendre Martinique et Charles Larcher pour l’AMPI, ont délivré un message convergent : face aux incertitudes économiques, sociales et réglementaires, la Martinique a besoin de cohésion, de lucidité et de coopération.
La présence du préfet de la Martinique, Étienne Desplanques, a donné à cette rencontre une portée institutionnelle forte et souligné l’importance du dialogue entre acteurs publics et privés.
« Rien de durable ne se construit seul : ni une entreprise, ni un territoire. »
Une année exigeante, un renouveau à construire
Les intervenants n’ont pas cherché à embellir la situation. Les deux dernières années ont été décrites comme éprouvantes pour de nombreuses entreprises, marquées par des tensions économiques, une instabilité budgétaire et des inquiétudes sociales. Pour Jean-Yves Bonnaire, 2026 ne sera pas une année facile par nature : elle devra être construite avec méthode.
Il a défendu une approche faite de « petits pas », de passerelles entre acteurs et d’une parole entrepreneuriale plus assumée dans l’espace public. Selon lui, l’entreprise doit expliquer ce qu’elle fait, ce qu’elle apporte au territoire et défendre sa légitimité. Il a également insisté sur la jeunesse martiniquaise, jugée entreprenante et désireuse de créer, mais en attente de visibilité et de conditions favorables.
La solidarité entrepreneuriale comme socle
Du côté de Réseau Entreprendre Martinique, Jean-Max Léonard a rappelé que l’entrepreneuriat n’est jamais un parcours linéaire. Doutes, phases de croissance et passages difficiles font partie de la vie des dirigeants. La réponse proposée par le réseau repose sur la solidarité entrepreneuriale : accompagnement dans la durée, partage d’expérience et exigence constructive.
Les résultats présentés témoignent d’un écosystème actif : des entreprises accompagnées chaque année, des emplois créés ou maintenus et surtout un taux de pérennité élevé des entreprises suivies. L’idée centrale reste que la réussite prend plus de valeur lorsqu’elle se partage.
Économie et environnement, désormais indissociables
Stéphane Abramovici, pour Entreprises & Environnement, a défendu une vision claire : l’économie et l’environnement ne sont plus opposés. La transition écologique est décrite comme une transformation profonde des modèles économiques, et non comme une simple contrainte réglementaire.
L’association agit sur la sensibilisation, la structuration de filières locales, l’économie circulaire et la valorisation des déchets. Le message est direct : les défis environnementaux imposent des réponses collectives, coordonnées et cohérentes. L’unité du monde économique y apparaît comme une condition d’efficacité.
L’industrie entre contraintes et dialogue
Charles Larcher, au nom de l’AMPI, a rappelé les réalités auxquelles font face les industriels : hausse de certaines charges, fiscalité locale, coûts de l’eau ou concurrence des importations. Il a souligné que les incompréhensions entre monde industriel et décideurs publics proviennent souvent d’une connaissance incomplète des réalités respectives.
L’AMPI se positionne comme facilitatrice du dialogue, notamment en ouvrant davantage les sites industriels aux visites et aux échanges avec les responsables publics. L’objectif affiché n’est pas la revendication, mais la construction de solutions partagées.
Le message du préfet : stabilité et confiance

Dans son intervention, Étienne Desplanques a replacé ces échanges dans un contexte plus large d’instabilité internationale et nationale. Il a reconnu les préoccupations du tissu économique tout en mettant en garde contre une vision trop pessimiste de la situation.
Selon lui, la Martinique dispose d’atouts solides : diversité entrepreneuriale, entreprises familiales, groupes structurés, start-up et dispositifs de formation. Il a rappelé que le rôle de l’État est d’apporter visibilité, stabilité et accompagnement, notamment sur les sujets d’eau, de déchets, de fiscalité ou de droit du travail.
Il a également insisté sur l’importance de soutenir les jeunes entrepreneurs, appelés à devenir les dirigeants de demain.
Un fonds de dotation pour la culture et le patrimoine
Temps fort de la soirée : l’annonce de la création du fonds de dotation Martinique Convergence. Porté par des entreprises martiniquaises, ce dispositif vise à soutenir la culture, le patrimoine et l’environnement.
L’idée repose sur un mécénat structuré permettant aux entreprises de contribuer au financement d’initiatives culturelles et patrimoniales. La culture y est présentée comme un levier économique, mais aussi comme un facteur d’apaisement et de cohésion territoriale.
Une même conviction : avancer ensemble
Au-delà des discours, ces vœux communs traduisent une volonté stratégique : faire converger les énergies plutôt que juxtaposer les initiatives. Les quatre réseaux ont rappelé que la Martinique ne se développera ni par l’isolement, ni par la compétition interne, mais par la coopération.
Le message final, partagé par tous, tient en une idée simple : dialoguer davantage, coopérer réellement et soutenir l’entrepreneuriat local pour faire de 2026 une année de construction collective.
Philippe PIED





