En réaction à un précédent échange publié sur Antilla autour de la chlordécone et des PFAS, cette nouvelle tribune entend apporter des éléments de contextualisation et de mise à jour chiffrée. Son auteur conteste l’usage de données jugées obsolètes et plaide pour une lecture plus complète des politiques publiques engagées depuis 2020.
À travers une série d’exemples précis, il défend l’idée que des avancées significatives ont été réalisées en matière de dépistage, d’accompagnement et de recherche, tout en appelant à un débat fondé sur des informations actualisées et vérifiées.
Un verre à moitié vide, à moins qu’il soit fêlé ?
Pour faire écho à l’échange sur Antilla sur la chlordécone, la réponse apportée par JPB est certes structurée, mais maintient le verre à moitié vide dans une posture non constructive, puisque apparemment le verre semble fêlé… Défaut de fabrication ou volonté de laisser fuiter des eaux sales ? Je vous laisse juger.
Les chiffres présentés dans l’article datent de 2020 ! Vous n’êtes pas sans savoir, Monsieur Blois, que 2020, c’est loin derrière nous ; que le plan chlordécone IV est sorti depuis en 2021, qu’un nouveau budget de 130 millions de l’Etat sur la chlordécone aux Antilles est en vigueur depuis 2021 ; que le budget de 60 millions consacré par le Maine sur les PFAS couvre également une longue période (5 ans) : je le répète, 4 fois moins que l’Etat français exclusivement pour nos territoires. On devrait avoir l’honnêteté intellectuelle de fournir aux lecteurs des chiffres actualisés, disponibles sur le site chlordecone-info.fr qui fait état de la situation actuelle. Pourquoi présenter des chiffres de 6 ans en arrière si ce n’est pour vider le verre plus vite ? Allez, un petit effort pour ne pas tromper le lecteur SVP !
Mais merci pour ces chiffres, ils me permettent de faire l’état des avancées depuis 2020. J’ai pris la peine de fouiller ce site internet pour réajuster vos chiffres :
- La Martinique est passée de 60 tests de chlordéconémie en 2020 à près de 32000 tests réalisés en 2025. Je vous rappelle que ces tests sont totalement gratuits. Au total, c’est plus de 68 000 tests réalisés depuis 2021. Pas mal non ?
- 22000 analyses de sols pour la détection de la chlordécone, soit près du double de votre chiffre annoncé. Pas mal non ?
- Vous annoncez 72 familles accompagnées en 2020. Aujourd’hui elles sont plus de 1350 selon le site internet. Pas mal non ?
Si l’Etat du Maine est structuré autour “de la continuité économique et sociale des exploitations touchées” je ne crois pas que l’on ait à rougir en Martinique : accompagnement de tous les pêcheurs martiniquais professionnels, 407 agriculteurs, plus de 650 agriculteurs, sans oublier les professionnels victimes de pesticides, les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Mais le vrai débat n’a d’intérêt que si on prend en compte les investissements dans la recherche (Exposition à la chlordécone et inégalités sociales – Evaluation et réduction de l’exposition des populations – Développement d’études comparatives et complémentaires sur la gestion du risque chlordécone). Bref, une vision globale, scientifique et sociale de cet empoisonnement de nos sols. Pas si mal non ?
Alors oui, les américains prennent en main le sujet des PFAS, quoique je ne sois pas sûr que ce soit la priorité de Trump… mais ça c’est un autre débat ! Le traitement de la chlordécone en Martinique est également pris en main, de façon holistique. Rien n’est parfait, l’Etat doit aller plus vite, plus loin, mais reconnaissez au moins les avancées, et SVP, partagez des données actuelles plutôt que d’orienter l’opinion publique avec des chiffres qui datent de 6 ans qui attisent le sentiment d’inaction et donc d’incompréhension. Ne niez pas le travail fait collectivement. C’est la moindre des honnêtetés intellectuelles que l’on est en droit d’attendre de vous. Votre rôle public ne doit pas être au service de la désinformation je pense. Non ?
Bonne journée.
Un lecteur




