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Le Trinidad and Tobago Guardian a récemment mis en lumière l’existence de pressions plus directes de la part des États-Unis, rapportant les propos suivants du Premier ministre de Sainte-Lucie, Philip J. Pierre : « Nombre de nos médecins ont été formés à Cuba, et maintenant les grands États-Unis disent que nous ne pouvons plus faire cela. »
Dans ce que WiredJa a qualifié de « manipulation diplomatique », l’ambassade des États-Unis accréditée à la Barbade a réagi en déclarant : « Les États-Unis n’ont pas récemment discuté d’éducation internationale avec Sainte-Lucie et respectent les décisions souveraines des pays concernant l’éducation de leurs citoyens. »
À qui se fier ?
Ailleurs, le Guyana a officiellement mis fin à son accord bilatéral de coopération médicale avec Cuba. Les autorités guyanaises affirment que cette décision n’a pas été influencée par les États-Unis et qu’aucune raison particulière n’a été invoquée pour cette résiliation.
Le Guyana est loin d’être le premier État membre de la CARICOM à faire volte-face et à mettre fin à la coopération médicale soutenue par Cuba, que l’administration américaine critique vivement. Après avoir passé la majeure partie de l’année 2025 à défendre avec vigueur son partenariat médical de longue date avec Cuba, face à la pression diplomatique américaine croissante, Antigua-et-Barbuda y a brutalement mis fin à la fin de l’année dernière.
À tout le moins, on observe une tendance des pays de la CARICOM à modifier leur approche de politique étrangère à l’égard de Cuba, soit sous la pression des États-Unis, soit par crainte de cette pression.
Fondamentalement, la « doctrine Donroe » met à rude épreuve l’ éthique de la politique étrangère de la CARICOM.
Nécessité d’une réinitialisation profonde
Les évaluations concernant la « doctrine Donroe » et cette expansion de l’influence directe des États-Unis dans les Caraïbes encadreront en partie les délibérations du prochain sommet de la CARICOM, mettant en lumière : (i) le désaccord du bloc avec Trinité-et-Tobago sur cette doctrine ; et (ii) les réactions respectives des États membres à l’unilatéralisme « America First ».
Par conséquent, les tensions régionales en matière de politique étrangère occuperont une place prépondérante lors des discussions plénières et informelles de cette réunion de haut niveau. Cela tient aux enjeux, dans un contexte de tensions politiques régionales et de bouleversements géopolitiques internationaux.
À l’approche de la date de ce sommet (du 24 au 27 février), les autorités continuent de faire pression en coulisses pour trouver une solution au « conflit » en question.
Ils sont parfaitement conscients que ce problème a jeté une ombre sur la politique régionale et que des progrès sur cette question pourraient transformer cette politique, qui a atteint un point critique.
En d’autres termes, la politique régionale devrait permettre aux institutions et aux processus liés à l’intégration de progresser vers — plutôt que de s’en éloigner — la réalisation d’une vision cohérente du régionalisme en tant qu’unité régionale.
Il est toutefois difficile de savoir si ces efforts ont porté leurs fruits.
Il convient de souligner que les récents entretiens en face à face que le président de la CARICOM, Terrance Drew, a menés avec les dirigeants régionaux, notamment une rencontre avec Persad-Bissessar le mois dernier, ont donné des résultats encourageants. Suite à cette rencontre, la Première ministre de Trinité-et-Tobago a revu sa position sur le bloc.
Jusqu’à cet engagement — en tant que l’une des dirigeantes régionales les plus importantes de notre époque — elle avait manifesté peu d’intérêt pour la CARICOM.
En l’état actuel des choses, une refonte en profondeur des relations politiques s’impose. À cet égard, la CARICOM n’a pas de temps à perdre.
En ce qui concerne les progrès réalisés dans ce sens du plan d’action, beaucoup dépend du sommet de la CARICOM ce mois-ci.
Le tournant de la politique étrangère de la CARICOM commencera-t-il véritablement avec ce sommet ? L’avenir nous le dira.
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Nand C. Bardouille, docteur en philosophie, est directeur de l’Académie diplomatique des Caraïbes au sein de l’Institut des relations internationales de l’Université des Antilles (campus de St. Augustine), en République de Trinité-et-Tobago. Les opinions exprimées ici sont les siennes.
Greg Quinn, OBE, est un ancien diplomate de carrière britannique, qui a été haut-commissaire au Guyana de 2015 à 2020.




